Le « diabète de type 2 »« diabète non insulinodépendant » (DNID) (aussi appelé « diabète insulinorésistant », « diabète de l'âge mûr », « diabète gras », parfois « diabète acquis ») est une maladie métabolique touchant la glycorégulation. Il fait partie des maladies associées à la forte augmentation contemporaine de l'obésité, au point qu'on parle aujourd'hui d'épidémie de diabète de type 2Ministère français Santé et de la prévention - Soins et maladies > Maladies > Diabète : «Le diabète de type 2 est le plus fréquent (plus de 90%) et en forte progression dans le monde entier. Cette progression est liée à l’évolution des modes de vie, surtout l’alimentation et l’activité physique. Le diabète type 2 est largement accessible à la prévention.», «Le diabète de type 2 est qualifié d’épidémie au niveau mondial. La Fédération internationale du diabète estime que d’adultes (20-) étaient atteints de diabète dans le monde en 2019, et ce nombre devrait atteindre d’ici 2045.».
Il est principalement lié à l'évolution des modes de vie, et notamment au changement des habitudes alimentaires et la sédentarité, mais il est parfois accentué par une composante génétique. Certains spécialistes suggèrent également, comme facteur aggravant, l'exposition à certains perturbateurs endocriniens. Il se caractérise par une résistance à l'insuline de l'organisme et par une hyper-insulinémie réactionnelle. Le pancréas fabrique de plus en plus d'insuline jusqu'à l'épuisement. Quand la quantité d'insuline ne suffit plus à contrer les résistances, le taux de glucose augmente anormalement et la personne devient directement diabétique insulino-résistant. Lorsque cette insulino-résistance apparaît, les cellules bêta pancréatiques maintiennent une glycémie normale en augmentant leur sécrétion d’insuline. Cependant, si cela n'est pas rapidement détecté, la glycémie continue d'augmenter et devient alors pathologique. L'hyperglycémie chronique induit des lésions (microangiopathiques et macroangiopathiques) qui risquent avec le temps d'être plus nombreuses et sévères. Le seuil de glycémie à ne pas idéalement dépasser est encore discuté. Souvent asymptomatique durant des années, la maladie est dépistée par l'examen biologique de la glycémie à jeun ou après stimulation par l'ingestion de sucre (glycémie post-prandiale ou hyperglycémie provoquée). Le coût de l'épidémie de diabète de type II a été évalué à plus de vingt milliards d’euros/an par l'Union européenne à la charge des patients et de la société.
Épidémiologie
Le diabète de type 2 augmente rapidement dans le monde, y compris chez l'enfant. Dans les pays développés, le diabète est la première cause de cécité chez les 20-. En 2016, le nombre de malades dépassait largement les premières prédictions de l’OMS faites plus tôt, au début des années 2000. (Sa prospective épidémiologique est rendue difficile car il peut évoluer asymptomatiquement durant 9 à avant d'être diagnostiqué). On qualifie souvent ce diabète de « diabète âgé », mais (exceptionnellement) des enfants en sont atteints..
En Europe, il y avait, vers 2005, environ de diabétiques de type 2 diagnostiquésAFSSAPS - HAS / Traitement médicamenteux du diabète de type 2 - Recommandations de bonne pratique - novembre 2006. En France, près de de personnes avaient déclaré cette maladie, auxquels s'ajoutent probablement à personnes ignorant leur maladieFédération française des diabétiques, chiffres de 2009.
Ce diabète est considéré comme une maladie environnementale et émergente, encore mal comprise au début du . La suralimentation et la sédentarité des modes de vie semblent en cause ; il touche classiquement des plus de (qui aux États-Unis, dans 55 % . des cas, sont obèses et, dans 85 % des cas au moins, en surcharge pondérale). Il pourrait aussi y avoir des facteurs de risques génétiques et épigénétiques.
Causes
Ce diabète n'est pas un diabète secondaire (comme dans l'hémochromatose), ni induit par la prise de certaines médications (par exemple, l'utilisation prolongée de stéroïdes). Selon l'OMS, les facteurs de risque sont polygéniques et environnementaux et ceux pour lesquels le niveau de preuve est « convaincant » ou « probable » sont. :
Surpoids et obésité (abdominale notamment)
La majorité des victimes de diabète de type 2 sont des obèses. L'obésité chronique induit une résistance accrue à l'insuline pouvant évoluer en diabète. Une perte de poids volontaire réduit en revanche le risque de diabète.
Sédentarité
Le manque d'activité physique augmente le risque, et inversement une activité physique intensive régulière diminue le risque, quel que soit le niveau d'obésité ;
Diabète maternel
Il n'explique qu'une petite partie des cas, mais le diabète maternel est un facteur de risque : un enfant né d'une mère diabétique a trois fois plus de risque de le devenir à son tour que s'il est né avant qu'elle le devienne. Avoir des membres de la famille (en particulier au premier degré) atteints de diabète de type 2 constitue un facteur de risque important pour en développer un également. Pour des vrais jumeaux, si l'un des deux devient diabétique de type 2, il y a plus de 90 % de risque que le deuxième devienne également diabétique de type 2.. Le biais de l'environnement familial doit encore être précisé (dans une même famille, y compris in utero, la fratrie peut être exposée à de mêmes facteurs environnementaux).
Mauvaise alimentation
De nombreuses études ont rapporté une corrélation entre une consommation élevée de sucres et le développement du diabète de type 2.
L’Organisation mondiale de la Santé recommande de ramener l’apport en sucres libres (monosaccharides : glucose, fructose ; disaccarides : saccharose ou sucre de table, ajoutés aux aliments et aux boissons) à moins de 10% de la ration énergétique totale chez l’adulte et l’enfant. Cette ligne directrice tend à arrêter l’augmentation du diabète et de l’obésité.
