Le château de la Montagne est situé sur le finage de Saint-Honoré-les-Bains, dans le parc naturel régional du Morvan, département de la Nièvre.

Historique Le premier château fut édifié au sommet de la Vieille Montagne à d'altitude, succédant sûrement à un oppidum gallo-romain qui servait de relai entre Bibracte sur le Mont Beuvray et les rives de la Loire.Cette place-forte avait son entrée par le SudIndication portée sur un plan de 1877 réalisé par V. Guéneau sur la route de Sémelay à Villapourçon. Elle possédait un donjon entouré d'un rempart la séparant de la place d'armes. Il ne reste aujourd'hui que très peu de traces des fondations de cette forteresse perdues dans la végétation. Ses vestiges sont décrits dans le terrier que fit réaliser Guillaume des Jours en 1537.

Au début du la région était partagée entre deux grandes familles : les sires de Châtillon-en-Bazois occupaient la plaine et dans la partie montagneuse les barons de Glanes et de Larochemillay régnaient en maîtres.

En 1171 Alix de GlenneGlane, Glanes, Glaine épouse Jean de Châtillon apportant à son époux cette terre. Le domaine de Glane était autrefois possession des évêques d'Autun. Les Châtillon possédaient des terres à cheval entre Bourgogne et Nivernais dont les limites étaient très floues. Les conflits continuels entre le duc de Bourgogne et les évêques d'Autun affaiblirent les seigneuries qui passèrent sous l'autorité des ducs au

En 1218, les sires de Châtillon-en-Bazois se disent Hommes liges du comte de Nevers et s'engagent à le servir loyalement puisqu'à cette date c'est Agnès II de Donzy qui est comtesse de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre et qu'elle est l'épouse de Guy de Châtillon.

Des conflits successoraux, les guerres continuèrent de ruiner cette seigneurie. En 1326 Girard de Châtillon, refusa de faire foi et hommage à Louis II de Nevers, comte de Nevers qui au terme d'une conciliation promit mille livres pour la mouvance de la Rochemillay et lui accorda le droit de haute et basse justice à Villaporçon à la condition que les appels soient portés au bailliage de Moulins-Engilbert.

La fille de Jeanne de Chatillon-en-Bazois, épouse de Girard de Bourbon, épousa Guillaume de Bourbon et lui apporta la seigneurie de la Montagne. En 1386 elle est veuve et fait hommage au comte de Nevers tant en son nom qu'en celui de ses enfants. En 1427, Antoine de Toulongeon, futur Maréchal de Bourgogne, fait réaliser un terrier par maître Falconnet ne comportant que les redevances dues à la seigneurie.

Robert de Damas fut allié de Philippe le Bon et participa en 1432 à la prise du château de la Roche de Solutré. Jean de Damas, son fils fut conseiller et chambellan de Philippe le Bon et en 1468 fut nommé Chevalier de la Toison d'or par Charles le Téméraire. François de Damas, baron de Digoine, seigneur de la Montagne et de Beauréduit, fut chambellan de Philippe le Bon. Il épousa le , Jeanne de Saint-Palais et vendit la seigneurie de la Montagne à la maison bourguignonne de la Boutièrede la Boutière est une Maison qui a fourni trois conseillers au Parlement de Dijon, un abbé de Sainte-Marguerite d'Autun, un prieur au Prieuré de Commagny, ainsi que plusieurs militaires.

Ce premier château fut probablement détruit par les soldats étrangers qui ravagèrent le pays entre 1512 et 1533. Decize, fut pillée et en partie ruinée par les troupes d'italiens du comte de Belle-Joyeuse le

Quelques années plus tard, Charles de la Boutière revend cette terre à Guillaume des Jours, seigneur de Montceau, lequel en 1536 épouse Catherine dame de GrandryeLa Maison de Grandryeest originaire de Moulins-Engilbert dont plusieurs de ses membres furent grenetiers du grenier à sel.. Il décéda en laissant sa femme devant les nombreux procès qu'il avait en cours et d'importantes dettes. Son beau-frère, Charles de Grandrye fait saisir la terre de la Montagne le et ses requêtes n'aboutirent qu'en 1549. Guillaume II de Grandrye, petit-fils de Guillaume Ier de Grandrye, hérite du fief et château de la Montagne. Devant embrasser l'état ecclésiastique, il avait reçu l'Abbaye de Grand Champ dont il conserva le nom. Il embrassa le parti de la religion dite Réformée et entra dans la carrière militaire. Il fut chambellan du duc d'Alençon, le frère de Charles IX. Ambassadeur à Constantinople de 1566 à 1570, il retrouva en 1571 son château entièrement ruiné.

