William Alexander Hammond ( – ) est un médecin militaire et un neurologue américainLa « neurologie » comprenait alors beaucoup de ce que nous appelons maintenant « psychiatrie »..
Durant la Guerre civile, comme chirurgien général de l'armée américaine (1862–1864), il fait des réformes importantes et crée le Musée médical de l'armée, site du National Museum of Health and Medicine..
Il est, aux États-Unis, le premier médecin à exercer exclusivement la neurologie, l'auteur du premier traité de cette discipline et l'un des fondateurs de l'Association américaine de neurologie Freemon, . On y fait référence aux bibliographes Garrison et Morton, 4542.G. E. Scott et J. F. Toole, « 1860 — Neurology was there », dans Arch Neurol., 1998 décembre;55(12):1584-5. Résumé : ..
Biographie Fils de médecin, né à Annapolis dans le Maryland, Hammond grandit à Harrisburg en Pennsylvanie. Il reçoit son doctorat en médecine de l'université de New York à l'âge de vingt ans.
Première carrière dans l'armée Hammond est un homme de haute stature ; il est corpulent et de physique imposantIl mesure , ce qui est rare à l'époque ; il pèsera jusqu'à ., aura le maintien militaire et de la facilité pour s'exprimer en public..
Il fait sa résidence et quelques mois de pratique privée, puis il devient assistant-chirurgien dans l'armée américaine en 1849 ; il y reste jusqu'en 1860. Il est d'abord affecté dans l'ouest, entre autres comme directeur médical de Fort Riley. Il prend part aux guerres contre les Sioux. Ses expériences de plusieurs années sur un régime composé uniquement de blanc d’œuf et de gomme naturelle lui valent un prix de l'Association médicale américaine en 1857Liste des publications, 1857..
Tombé malade, il fait un voyage en Europe pour se remettre, et pour étudier les hôpitaux militairesMai–août 1858 , 49.. À son retour, un intérêt commun pour les poisons agissant sur le système nerveux (dont le venin de serpent) le lie à Silas Weir Mitchell ; il publie avec lui une étude dans The American Journal of the Medical Sciences en 1859L'étude porte sur deux poisons pour empoisonner les flèches, le corroval et le vao. Brown-Séquard reprochera simplement aux auteurs d'avoir donné à ces poisons le nom générique de « curares » : Journal de la physiologie de l'homme et des animaux, , 1859, 707-709..
En 1860 il accepte une chaire d'anatomie et de physiologie à l'université du Maryland à Baltimore et quitte l'armée.
La guerre civile
L'ascension Mais, l'année suivante, la guerre de sécession se déclare. Après quelque temps à l'infirmerie de BaltimoreIl y soigne des soldats du Massachusetts se portant à la défense de Washington, sur lesquels des émeutiers avaient tiré ; c'est l'événement maintenant appelé émeute de Baltimore ; ., Hammond reprend du service le ; c'est un mois et demi après le début des hostilités. Il doit, selon les règles d'alors, recommencer au bas de l'échelle. Ses réformes sont si opportunes qu'il fait de l'ombre. à Clement Finley, le « surgeon general », qui l'envoie inspecter en Virginie-Occidentale les campements et les hôpitaux sous le général William Rosecrans. Il y rencontre Jonathan Letterman, qui créera le « système Letterman », amélioration décisive du sort des blessés sur le champ de bataille.
Hammond arrive dans un climat d'intrigues, d'animosités, de luttes d'influences (dans l'armée et au Congrès), de guerre intestineSur cette partie de la vie de Hammond jusqu'à son renvoi, voir : , .. Il n'est pas un intrigant (ni un homme très flexible, selon tous les contemporains), mais la situation lui offrira de grandes possibilités d'avancement. Quand le « surgeon general » Clement Finley, après à peine onze mois de service, est limogé au terme d'une discussion orageuse avec le secrétaire à la Guerre Edwin M. Stanton, Lincoln, contre l'avis de Stanton et les règles de promotion, nomme Hammond à sa place, le , avec le grade de brigadier-général. Hammond a et moins d'un an s'est écoulé depuis son retour dans l'armée. vignette|William A. Hammond, « Surgeon general ».
