La Pensée est une revue pluridisciplinaire, créée en 1939 par Paul Langevin et Georges Cogniot, ainsi que d'autres intellectuels communistes et « compagnons de route » du Parti communiste français. Longtemps sous-titrée Revue du rationalisme moderne, arts-sciences-philosophie, elle est actuellement éditée par la Fondation Gabriel-Péri.
De périodicité bimestrielle à l'origine, elle a adopté un rythme trimestriel.
Histoire de la revue Les origines : 1939 Les fondateurs de la revue sont Paul Langevin et Georges Cogniot. Le nom de Paul Langevin, fondateur de la revue, d'abord seul, est associé à celui de Georges Cogniot depuis la fin des années 1950 dans le tandem de direction tutélaire qui veille encoreCf La Pensée, , juillet-septembre 2008. en page 2 de la couverture. Selon Georges CogniotGeorges Cogniot, Parti pris, volume 1, pages 435-443, Pour la diffusion du marxisme-léninisme, "La Pensée"., le rôle de Paul Langevin, au poste de directeur, réside dans le parrainage prestigieux qu'il apporte. Son accord est obtenu par l'entremise de son gendre Jacques Solomon, physicien et communiste. Paul Langevin contribue aussi au premier numéro. Georges Cogniot évoque deux autres chevilles ouvrières : le secrétaire de la rédaction, le professeur André ParreauxAndré Parreaux (1906-1979) sera le deuxième époux d'Hélène Solomon-Langevin en 1958, époque où il est toujours l'un des rédacteurs en chef de La Pensée. Il est aussi à cette période titulaire de la chaire de civilisation anglaise à la Sorbonne. . et le philosophe Georges Politzer. Selon Georges Cogniot c'est Georges Politzer qui trouve la "manchette" de la revue : revue du rationalisme moderne. Son but est "d'être une revue marxiste de grande diffusion pour intellectuels"Ibid, Georges Cogniot..Trois numéros volumineux (175 pages pour le ) paraissent entre juin et . Le titre est interdit de parution à cette date, comme l'ensemble des titres de la presse communiste. Les sujets abordés couvrent une large palette du champ intellectuel : les sciences (Paul Langevin, John Burdon Sanderson HaldaneJohn Burdon Sanderson Haldane (1892-1964) est un biologiste et marxiste britannique., Marcel Prenant, Jacques Solomon, Jacques Monod), la philosophie (Georges Politzer), l'histoire (Albert Soboul, Pierre Vilar), la musique (Charles Koechlin), sans oublier les articles plus politiques de Georges Cogniot lui-même (sur la politique scolaire de la Révolution française, sur Problèmes philosophiques de l'Histoire du Parti communiste de l'Union soviétique).
La Pensée libre : février 1941-février 1942 Dans la prolongation de ces trois numéros, un triumvirat d'intellectuels communistes, appuyé sur la logistique clandestine du Parti communiste fait paraître (sous pseudonymes), en zone nord, La Pensée librePierre Favre, Jacques Decour, l'oublié des Lettres françaises, pages 187-207. Et le /14 de Les Annales de la société Louis Aragon et Elsa Triolet, cités en bibliographie.. Ces trois hommes ont tous trois participé à la revue légale : Georges Politzer, Jacques Solomon, et Jacques Decour, cheville rédactionnelle du numéro de . D'autres rédacteurs les secondent, tels le philosophe Valentin Feldman, l'historien Charles Hainchelin ou encore l'écrivain René Blech.
La parution de deux numéros à un an d'intervalle s'arrête avec l'arrestation (puis l'exécution par les nazis) des trois principaux rédacteurs de cette revue clandestineLe philosophe Valentin Feldman et l'historien Charles Hainchelin participent également à ces deux numéros.. Le numéro 1, publié en , peut être considéré comme un des premiers organes édités dans l'esprit de la Résistance. Fort de 96 pages, tiré à plus de exemplaires, c'est une véritable revue avec articles et rubriques. Le numéro 2 de , sorti difficilementUn numéro intermédiaire est stoppé à l'imprimerie clandestine en octobre 1941 par une perquisition de la Gestapo qui détruit le matériel d'impression faute de trouver les documents brûlés par les ouvriers imprimeurs. et à moindre tirage que le premier, comporte 160 pages. Il fait référence aux nombreuses exécutions de résistants communistes qui ont lieu à l'automne 1941, dont celle de Gabriel Péri. Les deux numéros démythifient les discours sur le national socialisme, pourfendent l'impérialisme allemand et le racisme et dénoncent la collaboration de certaines élites intellectuelles (des écrivains principalement) au service des Allemands.