Une alimentation trop riche en viande rouge, viande transformée. et en acides gras saturés ; alors que les acides gras insaturés d'origine végétale diminuent le risque ; de plus, un remplacement des acides gras saturés par des acides gras insaturés chez une personne diabétique améliore la tolérance au glucose et augmente la sensibilité à l'insuline si l'apport total en matières grasses n'est pas excessif (maximum 37 % de l’énergie totale) ; Par ailleurs, une alimentation pauvre en polysaccharides non amidonnés (qui font partie des fibres alimentaires). Chaque portion supplémentaire de viande rouge par semaine est associée à une concentration de glucose à jeun plus élevée de 0,42 ± 0,17-mg/dL et à une concentration d'insuline à jeun plus élevée de 0,32 ± 0,15-μU/mL.. Dans la conclusion d'une étude publiée en 2013 il est écrit que : «L'augmentation de la consommation de viande rouge dans le temps est associée à un risque ultérieur élevé de diabète de type 2. Nos résultats apportent des preuves supplémentaires que la limitation de la consommation de viande rouge dans le temps est bénéfique pour la prévention du diabète de type 2.». Dans une autre étude publiée en 2014 on peut également lire que la consommation de viande est systématiquement associée au risque de diabète.. Il a été démontré par ailleurs qu'une consommation quotidienne de tous types de viande était significativement associée à un risque plus élevé de développer un diabète...
Retard de croissance intra-utérin
Un poids bas à la naissance pourrait favoriser la survenue d'un diabète de type 2..
Selon d'autres sources, ces deux facteurs de risques sont également évoqués :
Médicaments
La prise de statines peut augmenter la glycémie de patients et favoriser la survenue d’un diabète de type 2..
Perturbation endocrinienne
Une perturbation du rythme circadien : un temps de sommeil trop court ou trop long (par rapport à la moyenne) semblent augmenter le risque de diabète de type 2 ou d'intolérance au glucose ( plus).. On ne sait pas encore s'il s'agit d'un facteur de risque, ou d'un trouble associé à la cause du diabète. Une étude évoque la perturbation du rythme circadien (et donc du système hormonal contrôlé par la mélatonine), qui semble accroître le risque de pré-diabète Adverse Metabolic Consequences in Humans of Prolonged Sleep Restriction Combined with Circadian Disruption. Certains perturbateurs endocriniens, dont beaucoup sont des polluants émergeant semblent en causeChevalier N & Fénichel P (2017) Perturbateurs endocriniens : responsabilités dans l’obésité et le diabète de type 2 Endocrine disruptors : A missing link in the pandemy of type 2 diabetes and obesity?. Médecine des Maladies Métaboliques, 11(4), 341-346.. Sur des rongeurs, en laboratoire, l'exposition (notamment au bisphénol A) cause des anomalies de régulation de la sécrétion d’insuline par la cellule béta-pancréatique et de son action au niveau périphérique, mais aussi une nette différenciation adipocytaire, pouvant induire une insulino-résistance et un syndrome métabolique avec obésité typique du diabète de type 2. Chez l'humain un lien épidémiologique direct entre l’exposition accidentelle ou en temps de guerre à certains polluants organiques persistants (pesticides organochlorés, des dioxines et des polychlorobiphényles) et la survenue d’un syndrome métabolique ou d’un diabète de type 2 après des expositions aiguës par exemple lors de l'accident de Seveso ou chez les Vétérans du Viêt Nam exposés à l'agent orange lors de la guerre du Vietnam). Des études épidémiologiques (longitudinales), ont trouvé des taux plus élevés de perturbateurs endocriniens chez les obèses et/ou diabétiques de type 2 (notamment des polluants organiques persistants ou POPs) qui sont maintenant considérés comme facteurs de risque d’insulino-résistance et contributeur à l’épidémie d’obésité et de diabète de type 2.
Au niveau moléculaire, cette protéinéopathie se caractérise par de mauvais repliements de l'amyline (IAPP), mais les mécanismes conduisant à la formation de ces agrégats d'amyline, et la toxicité qui en résulte ne sont pas encore très clairs..
Prévention
Caféine Boire du café semble diminuer le risque de diabète de type 2 Ding M, Bhupathiraju SN, Chen M, van Dam RM, Hu FB. « Caffeinated and Decaffeinated Coffee Consumption and Risk of Type 2 Diabetes: A Systematic Review and a Dose-Response Meta-analysis » Diabetes Care 2014;37(2):569-86. ..
Une étude (2001). portant sur en surpoids et intolérantes au glucose, a demandé à 50 % des personnes de suivre cinq recommandations de mode de vie : réduction de masse corporelle de 5 % ou plus, consommation totales de matières grasses inférieure à 30 % des apports énergétiques quotidiens, consommation d'acides gras saturés inférieure à 10 % des apports énergétiques quotidiens, consommation de fibres alimentaires d'au moins par et au moins d'exercice modéré par jour. La consommation fréquente d'aliments à base de céréales complètes, de légumes, de fruits., de lait et de viandes à faible teneur en graisses, de margarines molles et d'huiles végétales riches en acides gras mono-insaturés était recommandée. Aucune des ayant suivi au moins quatre des cinq recommandations de base n'ont développé de diabète durant les trois années de suivi, contre 31 % des personnes du groupe de contrôle qui n'ont suivi aucune des recommandations (données à l'autre groupe).
Chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde, l'utilisation de l'hydroxychloroquine semble associée à un risque réduit de diabète d'au moins 50 %.. Age Selon une revue systématique et une méta-analyse d'études observationnelles, chaque augmentation d'une année de l'âge au diagnostic du diabète était associée à une diminution du risque de mortalité toutes causes confondues de 4 %.. Identification du taux de glucose