Amilcare Ponchielli, né le à Paderno Fasolaro, près de Crémone, et mort le à Milan, est un compositeur italien.

Entré à neuf ans au conservatoire de Milan, il connaît des débuts difficiles : ses premiers ouvrages lyriques rencontrent peu d'écho et, écarté d'une chaire qu'il avait obtenue au concours, il occupe pendant une décennie des postes de chef de musique municipale à Plaisance puis à Crémone, pour lesquels il compose et arrange un nombre considérable de pièces pour harmonie.

La reprise remaniée de en 1872 marque le début de sa reconnaissance, confirmée par en 1874. , créée à La Scala le sur un livret d'Arrigo Boito d'après Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, le consacre comme le principal des nouveaux compositeurs d'opéra italiens. Le ballet du troisième acte, La Danse des heures, devient célèbre.

Professeur de composition au conservatoire de Milan au début des années 1880, il y a pour élèves Giacomo Puccini et Pietro Mascagni. Il dirige également la chapelle de Santa Maria Maggiore à Bergame, pour laquelle il écrit de la musique sacrée. Sa commune natale a été rebaptisée Paderno Ponchielli en son honneur.

Biographie

Origines et formation

Amilcare Giuseppe Ponchielli naît le à Paderno, dans la province de Crémone, de Giovanni Maria Ponchielli et de Caterina Mora.

Fils d'un organiste de village, il entre à neuf ans au conservatoire de Milan, où il étudie auprès de Felice Frasi et de Lauro Rossi.

En 1854, il obtient un poste d'organiste à Crémone et devient peu après chef substitut au Teatro della Concordia de la ville.

Débuts difficiles

Ponchielli donne à Crémone, en 1856, son premier ouvrage lyrique, , d'après le roman d'Alessandro Manzoni ; suit en 1861.

Ces premiers essais rencontrant peu d'écho, il accepte des fonctions de chef de musique : en 1862, il devient chef de la garde nationale de Plaisance, puis, en 1864, directeur de la fanfare municipale de Crémone. Le Dizionario biografico degli italiani rapporte qu'il travailla trois ans à Plaisance au développement de la formation et de son répertoire, y donnant par ailleurs des leçons de piano, de chant et de composition, et qu'il quitta la ville en , découragé par ses échecs au théâtre et insatisfait de l'expérience.

Son opéra , créé au Teatro Municipale de Plaisance le , est retiré après une seule représentation à la suite de difficultés avec les chanteurs.

En 1865, bien que classé premier au concours, il n'obtient pas la chaire de contrepoint du conservatoire de Milan à laquelle il aspirait.

De cette période subsiste un ensemble considérable de partitions originales, de transcriptions et d'adaptations pour harmonie.

Reconnaissance

La nouvelle version de , dont le livret avait été révisé par Emilio Praga, est créée au Teatro Dal Verme de Milan en 1872 et obtient un large succès. Elle lui vaut des commandes de la maison Ricordi.

, d'après le poème Konrad Wallenrod d'Adam Mickiewicz, est créé à La Scala le sous la direction de Franco Faccio.

Le , Ponchielli épouse la soprano Teresa Brambilla — dite Teresina pour la distinguer de sa tante homonyme —, première interprète de la nouvelle version des . Il s'installe à Milan.

La Gioconda

Le , la création à La Scala de consacre Ponchielli comme le principal des nouveaux compositeurs d'opéra italiens.

Le livret, signé du pseudonyme Tobia Gorrio, anagramme d'Arrigo Boito, s'inspire du drame Angelo, tyran de Padoue (1835) de Victor Hugo. Le Dizionario biografico y voit le prolongement de la lignée des mélodrames italiens tirés du dramaturge français — Lucrezia Borgia de Donizetti, Ernani et Rigoletto de Verdi —, dont l'ouvrage pousse à l'extrême le goût de l'intrigue à sensation, des effets d'horreur et des contrastes tranchés.

L'ouvrage est révisé à trois reprises, la dernière version étant donnée à La Scala le .

Le ballet du troisième acte, La Danse des heures, devient célèbre.

Dernières années

Ponchielli devient professeur de composition au conservatoire de Milan, chaire qu'il conserve jusqu'à sa mort, et prend la direction de la chapelle de Santa Maria Maggiore à Bergame, pour laquelle il écrit de la musique sacrée. Parmi ses élèves figurent Giacomo Puccini et Pietro Mascagni.

Deux derniers ouvrages lyriques paraissent : , créé à La Scala le , qui y remporte un franc succès avant de sortir des répertoires, et , d'après une autre pièce de Hugo, créé le et accueilli favorablement par le public mais non par la critique ; une nouvelle version en est donnée la même année au Teatro Grande de Brescia.

Plusieurs projets restent inachevés, parmi lesquels les opéras et .

En , alors qu'il se trouve à Plaisance pour une production de dont son épouse tient le rôle-titre, Ponchielli est atteint d'une broncho-pneumonie. Il meurt à Milan le , à cinquante et un ans.

Œuvres

Ouvrages lyriques

+ Opéras Opus Titre Genre Livret Création Melodramma D'après Alessandro Manzoni ; révision d'Emilio Praga Crémone, Teatro Concordia, 1856 ; nouvelle version, Milan, Teatro Dal Verme, 1872 1861 Francesco Guidi Plaisance, Teatro Municipale, 6 Scherzo comico Antonio Ghislanzoni Lecco, Teatro Sociale, 7 Dramma lirico Antonio Ghislanzoni, d'après Adam Mickiewicz Milan, La Scala, ; version, 9 Dramma lirico Tobia Gorrio (Arrigo Boito), d'après Victor Hugo Milan, La Scala, ; dernière version, 10 Melodramma Angelo Zanardini Milan, La Scala, 11 Melodramma Enrico Golisciani, d'après Victor Hugo Milan, La Scala, ; version, Brescia, Teatro Grande, 8 Dramma lirico Antonio Ghislanzoni, d'après Eugène Scribe Posthume : Monte-Carlo, salle Garnier, 1914 ; révision d'Annibale Ponchielli, achèvement d'Arturo Cadore

Ballets

+ Ballets Opus Titre Création 14 Crémone, Teatro Concordia, février 1865 15 Crémone, Teatro Concordia, 16 Milan, La Scala,

Autres œuvres

Le catalogue comprend en outre de la musique sacrée écrite pour Bergame, des cantates — dont , sur des vers de Ghislanzoni, composée pour la translation des restes du compositeur à Santa Maria Maggiore de Bergame et donnée au Teatro Riccardi le — ainsi qu'un vaste ensemble de pièces pour harmonie issues de ses années de chef de musique.

Un catalogue thématique de ses œuvres a été établi par Licia Sirch.

Postérité

est revenue à partir des années 1950 au répertoire des maisons d'opéra italiennes. Le critique Piotr Kaminski, cité par l'Encyclopædia Universalis, observe que l'ouvrage dépasse de deux voix Le Trouvère de Verdi, dont on dit qu'il requiert les quatre plus grands chanteurs du monde, puisqu'il en exige six.

Sa commune natale, Paderno Fasolaro, a été rebaptisée Paderno Ponchielli en 1950.

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

. .

Articles connexes

La Gioconda Arrigo Boito Giacomo Puccini Angelo, tyran de Padoue

Liens externes

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