Le sanctuaire de Bona Dea, ou temple de Bona Dea (en latin : Aedes Bonae Deae subsaxanae), est un temple romain dédié à la déesse Bona Dea, situé à Rome, au nord de la partie orientale de l'Aventin, au sud de l'extrémité orientale du Circus Maximus.

Localisation Selon les catalogues régionnaires, le sanctuaire se situe dans la Regio XII - Piscina Publica, juste au pied de la partie de l'Aventin baptisée le Saxum ou Remoria d'où Rémus aurait pris les auspices de fondation de Rome selon la tradition, d'où sa qualification de subsaxana ou sub SaxoOvide, Fastes, V, 149-154. Le site est aujourd'hui occupé par l'église Santa Balbina all'Aventino. Il s'agirait du principal sanctuaire de la région.

Le Saxum est identifié aux pentes abruptes formant l'angle septentrional de l'Aventin mineur, une pointe stratégique incluse dans le tracé de l'enceinte servienne. Le sanctuaire a peut-être été établi sur les pentes septentrionales, à l'intérieur des murs, ou sur les pentes orientales, donc à l'extérieur de l'enceinte, à proximité de la Via Appia, dans les Horti Asiniani.

Fonction Bona Dea Fauna, la première déesse romaine, aurait été assimilée à la déesse grecque Damia, dont le culte serait peut-être apparu à Rome après la prise de Tarentum en 272 , l'actuelle Tarente, ou un peu plus tard. Bona Dea (Damia) est une déesse de la fertilité et de la guérison et son temple, un centre de guérison : en son sein, des serpents inoffensifs se déplacent librement. Il comprend un magasin d'herbes médicinales accessibles aux hommes et aux femmesMacrobe, Saturnales, I, 12, 25‑26 mais nul homme ne peut pénétrer plus avant dans le sanctuaireFestus, De la signification des mots, 348Macrobe, Saturnales, I, 12, 21Ovide, Fastes, V, 153-154. Selon Festus, les prêtresses responsables du culte sont appelées DamiatrixFestus, De la signification des mots, 60L.

Histoire D'après Ovide, ce temple aurait été fondé par le Sénat et aurait été dédié un mai par une vestale nommée ClaudiaOvide, Fastes, V, 155‑156. Il s'agirait en fait d'une autre vestale, Licinia, qui selon Cicéron a dédié un autel, un édicule et un pulvinar au même endroit (aram et aediculam et pulvinar sub Saxo), en 123 Cicéron, Pro domo, 136. Dix ans plus tard, entre 114 et 113 , cette vestale se retrouve au cœur d'un scandale où elle est accusée de ne pas avoir su conserver sa virginité et est condamnée à mort, emmurée vivante. Cette condamnation a sans doute été suivie d'une mesure de damnatio memoriae et c'est à ce moment-là que son nom aurait été remplacé par celui de Claudia, un modèle irréprochable de chasteté. Selon cette hypothèse, Licinia pourrait être la fondatrice du sanctuaire de Bona Dea qu'elle aurait établi sur une partie de ses biens rendus publics.

Toutefois, le passage du discours Pro domo de Cicéron n'est pas clair quant au destin des constructions et dédicaces entreprises par la vestale, à savoir si elles ont été détruites à la suite d'un sénatus-consulte ou s'il s'agit seulement de supprimer tout ce qui peut suggérer le caractère public du sanctuaire. Le sanctuaire a donc pu être conservé mais comme un sacrum privatum et non un aedes publica.

Le sanctuaire est considéré comme assez ancien à la fin du , au moment de sa restauration par Livie, troisième épouse d'AugusteOvide, Fastes, V, 157‑158. Il est de nouveau restauré sous HadrienHistoire Auguste, Hadrien, 19, ou reconstruit pour prendre la forme d'un véritable temple. Il est encore debout au Régionnaires de Rome, Regio XII mais il n'en subsiste aucune trace aujourd'hui.

Notes et références Sources modernes :

Sources antiques :

Bibliographie Ouvrages généraux

Ouvrages sur le temple

Catégorie:Temple antique à Rome Catégorie:Rome R. XXI San Saba Catégorie:Architecture religieuse au IIIe siècle av. J.-C.