Le « surgeon general » Hammond se lance dans les réformes. On relève les critères d'entrée pour les professionnels de la santé:en:Medical Corps (United States Army).. The medical times and gazette, 1 (1863-01-24) (Recension du rapport du surgeon general pour l'année se terminant le 30 juin 1862).. Les hôpitaux doivent tenir des dossiers beaucoup plus complets. Le Musée national de santé et de médecine est fondé« [Les musées médicaux] étaient au cœur de l'enseignement médical durant le . » Jonathan Reinarz, « The age of museum medicine: the rise and fall of the medical museum at Birmingham's School of Medicine », dans Soc Hist Med (décembre 2005) 18 (3): 419-437. Consulté le 26 avril 2012.. Hammond fonde l'hôpital Satterlee (il aura lits dans des centaines de tentes)Photographie : C'est aussi à Philadelphie que fut construit le « U. S. Army Hospital for diseases and injuries of the nervous system » ().. Il suggère qu'il y ait à Washington pour les militaires un corps médical permanent, un hôpital général permanent ; on devait centraliser les médicaments à WashingtonMais pas pour l'armée du Potomac, où se trouvait Letterman. .. On ne devait plus devenir soldat avant vingt ans. Il porte toujours une grande attention à la ventilation des hôpitaux et .. Il transfère avec succès la responsabilité des trains de blessés des sociétés privées au gouvernement fédéral ; il supervise la réalisation des wagons sanitaires. Ses réformes au ministère de la Guerre sont aussi décisives que celles, appuyées par lui ., de Jonathan Letterman sur le front. Il fait tester à fond les ambulances de ce dernier avant leur adoption pour tout le pays, dans American medical times, (1864-01-02).. Dans les nouveaux hôpitaux, construits sur le modèle de l'hôpital pavillonnairePilcher, (« pavilion system »)., la mortalité baisse de façon importante, et, en général, les initiatives de Hammond s'avèrent opportunesPilcher résume () ainsi la contribution de Hammond : « He recommended the formation of a permanent hospital corps, the establishment of an army medical school, the autonomy of the medical department in construction of buildings and transportation of supplies, and the institution of a military medical laboratory. ». Mais elles suscitent des protestations, et il a des ennemisPar exemple chez les fournisseurs de l'armée exclus par Hammond parce le prix, la qualité ou la quantité de leurs produits étaient contestables. , dans American Medical Times , (1864-01-02)..
La chute Hammond se rend encore plus impopulaire quand il interdit, le , l'usage du calomel (du chlorure mercureuxChercher « calomel » dans sa définition du Centre national de ressources textuelles et lexicales.), qu'il ne trouve ni sûr ni efficace (on lui donnera plus tard raison) ; de plus, il trouve dangereux de faire vomir par le calomel, pour le « purger de ses humeurs mauvaises », un patient déjà affaibliLe tartre stibié (tartar emetic) sera interdit du même coup : Caring for the Men... S'ensuit une « rébellion du calomelPour une brève histoire de cet épisode, voir : Jose Llinas, « Only victim of the Calomel Rebellion », dans Gainesville Sun, 5 juin 1987, . Également, l'extrait du livre de Steve Herman, Lieutenant Colonel Samuel Cohen: Call Sign Band-Aid Six, . », la plupart de ses collègues pensant ne pouvoir s'en passer et y voyant une restriction à leur liberté de pratique. Le caractère de Hammond à cette époque n'est pas tel qu'il puisse se sortir de cette sorte de difficultésUn assistant-chirurgien, témoin d'une inspection de Hammond, déclara n'avoir jamais vu . Freemon, qui raconte la chose ( ), rappelle aussi que plus tard dans sa vie Hammond se trouva moins imbu de lui-même que quand il était assistant-chirurgien. (Hammond 1880 : ). et ses relations avec le Secrétaire à la Guerre Stanton, sont tendues. Hammond est écarté le Dossier officiel, reproduit dans ., envoyé en longue tournée d'inspection, et Joseph K. Barnes, médecin personnel et ami de Stanton ., assure l'intérim.
