Régine Cavagnoud, née le à Thônes, en Haute-Savoie, et morte le à Innsbruck, en Autriche, est une skieuse alpine française.
Elle fait ses débuts en Coupe du monde en et remporte sa première épreuve en dans la descente de Cortina d'Ampezzo. Au cours de sa carrière, elle est sacrée championne du monde de super-G lors des mondiaux de Sankt Anton am Arlberg en 2001.
Régine Cavagnoud a pris en Coupe du monde. Elle compte huit victoires, pour un total de vingt-trois podiums. Elle se classe à deux reprises à la troisième place du classement général de la Coupe du monde, en 2000 et 2001, et remporte le globe de cristal du super-G cette dernière année. Elle compte également cinq titres de championne de France.
Deux jours après avoir pris la troisième place du slalom géant d'ouverture de la saison 2001-2002 à Sölden, en Autriche, Régine Cavagnoud heurte un entraîneur allemand alors qu'elle effectue une descente d'entraînement sur le glacier du Pitztal, le . Transportée à l'hôpital universitaire d'Innsbruck, elle y meurt deux jours plus tard, victime de lésions cérébrales irréversibles.
Biographie Premières années thumb|alt=|Régine Cavagnoud grandit dans la station de La Clusaz. Régine Cavagnoud naît le à Thônes, dans le département de la Haute-Savoie. Elle grandit à La Clusaz avec son père François, qui exerce la profession de menuisier, sa mère Simone et sa grande sœur Valérie.. Elle commence le ski à l'âge de trois ans et dispute sa première compétition, qu'elle remporte, deux ans plus tard dans sa station. Elle intègre le Club des Sports de La Clusaz où elle est entraînée par son cousin Gaston Cavagnoud... Régine Cavagnoud intègre l'équipe de France espoirs à l'âge de pour la , où son entraîneur la suit. Les blessures ne l'épargnent pas : la saison suivante, elle est victime d'une rupture des ligaments croisés du genou gauche, elle se fracture l'épaule droite, enfin elle souffre d'une rupture des ligaments croisés du genou droit.. Lors des championnats du monde juniors de ski alpin de 1987, elle se classe du slalom géant disputé à Sälen en Suède, puis de la descente d'Hemsedal en Norvège..
Carrière sportive Débuts en Coupe du monde et première participation aux Jeux olympiques (1990-1992) Régine Cavagnoud fait ses débuts en Coupe du monde le dans la combiné de Morzine, duquel elle se classe , ce qui lui permet de marquer ses premiers points. Le mois suivant, elle dispute ses premiers championnats du monde à Saalbach-Hinterglemm, en Autriche. Elle y est engagée sur deux épreuves : le super-G dont elle se classe , puis le combiné dont elle prend la . Elle obtient ensuite des résultats encourageants en prenant les et des deux descentes de Coupe du monde organisées à Vail, dans le Colorado. Alors qu'elle n'a pris part qu'à trois courses, Régine Cavagnoud se classe du classement général de la Coupe du monde pour sa première saison, et du classement spécifique de la descente..
Lors de la saison 1991-1992, Régine Cavagnoud participe plus régulièrement aux épreuves de Coupe du monde, mais n'obtient pas mieux qu'une dans la descente de Schruns avant de prendre part à ses premiers Jeux olympiques, organisés à Albertville. Elle y obtient son meilleur résultat dans la discipline du combiné avec une dixième place. Elle termine également en descente et en super-G.. Moins d'un mois après les Jeux, elle se classe de la descente de Vail, ce qui constitue son meilleur résultat de la saison en Coupe du monde, dont elle prend la du classement général.
