José Maria de Vasconcelos, né le à dans le Timor portugais, mieux connu sous le nom de guerre Taur Matan Ruak (qui signifie Deux yeux perçants en tétoum), est un homme politique timorais. Il est président du Timor oriental de 2012 à 2017 et Premier ministre de 2018 à 2023.
Avant son entrée en politique, il est commandant des FALINTILFALINTIL : Forces de libération nationales du Timor Leste ( Forças Armadas da Libertação Nacional de Timor Leste), aile militaire du parti FRETILIN des F-FDTLF-FDTL : Forces de défense du Timor oriental ( Forças de Defesa de Timor Leste) de 2002 au . Avant de servir dans le F-FDTL, il est le commandant des Forces armées de libération nationale du Timor oriental (ou FALINTIL) qui agit comme groupe de résistance pendant l'Occupation indonésienne du Timor oriental de 1975 à 1999.
Quittant la vie militaire en 2011, il se présente comme candidat indépendant lors de l'élection présidentielle de 2012 qu'il remporte au second tour face à Francisco Guterres. Ne se représentant pas en 2017, il revient en politique après les élections législatives anticipées de 2018 à la suite desquelles il devient premier ministre le . Après avoir annoncé démissionner le Timor-Leste prime minister offers resignation after political coalition collapses, The Guardian, 25 février 2020., il revient sur sa décision le afin de gérer la pandémie de COVID-19Rulers, 8 avril 2020..
Biographie Période coloniale thumb|left|250px|L'hôtel de Baucau (1970)
Né à Baguia, le jeune José Maria de Vasconcelos s'installe avec son oncle à Dili où il fréquente l'école primaire de 1963 à 1968 Infopress: Timor-Leste: PR Taur Matan Ruak termina mandato mas deve candidatar-se a PM , 17 mars 2017, consulté le 17 mars 2017..
Employé dans un hôtel de Baucau à l'âge de 15 ans en 1971, il organise une grève des employés contre les conditions de travail après 18 mois d'embauche. Déclenché afin d'obtenir des augmentations de salaire, d'une meilleure alimentation et de plus de respect pour les salariés, la grève est cependant un échec.
S'établissant à Dili où il est embauché à l'hôtel Resende en 1973, il organise une grève dès 1974. La grève est à nouveau un échec, mais permet l'émergence de militants pour les droits des travailleurs dont José Ramos-Horta et Xanana Gusmão.
République démocratique du Timor oriental Après la révolution des Œillets en 1974, le processus de décolonisation commence avec une courte guerre civile et une déclaration unilatérale d'indépendance mettant en place la république démocratique du Timor oriental avec une administration du FRETILIN auquel adhère Vasconcelos.
Occupation indonésienne Lors de l'invasion indonésienne du Timor oriental par les troupes indonésiennes le , il prend le maquis dans les collines avec la récente FALINTIL du FRETILINFRETILIN : Front révolutionnaire pour l'indépendance du Timor oriental ( Frente Revolucionária de Timor-Leste Independente). En tant que combattant, il participe aux batailles contre l'armée indonésienne à Dili, Aileu, Maubisse, , , et finalement à sur la côte nord-est où il s'installe. La première nomination officielle du major-général Ruak dans la FALINTIL survient en 1976. De 1976 à 1979, il monte la hiérarchie du FALINTIL jusqu'à devenir commandant de compagnie.
Taur Matan Ruak et d'autres se regroupent l'année suivante à la base de Monte Legumau (Monte Apara) et recommencent les opérations de guérillas après la chute de la dernière poche de résistance timoraise campée dans la montagne Matebian le . Après la mort du commandant et dernier président de l'éphémère république du Timor oriental, Nicolau dos Reis Lobato le , il reçoit l'ordre de poursuivre la guérilla afin de la déviée vers l'est du territoire. Durant une mission visant à localiser des survivants des campagnes d'annihilations indonésiennes, Matan Ruak est capturé dans la région de Viqueque le . Après 23 jours, il s'échappe et rejoint les forces du FALINTIL dans les montagnes (PDF; 2,5 MB) -Rapport de la Commission pour l’Accueil, la Vérité la Réconciliation (Comissão de Acolhimento, Verdade e Reconciliação de Timor Leste) (CAVR)..
