La classe Renown est une classe de deux croiseurs de bataille de la Royal Navy mise en service pendant la Première Guerre mondiale. Portant des canons du plus fort calibre existant à cette époque et capables d'une vitesse supérieure à celle de ses congénères, les navires de cette classe sont néanmoins handicapés par un blindage dont la bataille du Jutland a montré l'insuffisance. Ils connaissent plusieurs refontes pendant l'entre-deux-guerres ; le mène avec succès plusieurs campagnes de la Seconde Guerre mondiale, en Méditerranée, dans l'Atlantique et dans l'océan Indien ; l'autre unité, le , est l'un des deux seuls cuirassés rapides alliés coulés par l'aviation ennemie en haute mer.

Contexte La perte de trois croiseurs de bataille au Jutland fut compensée, au sein de la Flotte de croiseurs de bataille britannique, par la mise en service de deux nouveaux bâtiments, en et , les et . Quand la guerre avait éclaté, la construction des trois unités de la et de la sixième unité de la , qui faisaient partie du programme 1914, fut arrêtée, dans la perspective d'une guerre courte, la priorité étant donnée aux unités dont la construction était censée être achevée avant la fin de la guerre. Revenu au poste de premier lord de la mer, l'amiral Fisher proposa, après la bataille des Falklands, et obtint dans les derniers jours de 1914, de reprendre la construction de deux unités, sous forme non plus de cuirassé, mais de croiseur de bataille, ce qui, dans son idée, signifiait combiner un armement de cuirassé avec une vitesse et une protection de croiseur.

En , il fut finalement décidé de reprendre deux marchés qui avaient été suspendus, pour la construction des cuirassés Renown et Resistance de la , passés auprès des chantiers John Brown et Palmers. Cela permettait d'utiliser des matériels déjà rassemblés pour la construction d'unités qui avaient été prévues au programme de 1914, mais il apparut que les chantiers Palmers, où sera lancé en le , ne disposaient pas de cale de construction d'une taille suffisante pour un bâtiment de la taille maintenant prévue, et le second contrat fut transféré aux chantiers Fairfields. Les mises sur cale eurent lieu en , avant que les plans définitifs ne fussent achevés en . L'objectif de Lord Fisher d'un achèvement en quinze mois, avant la mise en service de la classe Revenge, conduisit à limiter le nombre des tourelles à trois par navire, en fonction du nombre des canons disponibles. Si le délai de construction ne fut pas respecté, puisque les et ne purent participer à la bataille du Jutland, où furent présents les et , la construction de tels navires en vingt mois, fut déjà une prouesse.

Ce fut la dont les deux unités avaient un déplacement « normal » de et à pleine charge, soit de moins que le , mais étaient dotées de canons de au lieu de . Leurs machines du même type que celles du HMS Tiger, mais un tiers plus puissantes, développaient (), ce qui leur permettait de filer 3 nœuds de plus, soit 32 nœuds. La contrepartie était un blindage intermédiaire entre celui-là et celui de la , soit en ceinture, et sur les tourelles. Comme ces caractéristiques étaient, en matière de blindage, celles de navires perdus au Jutland, on entreprit immédiatement d'en renforcer la protection, dès la fin 1916 et le début de 1917. Ils y gagnèrent le surnom de « HMS Refit » et « HMS Repair ».

Description Caractéristiques générales Les navires de classe Renown avaient une longueur hors tout de , une largeur au maître-bau de , et un tirant d'eau de à l'arrière. Cette longueur était due à la nécessité de loger un plus grand nombre de chaudières, ce qui aboutissait à un rapport longueur/largeur de l'ordre de 8, favorable à une très grande vitesse, et le faible tirant d'eau résultait de l'idée de Lord Fisher de pouvoir disposer de navires susceptibles d'opérer en mer Baltique.

