Pierre-Jean Mariette, né le à Paris où il est mort le , est un graveur, libraire, historien d’art et marchand-collectionneur d’estampes français.

Biographie vignette|Retour du vainqueur du jeu de papegai par Pierre-Jean Mariette (). Héritier d'une importante dynastie de graveurs et éditeurs d'estampes établis rue Saint-Jacques, à Paris, Pierre-Jean Mariette est le fils de Jean Mariette (1660-1742), libraire-éditeur et graveur, et de Claude Geneviève Coignard. Sa sœur, Marie-Madeleine est baptisée le . Il est le petit-fils de Pierre II Mariette (1634-1716) et arrière petit-fils de Pierre Mariette (vers 1603-1657)..

Il suit les cours du collège des Jésuites et apprend le dessin et la gravure auprès de Jean Chaufourier.. Il se lie d'amitié vers l'âge de 20 ans avec le comte de Caylus.

À sa sortie du collège des jésuites à Paris en 1717, son père, Jean Mariette, l'envoie en tournée pour aiguiser ses connaissances et resserrer les liens familiaux éloignés. se rend d'abord à Amsterdam, à l'époque centre du commerce d'art, puis en Allemagne. À Vienne, il catalogue la collection d'art du prince Eugène de Savoie. De caractère affable, curieux et sociable, il fait des connaissances et des contacts parmi la communauté artistique et scientifique en Europe, avec laquelle il entretient une correspondance. Il est reçu imprimeur le . Il s'associe à la boutique de son père, rue Saint-Jacques, à l'enseigne « Aux Colonnes d'Hercule ».

En 1729, paraît le premier tome d'un vaste projet engagé, dès 1721, par Pierre Crozat avec la complicité du régent Philippe d'Orléans et de tout un cercle d'amateurs, appelé le recueil Crozat : il s'agit de créer un nouvel instrument de connaissance de l'art pour un public d'amateurs, de connaisseurs, de collectionneurs et d'artistes en présentant de manière inédite les œuvres des grandes collections princières et privées, essentiellement en sollicitant l'image gravée. Le premier tome de ce recueil d'estampes comprend d'abord les dessins et tableaux de l'école romaine suivi d'un abrégé de la vie des peintres, lequel devient l'embryon du futur Abecedario de Mariette. Entre catalogue, album et livre d'art, ce projet a nécessité la complicité du graveur et collectionneur, le comte de Caylus. Un second tome paraît en 1742 avant que la mort de Crozat, en 1740, n’interrompe l’entreprise.Note de Chiara Gauna, du Getty Center, dans « 'Recueil Crozat', fiche de lecture », Encyclopaedia Universalis, en ligne — accès limité.

En 1733, grâce à ce réseau de relations artistiques, Mariette est nommé membre de la prestigieuse Accademia delle Arti del Disegno florentine. Sa connaissance des gravures et son amitié avec le comte de Caylus et l'artiste Charles Antoine Coypel, qui font partie du cercle de Crozat, lui assurent une position dominante dans la réorganisation de l'ancienne collection d'impressions de la Bibliothèque royale.

En 1741, il est sollicité pour dresser le catalogue de vente de la collection de dessins et d'estampes ayant appartenu à Pierre Crozat, mort l'année précédente, dressant l'inventaire d'une partie du Cabinet Crozat, avec trois autres experts, Gabriel Huquier, Edme-François Gersaint et François Joullain, vente qui s'étale entre avril et mai à Paris, et voit la dispersion de et de centaines de pierres gravéesDescription sommaire des desseins des grands maistres d'Italie, des Pays-Bas et de France, du cabinet de feu M. Crozat, avec des réflexions sur la manière de dessiner des principaux peintres, par P.-J. Mariette [suivi de Description sommaire des pierres gravées du cabinet de feu M. Crozat], Paris, avril et mai 1741 — Bibliothèque de l'INHA.. Mariette racheta quelques-unes des œuvres, dont le dessin de Raphaël, Les Noces d'Alexandre et Roxane (Albertina de Vienne). On lui doit également la collection des pièces composant la collection Deloynes, travail poursuivi par Charles-Nicolas Cochin puis par un auditeur des comptes, M. Deloynes, qui a donné son nom à la collectionLaure Beaumont-Maillet, « Les Collectionneurs au département des Estampes », Nouvelles de l'estampe, nº 132, décembre 1993, p. 15..

En , il revend son fonds de librairie à six libraires parisiens pour livres, son fonds d'estampes à Charles-Antoine Jombert et se démet de son imprimerie qu'il vend à . Une partie de ses collections, achetée par Emmerich Joseph de Dalberg, constitue le noyau initial du cabinet d’art graphique du musée régional de la Hesse à Darmstadt.

En 1752, il achète une charge de secrétaire du Roi et contrôleur général de l'audience de la Chancellerie de France pour les mois d'octobre, novembre et décembre.

Il se retire une partie de l'année à Croissy-sur-Seine.

On lui doit un style d’encadrement des œuvres, dit montage Mariette ou lavis Mariette, forme de lavis d’encadrement sur passe-partout fondée sur une harmonie en bleu, blanc et or, et des effets de relief, ainsi que la cartouche portant titre et nom d’auteur, encore utilisée de nos jours.

Il est inhumé à Cheratte.

Sa devise était haec meta laborum.

Extraits Description sommaire des dessins des grands maîtres d'Italie, des Pays-Bas et de France du cabinet de Feu M. Crozat, avec des réflexions sur la manière de dessiner des principaux peintres par Pierre Jean Mariette en 1741 :

« Abecedario et autres notes relatives à l'art et aux artistes, dans les Archives de l'Art français », in Manuel de l'Histoire de la Peinture, Paris, 1851-1853, tome 1, :

Expositions Dessins français de la collection Mariette, musée du Louvre, du au . Dessins italiens de la collection Mariette, musée du Louvre, du au .

Publications Abecedario de P.-J. Mariette, et autres notes inédites de cet amateur sur les arts et les artistes, ouvrage publié par MM. Ph. de Chennevières et A. de Montaiglon : tome 1, A-COL tome 2, COL-ISAC tome 3, JABACH-MINGOZZI tome 4, MOCCHI-ROBERTI tome 5, ROBUSTI-VAN OYE tome 6, VAN SANTEN-ZUMBO. Appendices et supplément Traité des pierres gravées, 2 vol. Paris, P. J. Mariette, 1750, , . . . .

Notes et références

Médiagraphie Bibliographie Antoine Jules Dumesnil, Histoire des plus célèbres amateurs français et de leurs relations, avec les artistes : Pierre-Jean Mariette, 1694-1774, vol. 1, Paris, Édouard Dentu, 1856. Carmelo Occhipinti, Piranesi, Mariette, Algarotti. Percorsi settecenteschi nella cultura figurativa europea. Roma, UniversItalia, 2013 Louis Courajod, Documents sur la vente du cabinet de Pierre-Jean Mariette et sur les acquisitions qui y furent faites pour le Roi (1775), , Nouvelles archives de l'art français, 1872 (lire en ligne) Pierre Rosenberg, Les Dessins de la collection Mariette : École française, Milan, Electra, 2011. Pierre Rosenberg (dir.), Les Dessins de la collection Mariette. Écoles italienne et espagnole, Paris, Somogy, 2019.

Sitographie (à 11 min 40 s : Chute de Phaéton, Michel-Ange) .

Liens externes

Pierre-Jean Mariette dans la base Joconde.

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