La culture française recouvre d'abord l'ensemble des pratiques culturelles qui se trouvent sur le territoire français. Marquée par sa diversité, sa richesse, notamment grâce à ses différentes régions, aux emprunts à d'autres peuples, ainsi que par sa diffusion et son influence à travers le monde, elle connaît sur de nombreux plans une réputation internationale.
La France est depuis la fin du un des lieux où se sont développées de nombreuses universités créées et gouvernées par l'Église catholique jusqu'à la Révolution française. L'université de Paris est l'une des plus anciennes universités d'Occident, avec un corps de savoir qui tire ses sources des humanités de la tradition gréco-latine. Avec les Temps Modernes et la Réforme, ces universités deviennent ensuite des lieux où germent des courants intellectuels souhaitant s'affranchir de la foi, pour se refonder sur la Raison.
La culture française telle qu'elle existe aujourd'hui s'est pour une grande part assise sur le rayonnement de la France en Europe aux , alors que la langue française établissait ses lettres de noblesse par rapport au latin et que les Européens cultivés se flattaient de la parler. Elle s'est complétée par les apports des populations qu'elle a côtoyées ou intégrées.
Culture héritée et partagée, elle fait l'objet en France d'un département ministériel, le ministère de la Culture, qui succède depuis André Malraux à l'ancien secrétariat d'État aux Beaux arts, dépendant du ministère de l'Éducation. C'est à cette époque que le mot « culture », qui est à l'origine une notion allemande, a remplacé et pris le sens plus général du concept de civilisation, en réunissant le domaine des Beaux arts, à celui étudié par l'ethnologie, en particulier le folklore et la mythologie.
Des musées consacrés à une grande variété de thèmes, dont le musée du Louvre, de riches bibliothèques, comme la Bibliothèque nationale de France, et tout un patrimoine immobilier, artisanal et industriel, témoignent du développement de la culture française.
Caractéristiques générales Traditions culturelles françaises La France est depuis le au moins un foyer culturel important et influent : sa littérature et ses philosophes ont influé et influent encore sur des courants de pensée du monde entier. Sa culture officielle est relayée par les médias nationaux.
Caractérisée par un art de vivre, elle maintient des valeurs traditionnelles, parmi lesquelles une gastronomie reconnue, marquée notamment par ses fromages et ses vins , et des domaines comme la haute couture, la haute joaillerie et le luxe.
Langue
Officielle
Le français, langue officielle de la France, est une langue romane. Cette langue s'est construite par l'usage, à partir du latin, du grec et des langues vernaculaires, avec des passages par l'ancien français puis le moyen français. La littérature médiévale dans ces langues est abondante. Depuis la Renaissance, la langue française a intégré des néologismes (de Rabelais aux néologismes techniques actuels). Les Académies (voir notamment l'Académie française) ont permis de normer le vocabulaire et la grammaire.
Le français comporte aussi de nombreux emprunts à des langues étrangères.
Historiquement, le français est, en France, la langue officielle du droit et de l'administration, depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts signée par le roi François en 1539.
Le français est une langue parlée dans les milieux diplomatiques, à l'international. Au , le rayonnement de la France a valu à la langue française son statut de langue officielle dans les cours européennes.
La création de l'Académie française et de nombreuses autres académies aux , a renforcé le rôle unificateur de la langue française dans la culture, souvent au détriment des cultures régionales.
Aujourd'hui, outre la diplomatie, la langue française est, avec d'autres langues, en particulier l'anglais, une langue officielle dans la plupart des organisations internationales, notamment comme langue officielle des Nations unies, langue officielle et de langue de travail à l'UNESCO, langue diplomatique du Vatican, langue officielle et de travail de l'OCDE, langue officielle de l'OTAN et langue officielle des Jeux olympiques.
Le français est concurrencé par l'anglais dans la finance, les sciences, l'informatique et le monde du divertissement (cinéma, musique…). C'est la raison pour laquelle les autorités publiques adoptent des mesures visant à protéger le patrimoine linguistique : en France, l'article 2 de la Constitution de 1958, la loi Toubon, et le décret du 3 juillet 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française, au Québec, la charte de la langue française. Régionaux ou minoritaires
L'article 2 de la Constitution française de 1958 mentionne, depuis sa modification par la loi constitutionnelle du , que La langue de la République est le français, faisant ainsi du français la seule langue officielle en France.
La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008, a ajouté l'article 75-1 de la Constitution qui reconnait la valeur patrimoniale des langues régionales : Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France.
Les langues régionales ont fait l'objet d'une première reconnaissance en France en 1951 avec la loi Deixonne qui introduit le basque, le breton, le catalan et l’occitan dans l'enseignement. D'autres langues suivront : le corse en 1974, le tahitien en 1981, les créoles guadeloupéen, martiniquais, guyanais et réunionnais en 1984, quatre langues kanak (l'ajië, le drehu, le nengone et le paicî) en 1992.
Les langues régionales peuvent également être choisies comme langues vivantes au baccalauréat. Ces langues sont les suivantes : basque, breton, catalan, corse, langues mélanésiennes (l'ajië, le drehu, le nengone et le paicî), langue d’oc, tahitien (1993). Ces langues, ainsi que le gallo, les langues régionales d'Alsace et les langues régionales de Moselle peuvent quant à elles faire l'objet d'une épreuve facultative (option). En 2005, le créole y est ajouté.