Armement thumb|350px|Vue aérienne du HMS Repulse en 19181 : tourelles double de 15 pouces2 : triples canons de 4 pouces3 : canon tribord de 4 pouces4 : canon AA tribord de 3 pouces Artillerie L'artillerie principale des navires de classe Renown consistait en six pièces de en trois tourelles identiques, deux superposées à l'avant (« A » et « B ») et une à l'arrière (« Y »), selon la terminologie de la Royal Navy. Les canons avaient une dépression maximale à - 3° et une élévation maximale de 20°. Les canons pouvaient être chargés à l'angle maximal de 20°, bien que le chargement à des angles trop élevés eût tendance à ralentir le retour du canon en position de tir. Ils tiraient des projectiles de à une vitesse initiale de , pour une portée maximale de avec des obus perforants.. La dotation était de 120 coups par pièce. Cependant ce nombre inhabituel de trois tourelles, qui résultait des contraintes imposées sur le plan des délais de construction, constituait pour certains officiers canonniers de la Royal Navy un handicap pour un réglage rapide du tir.

L'artillerie secondaire était constituée de dix-sept canons de 102 mm en cinq affûts triples et deux affûts simples, en pseudo-tourelles ouvertes. Ils étaient actionnés manuellement et assez pénibles d'utilisation, nécessitant un équipage de trente-deux hommes pour charger et former les affûts triples, ce qui entrainait une cadence de tir était de 10 à 12 coups par minute seulement. Ils avaient une dépression maximale de -10° et une élévation maximale de 30°. Ils tiraient des obus explosifs de avec une vitesse initiale de .. La portée maximale était de environ. La dotation était de 200 coups par pièce.

Chaque navire était également pourvu de deux pièces anti-aériennes de . Le canon avait une dépression maximale de -10° et une élévation maximale de 90 °. Il tirait des obus de à une vitesse initiale de à une cadence de 12 à 14 coups par minute.. Ils avaient une portée maximale de .

Les deux navires disposaient de deux tubes lance-torpilles immergés de 21 pouces (), en avant de la tourelle « A », avec un approvisionnement de 10 torpilles.

Conduite de tir thumb|right|250px|Tir du HMS Repulse en 1929 L'artillerie principale du Renown et du Répulse était conduite à partir de deux postes de télépointage principaux qui étaient installés dans la hune du mat tripode qui surmontait la passerelle et le blockhaus. Les indications des télémètres étaient ensuite envoyées au PC artillerie où elles étaient converties en données d'élévation (pointage en site des canons) et de direction (pointage en gisement des canons). La position de la cible était également transcrite graphiquement sur une table traçante pour permettre à l'officier de tir d'anticiper les changements de route et de vitesse du but. La conduite de tirs de l'artillerie secondaire était assurée par des postes de télépointage plus petits, montés sur les plates-formes de chaque mât. Chaque tourelle comprenait un télémètre de dans un poste blindé sur leur toit.

Pendant la guerre, le nombre et la taille des télémètres augmentèrent. En 1918, le Renown fut équipé de deux télémètres de , l'un sur la tourelle « Y » et l'autre au-dessus du château. Des télémètres de furent montés sur les tourelles « A » et « B ». Le mât tripode avant était équipé d'un télémètre de , et les canons anti-aériens étaient guidés par un simple télémètre de monté à l'arrière de la tourelle. Deux télémètres de étaient montés sur la passerelle.

Protection Blindage Le blindage des navires de la classe Renown était semblable à ceux de . Le blindage au niveau de la ceinture de la ligne de flottaison mesurait d'épaisseur au milieu du navire. Il courait du niveau de la tourelle avant à celui de la tourelle arrière, sur une longueur de et une hauteur de . Des virures d'une épaisseur de vers l'arrière et de vers l'avant prolongeaient la ceinture vers les extrémités du navire, bien que n'atteignant ni la proue et la poupe. Les virures étaient enfermées par des cloisons transversales de la même épaisseur. Pour une grande partie de la longueur de la ceinture principale, il y avait une ceinture supérieure en acier à haute résistance de d'épaisseur, conçue comme protection contre les éclats.

