Le Rooikat (Caracal en Afrikaans) est un véhicule militaire blindé à huit roues motrices sud-africain développé durant l'embargo décrété sur l'Afrique du Sud dans le cadre du remplacement du Eland 90 Mk. 7.

Historique Bien que l'Eland 90 se soit révélé efficace en Angola face aux T-55 cubains, durant l'opération Savannah, ce dernier peinait à assurer la protection des Buffel et des Ratel en raison de son autonomie plus faible et de son rapport puissance/masse inférieur. Le cahier des charges du successeur de l'Eland 90 fut établi en et l'ARMSCOR (Armaments Corporation of South Africa) entama différentes études techniques et réalisa des appels d'offres auprès des entreprises sud-africaines. La décision de fabriquer trois prototypes fut prise en et les prototypes étaient prêts l'année suivante. gauche|vignette|325x325px|Le troisième prototype (à gauche) et le deuxième prototype (à droite) exposés à la base de Tempe, à Bloemfontein. Le premier prototype était une version à huit roues du véhicule de combat d'infanterie Ratel tandis que le deuxième était une version allongée de l'Eland 90 à huit roues, le troisième et dernier prototype était une version à huit roues du véhicule blindé de transport de troupes britannique Saracen. Les trois prototypes possédaient une tourelle triplace armée du canon britannique de calibre HV du char Comet qui se substituait au canon naval de envisagé. Le résultat des essais des trois prototypes fut jugé non satisfaisant et le projet Rooikat fut interrompu.

En 1980, les critères de l'appel d'offres sont revus et Sandock Austral construit quatre nouveaux prototypes qui furent testés à partir de . Le premier prototype, appelé Cheetah Mk. 1 était un engin blindé d'à peine à armé d'un canon naval de calibre . Le deuxième prototype avait la particularité d'avoir son moteur placé à l'avant afin de libérer de la place à l'arrière de la caisse en vue de transporter des fantassins. Le troisième prototype, appelé Cheetah Mk. 2, était similaire au deuxième prototype mais se distinguait de ce dernier par son moteur placé à l'arrière afin de limiter la hauteur de son châssis. Le Cheetah Mk. 2 était un véhicule blindé à huit roues motrices armé d'un canon de pour une masse de . Le quatrième et dernier prototype était surnommé Bismarck en raison de sa masse, ses dimensions imposantes et du fait que la société allemande Thyssen-Henschel avait aidé Sandock Austral à développer le châssis. Le Bismarck possédait une tourelle de char d'Olifant armée d'un canon GT-3 de . Pesant une quarantaine de tonnes, le Bismarck possédait un niveau de protection balistique conséquent dû à l'utilisation de tôles de blindage en configuration espacée.

Après une série d'essais, le Cheetah Mk. 2 fut sélectionné et Sandock Austral construisit cinq prototypes supplémentaires entre 1986 et 1987 en vue de passer des essais en conditions opérationnelles organisés par la Force de défense nationale sud-africaine. Le Cheetah Mk. 2 fut officiellement appelé Rooikat et les premiers modèles de présérie furent fabriqués entre 1988 et 1989 pour équiper les escadrons de blindés du de service spécial à la mi-. La production en grande série du Rooikat débuta en et s'acheva en 2000.

Caractéristiques Armement Le Rooikat est armé d'un canon Denel GT-4 d'un calibre pour une longueur de 62 calibres. Ce canon est dérivé du canon naval italien Otobreda de calibre mais contrairement à ce dernier, le GT-4 possède une pression maximale admissible en chambre supérieure afin de pouvoir tirer des obus-flèches. L'obus-flèche de calibre tiré par le canon GT-4 pèse avec son sabot de lancement et possède une vitesse initiale de . Son barreau en alliage de tungstène est capable de perforer à une plaque de blindage en acier d'une épaisseur de . L'obus explosif possède une vitesse initiale de , pèse et renferme d'explosif à base RDX et de TNT.