Depuis 1945 Les directeurs La parution de La Pensée reprend en 1944 à la Libération. Quatre personnes se sont succédé à la direction (Paul Langevin étant mort en 1946): Georges Cogniot, de 1944 à 1976. Antoine Casanova, de 1977 à 2014Disparition d'Antoine Casanova, L'Humanité, 10 octobre 2017.. Claude Gindin, de 2014 à 2022. Stéphane Bonnéry, depuis 2020 en co-direction avec Claude Gindin, puis seul à partir de .
Les secrétaires de la rédaction André Parreaux en 1939. de 1945 à 1960, cette tâche est assumée par René MaublancRené Maublanc (1891-1960) est professeur de philosophie à Paris.. à partir de 1960, c'est Marcel CornuMarcel Cornu (1909-2001) est agrégé de grammaire. Il participe en 1941-1942 à La Pensée libre. qui est secrétaire du comité de rédaction.
Le Comité directeur Le Comité directeur en 1953Chaque numéro reprend en deuxième de couverture la liste du Comité directeur et celle du Comité de patronage. Chaque nom est suivi de la situation de la personne. Mais ce sont des organes essentiellement à vocation honorifique, qui montrent l'influence du rationalisme marxiste, plus qu'un engagement militant. L'étude des collaborateurs effectifs de la revue présente un profil plus jeune, de moindre notoriété de ce fait. Le numéro pris ici en référence est celui de mai-juillet 1953. :
Le comité de parrainage Le Comité de parrainage consiste en cette même année 1953 en une liste de 50 noms, dont une majorité d'universitairesCe comité de parrainage, si l'on met à part les décès, est sensiblement identique quinze ans plus tard.. En 1967La Pensée, , juin 1967. il compte , dont 25 le sont en 1953Seuls nouveaux membres, Maurice Boitel, avocat à la Cour d'appel de Paris, membre du comité de parrainage depuis 1956, et Georges Petit, professeur à la Sorbonne. :
Les collaborateurs effectifs En 1952-1953Relevé des signatures d'articles et leur domaine des numéros de mai-juillet 1952 et mai-juillet 1953. : Gérard Lyon-Caen (droit), Jean Baby (économie, histoire), Jean Dautry (histoire), Jean Poperen (histoire), Evry Schatzman (physique), Albert Soboul (histoire), Jean Varloot (histoire littéraire), André Barjonet (économie), Marcel Cornu (marxisme), Pol Gaillard (littérature), Jeanne Gaillard (histoire), Jean Chesneaux (politique coloniale), Suzanne Rossat-Mignod (littérature), Henri Denis (économie), Guy Besse (philosophie), Henri Claude (géographie), Roger Vailland (littérature), Marc Soriano (théâtre), Gilbert Badia (histoire allemande), Maxime Rodinson (politique), Jean Noaro (littérature), Raymond Guglielmo (géographie), Charles Parain (anthropologie), Gérard Vassails (physique), Pierre Brochon (histoire littéraire), Jean Cazalbou (littérature), Paul Maïer, le général Ernest Petit, Georges Snyders (pédagogie), (histoire anglaise), Félix Armand.
