Réchicourt-la-Petite est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.
Géographie Localisation Réchicourt-la-Petite est située à au nord-est de Lunéville, la plus grande ville aux alentours. La commune est proche du parc naturel régional de Lorraine à environ .
Le territoire de la commune est limitrophe de six communes, dont Bezange-la-Petite qui se trouve dans le département voisin de la Moselle. Une septième commune, Xanrey, également en Moselle, touche Réchicourt-la-Petite dans le nord.
Relief et hydrographie Située à d'altitude, la commune de Réchicourt-la-Petite s'étend sur .
La rivière de la Loutre Noire, longue de , prend sa source au lieu-dit de Noire Fontaine et se jette dans la Seille (affluent de la Moselle) à Pettoncourt.. Le ruisseau de Richarmenil prend sa source au sud de la commune et passe sur les territoires de Bures et de Parroy pour se jeter dans le Sânon.. Le ruisseau appelé la Prèle prend sa source à Arracourt et passe sur le territoire de Réchicourt-la-Petite pour se jeter dans le MoncelHenri Lepage. Dictionnaire topographique de la Meurthe, Paris, Bibliothèque Impériale, 1862, p. 113 et. 121..
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Loutre Noire et le ruisseau de Richarmenil..
La Loutre Noire, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Seille à Moncel-sur-Seille, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Réchicourt-la-PetiteLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rodalbe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Réchicourt-la-Petite est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (95,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (95,2 %), zones urbanisées (4,8 %)..
Toponymie Le nom de Réchicourt-la-Petite a évolué au cours des siècles au gré des copistes et des prononciations avant de se stabiliser au . Entre 1127 et 1168, le village s'appelait Richiscurt d'après une charte du prieuré de Flavigny, qui nomme son seigneur Matfridus de Richiscurt. Les évêques de Metz semblent avoir rapidement mis la main sur le village dont ils sont les suzerains depuis des temps immémoriaux. Deux chartes de l'abbaye de l'Isle du mentionnent Richeyrcort et Richicort... La proximité de l'abbaye de Salival avec Réchicourt-la-Petite donne plus de poids à la véracité du nom Richeicourt que l'on trouve en 1269 dans le cartulaire de l'abbaye. En 1447, apparaît La Petite RéchiecourtLepage, Henri. Dictionnaire topographique du département de la Meurthe. Paris: Bibliothèque Impériale, 1862. 116. Le 17 frimaire an 10 (), on voit La Petite Réchicourt, et le 3 ventôse an 10 () Réchicourt-la-PetiteRondonneau, L. Collection générale des lois, décrets, arrêtés, sénatus-consultes, avis du conseil d'état et réglemens d'administration publiés depuis 1789 jusqu'au avril 1804. Vol 8. . Paris: Imprimerie Royale, 1818.653 et 724. Kleinrixingen en allemand.
Étymologie Réchicourt vient probablement de Richari auquel s'adjoint le mot latin curtis qui signifie domaineMorlet, Marie-Thérèse. Les noms de personnes sur le territoire de l’ancienne Gaule. Vol 3. Paris: Ed. du C.N.R.S., 1985. 432.. Ce domaine appartenait sans doute à un Richari qui est probablement le nom de baptême d'un personnage puissant d'origine allemande, et qui y laisse son nom. Richari est composé de ric qui signifie puissant et hari qui signifie armée..
Histoire
Le Moyen Âge La toponymie de Réchicourt-la-Petite nous renseigne sur les origines du village qui semble être fort ancien. Il y avait dès les temps romain ou gallo-romain un domaine, un "Curtis" dont le premier possesseur s'appelait probablement Richard. Entre 1127 et 1168, le village a des seigneurs particuliers. Il appartient, d'après une charte du prieuré de Flavigny-sur-Moselle, à un seigneur nommé Matfridus de Richiscurt. Une autre charte de ce même prieuré mentionne le don d'une dénommée Cunégonde, aux bénédictins de Flavigny de la moitié de la cure d'Essey-lès-Nancy entre 1126-1140. Cette dame est la femme de Mafridi de RichiscurtLepage, Maurice. Communes de la Meurthe. Journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et cens de ce département. Vol 1. Nancy: Lepage, 1853. 42..
Les premières mentions de Réchicourt-la-Petite apparaissent aussi dans les cartulaires des monastères de Salival et de Haute-Seille qui vont soit bénéficier des largesses des seigneurs locaux, soit acheter les terres, rentes et héritages dont se séparent la noblesse locale. Ainsi, "en 1268, Mathieu, duc de Lorraine, déclare qu'en sa présence, Mathieu de Moyenvic, du consentement de sa femme Isabelle, a vendu à l'abbé du couvent de Clairvaux, la troisième partie de la dîme de Réchicourt, près Marsal".