Premiers podiums et période difficile (1993-1998) Alors qu'elle se classe systématiquement au-delà de la lors de la première partie de la saison 1992-1993, Régine Cavagnoud montre une progression dans ses résultats dès le début de : et des deux descentes organisées à Cortina d'Ampezzo, elle se classe également du super-G disputé dans la station italienne. Engagée aux championnats du monde de Morioka, elle prend la de la descente et la du super-G. Régine Cavagnoud obtient ensuite ses deux premiers podiums en Coupe du monde, lors de l'étape suisse dans la station de Veysonnaz. D'abord lors de la première descente, elle se classe le lendemain toujours en descente, puis le surlendemain en super-G, une course remportée par sa compatriote Carole Merle.. Elle s'affirme alors comme l'une des meilleures descendeuses du circuit, achevant la saison au du classement spécifique de la discipline, au en super-G et au du classement général de la Coupe du monde.
La saison 1993-1994 est plus difficile pour Régine Cavagnoud : elle connaît des douleurs dorsales qui l'obligent à s'entraîner avec une minerve. Elle se classe néanmoins et de la descente et du super-G de Cortina d'Ampezzo et du super-G de Sierra Nevada. Elle participe aux Jeux olympiques de Lillehammer où elle termine du super-G, du slalom géant et seulement de la descente.
Régine Cavagnoud peine à retrouver son meilleur niveau : elle ne se classe qu'à trois reprises parmi les dix premières d'une épreuve de Coupe du monde lors de la saison 1994-1995, son meilleur résultat étant une dans le super-G de Lake Louise. Elle remporte toutefois son premier titre de championne de France de descente. L'année suivante, elle n'obtient qu'un lors de l'avant dernière descente de la saison en finissant à Narvik. Quelques jours auparavant, à l'occasion des mondiaux de Sierra Nevada, elle ne s'était classée que du super-G et de la descente. En fin de saison, Régine Cavagnoud remporte deux nouveaux titres de championne de France, l'un en slalom géant, l'autre en super-G. La saison 1996-1997 est de meilleure facture : elle obtient son meilleur résultat dans la descente de Cortina d'Ampezzo avec une , entre à quinze reprises dans les points mais ne compte que quatre . Lors des mondiaux de Sestrières, elle se classe du super-G et de la descente, puis obtient son deuxième titre de championne de France de la descente..
Lors de la saison 1997-1998, Régine Cavagnoud montre des signes de progression : elle se classe à cinq reprises dans le en Coupe du monde, dont une à Val-d'Isère derrière sa compatriote Mélanie Suchet et devant une autre Française, Carole Montillet.. Ces résultats lui permettent de terminer la saison dans les dix meilleures descendeuses de la Coupe du monde (), une performance qu'elle n'avait pas réalisée depuis 1993. Régine Cavagnoud participe à Nagano à ses troisièmes Jeux olympiques. D'abord du super-G, elle prend part à la bonne performance des skieuses françaises lors de la descente : elle se classe , tandis que Florence Masnada obtient la médaille de bronze et Mélanie Suchet la ..
Premiers succès et nouvelle blessure (1998-1999) Régine Cavagnoud obtient ses premiers succès lors de la saison 1998-1999. Dès le début de la saison, elle fait preuve de régularité aux alentours de la dixième place : puis en slalom géant, à Sölden et Park City, puis lors des deux descentes de Lake Louise, puis en super-G, à Lake Louise et Mammoth Mountain. Le , elle monte sur le podium du super-G de Val-d'Isère, son premier podium depuis plus de cinq ans. Elle confirme sa forme ascendante lors de l'étape de Coupe du monde de Veysonnaz, en Suisse. Cinquième de la première descente, elle prend la le lendemain, derrière l'Autrichienne Alexandra Meissnitzer.. Décevante à Semmering, puis Maribor, où elle n'obtient au mieux qu'une , elle se classe ensuite du super-G de Sankt Anton am Arlberg.