thumb|right|250px|Major-général Taur Matan Ruak (2009)
En , il est nommé assistant du chef d'état-major adjoint du FALINTIL, responsable des opérations de commandement dans le secteur Est et plus tard dans le secteur Centre. Promu responsable de la planification stratégique des opérations de commandos dans le secteur Est en , il est transféré comme conseiller militaire pour le même genre d'opération dans le secteur Ouest en 1984. Après une dizaine d'années, il est promu chef d'état-major adjoint en 1986 et devient responsable des opérations de commandos sur l'ensemble du territoire.
En , le commandant en chef Xanana Gusmão est capturé à Dili et Taur Matan Ruak est promu chef d'État-major. Il devient aussi commandant après le décès du commandant Nino Konis Santana le . Après la démission de Gusmão du FALINTIL, Ruak devient commandant en chef de l'organisation. Après l'indépendance du pays le , il devient chef des forces armées timoraises (Chefe Estado Maior General Forças Armadas) et est promu major-général en 2009.
Carrière politique Taur Matan Ruak joue un rôle majeur lors de la crise timoraise de 2006. Le , la Commission indépendante d'enquête des Nations unies fait plusieurs recommandations incluant la mise en accusation de certains individus. L'enquête démontre aussi que Rogerio Lobato, le ministre de la Défense Roque Rodrigues et le chef des forces de défense Taur Matan Ruak auraient illégalement transféré des armes à des civils pendant la crise.
Ruak démissionne de sa position de commandant du F-FDTL le après plus de 30 ans de service. La passation de pouvoir vers le lieutenant-général Lere Anan Timur se fait le Channel News Asia, 2. septembre 2011, Le chef de l'armée du Timor-Leste démissionne avant les élections. À ce moment, des spéculations émanent quant à son éventuelle candidature à la présidentielle et annonce vouloir annoncer sa décision au cours de l'année 2012.
Président de la République Candidat à l'élection présidentielle de 2012, soutenu par le Congrès national de reconstruction timoraise (CNRT) au pouvoir, il arrive deuxième au premier tour. L'élection est alors un test pour la jeune démocratie et relègue en troisième position le président sortant José Ramos-Horta. Ruak est élu avec 61,2 % des voix au second tourTimor oriental: un ancien chef de l'armée en route vers la présidence, Libération, 09-04-2012. le , contre Francisco Guterres (Fretilin) Rulers, 16-04-2012. Il succède à Romas-Horta le .
Assermenté président le , soit le jour du anniversaire de l'accession à l'indépendance, à la fois Taur Matan Ruak et José Maria Vasconcelos sont les noms officiels du nouveau président. Dès , il effectue une série de visites communautaires dans les régions les plus reculées du pays.
thumb|left|250px|Le président Taur Matan Ruak en visite à (2015)
Après l'entrée du parti d'opposition FRETILIN au gouvernement à partir du , le Parlement national se retrouve techniquement sans opposition. Le président considère alors devoir agir comme un contrepoids au parlement et mentionne : « Puisqu’il n’y a pas de parti d’opposition, le président assume ce rôle. ». Il oppose son veto sur le budget en 2016 en considérant que trop de grands projets sont mis en œuvre avec trop peu d'amélioration pour les services de base. Néanmoins, malgré les critiques précédentes du FRETILIN au gouvernement, le parlement rejette à l'unanimité le veto du président Southeast Asia Globe: , retrouvé le 23 mai 2016., retrouvé le 1 mars 2016..