Hammond exige ou bien de reprendre son poste ou d'être jugé par une cour martiale. Une cour martiale le trouve coupable d'« irrégularités » dans l'achat de fournitures médicales (Stanton a contrefait des documents), Steve Herman, Lieutenant Colonel Samuel Cohen: Call Sign Band-Aid Six, . .. Il est renvoyé le .
Après l'armée : le premier neurologue américain Hammond s'établit à New York. Il n'a plus guère que sa renommée, qui est grandeLes coûts de sa défense en cour martiale l'avaient mis dans une position financière difficile ; .. Il devient professeur de maladies nerveuses et mentales à l'hôpital Bellevue en 1867 et, en 1874, à l'université de New York. Il enseigne de même à l'université du Vermont et guide des doctorants à New York. Dans les années 1870, premier médecin américain à le faire, il limite sa pratique aux cas de neurologie ; dès cette époque, il emploie le lithium (mais à des doses beaucoup trop fortes) pour traiter la manieHammond, , : Commentaire dans un bulletin de l'OMS, : ..
En 1871 il publie son œuvre maîtresse, Treatise on diseases of the nervous system, traduite en français (par Frédéric Labadie-Lagrave), en espagnol et en italienEn français . Pour les autres langues, voir la bibliographie de .. Au début de 1872 il traverse les États-Unis jusqu'à San Francisco pour aller voir Letterman, qui allait mourir peu aprèsBennett A. Clements, , 1883.. En 1874, il fonde avec Silas Weir Mitchell et plusieurs autres l'American Neurological Association (Association américaine de neurologie)..
Finalement, en 1878, le Congrès des États-Unis autorise sa réhabilitation, mais sans compensationLa loi « fut votée à la Chambre à l'unanimité et au Sénat à l'unanimité moins une voix ». , , p. 69..
Non seulement il soigne des patients, mais il publie de nombreux livres et articles, faisant preuve d'une impressionnante capacité de travailLa seule liste de ses articles dans des revues scientifiques occupe neuf pages dans Blustein, à raison de plus de vingt articles par page.. Autant il apparaît fougueux au cours de sa carrière dans l'armée, autant on le voit maintenant parmi les (vigoureux) sceptiques1871b ; Hammond offre un prix si le paranormal se manifeste : 1879b., les modérésPopular Science Monthly, 1887. et les partisans de la liberté contre la contrainte1879a ; Popular Science Monthly 1890. ; mais il ne cesse jamais d'être un réformateur. Dans ses temps libres, Hammond est romancier et vulgarisateur scientifique ; on a de lui une courte biographie de l'historien Polydore Virgile.
Il revient à Washington en 1888 et y fonde un hôpitalAppelé « sanatorium » à l'époque. pour patients de maladies nerveuses et mentales. C'est dans cette ville qu'il meurt, le , de défaillance cardiaque. Il est enterré avec tous les honneurs militaires au cimetière national d'Arlington, . Site du cimetière : ..
Publications Listes de publications L'ouvrage de Bonnie Ellen Blustein cité dans la bibliographie comprend une copieuse liste des œuvres de Hammond.
Publications choisies Médecine (1856) The physiological effects of alcohol and tobacco upon the human system, Fort Riley (1857) Experimental research relative to the nutritive value and physiological effects of albumen starch and gum, when singly and exclusively used as a food (1859) (avec Silas Weir Mitchell) « Experimental researches relative to corroval and vao — Two new varieties of woorara, the South American arrow poison », dans The American Journal of the Medical Sciences, juil. 1859, (1861) On uraemic intoxication (1863) Treatise on hygiene, with special reference to the military service (1864) Lectures on venereal diseases, Philadelphie (Google Livres) (1866) On wakefulness: With an introductory chapter on the physiology of sleep (1868) Physiological memoirs, Lippincott (1869) Sleep and its derangements, Lippincott (1871a) Treatise on Diseases of the Nervous System