En 2001, la Délégation générale à la langue française devient la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF).
Au Bureau européen pour les langues moins répandues, la branche française regroupe dix communautés linguistiques : breton, catalan, corse, langues créoles, allemand/alsacien, basque, luxembourgeois/mosellan, flamand, occitan, et langues d'oïlLangues de France sur le site du Bureau européen pour les langues moins répandues (EBLUL)..
Un rapport établi à la demande du gouvernement de Lionel Jospin en 1999, par Bernard Cerquiglini, de la Délégation générale à la langue française, intitulé Les langues de la France, dresse une liste de 75 langues auxquelles aurait pu s'appliquer la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires"Les Langues de la France, Rapport au Ministre de l'Éducation Nationale, de la Recherche et de la Technologie".
La France a signé 39 articles de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires sur les 98 que comporte le texte, mais sans les ratifier. Le processus de ratification s’est interrompu en quand le Conseil Constitutionnel, saisi par Jacques Chirac, alors président de la République, a estimé que cette charte contenait des clauses inconstitutionnelles, incompatibles en particulier avec son article 2. Il faudrait donc une nouvelle modification de la Constitution pour permettre cette ratification.
Politique culturelle de l'État L'une des singularités françaises est liée à l'existence d'une politique publique de la culture, conduite par un ministère et de nombreuses institutions nationales, en particulier des académies, des musées nationaux, et plusieurs départements ministériels.
Ministère de la Culture Héritage de l'Ancien régime et de la décennie révolutionnaire, la politique culturelle française s'amplifie à l'aube de la avec la création d'un ministère des Affaires culturelles à l'instigation de l'écrivain André MalrauxPhilippe Poirrier, L'État et la culture en France au , Lgf, 2006 qui en prend le premier les rênes. Cette politique publique culturelle en France se démarque par la forte présence de l'État, qui peu à peu laisse une place grandissante aux collectivités territoriales, par sa longue histoire, et par la continuité des institutions. Depuis la fin des années 1990, la France s'est affichée comme fer de lance de la défense du secteur artistique face à la mondialisation, à travers l'affirmation d'une exception culturelle et de la diversité culturelle.
Le ministère de la Culture traite des questions directement en rapport avec la culture sur le territoire nationalOrganisation du ministère de la Culture : Architecture et patrimoine, Archives de France, Développement des médias, Livre et lecture, Musique, danse, théâtre et spectacles, Musées de France, Centre national de la cinématographie.
Délégation générale à la langue française et aux langues de France
La délégation générale à la langue française et aux langues de France (DGLFLF) est actuellement un service rattaché au ministère de la Culture et de la Communication. Elle a pour mission d'animer, à l'échelon interministériel, la politique linguistique de la France. Elle devrait prochainement devenir une délégation interministérielle.
La DGLFLF contrôle le respect de la loi du , dite loi Toubon, sur la langue française. Elle veille en particulier au respect de son décret d'application de 1996 relatif à l'enrichissement de la langue française et de ses dispositions sur l'usage de la langue. Elle coordonne pour cela, avec la Commission générale de terminologie et de néologie, la mise au point de listes terminologiques par les commissions spécialisées de terminologie et l'Académie française. Elle a participé à la mise en œuvre du dictionnaire terminologique FranceTerme mis à la disposition du grand public sur Internet.
Elle participe aux programmes d'enseignement du français aux migrants. Elle soutient l'utilisation des langues régionales dans les médias et les spectacles.
Académies nationales De nombreuses académies, d'origine royale mais rétablies et réunies après la Révolution française, font le travail de réflexion, de recherche, de débat et de normalisation permettant le développement et l'enseignement des différents départements culturels : Académie française ; Académie de peinture et sculpture, devenue Académie des Beaux-Arts ; Académie de Marine ; Académie d'Architecture ; Académie de musique et de danse ; Académie des Inscriptions et Belles lettres ; Académie des sciences morales et politique…
Académie française
L'Académie française est l'organisme français chargé de veiller sur la langue française. Elle a aussi pour rôle d'accomplir des actes de mécénat.
L'Académie française a été fondée en 1635 par le cardinal de Richelieu, Premier ministre de Louis XIII, avec pour mission de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, en commençant par composer un dictionnaireHistoire de l'Académie française. Le pouvoir royal y voyait un des instruments de sa politique d’unification du royaume à l’intérieur et de son rayonnement diplomatique à l’étranger. L'Académie a été supprimée en 1793 pendant la Révolution française, et recréée en 1803 par Napoléon. L'Académie considère qu'elle a été suspendue, et non supprimée, pendant la Révolution. C'est la plus ancienne des cinq académies de l'Institut de France.
L'Académie est composée de quarante membres, appelés immortels. Les nouveaux membres sont élus par les membres de l'Académie. Les académiciens sont élus à vie, mais ils peuvent être renvoyés en cas d'inconduite.
Ses missions sont multiplesRôle de l'Académie française : Elle défend la langue française, Elle compose un dictionnaire, Elle pratique le mécénat, Elle décerne des prix et organise des concours.
Ses règles ne sont généralement que des recommandations. Elles ne s'imposent pas obligatoirement au grand public.
Éducation Nationale