Stephan Komandarev, né le à Sofia, est un réalisateur, producteur et scénariste bulgare.

Il commence à travailler dans le cinéma à la fin des années 1990, en réalisant plusieurs courts métrages qui le font connaître dans des festivals bulgares et français. En 2000, il réalise , son premier long métrage de fiction, et l'année suivante, il crée la société de production Argo Film. En 2002 et 2003, Stephan Komandarev réalise deux longs métrages documentaires, avant de terminer son deuxième long métrage de fiction en 2008 : . Ce , tourné avec Carlo Ljubek et Miki Manojlović, est distribué internationalement et permet à Stephan Komandarev d'être présélectionné pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, aux États-Unis.

Dans les années 2010, Stephan Komandarev continue de tourner des documentaires. En 2014 et en 2017, il réalise deux longs métrages de fiction qui abordent des problèmes de société de façon très réaliste. Le premier s'intitule Sadilishteto et évoque la crise migratoire en Europe. Le deuxième est Taxi Sofia, un film choral sur le quotidien tragique des sofiotes, en Bulgarie. Il est projeté dans la section « Un certain regard » lors du Festival de Cannes.

Stephan Komandarev est membre de l'Association des réalisateurs et producteurs bulgares. Il est également membre de l'Académie européenne du cinéma.

Biographie Les débuts du réalisateur Stephan Komandarev est né en 1966 à Sofia.. En 1993, il étudie à l'Université de médecine de la capitale bulgare.. Il travaille pendant quatre ans comme psychiatre dans une clinique pour enfants.. En 1998, il obtient un diplôme dans la filière « réalisation cinéma et télévision » de la Nouvelle Université Bulgare de Sofia. Son premier court métrage, intitulé , est réalisé en 1996. , son deuxième court métrage, remporte le prix du meilleur film au Festival du film étudiant de Sofia et le prix du public au Festival du film de fin d'études de Poitiers, en France.. Il est également présenté au Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier. Son dernier court métrage étudiant s'intitule .

Entre 1998 et 2001, il réalise une série de soixante-cinq épisodes pour l'émission télévisée , consacrée à l'histoire du cinéma bulgare. Son premier long métrage de fiction, intitulé , est réalisé en 2000. Ce film raconte l'histoire d'une chanteuse d'opéra vieillissante qui essaie de séduire un jeune homme de vingt ans. Le réalisateur définit son film en ces termes : Il remporte le prix du meilleur premier film au Festival du film Golden Rose de Varna, en Bulgarie. Il est également sélectionné au Forum international du Nouveau Cinéma du Festival international du film de Berlin, au Festival international du film de Varsovie et au Festival des films du monde de Montréal.

En 2001, Stephan Komandarev crée la société de production Argo Film.. La même année, il réalise un court métrage musical intitulé , ainsi qu'un court métrage documentaire intitulé .. En 2002, il réalise un premier long métrage documentaire intitulé . Ce film montre deux villages bulgares dont la population est majoritairement catholique. Les habitants vivent en harmonie avec leurs voisins orthodoxes et musulmans. remporte le prix du meilleur documentaire d'Europe de l'Est au Festival DOK Leipzig, en Allemagne. En 2003, il réalise , un documentaire sur des enfants bulgares et turcs qui doivent faire par jour pour aller à l'école.. Il remporte le prix du meilleur documentaire au Festival du film Golden Rython, en Bulgarie.

, un film distribué internationalement En 2008, il réalise son deuxième long métrage de fiction, intitulé . Stephan Komandarev a mis huit ans pour concevoir ce film et il a imaginé dix-sept versions du scénario avant de pouvoir le tourner.. Le film est une coproduction bulgare, allemande, hongroise, serbe et slovène. Inspiré d'un roman autobiographique de l'écrivain d'origine bulgare Ilija Trojanow, raconte l'enfance d'Alex dans la Bulgarie des années 1980. Toutefois, ses parents et lui émigrent vers l'Europe de l'Ouest pour des raisons politiques. Vingt-cinq ans plus tard, Alex se réveille dans un hôpital allemand. Il est devenu amnésique à la suite d'un accident de voiture qui a coûté la vie à ses parents. Bai Dan, le grand-père d'Alex, le rejoint en Allemagne. Cet ancien champion de backgammon l'emmène en voyage sur un tandem jusqu'en Bulgarie pour l'aider à retrouver sa mémoire. Le personnage principal du film est alors à la recherche de ses origines. Selon Stephan Komandarev, l'amnésie d'Alex est une métaphore de la question de l'identité. Le réalisateur déclare à ce propos : est tourné dans quatre pays différents. Alex est interprété par Carlo Ljubek, un Allemand d'origine croate qui a selon Stephan Komandarev. Bai Dan est joué par l'acteur serbe Miki Manojlović, connu pour ses rôles dans les films d'Emir Kusturica.

remporte le prix spécial du jury au Festival international du film de Varsovie en 2008, le prix du public au Festival du film de Taipei en 2009 et le prix du public au Festival du film d'aventures de Valenciennes en 2010. Il est le premier film bulgare à être présélectionné pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, aux États-Unis.. Le film de Stephan Komandarev est distribué dans quatrevingt-treize pays. En France, il est distribué par Épicentre Films et sort dans les salles de cinéma le . Les critiques françaises sont mitigées. Pierre Ancery du Figaro écrit que ., tandis que Marine Bénézech du site internet À voir, à lire parle d' Néanmoins, Jacques Morice de Télérama n'aime pas les du film, bien qu'il apprécie l'interprétation de Miki Manojlović, , dit-il.. Dans Positif, Alain Masson donne un avis catégorique : Pourtant, le réalisateur Stephan Komandarev dit qu'il .