Régine Cavagnoud réussit la meilleure semaine de sa carrière sur les pistes de Cortina d'Ampezzo : elle y remporte deux victoires, une et une en seulement quatre jours. Dans la première course de la semaine, elle s'impose en descente devant l'Italienne Isolde Kostner, qui avait remporté cette descente les trois saisons précédentes. Ce premier succès en Coupe du monde dans la carrière de Régine Cavagnoud est aussi le premier d'une française en descente depuis Caroline Attia en 1982. Elle déclare à l'issue de la course : Troisième du premier super-G, elle remporte le second le lendemain, avec un écart de plus d'une seconde sur sa plus proche poursuivante. Elle conclut sa bonne prestation en prenant la du slalom géant, son meilleur résultat jusqu'alors dans cette discipline, et reconnaît que la fatigue due aux quatre jours de courses consécutifs lui a probablement coûté un meilleur résultat : Les résultats de Régine Cavagnoud à Cortina d'Ampezzo en font l'une des favorites pour les championnats du monde de Vail, disputés une dizaine de jours plus tard.. Elle doit toutefois déclarer forfait pour la compétition : elle se blesse au genou droit en chutant lourdement lors du premier entraînement de la descente et souffre d'une déchirure ligamentaire.. Elle ne peut dès lors disputer les dernières épreuves de Coupe du monde de la saison, mais se classe néanmoins du classement général, ce qui constitue alors le meilleur résultat de sa carrière, ainsi que du classement spécifique du super-G et du classement spécifique de la descente.
Retour et globe de cristal (1999-2001) Régine Cavagnoud fait son retour sur le circuit de la Coupe du monde la saison suivante. Treizième du slalom géant de Tignes, elle obtient sa première victoire en slalom géant à Copper Mountain. Première à l'issue de la première manche, elle s'impose finalement face à l'Italienne Karen Putzer pour sept centièmes de seconde, malgré une seconde manche moins réussie avec le .. Elle se classe également du slalom géant de Val-d'Isère, démontrant ainsi les progrès qu'elle a réalisés dans les épreuves techniques. Première à l'issue de la première manche, avec seulement deux centièmes d'avance sur l'Autrichienne Michaela Dorfmeister.. Régine Cavagnoud obtient un troisième podium en prenant la du super-G de Saint-Moritz derrière les Italiennes Karen Putzer et Alessandra Merlin, le .. Pour autant, elle enregistre parfois des résultats décevants comme une dans la première descente de Saint-Moritz, ou encore une dans le slalom géant de Maribor puis celui de Berchtesgaden. Comme l'année précédente, elle remporte la descente de Cortina d'Ampezzo : Elle termine ensuite du super-G de Santa Caterina puis remporte la dernière descente de la saison, à Bormio, sa troisième victoire de la saison.. Elle termine à la troisième place du classement général de la Coupe du monde avec , loin derrière les Autrichiennes Renate Götschl () et Michaela Dorfmeister (), mais avec le meilleur rang de sa carrière.
Le début de saison 2000-2001 de Régine Cavagnoud est réussi : du slalom inaugural de Sölden en Autriche, elle se classe dans la même discipline à Park City, puis monte sur le podium du super-G d'Aspen en prenant la deuxième place.. Lors de l'étape canadienne de la Coupe du monde à Lake Louise, elle termine à la des deux descentes organisées, puis une nouvelle deuxième place en super-G. Elle remporte sa première victoire de la saison le dans le super-G de Val-d'Isère et conforte ainsi sa première place au classement de la Coupe du monde de la discipline.. Au mois de décembre, elle obtient un nouveau podium avec la dans la descente de Saint Moritz.
Régine Cavagnoud remporte sa deuxième victoire de la saison le dans le super-G d'Haus im Ennstal, après s'être classée de la descente disputée le matin même en raison des conditions météorologiques défavorables la veille. Cette victoire conforte sa place de leader au classement de la spécialité, ainsi que sa au classement général de la Coupe du monde : À Cortina d'Ampezzo, l'une de ses pistes favorites, elle se classe de la descente puis gagne le super-G, son troisième de la saison. Avec deux secondes places puis trois victoires consécutives dans cette discipline depuis le début de la saison, elle se présente en grande favorite de l'épreuve aux championnats du monde de Sankt Anton am Arlberg, mais affirme que son objectif prioritaire est de remporter le classement général de la Coupe du monde..