L'église Saint-Sauveur (autrefois Sainte-Madeleine) est une église de style Louis XIII reconstruite à la fin du sur une église primitive du dans la ville de La Rochelle. Située quai Maubec, en retrait et à proximité du Vieux-Port, elle est placée sous l'invocation du saint Sauveur (Jésus-Christ).
De 1995 à 2008, l’église a été entièrement rénovée.
Historique Fondation de l'église La première église fut bâtie en 1152 par les moines de l'Île d'Aix, grâce à un bref du pape Eugène III. Sa construction suit celle de l'ancienne église Saint-Barthélémy. Placée à l’origine sous le vocable de sainte Madeleine, elle est érigée en paroisse par l'évêque de Saintes, Ponce de Pons, en 1217.
L'église gothique flamboyant Un vimaire de feu l'a détruite en 1419. La reconstruction est achevée en 1492 par la construction du porche. L’église rebâtie est de style gothique flamboyant. thumb|left|Rosace de style gothique flamboyant, vestige de la deuxième église On mit en œuvre pour la rebâtir tout ce que l’art gothique comportait de richesse architecturale à cette époque. « Elle était fort belle — dit Amos Barbot — et entièrement couverte en plomb. » À l’intérieur, on trouvait une « Mise au tombeau » due au célèbre sculpteur Michel Colombe, dont les personnages étaient coloriés (début du ).
vignette|Église gothique de Saint-Sauveur, vue de la rue de la Poterie, selon Émile Couneau dans La Rochelle disparue, 1904. Louis XII prit sous sa protection les biens de l'église et de la fabrique par lettre patente du . Il déclare l'église de fondation royale, et en s'institue : « Chef et maystre de la confrairie du corps de Christ et de Saint-Marsault, desservie dans ladite église ». Titre qu'avaient déjà porté avant lui Louis XI et Charles VIIIp. 42. thumb|left|upright|Vestiges et amorces visibles depuis le clocher de l'ancien portail Dans les premiers temps de la réforme, aux périodes de plus grandes tolérances, les ministres des deux cultes s’entendirent pour célébrer leurs offices à des heures différentes et se partageaient les frais de chandellep. 152. Mais cette bonne entente ne durera pas, et le , le maire François Pontard leva l'étendard de la révolte contre les papistes, emprisonna les prêtres et les opposants. Il laissa la populace se ruer dans les églises qui furent mises à sac, brûlées et dépossédées, au profit de la cause, de leurs biens les plus précieuxp. 6.
Le , les habitants craignant de devoir subir un siège, mettent la ville en état de défense. Manquant de matériau pour les fortifications, on fit démolir la plupart des églisesp. 33. Les débris de Saint-Sauveur furent utilisés pour la construction du Bastion du Gabut (Bastion situé sur la muraille qui reliait la tour Saint-Nicolas à la porte Saint-Nicolas).
De cette merveille de la ville, il ne reste plus aujourd'hui que le clocher et des fragments de portail. Le clocher fut conservé à des fins militaires, pour servir de tour d'observation, voire de plateforme pour canon. Le portail s'écroule dans la nuit du .
L’emplacement même de l’église est vendu à Guillaume Gendreau, échevin. Au commencement du siècle suivant, les catholiques firent l'office quelque temps sous le clocher.
Troisième et quatrième églises vignette|Portail de style corinthien, vestige de la troisième église. Après la victoire de Louis XIII sur la ville, le culte catholique fut rétabli au et la Fabrique put récupérer son terrain.
En 1633, les paroissiens, manquant de ressources pour rebâtir leur église, obtinrent de l'évêque de Saintes l'autorisation de faire célébrer le service divin dans une chapelle aménagée dans le rez-de-chaussée du clocher.
De 1652 à 1679, on reconstruisit Saint-Sauveur. Cette troisième église fut emportée par un incendie dans la nuit du 28 au . Le tabernacle, le sacrement et les autels furent tous consumésp. 176. L’incendie endommagea également le couvent des Récollets et la tour de Moureilles. De cette église, on conserve la façade d'entrée, réalisée en 1679.
