Un régiment de marche est un régiment créé provisoirement, en vue d'opérations militaires, sur la base de recrutements non conventionnels.

Ces recrutements peuvent être opérés de trois manières : par des prélèvements sur des unités régulières lorsque celles-ci ne sont pas désorganisées ; dans le cas contraire, à partir d'unités désorganisées, de soldats restés en dépôt dans les casernes ou sortant des hôpitaux, de contingents de nouvelles recrues non formées ou de réservistes ; enfin par l'enrôlement de contingents étrangers, et dans le cas de l'armée française, de troupes coloniales.

Il existe aussi des bataillons de marche ou des escadrons de marche dont les effectifs sont plus restreints, et parfois des brigades de marche et des divisions de marche regroupant plusieurs régiments.

Historique Les unités de marche ont été utilisées au cours du et du dans les armées françaises, austro-hongroises, et russes. Il s'agit d'unités provisoires, constituées en dehors de règlements du temps de paix à partir d'éléments très divers.

En France, au et principalement sous le Premier Empire, on a également utilisé la dénomination régiment provisoire pour désigner un régiment créé par prélèvements sur différentes unités régulières ou à partir des soldats restés en dépôt dans les casernes ; au , seule la dénomination régiment de marche a continué à être utilisée.

En Allemagne et dans les anciens états allemands, ainsi qu'en Russie, on utilise la dénomination régiment combiné pour désigner un régiment créé par des prélèvements sur différentes unités régulières.

Unités de marche de l'armée française

Guerres napoléoniennes

Les premiers régiments de marche sont apparus durant les guerres napoléoniennes. La guerre d'Espagne, particulièrement coûteuse en vies humaines, a contraint Napoléon à constituer à partir de 1808Napoléon Bonaparte, Correspondance de Napoléon - 1808 , , Imprimerie impériale, Paris, 1864. des régiments de marche destinés à compenser ces pertes.

Dans sa correspondance, Napoléon distinguait les régiments provisoires, en attente d'affectation, et les régiments de marche qui étaient mis en marche vers les théâtres d'opérations extérieures ou, en sens inverse, pour regagner les casernements d'origine en métropole.

C'est surtout à partir de 1812 et de la campagne de Russie que l'emploi des régiments de marche s'est généralisé. Ainsi : le , un régiment provisoire (puis de marche) de hussards est formé à Toulouse et à Foix à partir des , , , et de hussards. ; le est créé le de marche de Paris qui se met en route pour Erfurt et rejoint ensuite Berlin où il est dissous le ; le est créé un régiment de marche de cavalerie de , prélevés sur les dépôts de l'armée d'Espagne, et réunis à Bayonne pour gagner la Russie ; le , Napoléon donne l'ordre de former une colonne avec l'infanterie du régiment de marche du , et la cavalerie du régiment de marche de cavalerie, du de marche de cavalerie et du de marche de cavalerie en prévision de la bataille de la Moskova.

Lors de la retraite de Russie, des régiments de marche furent constitués pour reconduire à leurs unités d'origine des hommes issus de différents corps, amalgamés provisoirement et ainsi réunis pour la route..

Expédition d'Espagne et prise d'Alger

Durant l’expédition d’Espagne en , des dépôts de corps se rendaient en Espagne sous le nom de régiments provisoires.

Plus tard, lors de l'expédition de 1830 et de la prise d'Alger, des régiments de marche ont été mis en œuvre. Le général Étienne Alexandre Bardin explique dans son Dictionnaire de l'armée de terre qu'ils ont été utilisés parce que les unités d'infanterie légère ne devait compter que deux bataillons formés d'hommes aguerris.

À cette époque, les opinions divergeaient quant à l'utilité des régiments de marche. Si l'administrateur Pierre Agathange Odier en préconisait l'usage dans son Cours d'études sur l'administration militaire publié en 1824, le général Étienne Alexandre Bardin exprimait un avis contraire en écrivant, toujours dans son dictionnaire qui sera publié après sa mort en 1841, que .