Au mois de , l'abbaye de Salival achète à Jakematte, veuve de Perrin Kabaire, bourgeois de Vic, une maison et une grange, situées à la Petite-Réchicourt, (Richeicourt), et plusieurs terres et prés au ban dudit lieu. Le , Renbauz et Perrins Charterius donnent à la même abbaye ce qu'ils avaient au cours d'eau du moulin de la Petite Réchicourt. En 1290, Bauldouin, dit Thoneins, de Bathelémont, fait encore donation aux religieux de Salival de ce qu'il possédait en héritages à la Petite Réchicourt. Au mois de , l'abbé de Salival admondie à Jacob This et à Hanus de Marsal le moulin de la Petite Réchicourt, avec les dépendances, pour en faire un foulon (moulin).
De la Renaissance à la Révolution Par son testament en date du , Nicolas Gérardin, prêtre séculier, curé de la Petite Réchicourt, [du vocable de Saint-Laurent] donne à son église et à ses successeurs tous les acquêts qu'il avait faits audit lieu moyennant une messe haute de Requiem tous les vendredis soir de l'année, et une messe basse, le premier samedi de chaque mois, à l'autel de la Vierge. Un pied-terrier de 1731 fait mention de terres dites le ban Saint-Jean, situées au finage de Réchicourt et appartenant à la commanderie de GelucourtLepage, Henri. Les Communes de la Meurthe. Journal historique des villes, bourgs, villages, hameaux et censes de ce département. Vol 2. Nancy: Lepage, 1855. 402-03.
La cure du village était unie dès les temps les plus reculés ; c'est-à-dire qu'elle était associée avec la manse d'un chapitre, en l'occurrence celui de Domèvre. Il n'est pas connu à quelle date la cure devient régulière. Peu après 1726, divers bras de fer commence entre le père Piart, abbé de Domèvre, collateur des cures de Destrich (Destry) et de la Petite Réchicourt, et de Coislin, prince-évêque de Metz et duc et pair de Coislin, pour pourvoir les deux cures.
En 1737, l'église est rebâtie sous l'administration du P. Renardy. À sa mort, en 1747, le P. Malherbe lui succède mais l'évêque ne lui donne qu'une institution restreinte contre laquelle il n'ose réclamer. En effet, l'évêque de Metz, de Saint-Simon, avait donné les pouvoirs au P. Malherbe "pour un an seulement" et en faisant insérer dans les lettres d'institution cette clause inaccoutumée. Le chanoine régulier écrivait qu'il n'avait osé protester contre cette nouveauté, "parce que, disait-il, je craignais de le fâcher beaucoup par là, ce que je devais extrêmement craindre, non seulement pour moi, mais pour notre congrégation, contre laquelle il est extrêmement indisposé"'Chatton, Abbé. "Histoire de l'abbaye de Saint-Sauveur et de Domèvre. 1010-1789". Mémoires de la société d'archéologie lorraine et du musée historique lorrain. Vol XLVIII. 3. XXVI. Nancy: René Wiener, 1898. 93-94, 169, 202.
Un colombier, signe de la puissance seigneuriale, se dressait sur le territoire de Réchicourt-la-Petite. Se trouvait-il à côté d'une maison seigneuriale ou d'une maison-forte, résidence des seigneurs attestés possesseurs de la terre ? Rien n'est certain. Le moulin, où les habitants faisaient moudre leur grain, a également disparu lors de la Révolution de 1789.
En 1907, M. Charles Étienne a publié, sous l'égide du ministère de l'instruction civique, les cahiers de doléances des bailliages de Metz et de Nancy pour les États-Généraux de 1789. Les habitants de Réchicourt-la-Petite y insèrent vingt-neuf doléances dans un procès-verbal daté du : le village comptait alors 29 feux et les députés étaient Jean-Joseph Hannezo et Nicolas Fouquignon. Les signataires du cahier étaient Jean Griffaton, Jean-François Marcel, maire et syndic, Jean-Joseph Hannezo, Nicolas Fouquignon et Jean-Gaspard SimonÉtienne, Charles. Cahiers de doléances des bailliages et des généralités de Metz et de Nancy pour les États Généraux de 1789. Vol 1. Nancy: Berger-Levrault et Cie, 1907. 607-08..
Réchicourt-la-Petite au En 1822, il y avait 182 habitants, 36 feux et 27 habitationsMichel, L.A. Statistiques administratives et historiques du département de la Meurthe. Nancy: Michel, 1822.455.