Le département des objets d'art du musée du Louvre est un des départements les plus riches du musée. Ses collections, régulièrement enrichies par des donations et des acquisitions, accueillent des œuvres variées : statuettes, objets liturgiques, mobiliers, bijoux, accessoires, costumes, armes, tapisseries, livres, arts de la table... Le département présente une histoire des savoir-faire et du goût allant du haut Moyen Âge jusqu'au milieu du . Il comprend plus de 24 163 œuvres au total, parmi lesquelles 8 500 sont exposées dans 96 salles, dont certaines sont des chefs-d'œuvre en elles-mêmes (galerie d'Apollon, appartements Napoléon III). Actuellement, environ 20253 sont présentés sur le site des collections du musée du Louvre.
Histoire du département
Les premières collections (1792–1807) Le , un décret confisqua les biens des émigrés ayant quitté la France depuis le . La Convention, le , ordonna la création du Muséum central des arts. Aucun projet spécifique pour les arts décoratifs n’existait à cette époque, mais ces mesures permirent de constituer un noyau de collections à partir des meubles confisqués issus des demeures royales et aristocratiques. La plupart du mobilier fut cependant redistribué dans les résidences impériales, notamment Saint-Cloud, Fontainebleau, Compiègne et les Tuileries.
Sous le Consulat et l’Empire, le Musée se concentra principalement sur les acquisitions d’antiques. Parmi elles figurent le Laocoon, arrivé en 1798 avec le traité de Tolentino, et la collection de Camille Borghèse, acquise par décret le . L’Empereur préféra souvent la présence des objets d’art dans ses résidences plutôt qu’au musée, limitant l’exposition du mobilier et des arts décoratifs.
Création d’une section spécifique (1814–1830) Durant la Restauration, l’acquisition de la collection Edme Durand en 1825 permit la création d’une section dédiée aux objets d’art au Louvre. La collection fut installée au premier étage de l’aile sud de la Cour carrée, dans l’espace connu sous le nom de musée Charles X. L’achat de la collection de Pierre Révoil en 1828 enrichit le musée en objets médiévaux et de la Renaissance, constituant son « cabinet de gothicités » comprenant 839 numéros inventoriés.
Développement au XIXe siècle Sous la Deuxième République et sous Louis-Philippe, les objets d’art reçurent un nouvel écrin. L’architecte Félix Duban et le conservateur Léon de Laborde inventorièrent, classèrent et exposèrent les arts décoratifs selon une catégorisation technique rigoureuse. La disposition en vitrines, avec un fond en velours noir, permit une meilleure visibilité des œuvres et la valorisation de leur esthétique.
Intérêt pour le XVIIIe siècle Le , la Commission de la Liste civile et du Domaine privé ordonna l’envoi au Louvre du mobilier et des bronzes des XVIIe et XVIIIe siècles provenant des résidences impériales. Ces meubles, dont beaucoup furent réalisés par André-Charles Boulle, furent initialement installés dans la Galerie d’Apollon et servirent de support aux objets d’art précieux.
Le décret du permit un versement plus important, transférant les collections du Garde-Meuble national vers le Louvre. Cinq salles furent ouvertes au premier étage de l’aile ouest, offrant aux visiteurs un panorama complet de l’art décoratif du XVIIe et XVIIIe siècle. La disposition des meubles et objets, avec un soin particulier pour les pièces d’exception comme un bureau plat de Charles Cressent ou la sculpture Enfant à la cage de Jean-Baptiste Pigalle, visait à créer une scénographie harmonieuse et évocatrice, dépassant la simple lecture chronologique ou typologique.
Autonomie du département des objets d’art Le département en tant que tel a été créé en 1893, année où il a été séparé de celui des sculptures. De valeur exceptionnelle, ces objets et meubles proviennent des collections royales, des anciens trésors de Saint-Denis et de l'ordre du Saint-Esprit, ainsi que du transfert au Louvre, en 1901, de l'ancien musée du Mobilier national. À cela se sont ajoutés, depuis le début, de multiples donations et achats.
