La maison de santé Montprin était un établissement pénitentiaire situé à Paris, permettant à quelques privilégiés assez fortunés pour se l’offrir, de se faire temporairement oublier tant que la Révolution battait son plein.
Le citoyen Montprin était un manufacturier, membre du comité civil de la section de Popincourt de la Commune de Paris. Ruiné, « ayant perdu son état et sa fortune par cause des circonstances », il s'associa à un certain Desnos, et ils eurent l’idée d’ouvrir une maison de sûreté pour rétablir leurs finances. Ensemble, ils cherchèrent le site adéquat, mais ne trouvaient rien d’assez vaste, d’assez sûr, et surtout d’assez bon marché.
Le policier François Dangé leur conseilla, plutôt que d'avoir à accomplir par eux-mêmes les démarches nécessaires à l’installation et à l’enregistrement d’un nouvel établissement, de reprendre tout simplement la pension Belhomme, rue de Charonne, sur le point d’être réformée. Il les envoya donc à Picpus, sans autorisation de visite, en leur recommandant de se présenter de sa part au concierge, pour aller à la rencontre de Jacques Belhomme. En février 1794, ce dernier se faisait oublier, en se faisant passer pour malade, pensionnaire à la maison Coignard, à Picpus, comme il avait vu d'autres le faire chez lui, rue de Charonne. Une fois dans sa chambre, Montprin l’exhorta à lui céder son entreprise à vil prix et, pour lui forcer la main, Desnos affirma savoir « de bonne part » qu’il ne la reverrait jamais. Belhomme, à qui l’on demandait de brader son bien, s’indigna, feignit un malaise et les renvoya.
Dépités, les deux hommes se rabattirent sur un couvent désaffecté de la rue Notre-Dame-des-Champs, près de la rue d'Assas. Les formalités furent expédiées et ils obtinrent leur validation le .
Le , Montprin et Desnos soumirent leur prospectus à Fouquier-Tinville :
Le mot « détenus » fut ajouté à la main sur la deuxième ligne après le mot « malades ».
Les pensionnaires de Jacques Belhomme reçurent comme les autres des prospectus alléchants, vantant les mérites d’un lieu de repos où ils pourraient passer leur temps d’incarcération dans le confort.
Y furent notamment enfermés Jean-François de La Harpe, célèbre critique littéraire, qui avait été l’ami de Voltaire ; Louise-Élisabeth de Tourzel, ancienne gouvernante des enfants de France, avec ses filles ; la petite Alexandrine, cinq ans, fille de la princesse Lubomirska, qui avait été guillotinée.
Notes et références
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