Au début 2016, un différend survient avec le commandant en chef des forces armées à la suite de la proposition du parlement de renouveler le mandat de Lere Anan Timur. Le président optait alors pour la nomination de Filomeno Paixão à ce poste SAPO Notícias: , retrouvé le 1 mars 2016.. Devant ce fait, le parlement et le gouvernement jugeant qu'il s'agissait d'une violation de la constitution, entament une procédure de destitution contre Matan Ruak The Age:Impeachment calls heating up in East Timor, 22 février 2016, retrouvé le 1 mars 2016.. Lors d'un discours au parlement, Matan Ruak tente de justifier sa décision en affirmant qu'autrement, il accuse les anciens premiers ministres et chefs du CNRT et FRETILIN, Xanana Gusmão et Marí Alkatiri d'exercer un traitement préférentiel dans l'accord des contrats d'État. D'après le président, il indique qu'un tel comportement avait entraîné la chute du dictateur indonésien Suharto. Il fait également des allégations de corruption contre l'ancien président Francisco Guterres et critique les grands projets à Oé-Cusse et sur la côte sud. Le président maintient aussi qu'il serait préférable d'investir dans l'amélioration de la qualité de vie des Timorais Speech By His Excellency The President Of The Republic, Taur Matan Ruak, To National Parliament On The Dismissal Of Major-General Lere Anan Timur, 26 février 2016, retrouvé le 1 mars 2016.. Par la suite, la juge que la décision du président quant à la nomination du commandant en chef était : « caractéristique de la fonction politique de l'exercice du pouvoir ». La demande d'injonction contre la nomination de Paixão est donc rejetée. La tribunal admet tout de même ne pas pouvoir prendre de mesures contre un acte politique, même si celui-ci est illégal et se déclare incompétent dans le litige en cours RTP: Mudança de comando militar timorense está dentro das competências do PR, diz tribunal , 8 mars 2016, retrouvé le 8 mars 2016.. Le , une nouvelle proposition du gouvernement est publiée et ce dernier propose alors Pedro Klamar Fuik au poste de commandant en che, retrouvé le 16 avril 2016. SAPO: , retrouvé le 17 avril 2016.. Le jour même Matan Ruak accepte la nomination. Alors que le CNRT estime que le PD s'était rangé du côté du président, la coalition est dissoute et les membres du PD au gouvernement quittent le parti Timor Agora: Ministro da Educação timorense fica no Governo para garantir "estabilidade governativa", 7 Mai 2016, retrouvé le 8 mai 2016..
Taur Matan Ruak réussit son objectif de devenir le premier président à visiter les 442 sucos du pays pendant son mandat. Selon Matadalan le président aurait utilisé ces voyages à travers dans le but de construire sa popularité en vue des élections législatives à venir.
Premier ministre thumb|right|250px|Taur Matan Ruak lors de sa prestation de serment au poste de premier ministre en 2018
Rapidement, Matan Ruak se rapproche du nouveau parti PLP, nouvellement fondé en . Le , il met fin aux spéculations et annonce vouloir se présenter avec cette formation politique lors des législatives du pour briguer le poste de premier ministre Timor Agora: Taur: “Hau nia Partidu Mak PLP, Prontu Kompete CNRT-Fretilin” , 5 mars 2017, retrouvé le 5 mars 2017.. Lors du mois de décembre précédent, il avait rejeté d'autres candidatures Timor Post: , abgerufen am 11. Dezember 2015.. Alors qu'il était président, il s'excluait de toute adhésion à un parti politique. À la suite de la passation de pouvoir avec son successeur Francisco Guterres, Matan Ruak est élu chef du parti PLP lors d'une convention le lendemain Matadalan online: , retrouvé le 11 décembre 2015. Tatoli (ANTIL): Taur Rekoñese Tama PLP Hanesan Risku, 20 mai 2017, retrouvé le 20 mai 2017..
À la suite des législatives de 2017, Taur Matan Ruak est premier dans la liste du PLP et fait son entrée au parlement La’o Hamutuk 2017 Timor-Leste Parliamentary Election – List of Parliamentary slates from all parties, retrouvé le 14 juillet 2017.. Par contre il renonce à son poste pour permettre à de siéger Tatoli: Taur Matan Ruak Renunsia Kargu Deputadu, 5 septembre 2017, retrouvé le 11 septembre 2017..
thumb|left|250px|Taur Matan Ruak (2021)