Les collections du département des objets d'art se trouvent au du musée, dans l'aile Richelieu, les ailes Nord et Nord-Ouest de la Cour carrée, ainsi qu'au de l'aile Denon (galerie d'Apollon). L'aile Richelieu accueillait auparavant le ministère des finances qui a déménagé à Bercy, a été réaménagée en salles d'exposition et inaugurée le . En , de nouvelles salles consacrées aux objets d'art du ouvrent leurs portes dans les anciens bureaux du ministère des Finances de Napoléon III, et portent à 20 000 le nombre de pièces inventoriées dans le département.
En 2005, la section du département des objets d’art du Louvre consacrée au règne de Louis XIV et au est fermée pour rénovation, à l'origine pour une question de remise à niveau du système électrique qui devait durer 2 ans.
Le , après 9 années et un budget de 26 millions d'euros (financé par des mécènes), 33 nouvelles salles contenant plus de 2000 objets sont rouvertes, dont une grande partie ont été conçues comme des Period rooms présentant le mobilier français du règne de Louis XIV à celui de Louis XVIMusée du Louvre : Les nouvelles salles du département des Objets d’art - De Louis XIV à Louis XVI, un art de vivre à la française. Une première équipe d'architectes est assignée à la rénovation du département, mais en 2008, à la suite du constat d'infaisabilité de cette équipe, l'aménagement muséologique de ces nouvelles salles est confié à Jacques Garcia avec les directeurs du département qui se succèdent. Fabrice Ouziel a dessiné les nouveaux décors. La rénovation des boiseries a occupé les trois quarts du budget total.
La collection d'art reconstituée s'est faite grâce aux contributions du palais des Tuileries et du château de Saint-Cloud sous forme de meubles et autres objets décoratifs, suivi par le Mobilier national de chefs-d'œuvre de l’ébénisterie et de la tapisserie d’origine royale.
Décors
Le plafond de la salle du pavillon de Beauvais (salle 605) a été peint par Carolus Duran. Lors de la rénovation de 2006-2014, un plafond peint par Giovanni Scajario a été installé, la coupole Toilette de Vénus de Antoine-François Callet a été remonté du palais Bourbon, et des tapisseries de Noël Coypel ont été apposées.
Les salles sont agrémentées de mobilier Boulle, dont l'entretien et la rénovation s'avèrent intensifs. thumb|Meubles XVIIIe s. et boiseries issues du salon dit vert de l'hôtel de Villemaré Dangé
Collection
On distingue 4 groupes de collections dans le département : les collections du Moyen Âge, les collections de la Renaissance et de la première moitié du , les collections de la seconde moitié du et du et les collections du (y compris les appartements Napoléon III).
La présentation dans les salles des collections de la seconde moitié du et du a été divisée en trois grandes séquences chronologiques et stylistiques : 1660-1725 : le règne personnel de Louis XIV et la Régence (salles 601 à 606). 1725-1755 : l'épanouissement du style rocaille (salles 605, 607 à 615). 1755-1790 : le retour au classicisme et le règne de Louis XVI (salles 616 à 632).
Cette nouvelle présentation des collections permet de montrer les boiseries de plusieurs salons d'hôtels particuliers, de remonter la coupole des Petits-Appartements de l'hôtel du prince de Condé réalisée par Antoine-François Callet en 1774 et de présenter des meubles de André-Charles Boulle, Martin Carlin, Mathieu Criaerd, Alexandre-Jean Oppenord.
Œuvres majeures Le trésor de Saint-Denis : L'Aigle de Suger L'épée de Charlemagne Le sceptre de Charles V La patène de serpentine
Les joyaux de la Couronne : Le diamant Le Régent Le diamant Le Sancy La couronne de Louis XVLa couronne de Louis XV fait également partie du Trésor de Saint-Denis.