On entreprit donc une quatrième église sur les vestiges de la précédente. Elle fut reconstruite de 1708 à 1718. La hauteur de la nef fut portée à , permettant de dépasser les maisons environnantes. Le , l’évêque de la Rochelle, Étienne de Champflour consacrap. 67 le chœur et la première travée. Il fallut attendre 1718 pour la construction des deux autres travées de la nef. On en profita pour supprimer les vitraux du bas-côté donnant sur la ruelle et on déplaça l'œil de bœuf situé en façade, en fermant l'ancien avec de la pierre de taille. (À la suite de la rénovation de l'église, il a été rétabli). Le eut lieu la bénédiction des cloches.
Pendant la période révolutionnaire, on y bénit, le , le drapeau de la Compagnie Franche des Chasseurs Rochelais. Fermée en 1792, l'église servit de magasin aux vivres pour la marine. Elle fut mise en vente en 1794, et, faute d’acquéreur, devint un entrepôt de la Marine. Elle fut rouverte au culte le .
Une église en péril vignette|Vue générale du port, pris avant la démolition de la dernière maison attenant à l'église.
De 1848 à 1888, de multiples travaux de consolidation se succédèrent sur les voûtes, la charpente, la toiture et même au niveau des fondations pour stopper les mouvements des murs.
Entre 1881 et 1884, on démolit les dernières maisons particulières enclavées entre les contreforts de l'église, permettant l'agrandissement du canal Maubec. Bien que débarrassé de ces maisons particulières, l'édifice ne s'en trouva pas pour autant grandi. Ainsi, Émile Couneau écrit dans la Rochelle disparue : "Mais quelque effort qu’on ait pu faire, soit en dissimulant sous la verdure la nudité des grands murs de cette construction, soit en reconstituant une des tours de l’ancienne porte Maubec attachée à ses flancs, on n’arrivera jamais à atténuer la pauvreté de ses lignes et à lui donner un aspect monumental."
De 1887 à 1900, on restaure et réaménage l’intérieur de l’église. En 1888, constatant qu'en plusieurs endroits les voûtes et les murs de l'édifice se trouvaient dans un mauvais état, on entreprend en urgence la reconstruction d'un arc-doubleau et de ses voûtes. On procède également à la réouverture des baies du bas-côté sud. En 1892, on procède à la reconstruction de la sacristie qui se situait dans ce qui restait de la première porte Maubec. En 1905, la dernière maison accolée à l’église, habitée par un sabotier, est démolie Eglise Saint-Sauveur, La Rochelle, 22 septembre 1907, permettant l’allongement du bas-côté droit. L'espace permet de repousser les fonts baptismaux.
vignette|upright|Église Saint-Sauveur à la suite de la démolition de la dernière maison attenante. En 1965, on installe les fonts baptismaux avec une cuve en pierre dans la chapelle au rez-de-chaussée du clocher. L'ancien autel de la chapelle est alors transféré à sa place dans le bas-côté droit. Un nouvel autel est installé dans l’avant-chœur en 1970.
L'église Saint-Sauveur a subi d’importants travaux depuis 1995, date à laquelle le festival de l'inattendu a dû être déprogrammé car les voûtes menaçaient de s'effondrer. Pour la petite histoire, le bedeau, gardien de l'église, a vu tomber une pierre à de lui. Depuis cette date, seuls le clocher et l'orgue n'ont pas subi de restauration.