Le blindage des tourelles était de d'épaisseur sur le devant et les côtés, d'épaisseur sur les plaques latérales arrière et d'épaisseur sur leurs toits. Les barbettes étaient protégées par de blindage au-dessus du pont supérieur, et de 102 à sous le pont. Le blindage des côtés du blockhaus était de d'épaisseur et pour le toit. La tour de contrôle des torpilles avait un blindage en acier moulé de sur ses parois et sur son toit

Le blindage des ponts, conçu en acier à haute résistance, variait de 19 à d'épaisseur. Après la bataille du Jutland en 1916, alors que les navires n'étaient pas encore terminés, d'acier à haute résistance fut ajouté sur le pont principal au-dessus des soutes à munitions. Malgré ces ajouts, les navires furent encore jugés trop vulnérables sous le feu et chaque navire fut réaménagé à Rosyth en 1916-1917 avec un blindage horizontal supplémentaire, pesant environ , ajouté aux ponts au-dessus des soutes à munitions et des mécanismes de direction.

Protection sous-marine Les navires de la classe Renown étaient équipés d'un large bulge anti-torpille intégré à la coque. Il s’agissait d'un compartiment latéral situé au niveau de la ligne de flottaison et isolé du reste du navire. Il était composé d'une partie remplie d'air et d'une partie inondée. En théorie, une torpille qui explose va rompre et inonder la partie remplie d'air, tandis que la partie remplie d'eau dissipe le choc et absorbe les fragments, laissant la coque du navire structurellement intacte. Cependant, des essais démontrèrent par la suite qu'il n'était pas suffisamment profond et qu'il ne disposait pas d'assez de couches compartiments vides/compartiments pleins pour absorber la force de l'explosion.

La coque était dotée de doubles parois intégrales

Propulsion Les plans originaux prévoyaient d'utiliser des machines légères produisant un total de , mais cela aurait eu pour effet de retarder les dates d'achèvement des navires. En conséquence, il fut décidé de copier la machinerie du complétée par trois chaudières supplémentaires afin de fournir la puissance requise pour une vitesse supérieure.

Quarante-deux chaudières à tubes d'eau Babcock & Wilcox placées dans six chaufferies, pour une pression de service de () alimentaient deux turbines à vapeur Brown-Curtis à entraînement direct, logées dans des compartiments machines distincts, entrainant quatre hélices à trois pales et d'un diamètre de .

On observera cependant que le directeur de la construction Nnvale de 1912 à 1924, Sir Eustace Tennyson d'Eyncourt, qui avait été le concepteur du avait déjà déploré que ce croiseur de bataille ne pût pas être doté de chaudières à petits tubes. Dans ces conditions, la avait, avec un poids de machines de , un rapport poids/puissance de , un peu meilleur que celui du , , mais nettement moins bon que celui du , , mis en service à la même époque, avec des machines pesant , pour une puissance de .

Ces machines étaient conçues pour produire un total de (), mais le a atteint au cours de ses essais une vitesse de 32,68 nœuds en développant plus de (). Ils furent les bâtiments de ligne les plus rapides de leur époque jusqu'à l'arrivée du en 1920.

Les navires de la étaient prévus pour transporter normalement de mazout, mais ils avaient une capacité maximale de . À pleine capacité, ils possédaient un rayon d'action de à 18 nœuds

Ils possédaient de très bonnes qualités nautiques. La hauteur du métacentre de carène était de à pleine charge. Lors de leur construction les coques et leurs superstructures durent cependant être renforcées pour améliorer leur résistance par mauvais temps.

Navires Nom ChantierCommandeQuille poséeLancementServiceSortFairfields ShipbuildingDémolition en 1948John Brown & CompanyCoulé par l'aviation japonaise au large du cap Kuantan le

Construction, refontes et reconstruction