Le lai breton est une forme de poésie apparue au et qui désigne un genre de récit narratif, dénommé lai, ancêtre du fabliau, et de style lyrique. Le lai breton est un genre littéraire écrit d'abord en vieux français, puis dès la fin du et au cours du essentiellement en langue anglo-normande. Jack Zipes indique dans The Oxford Companion to Fairy Tales Zipes, Jack, The Oxford Companion to Fairytales. Oxford UP. 2009 62-63 que le mot lai dériverait du mot irlandais laid (chant).

Présentation Le lai breton est né à partir de vieilles légendes et contes de la « matière de Bretagne », qui associe, dans des récits courts de 600 à 1000 lignes, l'épopée chevaleresque et l'amour courtois vécus en Bretagne insulaire mais également en Petite Bretagne. Ces récits médiévaux se sont développés après la conquête normande de l'Angleterre.

Le lai breton est présent dans le cycle arthurien. Il représente la tradition celtique, par opposition à la tradition carolingienne de la matière de France et aux traditions latines et antiques de la matière de Rome. Jack Zipes écrit dans The Oxford Companion to Fairy Tales que les légendes arthuriennes ont pu être amenées du Pays de Galles, de Cornouailles et d'Irlande en Bretagne armoricaine, où les chants étaient transmis par des harpistes, des ménestrels et des conteurs.

Cependant, tous les lais, dits bretons, ne relèvent pas exclusivement de la tradition celtique. Le lai breton peut désigner également des légendes non celtiques comme le Lai du Fresne ou encore le Lai des Deux Amants.

« Il n'est pas de bons harpistes qui ne connaissent le lai de Doon. Je veux donc vous conter ce fameux lai. Cela se passa, à mon avis près de Daneborc, dans le nord. Là bas vivait une demoiselle merveilleusement belle et courtoise. Le royaume était son héritage, il n'y avait pas d'autre seigneur.»

Nouvelles fantastiques et chevaleresques de la cour de Bretagne, le lai de Doon, éditions Paleo.

Historique thumb|150px|Marie de France. Les plus anciens lais bretons connus sont les douze lais traduits par Marie de France, probablement dans les années 1170. Marie de France vécut sans doute proche de la cour d’Henri II Plantagenêt et d’Aliénor d’Aquitaine.

Aucune des hypothèses formées au sujet de son identité n'est réellement plausible. Elle traduisit aussi des fables qui connurent un grand succès.

Chrétien de Troyes fut influencé à ses débuts par les lais bretons et la légende arthurienne quand il composa ses romans courtois avant d'évoluer vers la chanson de geste en langue d'oïl.

Classification

On distingue deux groupes principaux de lais bretons Glyn S. Burgess et Leslie C. BrookThree old french narrative lays, The University of Liverpool, Department of French, 1999 : Les Lais de Marie de France, douze lais reconnus généralement comme ceux écrits par Marie de France : (Bisclavret, Guigemar, Equitan, Lanval, Le Fresne, Les Deus Amanz, Yonec, Laüstic, Milun, Chaitivel, Chevrefoil, Eliduc) ; Les lais bretons anonymes eux-mêmes classés en sous groupes : Les lais bretons anonymes : (Desiré, Graelent, Guingamor, Doon, Mélion, Epine, Tydorel et Tyolet) ; Les lais bretons didactiques : (le lai de l’oiselet, Trot, Conseil, Ombre et Ignaure) ; Les lais bretons de genre fabliau : (Espervier, Aristote, Cor, Mantel et Nabaret) ; Les lais bretons parodiques : (Haveloc et Lecheor).

Personnages Cette littérature médiévale développa le mythe de la fée et donna naissance, dans les récits littéraires médiévaux des lais, aux fées, telles que Morgane, Viviane, et Mélusine.

Notes et références

Annexes

Sources Nouvelles fantastiques et chevaleresques de la cour de Bretagne, présentées et traduites par Nathalie Desgrugilliers, éditions Paleo, coll. Accès direct

Bibliographie

Narration et dialogue dans le Lai breton du Moyen Âge. Survivance de l'oralité, Langue et littérature orales dans l'Ouest de la France, Université d'Angers. UER des lettres et sciences humaines, Centre de recherche en littérature et linguistique de l'Anjou et des Bocages, Angers, 1983 Marie-Thérèse Brouland, Le substrat celtique du lai breton (moyen anglais): “Sir Orfeo”, diffusion Didier érudition, Paris, 2000 Lais de Marie de France (bilingue), présentation, traduction et notes de Laurence Harf-Lancner, Le Livre de poche, Lais féériques des XII et XIII siècles (bilingue), présentation, traduction et notes d'Alexandre Micha, Garnier-Flammarion, 1992 Morvan, Françoise, traduction, présentation et notes des Lais de Marie de France, Babel-Actes sud, 2008 (cette traduction respecte la forme de l'original et permet aux lais d'être dits accompagnés de musique comme ils l'étaient au Moyen Âge).

Articles connexes Lai (poésie) Lais de Marie de France Littérature française du Moyen Âge Chanson bretonne

Liens externes

Roger Dragonetti, La Musique et les lettres, Librairie Droz, Genève, 1986, p. 99-121 Roger Dragonetti, Évolution et esthétique du lai lyrique des origines à la fin du XIVe siècle, Cahiers de civilisation médiévale, volume 12, 1969, n° 12-45, p. 65-68 Charles Foulon, Marie de France et la Bretagne, Annales de Bretagne, No 60, 1953,

Catégorie:Poésie médiévale Catégorie:Genre poétique médiéval * Catégorie:Littérature anglo-normande