Moyens d'observation et conduite de tir Chef d'engin Le tourelleau du chef d'engin comporte une couronne de huit épiscopes lui conférant un champ de vision sur aux abords du Rooikat. Un viseur panoramique est monté devant sa couronne d'épiscopes, il possède un grossissement de × 12 et peut être asservi à l'armement principal.

Tireur Le tireur possède un viseur périscopique Eloptro possédant un grossissement de × 8. Il intègre un télémètre laser et un amplificateur de lumière résiduelle pour le tir de nuit. Un viseur télescopique similaire à celui du Ratel 90 est utilisé comme viseur de secours.

Chargeur Le chargeur possède deux épiscopes de part et d'autre de sa trappe. Montés sur des socles rotatifs, ils peuvent pivoter sur 270°.

Pilote Le pilote possède trois épiscopes de conduite. Un petit écran à cristaux liquides est installé sur la partie gauche du glacis, protégé par un capotage blindé, il affiche la vitesse et le rapport de boîte engagé lorsque le pilote conduit la tête dehors.

Le viseur panoramique du chef d'engin et le viseur du tireur sont couplés à une conduite de tir numérique permettant le tir sur cibles mobiles. Le tir en marche est possible grâce à un système de stabilisation conçu par Kentron. Afin de limiter le risque d'incendie à bord, la motorisation de la tourelle du Rooikat est entièrement électrique.

Protection La caisse et la tourelle du Rooikat sont faites d'un assemblage de tôles d'acier haute dureté garantissant une protection sur un arc frontal de 60° contre les obus perforants de calibre tirés à et contre les balles perforantes de calibre sur l'arrière et les flancs. Une plaque de blindage ventrale fixée au plancher de la caisse assure une protection contre la mine antichar TM-46.

Mobilité Le Rooikat possède un moteur Diesel V10 ADEV-10 à refroidissement liquide possédant une suralimentation par deux turbocompresseurs et un intercooler. Il s'agit essentiellement du moteur Mercedes OM 443 modifié et fabriqué par l'ADE (Atlantis Diesel Engineering).

Le Rooikat possède un arbre de transmission monté longitudinalement avec un différentiel par essieu. Chaque roue est montée sur un bras de suspension oscillant de type balancier, comme sur l'AML-60. Le premier et le deuxième essieu sont directionnels et offrent un diamètre de virage de . Les huit roues possèdent des pneumatiques 1400R20.

Versions Mk. 1A : Mk. 1B : Mk. 1C : Mk. 1D : Démontage de la mitrailleuse montée sur le toit de la tourelle afin de libérer le champ de vision du viseur panoramique pour le chef de char, ajout de quatre tubes supplémentaires par batterie de lance-pots fumigènes supplémentaire. Les points d'attache du moteur sont renforcés en vue d'améliorer sa fiabilité.

Variantes Rooikat 105 : Rooikat réarmé avec un canon à faible effort de recul GT-7 de calibre et proposé à l'exportation. Rooikat ZA-35 : système d'armes antiaérien automoteur armé de deux canons mitrailleurs M-35 de calibre . Rooikat SPAAM : similaire au ZA-35 mais équipé de missiles sol-air Umkhonto à la place des deux canons mitrailleurs. Rooikat ATGM : équipé d'une tourelle Predator conçue par MDB (Mechanology Design Bureau) en coopération avec un bureau d'études jordanien. Le prototype fut dévoilé au salon des armements SOFEX organisé en Jordanie, en 2004. MTDD : Rooikat équipé d'une tourelle biplace à postes rabaissés et possédant un chargement automatique. La tourelle possédait également une maquette d'un système de protection active de type 'Hard Kill'. Rooikat 35/ZT-3 : Rooikat dont la tourelle a été réarmée avec un canon mitrailleur M-35 de calibre et de missiles antichars ZT3 Ingwe.

Notes et références

Catégorie:Véhicule militaire sud-africain Catégorie:Véhicule militaire de reconnaissance Catégorie:Véhicule de combat d'infanterie Catégorie:Artillerie de calibre 76 mm Catégorie:Artillerie de calibre 105 mm Catégorie:Arme militaire fabriquée en Afrique du Sud