L'observatoire astronomique d'Ulugh Beg est un observatoire édifié au début du à Samarcande par le gouverneur de cette ville, le prince-astronome Ulugh Beg.
Histoire Vers 1429, Ulugh Beg inaugura à Samarcande un observatoire astronomique ; il y travailla et enseigna avec quelque soixante-dix mathématiciens et astronomes, dont Qadi-zadeh Roumi, al-Kachi et Ali Quchtchi, aboutissant à la publication des tables sultaniennes (zij-e soltâni en persan), dont la précision resta inégalée pendant deux siècles. Après la mort d'Ulugh Beg, Ali Quchtchi partit avec une copie des tables sultaniennes à Tabriz, puis à Constantinople, d'où elles atteignirent l'Europe.
Cet observatoire reprenait les plans d'un précédent observatoire, celui de Nasir ad-Din at-Tusi, qui s'élevait à Maragha en Iran au et dont Ulugh Beg avait peut-être vu les ruines.
Instruments d'observation
En 1420, l'astronome Ulugh Beg construit à Samarkand une madrasa, connue sous le nom de madrasa Ulugh Beg, devenue un centre majeur d'études astronomiques. Le savant y invite des étudiants pour s'y former et y travailler. Cette madrasa acquiert un grand prestige, comptant à son apogée plus de soixante astronomes en activité. La construction de l'observatoire commence en 1424, pour s'achever cinq ans plus tard. Beg confie la responsabilité du nouvel observatoire à son adjoint Ali Qushji, qui reste en poste jusqu'à l'assassinat d'Ulugh BegKâzim Çeçen, Osmanlı imparatorluğunun doruğu 16. yüzyıl teknolojisi, ISKI, 2000.. D'autres astronomes notables y ont fait des observations de mouvements célestes, comme Qāḍīzāda al-Rūmī et Jamshid Kashani.
Malgré cela, l'observatoire est détruit par des fanatiques religieux en 1449 et n'a été redécouvert qu'en 1908 par l'archéologue ouzbek-russe de Samarkand Vassily Lavrentyevich Vyatkin, grâce à des documents décrivant son emplacementSamarqand, Raw W Travels.
En travaillant sur les fouilles, Vyatkin retrouve l'un des instruments astronomiques les plus importants de l'observatoire : un grand arc utilisé pour déterminer midi exactObservatories in Islamic History, Islamonline.net. Une tranchée d'environ deux mètres de large a été creusée dans une colline le long de la ligne méridienne où l'arc était tracé. Aujourd'hui, une base circulaire montre un croquis de la structure d'origine et l'entrée de la partie souterraine restante du sextant Fakhri, aujourd'hui couverte. Le sextant mesurait onze mètres de long et trois étages de haut, mais a été construit sous terre pour le protéger des tremblements de terre. Gradué sur toute sa longueur, c'était le plus grand cadran de l'époque, avec un rayon de 40,4 m. Le rayon de l'arc méridien était, selon Abd Al-Rahman Al Sufi, un astronome turc contemporain, d'environ 50 m et sa hauteur était la même que le dôme de Sainte-Sophie à ConstantinopleSayili, A., The Observatory in Islam, Turkish Historical Society, p. 271, Ankara, 1960. Il servait à l'observation du Soleil, de la Lune et d'autres corps célestes. Avec d'autres instruments tels qu'une sphère armillaire et un astrolabe, les astronomes travaillant à Samarcande pouvaient déterminer le midi de chaque jour en fonction de la hauteur du Soleil de midi, de la distance au zénith et de la déclinaison.
En 1437, les savants utilisant l'observatoire avaient mis au jour les tables Ilkhanides. Ces tables astronomiques sont restées en usage de 1260 à 1270, sur la base des données recueillies à l'observatoire de Maraghe. Les observations à Samarcande ont donné de précieuses tables de sinus et de tangentes et les tables sultaniennes, qui ont répertorié des paramètres planétaires améliorés et les coordonnées de 1 018 positions d'étoiles. Ce fut l'un des premiers ouvrages à apporter quelque chose de plus qu'une mise à jour des travaux de Ptolémée ou d'Abd Al-Rahman Al Sufi. De fait, Ulugh Beg et ses savants ont trouvé de nombreuses erreurs dans les travaux précédents, comme ils l'ont expliqué dans leur préface, où ils se proposent de « déterminer les emplacements des étoiles fixes en latitude et longitude »North, J., The Fontana History of Astronomy and Cosmology, Fontana Press, Londres, 1994, p. 200.
Ces découvertes et les recherches menées à l'observatoire ont été très importantes pour permettre aux astronomes de prévoir les éclipses, calculer l'heure du lever du soleil et la hauteur maximale d'un corps céleste. Les installations ont permis à Ulugh Beg et son équipe de calculer une année stellaire de 365 jours, 6 heures, 10 minutes et 8 secondes, à peine 1 minute de plus que les calculs électroniques modernes. Malgré la destruction de l'observatoire en 1449, l'étude astronomique s'est poursuivie à Samarcande pendant encore soixante-quinze ansDjebbar, A., Une histoire de la science arabe, Le Seuil, Paris, 2001, p.187–188Louis-Pierre-Eugène Sédillot, General Survey of Arabic Astronomy, encyclopaedia, Régis Morelon, 1853, volume 1, p. 14.
Postérité Ulugh Beg s'était fait des inimitiés en donnant plus de poids à l'observation qu'au témoignage d'Aristote. Il avait fait scandale avec une fête, à l'occasion de la circoncision de son fils, où il y avait du vin. Mais ce n'est qu'après son assassinat (1449) que des intégristes eurent une occasion de raser l'observatoire. Il ne fut redécouvert qu'en 1908 par V. L. Vyatkine, lequel avait fait de cette recherche l’œuvre de sa vie et est enterré sur les lieux. L'archéologue V. A. Chichkine y a longtemps travaillé.
L'héritage le plus direct de l'observatoire de Samarcande s'observe dans les cinq observatoires construits en Inde par Jai Singh II, dont le Yantra Mandir à Jaipur.
En 1970, un musée est inauguré en l'honneur d'Ulugh Beg ; on y conserve des copies des tables sultaniennes et de leurs traductions.
En 1977, l'astronome fait paraître une étude portant sur la dérive des continents et fondée sur la comparaison entre la position actuelle du méridien et celle fournie par les ruines du sextant de l'observatoire.
Bibliographie
Kevin Krisciunas, « The legacy of Ulugh Beg », , dans , Central Asian Monuments, ISIS Press, 1992 S. Frederick Starr, Lost Enlightenment : Central Asia's Golden Age from the Arab Conquest to Tamerlan, Princeton University Press, 2013
Annexes Notes
Liens externes
(Chtcheglov), L’Observatoire d’Ouloug-Beg à Samarkande, [Moscou], Académie des sciences de l’URSS, 1958, Vladimir Petrovich Shcheglov, Astronomical azimuths of terrestrial objects as indicators of the rotational motions of the continental blocks, trad. Edward U. Oldham, dans Soviet Astronomy 21, , juillet-, Travaux de l'association Jalle Astronomie, Le projet Jalle Astronomie sur Ulugh Beg et l'observatoire de Samarcande, [Martignas sur jalle], Ulug Beg le prince astronome sous la direction de Frédérique Beaupertuis-Bressan (association pour l'art et l'histoire Timurides et les échanges culturels franco-ouzbek)
Catégorie:Observatoire astronomique en Ouzbékistan Catégorie:Samarcande