La Trabant 1.1 est une automobile produite entre 1990 et 1991 par l’usine est-allemande VEB Sachsenring Automobilwerk Zwickau (AWZ). La 1.1 a été la dernière voiture construite sur le site de Zwickau avant le rachat de l’entreprise par Volkswagen.
Histoire Volkswagen à la rescousse Depuis le début des années 1980, la direction d’AWZ songe à installer un moteur quatre temps sous le capot de la Trabant 601. En effet, la solution du bloc deux temps est devenue totalement obsolète et ses derniers défenseurs à l’Ouest (DKW et Saab notamment) l’ont abandonnée depuis longtemps.
Mais avant de lancer ce nouveau projet, l’usine doit obtenir l’aval des autorités. Celles-ci donnent finalement leur accord le .
Ayant devancé la décision officielle, les responsables de l’industrie automobile est-allemande négociaient depuis 1983 avec Volkswagen pour construire des moteurs sous licence en RDA. Le géant de Wolfsbourg accepte que soit monté le petit quatre-cylindres quatre temps de de la Polo sur la Trabant 601. L’usine AWE d’Eisenach héritera quant à elle du 1300 de la Golf pour sa Wartburg 353.
Soucieux d’adapter sa voiture à ce moteur moderne, AWZ tente de mettre la 601 au goût du jour, en abandonnant par exemple les ressorts à lames de la suspension pour des ressorts hélicoïdaux. En , les exemplaires de présérie sont assemblés. La voiture s’appelle désormais Trabant 1.1, en référence à la cylindrée (en litres) de son moteur.
Mais le vent de renouveau qui s’abat sur la RDA et le Bloc de l’Est en 1989 va bien évidemment reléguer au second plan les projets de l’usine, et c’est seulement le que la première Trabant 1.1 de série quitte enfin les chaînes de montage. À cette époque, la RDA n’a plus que quelques mois à vivre…
La triste fin de la « Trabi » Si la 1.1 est une véritable révolution pour l’usine (mais pas pour l’industrie automobile est-allemande, car la Wartburg 1.3 à moteur de Golf est en vente depuis 1988), cela ne se distingue pas au premier coup d’œil. La bouille caractéristique de la Trabant est pratiquement inchangée, et seuls les gros pare-chocs en plastique, les feux arrière plus imposants et la calandre redessinée permettent d’identifier le nouveau modèle. Les performances n’ont en revanche plus rien à voir : forte de , la 1.1 atteint désormais , contre à peine 110 pour la 601. Côté carrosseries, on retrouve la berline, le break Universal (qui est désormais la version la plus produite), la Tramp, auxquels s’ajoute une inédite déclinaison pick-up.
Le , le drapeau de la République démocratique allemande cesse définitivement de flotter sur Berlin : l’Allemagne est réunifiée. Désireux de se développer à l’Est, Volkswagen se porte acquéreur du site industriel d’AWZ à Zwickau. Totalement anachronique, la Trabant est condamnée.
Quelques jours après la dernière Wartburg 1.3 à Eisenach, l’ultime Trabant 1.1 quitte l’usine de Zwickau le à , sous les applaudissements des ouvriers. Il s’agit d’un break de couleur rose.
Exportation et production La 1.1 est arrivée au moment où le marché automobile est-allemand s’ouvrait, et a subi de plein fouet la concurrence des berlines d’occasion fabriquées à l’Ouest : Volkswagen Golf, Opel Kadett, Ford Escort, Renault 19… La majorité de la production a ainsi été écoulée dans les pays « frères », Hongrie et Pologne en tête.
En 1994, la société Sachsenring Automobilwerk GmbH (héritière d’AWZ) a rapatrié de Turquie, et tenté de les écouler auprès des nostalgiques à l’unité, un prix considérable qui n’a décidé que en Allemagne. En , les exemplaires restants sont bradés à chacun par une chaîne de supermarchés.
AWZ a fabriqué au total (P50, P60, 601 et 1.1) entre 1958 et 1991, dont 1.1.
Galerie
Sources Bernard Vermeylen, Voitures des pays de l'Est, E-T-A-I, Boulogne-Billancourt, 2008
Notes et références
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