vignette| Météorite de Willamette, présentant des altérations météoritiques (exposée au musée américain d'histoire naturelle de New York). vignette|La météorite de Murchison intéresse particulièrement les astrophysiciens, les cosmochimistes et les exobiologistes à la recherche des origines de la vie, son étude ayant fortement influencé la conception sur l'origine extraterrestre de la vie sur Terre.

Une météorite est un objet solide d'origine extraterrestre qui n'a pas perdu toute sa masse en traversant l'atmosphère de la Terre, et qui en a atteint la surface solide sans être entièrement volatilisé lors de l'impact. La définition s'applique aussi à des objets arrivant sur la surface solide d'autres astres (planètes, satellites naturels ou astéroïdes) ; il a ainsi été trouvé sur la planète Mars plusieurs météorites, et sur la Lune un fragment de granite d'origine terrestre.L'achondrite NWA 13188 est peut-être aussi une météorite d'origine terrestre, mais retombée sur Terre après quelques milliers ou millions d'années passées dans l'espace..

Les objets arrivant dans la haute atmosphère terrestre sont appelés météoroïdes. Les météorites elles-mêmes ne sont que la fraction qui a survécu à l'ablation lors de la traversée de l'atmosphère. La majorité des météorites sont des fragments d'astéroïdes, une très petite minorité sont d'origine lunaire ou martienne, et certaines sont peut-être d'origine cométaire.

La traînée lumineuse produite par l'entrée dans l'atmosphère du météoroïde à des vitesses de l'ordre de dizaines de kilomètres par seconde est un météore, qui est soit une étoile filante (petit météoroïde dont la combustion illumine le ciel la nuit), soit un bolide (gros météoroïde brillant assez pour être visible même le jour). Ce météore lumineux s'éteint à une altitude le plus souvent de et prend le nom de météorite lorsque son ablation n'est pas complète et qu'il atteint le sol après une phase où il atteint sa vitesse limite, refroidit et devient peu visible ( ). Pendant la phase d'ablation, les contraintes thermomécaniques induites provoquent sa fragmentation. Les divers fragments se séparent du fait de traînées différentes mais aussi de leur portance naturelle (liée à leur forme) ou induite lors de la fragmentation (interaction avec les voisins). Il en résulte un champ de dispersion de forme plus ou moins elliptique, l'allongement de l'ellipse étant liée à l'angle initial de la trajectoire par rapport à l'horizontale.

Les météoritologues et les chasseurs de météorites distinguent les « chutes », météorites qu'on a vu tomber sur Terre et qu'on a retrouvées peu après leur atterrissage, des « trouvailles », météorites découvertes par hasard sans que leur chute ait été observée.

Fin , plus de ont été répertoriées et certifiées (nom officiel validé) par la Meteoritical Society qui publie chaque année un catalogue des nouvelles météorites analysées, le . Ce nombre augmente d’environ chaque année. Parmi celles-ci, un peu plus de sont des chutes.

Histoire De l'objet sacré à l'objet scientifique

vignette| upright=0.7| Monnaie d'Émèse en bronze représentant le temple du dieu solaire Élagabal et son bétyle avec un aigle en relief. L'histoire des représentations des météorites montre l'évolution des différentes perceptions de ces objets au cours des siècles, depuis l'objet sacré jusqu'à l'objet scientifique.

vignette| gauche|Dague en fer météoritique retrouvée dans le Tombeau de Toutânkhamon, probablement offerte à Amenhotep III par le roi Tushratta.. Depuis des siècles, les météorites ont été vénérées comme des objets sacrés par différentes cultures et civilisations antiques Massimo D’Orazio, « », dans .. La chute spectaculaire d'une météorite, qui s'accompagne de lumière intense et parfois de phénomènes sonores, comme pour la météorite de Nōgata découverte en 861, a toujours suscité l'imagination humaine, évoquant la peur, le respect ou l'adoration. Ces objets tombés du ciel sont ainsi recherchés pour en faire des objets sacrés du pouvoir et de cérémonies religieuses., tels les bétyles constituant l'Omphalos des Grecs à Delphes. ou, peut-être, la Pierre noire de la Kaaba à La Mecque. Les météorites de fer sont également très tôt utilisées comme bijoux et armes, telle une dague en fer météorique trouvée dans le tombeau de Toutânkhamon.. L'âge du fer aurait débuté chez les Inuits à partir de la chute de la météorite du cap York, ceux-ci utilisant des esquilles de fer tirées de ce type de météorite pour fabriquer des lames de couteau et des pointes de harpon..