Conflits extérieurs du Second Empire thumb|Chasseurs d'Afrique français durant la bataille de Balaklava en 1854. Les expéditions menées à l'extérieur durant le Second Empire ont eu recours aux régiments de marche.

Guerre de Crimée Des régiments de marche issus de l'armée d'Afrique sont engagés de 1854 à 1856 durant la guerre de Crimée.

Intervention française au Mexique Le corps expéditionnaire français qui débarqua au Mexique le était essentiellement constitué du de marche fort de issus du d'infanterie de marine et du d'infanterie de marine.

Il reçut la même année le renfort du de marche de cavalerie (lieutenant-colonel Margueritte) composé de deux escadrons issus du de chasseurs à cheval et de deux escadrons issus du de chasseurs d'Afrique..

Guerre franco-allemande de 1870 Le désastre de la guerre franco-allemande de 1870 a conduit les Français à créer dans l'urgence de nombreux régiments de marche. Les dépôts des régiments d'infanterie et des bataillons de chasseurs envoyèrent aux armées, les quatrièmes bataillons composés principalement d'hommes de la réserve rappelés sous les drapeaux, ces bataillons de circonstance péchèrent surtout par les cadres.

Il a été organisé 97 régiments de marche, numérotés de 1 à 101. Quelques-uns de ces régiments ont changé de dénomination et ont pris, pendant la guerre, des numéros de régiments de ligne. Il a également été créé, plus de 35 bataillons de chasseurs à pied Émile Simond : Historique des nouveaux régiments créés par la loi du Il exista aussi un certain nombre de bataillons de marche, formés en , versés dans les régiments de marche sauf trois seulement qui ont subsisté pendant toute la campagne : bataillon de Belfort, du au et bataillons, de Longwy, du au

Fin du Second Empire Le Corps d'Armée (général Vinoy) est formé en à Paris. Les régiments de marche de ce corps sont constitués de trois bataillons de dépôt appartenant à des régiments différents avec des recrues ou d'anciens soldats rappelés..

Le de marche (colonel Hanrion) et le de marche (lieutenant-colonel du Guiny) Régiments de marche et de ligne sur le Service historique de la Défense avec deux compagnies de marche de chasseurs forment la brigade du général Mattat. Le de marche (lieutenant-colonel Tarayre) et le de marche (lieutenant-colonel Drouet) forment la du général Daudel. Avec trois batteries de 4 et une compagnie du génie, ces deux brigades constituent la division d'infanterie du général d'Exéa.

Le de marche (lieutenant-colonel Miquel de Riu) et le de marche (lieutenant-colonel Damedor de Molans) forment la brigade du général Guérin. Le de marche (lieutenant-colonel Née-Devaux) et le de marche (lieutenant-colonel de Labaume) forment la du général Blaise. Avec trois batteries de 4 et une compagnie du génie, ces deux brigades constituent la d'infanterie du général de Maud'Huy.

Le de marche (lieutenant-colonel Morin) et le de marche (lieutenant-colonel Vanche) avec deux compagnies de marche de chasseurs forment la brigade du général de Susbielle. Le d'infanterie de ligne (colonel de la Mariouse) et le d'infanterie de ligne (colonel Avril de Lenclos) forment la du général Guilhem. Avec trois batteries de 4 et une compagnie du génie, ces deux brigades constituent la d'infanterie du général Blanchard.

Début de la Troisième République thumb|Soldats français dans un bastion assurant la défense de Paris en 1870.

Siège de Paris Après le désastre de Sedan, un gouvernement de la Défense nationale proclame le la Troisième République et la déchéance de l’Empereur Napoléon III. Le Corps d'Armée (général Renault) est aussitôt formé dans le camp retranché de Paris. Les bataillons de dépôt étant partis, ne restait, dans chaque régiment qu'une compagnie chargée de recevoir les soldats rappelés au drapeau, compagnie dédoublée par la suite. Ces demi-compagnies devait former les régiments du Corps. Chaque régiment nouveau contenait ainsi dix-huit compagnies de corps différents.

