L'élection présidentielle française de 2007, qui permet d'élire le président de la République française pour un mandat de cinq ans, est la neuvième élection présidentielle de la et la huitième au suffrage universel direct. Le scrutin se tient les et .
Président de la République depuis 1995, Jacques Chirac ne brigue pas un troisième mandat.
Le premier tour voit se qualifier Nicolas Sarkozy, candidat de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), et Ségolène Royal, soutenue par le Parti socialiste (PS). Le centriste François Bayrou arrive troisième, tandis que le candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen recule par rapport à 2002.
Au second tour, Nicolas Sarkozy l'emporte avec 53,06 % des suffrages exprimés ( de voix), contre 46,94 % () pour Ségolène Royal. Le , Nicolas Sarkozy est investi chef de l'État.
Le vote est marqué par un taux de participation exceptionnellement élevé depuis 1981 (83,8 % au premier tour et 84 % au second tour).
À partir de 2018, Nicolas Sarkozy fait l'objet de poursuites judiciaires pour financement illégal de sa campagne par le régime libyen de Mouammar Kadhafi. En 2025, il est condamné lors d'un procès en première instance.
Contexte institutionnel Modalités du scrutin
Le président de la République est élu au suffrage universel direct. Il est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux toursArticle 6 de la Constitution de la Cinquième République française..
Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, un second tour a lieu quatorze jours plus tard où seuls peuvent se présenter les deux candidats arrivés en tête au premier tour après retrait éventuel de candidats mieux placésArticle 7 de la Constitution de la Cinquième République française..
Le Conseil constitutionnel est, selon l'article 58 de la Constitution, garant de la régularité de l'élection, de l'examen des réclamations et de la proclamation des résultats.
Inscription sur les listes électorales L'inscription sur les listes électorales est très importante, avec 1,8 million d'inscrits supplémentaires sur un an., et d'électeurs supplémentaires par rapport à 2002.. La source de cette nouvelle participation à la vie politique se trouve dans l'accroissement démographiqueNotamment, la plus haute augmentation de la participation se trouve en région parisienne (+9,6 % d'inscrits).Tableau d'évolution du nombre d'inscrits par département 2006/2007, ministère de l'Intérieur, ., mais également dans un regain d'intérêt de la vie politique française. Cette élection est également marquée par le développement du vote électronique : 1,5 million d'électeurs ont voté par le moyen d'un ordinateur de vote..
Dates Les dates du scrutin, confirmées par décret, sont rendues publiques par une communication du ministre de l'Intérieur au Conseil des ministres du .. dimanche : premier tour. dimanche : second tour.
Pour la première fois lors d'une élection présidentielle , les Français des départements, collectivités ou territoires d'outre-mer ainsi que certains des inscrits à l'étranger. se situant à l'ouest de la métropole et au-delà de l'Atlantique ont voté avant la date officielle. Ainsi en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Polynésie française, et dans les ambassades et les postes consulaires situés sur le continent américain, le scrutin a été avancé d'un jourArticle 1 du du portant convocation des électeurs pour l'élection du président de la République.. Cette mesure vise à permettre aux électeurs de ces régions de voter sans connaître les estimations des résultats nationaux. En effet, avec le décalage horaire, des estimations valant quasiment résultats sont diffusées à , heure de Paris, à la fermeture des derniers bureaux de vote métropolitains alors que ces bureaux de vote d'outre-mer étaient encore ouverts voire venaient d'ouvrir pour ceux de la Polynésie, ce qui favorisait l'abstention. Dans ces régions, le premier tour a donc eu lieu le samedi , et le second tour y aura lieu le samedi Élection du président de la République 2007 : Calendrier électoral, sur le site officiel du Ministère des Affaires étrangères. Les premiers bureaux de vote français à ouvrir pour l'élection présidentielle sont donc ceux de Guyane et de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les derniers à voter furent les Français inscrits dans l'archipel du Cap-Vert.
Controverse autour des Pour être officiellement désigné comme candidat, il faut obtenir d'élus : députés, sénateurs, maires, maires délégués des communes associées, maires des arrondissements de Lyon et de Marseille ou membres élus de l'Assemblée des Français de l'étranger, conseillers généraux des départements, de Mayotte, de Saint-Pierre-et-Miquelon ou du conseil de Paris, conseillers régionaux, élus de l'Assemblée de Corse, de l'Assemblée de la Polynésie française, du Congrès et des assemblées de province de la Nouvelle-Calédonie, de l'Assemblée territoriale des îles Wallis-et-Futuna, représentants français au parlement européen. Ces parrainages, dans un réservoir d'environ dont de maires, doivent venir d'au moins trente départements ou collectivités d'outre-mer différents sans que plus d'un dixième d'entre eux soit issu du même département ou de la même collectivité d'outre-mer.