La première mention d'une météorite dans le corpus écrit occidental est due à Anaxagore qui cite la chute de météorites en Crète en Aristote, Les Météorologiques, , .. Bien que sa prédiction de la chute d'une météorite proche d'Aigos Potamos après le passage d'une comète en soit légendairePline, Histoire , 149., il est le premier à formuler une hypothèse sur son origine, pensant avec audace que cette météorite est issue du soleil qu'il considère comme une pierre en flammes.. Les auteurs en Chine ancienne consignent dans leurs ouvrages les chutes de pierres sans donner de cause.. Les auteurs de langue arabe en font de même, tel Avicenne dans la section géologie de son Livre de la Guérison, le polymathe persan n'hésitant pas à affirmer que deux types de pierre tombent du ciel (des fers et des pierres) et à réaliser des expériences de fusion de météorites pour voir si elles sont métalliques..

vignette| gauche| upright=0.7|, un compte-rendu de Sébastien Brant à propos de la chute de la Météorite d'Ensisheim de 1492. Au Moyen Âge, l'Église chrétienne combat le culte des météorites et demande que ce symbole païen soit jeté et détruitLes météorites. Mythes, superstitions & réalités, astrosurf.com... La conception aristotélicienne du ciel prévaut (des fragments de roche ou de métal ne peuvent pas tomber du ciel et il n'existe pas de petits objets célestes au-delà de la lune), aussi la météorite est considérée soit comme une illusion d'optique (thèse de Guillaume de Conches), soit comme un artefact terrestre (type produits de métallurgie) soit comme un phénomène atmosphérique causé par des fragments de montagnes arrachés, des laves éjectées par les volcans (l'averse météoritique à Sienne le est attribuée ainsi à la proximité du Vésuve), par la foudre ou par le tonnerre, d'où sa dénomination particulière de « pierre de foudre » (pouvant être confondue avec la fulgurite) ou « pierre du tonnerre » ( la pierre du tonnerre d'Ensisheim en 1492, plus ancienne chute répertoriée en Europe).. De même sa dénomination générale n'est pas fixée, la météorite étant appelée indifféremment aérolithe (« pierre de l'air »), uranolithe (« pierre du ciel »)

Jusqu'au , l'idée que la météorite est une roche venue de l'espace est considérée comme absurde par les savants, d'autant plus que les récits antiques et médiévaux sur des chutes de météorites associent souvent ce phénomène à la longue série des (prodiges et miracles tels que pluie d'animaux, de lait, de sang, de feu et de soufre) et (présages tels que la pluie de pierres le jour de la naissance de Charles le ChauveLes météorites, cosmovisions.com.), ce qui suscite le scepticisme des savants européens qui se refusent à étudier ces superstitions. Les quelques spécimens analysés s'avèrent de plus être le plus souvent des fossiles, des outils préhistoriques supposés façonnés par la foudre, ou des roches communes (leur analyse met généralement en évidence des espèces minérales terrestres comme la pyrite ou la marcassite).. Les trois aérolithes tombés à Coutances en 1750, à Lucé en 1768 et Aire-sur-la-Lys en 1769 sont pour la première fois analysés chimiquement par une académie scientifique et décrits dans un journal scientifique mais les trois membres de l'Académie des sciences, Fougeroux de Bondaroy, Cadet de Gassicourt et Antoine Lavoisier concluent à tort qu'elles ne sont pas des pierres tombées du ciel et que la pierre du n'est qu'un grès pyriteux. La croûte de fusion noire de la météorite est expliquée par le fait qu'il s'agisse d'une « pierre de foudre »..