En 1956Relevé des signatures des numéros parus durant l'année 1956. : Pierre Albouy, Pierre Angrand (histoire), Guy Besse (philosophie), Pierre Brochon, Jean Bruhat (histoire), Roger Brunet, Claude Cahen (géographie), Maurice Caveing, Marcel Cornu (les livres), Pierre Courtade, Jean Dautry, Henri Denis, Jean-Toussaint Desanti, Joseph Ducroux, André Gisselbrecht, Louis Gernet, André Haudricourt, Renaud de Jouvenel, Yves Lacoste, Victor Leduc, Henri Lefebvre (marxisme), Paul Lévy, Robert L'Hermite, Gérard Lyon-Caen, Philippe Malrieu, Henri Mitterand, Gilbert Mury, Charles Parain, André Prenant, Jean Pronteau, Maxime Rodinson, Lucien Sebag, Albert Soboul, Jean Suret-Canale, Émile Tersen (histoire), Jean-Pierre Vernant (psychologie), Jean-Pierre Vigier, Germaine Willard (histoire).
Le Comité de rédaction en 1967 et d'autres contributeurs : Gilbert Badia, Guy Besse, Pierre Boiteau, Jean Bruhat, Roland Desné, Jean Gacon, André-Georges Haudricourt, Jean-François Le Ny, Roger Mayer, Paul Meier, Gérard Milhau, Charles Parain, Michel Riou, Albert Soboul, Jean Varloot, Claude Willard. Jean-Jacques Goblot, Charles Bettelheim, Bruno Pontecorvo, Jacques D'Hondt, Jean Chesneaux, Robert Charvin, Jean Bouvier, François Hincker, Jean Dautry, Jean Kanapa, Georges Cogniot, Jean Piel, Yves Benot, Maurice Bouvier-Ajam.
Parmi les autres collaborateurs, au début des années 1960, le philosophe Louis Althusser intervient en plusieurs contributionsNotice: André Cornu, dans le Maitron..
La revue actuelle De 1976 (à partir du ) à 2014 (), le directeur de La Pensée est Antoine Casanova. De 2014 à 2022, le directeur est Claude Gindin (changement dans l'ours du /2015 puis dans celui du /2023). Depuis 2020 Stéphane Bonnéry est également directeur (ours du /2020). Son siège est à Paris dans le arrondissement, avenue Mathurin-Moreau. La revue est publiée depuis quarante ans en partenariat avec des instituts de recherches proches du Parti communiste : Institut de recherches marxistes devenu Espaces Marx, puis Fondation Gabriel-Péri, avec le concours du Centre national du livre.
Bibliographie David Caute, Le Communisme et les intellectuels français, 1914-1966, Paris, Gallimard, 1967. Georges Cogniot, Parti pris, deux volumes (540 pages et 582 pages), parus aux éditions sociales en 1976 et 1978. De l'ordre du témoignage.
Pierre Favre, Jacques Decour, l'oublié des Lettres françaises, 1910-1942, biographie, Farrago, Editions Léo Scheer, 380 pages, 2002. Jacques Julliard, Michel Winock (direction), Dictionnaire des intellectuels français; les personnes les lieux, les moments, Paris, Seuil, 1996. L'article sur La Pensée est rédigé par Frédérique Matonti. Frédérique Matonti, Intellectuels communistes, Paris, La découverte, 2005. L'auteure note les différences entre les deux revues, La Nouvelle Critique et La Pensée. Michel Politzer, Les trois morts de Georges Politzer, récit, Flammarion, 368 pages, Paris, 2013. Annales de la société des amis de Louis Aragon et Elsa Triolet, /14, 2011-2012, éditions Aden, 358 pages : Jacques Decour, Georges Politzer, Jacques Solomon, La Pensée libre 1941-1942, réédition suivie de textes de Louis Aragon, Claude Morgan, Henri Lefebvre. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français et Dictionnaire biographique mouvement ouvrier mouvement social, Éditions de l'Atelier (le Maitron) : notices sur Jacques Decour, Georges Politzer, Jacques Solomon, Georges Cogniot, René Maublanc, Marcel Cornu, Antoine Casanova. , revue La Pensée , Fondation Gabriel Péri, juillet-, 161 pages, . Henri Wallon dans La Pensée, Textes choisis et présentés par Régis Ouvrier-Bonnaz, Jean-Yves Rochex et Stéphane Bonnéry, éditions Manifeste !, 2022, 236 pages, .
Notes
Références
Photographies
Liens externes
Anciens numéros de La Pensée, de 1939 à 2012, sur le site Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Numéros de La Pensée libre (1941-1942), sur le site Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF.
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