L'obtention des nécessaires pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle est toujours sujette à controverse, notamment autour de Jean-Marie Le Pen. Pour 2007, la controverse touche tous les petits partis. L'appel de François Hollande aux élus du Parti socialiste à réserver leurs signatures au candidat socialiste a conduit à une rumeur au sein des petits partis qui dit que le PS, l'UMP et parfois l'UDF feraient barrage face à leurs candidats et exerceraient des pressions sur les maires de petites communes pour qu'ils ne donnent pas leur signature. Des futurs candidats aussi opposés qu'Olivier Besancenot, José Bové et Corinne Lepage en font publiquement état.
Un amendement déposé au nom du groupe socialiste en vue d'étendre la publication au Journal officiel à toutes les présentations reçues ayant été repoussé., le Conseil constitutionnel a fait savoir qu'il renonçait à la pratique initiée en 1988 consistant à publier dans ses locaux l'ensemble des parrainages validesHistoire de la publication des parrainages sur le site Web du Conseil constitutionnel.. Seuls 500 noms de présentateurs par candidat admis à concourir, déterminés par tirage au sort, seront donc publiés cette fois.
Les formulaires de parrainage signés par les élus sont à retourner au Conseil constitutionnel pour le à 18 heures au plus tard (heure locale du territoire d'où provient la signature du formulaire de parrainage). Gérard Schivardi dénonce. le chantage aux subventions, sur les maires qui souhaitent le parrainer, par des dirigeants politiques de régions ou départements. Pour aider les finances de sa commune de Noron-la-Poterie (Calvados), André Garrec, maire, a placé sa signature sur un site de vente aux enchères. L'enchère a été remportée à par Rachid Nekkaz. L'échange a eu lieu le sur la chaîne LCI, le candidat a immédiatement déchiré le document..
Le , l'ancien ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon (UMP) donne sa signature par tirage au sort à Olivier Besancenot. Un maire d'une commune d'Ille-et-Vilaine a fait de même et le sort a désigné Arlette Laguiller. Jugeant ce procédé , le Conseil constitutionnel a indiqué que les parrainages ainsi attribués ne seront pas pris en compte tout comme les parrainages ayant donné lieu à contrepartie financière au sujet du Conseil Constitutionnel.
Vote électronique vignette|upright|Pour les votes électroniques, la transparence du code source n'est pas obligatoire en 2007. Ici, une machine IVotronic. Lors de cette élection, les médias ont accordé une grande importance à la progression du vote électronique. Le vote électronique avait déjà été largement utilisé lors du référendum de 2005Site du Conseil constitutionnel rappelle que 837 bureaux de vote (un peu plus d'un million d'électeurs) ont utilisé de telles machines au référendum de 2005. — mais c'était sa première utilisation à une aussi grande échelle pour ce type de scrutin. En effet, entre 3 % et 5 % des électeurs ont participé à l'élection en utilisant ce type d'équipement.. Des critiques sont apparues dans les médias quelques mois avant le scrutin. ; ces critiques s'inscrivent dans un débat plus large sur le vote électronique en France (voir Vote électronique).
Les critiques faisant suite au scrutin ont rapidement trouvé un large écho dans la presse. Ainsi dans l'après-midi du scrutin, le journal rapportait des incidentsProtestations contre le vote électronique dans le journal ., quelques heures plus tard le site du Figaro rapportait la saisie du Conseil Constitutionnel par un conseiller régional francilien., le soir du scrutin le site de la chaîne d'information LCI. rapportait les soucis techniques dont se plaignaient certains électeurs et l'émoi et les doutes provoqués chez certains élus ; le lendemain, le Parisien titrait le en page 9 « L'urne électronique passe mal auprès des électeurs ».
Divers citoyens ont déposé devant les tribunaux administratifs des référés-libertés tendant à exiger le rétablissement du vote traditionnel dans leur commune, qui ont tous été rejetés.. D'autre part, des dysfonctionnements ont été constatés (pannes, files d'attente)Voir le commentaire du service de presse du conseil constitutionnel selon lequel «L'usage des machines à voter a pu poser un certain nombre de problèmes et provoquer, notamment, des durées d'attente excessives.». et des problèmes inhérents à l'utilisation des machines ont été rapportés par différents journaux Certaines machines ne satisfaisaient pas au règlement technique qui leur vaut leur agrément d'après le journal Le Monde« Les machines à voter de marque Nedap, agréées le , soit neuf jours avant le premier tour de la présidentielle, ne satisfont pas complètement au règlement technique "fixant les conditions d'agrément des machines à voter" » dans Le Monde du 28 avril 2007 qui signale des machines de marque Nedap dont l'horloge n'est pas réglable.. Des modifications effectuées sur des machines à voter ont entraîné leur remplacement en dernière minute - les machines modifiées n'ayant pu recevoir d'agrémentLe site news.fr indique que c'est le cas des machines de la société E&S Europe utilisées lors de ce scrutin.. Cependant, le conseil constitutionnel a tenu à souligner en commentant aux Cahiers sa décision de déclaration des résultats du premier tour que « Il est intéressant de relever que l'utilisation de machines à voter n'a, de ce point de vue, eu aucune incidence : aucune annulation de résultats ne concerne des bureaux de vote dans lesquelles de telles machines ont été utilisées. »L'article aux Cahiers du conseil constitutionnel est disponible en ligne.