John Wallis, après l'observation d'une pluie de météores en Angleterre en 1676, suggère qu'ils peuvent être dus à la rentrée atmosphérique de comètes..

Au et début , les savants pensent encore dans leur majorité que la météorite se forme dans l'atmosphère, selon l'hypothèse la plus communément admise d'Eugène Louis Melchior Patrin en 1801. : le météore résulte de la circulation de fluides gazeux atmosphériques puis la météorite solide se forme par la combinaison des molécules gazeuses. D'autres hypothèses dans la même veine sont formulées : formation lors d'un orage par la foudre selon Antoine Lavoisier en 1769Lavoisier, « Rapport sur une pierre qu'on prétend être tombée du ciel pendant un orage », Histoire, 1769, ., formation à partir des nuages selon le médecin Joseph Izarn..

L’origine extraterrestre interstellaire est avancée par le physicien allemand Ernst Chladni dans son ouvrage en 1794 (« De l'origine de la masse de fer trouvée par Pallas et d'autres similaires, et sur quelques phénomènes naturels en relation avec elles »)., sa thèse étant renforcée par l'analyse chimique et minéralogique de plusieurs météorites réalisée en 1802 par Edward Charles Howard et Jacques Louis de Bournon qui mettent notamment en évidence les chondres..

L’étude scientifique complète (analyse chimique et recueil des témoignages) des météorites n'apparaît réellement qu'à partir de 1803, date du rapport minutieux de Jean-Baptiste Biot à l'Académie des Sciences de Paris., fait à la demande du ministre Chaptal, sur la météorite de L'Aigle tombée la même année.

Un changement dans la conception des météorites est perceptible au début du lorsque l'existence de cratères d'impact à la surface de la terre est admise, comme pour le Meteor Crater.. L'astronome Denison Olmsted observe en 1833 que le radiant de l'essaim d'étoiles filantes des Léonides n'est pas entraîné avec la rotation de la Terre, il infirme ainsi définitivement l'origine terrestre et atmosphérique des météorites.. Auguste Daubrée systématise la classification des météorites à la fin du ..

Si d'illustres savants catastrophistes (Jean-Baptiste Biot, Siméon Denis Poisson, John Lawrence Smith en 1855) sont encore partisans de l'hypothèse lunaire de Pierre-Simon de Laplace (météorites appelées « pierres de Lune » issues de l'éruption de volcans lunaires)., la majorité se rallie progressivement à l'hypothèse extraterrestre de Chladni.. Les débats intenses suscitent la constitution de collections de météorites afin de mieux les étudier : la majorité des muséums d'histoire naturelle se dotent au de telles collections. Le Muséum national d'histoire naturelle de Paris, le Musée d'histoire naturelle de Londres et la de Washington, qui possèdent aujourd'hui les collections de météorites les plus importantes au monde, le doivent à cet essor du milieu du ..

L'hypothèse extraterrestre de Chladni bien établie, l'origine exacte des météorites fait l'objet de débats jusque dans les années 1950 (milieu interstellaire, interplanétaire ?) qui voient un consensus se dégager sur les astéroïdes comme étant la source principale des météorites, les années 1980 étant celles de la découverte de météorites martiennes et lunaires..

Études actuelles vignette| gauche| Coupe d’une météorite de fer, figures de Widmanstätten apparentes. vignette| gauche| La croûte de fusion sur la météorite de Peekskill représente la dernière surface fondue, puis vitrifiée, après l'interruption du processus d'ablation. En quelques décennies, les analyses de plus en plus fines faites en laboratoire, les explorations spatiales et les observations astronomiques ont bouleversé notre connaissance du Système solaire. + Différenciation de la Terre et d'un corps-parent 60px 60px