Le diadème de la duchesse d'Angoulême
La couronne, le diadème et le nœud de corsage de l'impératrice Eugénie Coffre des pierreries de Louis XIV Les décors historiques : Les appartements Napoléon III La galerie d'Apollon
La chambre de Madame Récamier Salon de l'hôtel Le Bas de Montargis Cabinet et bibliothèque de l'entresol de l'hôtel de Villemaré Dangé salon du château de l'Abondant Chambre de parade du duc de Chevreuse de l'hôtel de Luynes
Mobilier : Table de Teschen Armoire aux perroquets (Boulle) Commode de Mademoiselle de Sens Athénienne de Napoléon Ier Grand écrin de l'impératrice Joséphine Table de toilette de la duchesse de Berry
Autres : Vierge à l'Enfant (Jeanne d'Evreux) Casque de parade de Charles VI Tenture Les Chasses de Maximilien
Principales acquisitions récentes 2026 : Commode de Mademoiselle de Sens (dite Commode Rothschild) 2024 : Aiguière d'Isabelle d'Este 2023 : Tabatière Choiseul Candélabre Ananas et statue Le Silence de Joseph Chinard (pour la chambre de Madame Récamier) 2022 : Camée attribué à Giovanni Ambrogio Miseroni 2020 : Coffret dit romanFabriqué par la Manufacture de Sèvres, 1846-1853, porcelaine dure, bronze doré. Acquisition avec le soutien de la Fondation La Marck. 2019 : Coffret à bijoux de la duchesse de Berry (don) 2018 : Le Livre d'heures de François Ier (mécénat) 2015 : Table de Teschen Tapisserie Les Astronomes (Histoire de l'Empereur de Chine) 2014 : Paravent aux Oiseaux de la duchesse de Berry Le Char d'Apollon (bronze et marbre), d'époque Empire 2012 : Statuettes provenant du groupe représentant la Descente de Croix, Saint Jean et Allégorie de la Synagogue 2009 : Le Dais de Charles VII Boite à portrait de Louis XIV (don des Amis du Louvre) 2008 : Grand Nœud de corsage de l'Impératrice Eugénie (ancienne collection des Diamants de la Couronne)
2006 : Guéridon en porcelaine de Sèvres (don des Amis du Louvre) 2002 : Diadème de la duchesse d'Angoulême (ancienne collection des Diamants de la Couronne) 2001 : Parure en or et mosaïque (ancienne collection des Diamants de la Couronne; don des Amis du Louvre) 1992 : Diadème de l'impératrice Eugénie (ancienne collection des Diamants de la Couronne; don des Amis du Louvre) 1988 : Couronne de l'impératrice Eugénie (ancienne collection des Diamants de la Couronne; don particulier)
Mécénat
De grands donateurs comme Isaac de Camondo ou Basile de Schlichting, d'autres mécènes comme le Cercle Cressent ou la Société des amis du Louvre ont participé à la restauration ou à l'acquisition de pièces pour les collections de la seconde moitié du et du .
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Alcouffe, Daniel ; Dion, Anne (1993). Le Mobilier du Musée du Louvre. Tome I : Moyen Âge, Renaissance, XVIIe–XVIIIe siècles (ébénisterie), XIXe siècle. Dijon : Éditions Faton. . Alcouffe, Daniel ; Dion, Anne (1993). Le Mobilier du Musée du Louvre. Tome II : Sièges et consoles. Dijon : Éditions Faton. . Bresc-Bautier, Geneviève (dir.) (2004). L'Album de la galerie d'Apollon au Louvre : écrin des bijoux de la Couronne. Paris : Gallimard. . Bresc-Bautier, Geneviève ; Fonkenell, Guillaume (dir.) (2016). Histoire du Louvre. Tome I : Des origines à l'heure napoléonienne. Paris : Fayard. . Bresc-Bautier, Geneviève ; Fonkenell, Guillaume ; Mardrus, Françoise (dir.) (2016). Histoire du Louvre. Tome II : De la Restauration à nos jours. Paris : Fayard. . Dion-Tenenbaum, Anne ; Pallot, Bill G. B. (2023). Les Diamants de la Couronne. Paris : Éditions Faton. . Dreyfus, Carle (1922). Musée national du Louvre, Catalogue sommaire du mobilier et des objets d'art du XVII au XVIIIe siècle. Paris : Musées nationaux. [1re éd. Paris : Gaston Braun, 1913]. Dreyfus, Carle (1921). Musée du Louvre, Le Mobilier français, Époques de Louis XIV et de Louis XV. Paris : Albert Morancé. Dreyfus, Carle (1921). Musée du Louvre, Le Mobilier français, Époque de Louis XVI. Paris : Albert Morancé. Dreyfus, Carle (1923). Musée du Louvre, Les Objets d'art du XVIIIe siècle, Époque de Louis XV. Paris : Albert Morancé.