Des documentaires et des films de fiction réalistes Après avoir réalisé un court métrage de fiction de six minutes intitulé ., il réalise et produit en 2009 un troisième long métrage documentaire intitulé . Ce film s'intéresse à Varchets, un village bulgare où la majorité des femmes ont immigré en Italie, laissant seuls leurs enfants et leurs maris.. Le critique américain Jay Weissberg écrit dans que En 2010, il réalise un court métrage documentaire intitulé . Dans ce film, Stephan Komandarev revient sur un conflit interethnique survenu dans la ville bulgare de Roussé en 1910.. La même année, il fait partie du jury du Grand prix du court métrage au Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier.. En 2012, il tourne avec Svetoslav Draganov. Il s'agit d'un court métrage documentaire sur le bénévolat en Bulgarie..

En 2014, Stephan Komandarev réalise son troisième long métrage de fiction, intitulé Sadilishteto. Mityo, le personnage principal du film, a perdu sa femme et son travail. Son fils Vasko ne lui fait plus confiance. Pour racheter ses erreurs, Mityo s'engage alors à introduire clandestinement des migrants de Syrie en Bulgarie, en passant par les montagnes. Sadilishteto est tourné dans le massif des Rhodopes, au sud-ouest de la Bulgarie.. Stephan Komandarev est revenu sur les lieux de tournage de ses premiers documentaires : et . Le projet du film commence en 2008 et douze versions du scénario sont écrites. Le budget s'élève à de dollars et le film est coproduit par la Bulgarie, l'Allemagne, la Croatie et la Macédoine... Nellie Andreeva et Anthony D'Alessandro du site internet Deadline mettent en rapport la coproduction européenne avec le sujet du film : Avec Sadilishteto, Stephan Komandarev relie l'immigration syrienne des années 2010 à l'exil des transfuges communistes dans les années 1990. Mais cette fois, alors que les anciens communistes fuyaient l'Europe de l'Est par les montagnes, les migrants se dirigent en direction de l'Union européenne, qui est comme une « Terre Promise » pour eux. , déclare le réalisateur bulgare. L'acteur serbe Miki Manojlović tourne à nouveau devant la caméra de Stephan Komandarev, en incarnant Le Capitaine. Assen Blatechki joue Mityo et Ovanes Torosian est le jeune Vasko. En 2016, Sadilishteto représente la candidature de la Bulgarie pour l'Oscar du meilleur film en langue étrangère, mais il n'est pas présélectionné.. Néanmoins, en 2014, le film est présenté au Festival international du film de São Paulo, au Brésil, et au Arras Film Festival, en France. En 2016, il est également sélectionné au Festival international du film de Palm Springs, aux États-Unis. Les critiques américaines sont d'ailleurs positives. Dans , Stephen Dalton écrit que

En 2016, Stephan Komandarev réalise un quatrième long métrage documentaire intitulé . Il fait le portrait de plusieurs marins qui naviguent sur la Mer Noire.. La même année, il réalise un court métrage documentaire intitulé sur un homme qui prend soin des tombes de personnalités bulgares.. En parallèle, Stephan Komandarev et sa société Argo Film coproduisent avec la France et la Roumanie le long métrage du Roumain Bogdan Mirică.. En 2018, Stephan Komandarev participe au documentaire collectif , qui revient sur l'invasion de la Tchécoslovaquie par les armées bulgare, est-allemande, hongroise, polonaise et soviétique en . Ces cinq nationalités sont représentées par différents cinéastes qui font le portrait de soldats ayant participé à cet événement .. Stephan Komandarev tourne un court métrage de vingt-six minutes intitulé . Il raconte l'histoire de Nikolay Tsekov, un jeune sergent bulgare qui renonce à occuper la Tchécoslovaquie et qui est assassiné au cours de sa désertion par trois individus tchèques ..

Une trilogie sur la Bulgarie et l'Europe À partir de 2017, le réalisateur imagine une .. Son premier volet, intitulé Taxi Sofia ( en anglais), est présenté en avant-première dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes.. Ce film nous plonge dans le quotidien tragique de six chauffeurs de taxi, qui circulent dans les rues de Sofia... Cette coproduction bulgare, allemande et macédonienne s'inspire de faits réels et d'une histoire courte de l'écrivain russe Anton Tchekhov.. L'équipe de Stephan Komandarev tourne à l'intérieur des taxis avec une petite caméra numérique, ce qui donne au film un fort aspect documentaire. Le réalisateur explique d'ailleurs lors d'une interview qu'il veut À la suite de la projection du film à Cannes, le journaliste Philippe Lagouche écrit dans La Voix du Nord que Julien Gester de Libération pense que, même s'il évoque des sujets difficiles, .. Selon Isabelle Regnier du Monde, Taxi Sofia décrit une Bulgarie en plein chaos, au bord de l’implosion, gangrenée par la pauvreté, la corruption et la violence.

Taxi Sofia sort au cinéma le en France et est distribué par Rezo Films..

Ce premier épisode est suivi de sur des agents de polices sofiotes. Stephan Komandarev explique sa démarche en ces termes : Le troisième volet de la trilogie n'est pas encore sorti au cinéma.

Filmographie

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Références

Voir aussi Articles connexes Cinéma bulgare

Liens externes

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