On peut noter les travaux suivants : la reconstruction des voûtes de la nef ; la réparation et le renforcement des voûtes de pierre du chœur et du transept ; le confortement des arcs des bas-côtés avec la mise en place de tirants en acier pour lier la structure et stopper les déplacements ; la mise en place d'une barrière étanche périphérique pour éviter les remontées d'eaux salées ; la réfection de la quasi-totalité des piliers, dont un qui menaçait de s’effondrer ; la changement des enduits intérieurs et extérieurs ; la réfection de la toiture ; la consolidation des arcs-boutants ; certains tableaux et le maître-autel ont été restaurésLa Rochelle Le Journal, voir page 6 - Octobre 2007 ; la tribune de l'orgue, ses décorations et les vitrauxLa Rochelle Le Journal, voir page 7 - Février 2008 ont été restaurés. Enfin, les travaux ont enchaîné avec la réfection du parvis d'entrée (devenant accessible au PMR) et la restauration en profondeur de la façade d'entréeLa façade d'entrée a été l'une des dernières parties à être restaurées, très dégradée, on installa un échafaudage dans les années qui suivent la fermeture de l'église, lorsqu'on entreprit la restauration de cette partie, plus personne ne savait à qui apprenait l’échafaudage. Enfin, le bâtiment abritant la sacristie est rénové et nettoyéLa Rochelle Le Journal, voir pages 3, 8 et 33 - Décembre 2007 .
Les travaux ont duré près de 13 ans avec un investissement global de la ville de près de 3 millions d'euros. L'église a officiellement rouvert le 6 et .
Proche du Vieux-Port, l'église accueille, en plus des différents offices religieux, des concerts, des expositions et festivals tout au long de l'année.
Protection de l'édifice Le clocher de l'église Saint-Sauveur est classé au titre des monuments historiques par arrêté du . La façade est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du . Le reste de l'église, y compris la sacristie, est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du .
Curés de l'église
Architecture Généralités vignette|Vue générale de l'église. L'église Saint-Sauveur est un bâtiment à trois nefs, transept saillant en élévation et chevet plat. La façade d'entrée date de 1679, est d'Ordre corinthien. Elle se compose de quatre colonnades avec base, chapiteau, entablement et corniche. Des niches avec cul de lampe et sculpture sont disposées entre deux colonnades. Elles devaient accueillir pour l'une la statue de Saint Pierre, pour l'autre celle de Saint Paul, il est possible que ces statues ne furent pas exécutées.
Le chœur et le transept sont voutés en croisée d'ogives de pierre de taille. Les collatéraux, de voûtes d'arêtes en briques. La première travée et la première du collatéral droit sont couvertes de voûtes d'arêtes en plâtre sur lattis réalisé et début . La nef était voutée d'arêtes en deux épaisseurs croisées de brique plate, menaçant de s’effondrer, les voutes ont été entièrement refaites en lamellé-collé avec armature métallique et recouvert de plâtre projeté reprenant la forme des voûtes. Elles sont peintes de fausses pierres comme cela se faisait au .
Chœur vignette|upright|Vue du chœur de l'église. Au premier plan l'autel moderne, et dans le fond le maître-autel. Maître-autel en marbre de Carrare du sculpteur Finelli datant de 1774 encadré par deux anges adorateurs. Le tableau est classé au titre objet le . ; La Transfiguration d'Emmanuel Genty, tableau daté de 1864. Le tableau est au-dessus du maître-autel. La toile est donnée par l’État à la suite d'une demande de l'évêque de La Rochelle pour l'église Saint-Sauveur. Le tableau est classé au titre objet le . Le Repas chez Simon le Pharisien, tableau daté de 1702, de l’École de Jean Jouvenet ; il se situe sur l'une des parois latérales. Le tableau est classé au titre objet le . Le Baptême du Christ, tableau daté de 1765, de Nicolas-Guy Brenet sur la paroi opposée. Le tableau est classé au titre objet le .
Chapelle de la Vierge - Transept droit vignette|Chapelle de la Vierge. L’Annonciation d'Étienne Garot-Dubuisson datant de 1720. Le tableau est classé au titre objet le . Autel et tabernacle exécuté vers 1860. La Transfiguration, copie d'un tableau de Raphaël conservé au Vatican. Il était à l'origine placé derrière le maître-autel et date de 1720. Le tableau est classé au titre objet le .
Bas-côté droit Maternité de la Vierge ou Nativité du Christ de François Claude, dit Frère Luc, , école coloriste. Le tableau est classé au titre objet le .
Bas-côté gauche