La place Sathonay est une place située au pied du quartier des pentes de la Croix-Rousse dans le de Lyon, en France.
Créée au début du , elle est alors pensée comme la troisième plus grande place de la Presqu'île, derrière la place Bellecour puis la place des TerreauxPlaces de Lyon, J. Pelletier et C. Delfante, Lyon, éditions Stéphane Bachès, 2009 (p. 41).
Odonymie
Actuelle Elle porte le nom de Nicolas-Marie-Jean-Claude Fay de Sathonay, maire de Lyon de 1805 à 1812.
Ancienne Avant la délibération du conseil municipal du qui lui attribue son nom actuel, la place a été appelée place de la Déserte.
Histoire
Moyen-Âge Dans le Tractatus de bellis induciis en 1268, on apprend que les Lyonnais pour se défendre de l'autorité ecclésiastique font construire des fortifications dans la Déserte.
En 1296, Blanche de Châlons, veuve du sire de Beaujeu acquiert la parcelle « proche de la porte nouvelle » et fonde en 1304 le monastère ou abbaye du même nomLouis Maynard, Rues de Lyon, avec indication de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, éditions des traboules, p. 313 pour les dames de Saint-Clair ou Clarisses qui passeront sous la règle de Saint-Benoit.
En 1318, le fils de Blanche de Châlons lègue la vigne de la Varissonnière aux religieuses, et, en 1439, l'homme d'affaires Pierre du Nyèvre cède le Clos de la vigne, ce qui permet d'agrandir le terrain des Clarisses.
Renaissance En 1513, la compagnie des archers lyonnais installe sur une butte leur appartenant dénommée le tènement des Auges, placée entre la rue des Augustins et la place Sathonay leur camp d'entrainement. Ils étaient auparavant sur un terrain attenant à la rue Grôlée et le rue de l'Hôpital, page 257.
Époque moderne En 1745, leurs possessions occupent alors un quadrilatère qui va des rues Sergent Blandan au sud, montée des Carmélites à l'ouest, la rue du Bon Pasteur au nord, et la montée de la Grande Côte à l'estJosette Barre, La colline de la Croix-Rousse, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2001, p. 41.
La Révolution et ses conséquences Dès 1791, les biens des congrégations religieuses qui occupent la majeure partie des pentes de la Croix-Rousse sont vendus comme bien nationaux. La première propriété mise aux enchères est celle des Chartreux en septembre 1791. Les plus grosses ventes ont lieu au deuxième semestre 1796. Le Clos de la Déserte échoit au département.
En 1802, la partie la plus pentue du terrain au nord, est transformée en jardin des plantes, encore visible aujourd'hui. Le reste des bâtiments appartient toujours au département comme bien national mais le tout est cédé à la ville de Lyon. On propose alors d'utiliser les constructions vides pour y installer une école impériale d'équitation ou le mont-de-piété. Finalement, les bâtiments sont détruits en 1813Josette Barre, La colline de la Croix-Rousse, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 2001, p. 61, à l'exception du bâtiment qui abrite aujourd'hui la mairie d'arrondissement. Les bâtiments sont remplacés par une place pavée de cailloux et de pierres plates.
En 1817, l'architecte municipal Louis Flachéron propose d'agrandir la place et d'aménager une entrée au jardin des plantes. La place, créée sous la mandature du maire de Fargues, occupe désormais une superficie de mètres carrés : l'escalier situé au nord de la place à côté de la mairie permet d'accéder au jardin des plantes. De part et d'autre de l'escalier se trouvent deux fontaines, ornées de lions en fonte fabriqués à la Fonderie nationale du Creusot, répliques des lions ornant la fontaine de l'Institut à Paris, et eux-mêmes inspirés de la Fontaine Acqua Felice située à Rome, place Saint-Bernard.
Les rues latérales sont créées vers 1820 - 1821 et les lots sont rapidement vendus aux aménageurs. Le succès de ces opérations tient à la proximité du jardin des plantes et de son relatif écart par rapport à la bruyante montée de la Grande Côte. Contrairement aux quartiers voisins, les bâtiments abritent plus d'appartements que d'ateliers de soieries.
Statue du sergent Blandan En son centre se trouve la statue du sergent Blandan, né dans le quartier et mort pendant la conquête de l'Algérie, en 1842. La statue d'origine, en bronze, qui fut érigée en 1900 par Thomas Lamotte et Joseph Dubuisson, a disparu pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle est fondue sous le régime de Vichy par les Allemands, et a été remplacée par une nouvelle statue en pierre, réalisée en 1961 par André Tajana et Francisque Lapandery, deux amis artistes associés. Une plaque contextualisant la figure du sergent Blandan est installé sous la statue en juin 2026.
Aujourd'hui
Souvenir du couvent de la Déserte vignette|La mairie du 1er arrondissement, vue depuis la place en 2026. Outre la mairie d'arrondissement, qui occupe le seul vestige historique du couvent de la Déserte, il faut mentionner le passage de la Déserte, qui relie la place Sathonay à la place Gabriel-Rambaud en guise de souvenir du couvent disparu.
Dans la culture populaire Elle est connue pour ses cafés, son ambiance « bohème » et ses joueurs de boule lyonnaise.
C'est aussi l'emplacement de la mairie du 1 arrondissement. vignette|La fontaine au lion du côté ouest de la place, ici en 2026.
Travaux
De réaménagement En 2022, les rues aux abords de la place sont végétalisées et piétonnisées.
Patrimoniaux En 2024, les deux fontaines aux lions de la place sont remises en service après leur restauration, dont le coût est compris dans le premier budget participatif de la mairie de Lyon.
Notes et références
Sathonay Catégorie:Voie de Lyon se référant à un nom d'homme