Le de marche (lieutenant-colonel Benedetti) et le de marche (lieutenant-colonel Gaduel) avec deux compagnies de chasseurs à pied forment la brigade de marche du général Ladreit de la Charrière qui sera tué le lors de la défense de Paris.

Le de marche (lieutenant-colonel Sermensan) et le de marche (lieutenant-colonel Beaufort) forment la du général Lecomte. Avec deux batteries de 4 et une section du génie, ces deux brigades constituent la division du général Béchon de Caussade qui trouvera la mort le lors du siège de Paris.

Le de marche (lieutenant-colonel Collasseau) et le de marche (lieutenant-colonel Niel) avec deux compagnies de chasseurs à pied forment la brigade du général Bocher.

Le de marche (lieutenant-colonel de Vandeuil) et le de marche (lieutenant-colonel Barbe) forment la du général Paturel. Avec deux batteries de 4 et une section du génie, ces deux brigades constituent la du général d'Hugues.

Le de marche (lieutenant-colonel Dupuy de Podio) et le de marche (lieutenant-colonel Sanguinetti) avec deux compagnies de chasseurs forment la brigade du général Benoît.

Le de marche (lieutenant-colonel Jourdain) et le de marche (lieutenant-colonel Lecerf) forment la du général Courty. Avec deux batteries de 4 et une section du génie, ces deux brigades constituent la du général de brigade de Maussion.

En dehors des deux corps d'armée, on forma, avec des éléments divers, un régiment de zouaves de marche, le de marche avec les dépôts de la Garde Impériale, les 36e, 37e, 38e et de marche avec les dépôts restés à Paris.

Armée de l'Est En , les différents corps d'armée de l'Armée de l'Est du général de division Bourbaki sont renforcés par des régiments de marche.

Le corps d'Armée du général de division Martineau des Chenez reçoit : le de marche (lieutenant-colonel Parran) et le de marche de chasseurs à pied dans la division du général D'Astugue ; le de marche (lieutenant-colonel Chevalier), le de chasseurs de marche (commandant Boudet) et le de marche (lieutenant-colonel Godin) dans la du général Rebillard ; le de chasseurs de marche (commandant Regain), le de marche (lieutenant-colonel Péragallo), le de marche (lieutenant-colonel Audouard) et un bataillon du de marche dans la du général Peytavin ; le de chasseurs de marche (colonel Rouher) et le régiment de cuirassiers (colonel de Renusson d'Hauteville) dans la division de cavalerie du général de Longuerue.

Le corps d'Armée du général de division Billot reçoit : le de chasseurs de marche (Cdt N...), le de marche (lieutenant-colonel Couston) et le de marche (lieutenant-colonel Achilli) dans la division du général Feillet-Pilatrie ; le de chasseurs de marche (commandant Villeneuve), le de marche (lieutenant-colonel Quénot) dans la du contre-amiral Penhoat ; le de marche (colonel de Boisfleury), le de chasseurs de marche (commandant Bonnet) et le de marche (lieutenant-colonel Brenières) dans la du général Bonnet ; le de marche (lieutenant-colonel de Pointis), le de marche (lieutenant-colonel Renaudot), le de marche (lieutenant-colonel d'Ussel) et le de marche (lieutenant-colonel De Brécourt) dans la division de cavalerie du général de Brémond d'Ars.

Le corps d'Armée du général de division Clinchant reçoit : le de chasseurs de marche (Cdt Bailly) et le de marche (lieutenant-Colonel Bernard) dans la du général de brigade Thornton ; le de marche (lieutenant-colonel Ségard.) dans la dudit lieutenant-colonel Ségard nommé général de brigade à titre provisoire, image 20/33..

Le corps d'Armée du général de division Bressolles reçoit : le de chasseurs de marche et le de marche dans la division du général d'Ariès ; le de chasseurs de marche (commandant Hermier), le de marche (lieutenant-colonel Jouneau) et le de marche (lieutenant-colonel Dauriac) dans la du général Comagny-Thibaudin.

La Réserve générale du capitaine de frégate Pallu de la Barrière reçoit :