Il décide de le reconstruire au sud de Saint-Honoré, au-dessus du ruisseau de Seu à l'emplacement de l'actuel château, sur les ruines d'une antique maison forte dont il restait des vestiges de fossésEncore visibles au , mais la Saint-Barthélemy le contraint à fuir en Suisse, retardant la réalisation de son projet. Son ambassade et les dépenses faites au château ruinèrent Guillaume de Grandrye, qui essaya de vendre sa seigneurie à Étienne Reste, bourgeois de Lyon. Son frère Pierre ayant été informé de cette transaction en cours fit saisir la Montagne le . Un long procès se termina par l'adjudication de la seigneurie le à Jean de Chandon, conseiller du roi en ses conseils d'État et privés. Il eut trois fillesFrançois-Alexandre de La Chenaye-Aubert, t.IV et c'est l'aînée Anne de Chandon qui porta en dot la Montagne à Ponthus de Cyberand, écuyer, seigneur de Bois Goutillard en Beaujolais, Bailli en maconnais, Enseigne de la Compagnie du duc d'Elbeuf. Le couple n'habita que rarement à la Montagne.

Le elle fait donation de l'ensemble de ses biens à son neveu Christophe de Séve, Chevalier, auditeur en la Chambre des Comptes de Paris, puis Conseiller du Roi en ses conseils et, son maître ordinaire, seigneur de Stinville, Forest, Lardy et de la Montagne. Pour que le curé de Saint-Honoré vienne deux fois l'an célébrer une messe haute dans la chapelle du château il fonde le une rente perpétuelle, payable à la Saint-Christophe et une autre pour la Saint-Charles. Le , le seigneur de la Montagne, loue pour douze années à Nicolas Descombes, une place à bâtir et, une place pour vendre le vin le jour des foires dans un chaume ou se tenaient les dites foires moyennant, un gâteau payable au château à chacune des veilles des dites foires<ref>Henri Ducros, Saint-Honoré-les-Bains, mars 1992, note n°8 p.44/94.</ref>.

Sa fille: Geneviève-Antoinette de Séve, n'ayant pas de postérité vendit sa seigneurie le au sire Claude François Sallonyer de Montbaron, Secrétaire de la Chambre des comptes de Dole, qui ne veut pas donner une sol pour les meubles du château qui ne valent rien. Il rendit son âme à Dieu en 1745, laissant sa seigneurie à son fils Jean-Marie Sallonyer de Montbaron. Celui-ci fait l'acquisition des thermes de Saint-Honoré en 1770.

Le , un terrible orage s'abat sur la région, causant la mort de plusieurs personnes et faisant des dommages considérables au château. Jean-Marie de Sallonyer décide de reconstruire un nouveau château, au même endroit, respectant les fossés, mais dans une architecture au goût du jour, avec plus de confort. Son choix se porta sur un architecte italien de la vallée de Séze : Jean-Baptiste Caristi à qui l'on doit les ornements et le bassin de la fontaine publique de Saulieu. Monsieur de Sallonyer trépassa le dans sa soixante-huitième années. Il laissa ses biens aux enfants de sa cousine germaine qui vendirent le domaine le à Antoine Pierre de Viel de Lunas, chevalier de Viel, comte de Lunas et à son frère Antoine Louis François de Viel de Lunas d'Espeuilles, chevalier et marquis d'Espeuilles. Les membres de la Maison de Viel de Lunas avaient le droit de siéger aux états de Languedoc et possédèrent plusieurs seigneuries en Nivernais.

Pierre de Viel de Lunas, resta célibataire et laissa la seigneurie à son frère. Le fils de Louis de Viel de Lunas d'Espeuilles, Antoine Théodore de Viel de Lunas d'Espeuilles (1803-1871), sera conseiller général de la Nièvre et sénateur de l'Empire. C'est lui qui va faire restaurer les thermes et créer La Poterie de la Montagne et lancera la station thermale. Son fils Marie-Louis Antonin fut général de division, il sera Sénateur de la Nièvre et décédera au château en 1913.

Le château appartient toujours à la famille d'Espeuilles et ne se visite qu'aux journées du Patrimoine.

Architecture Premier château de la Montagne « Bâti sur un monticule qui le fait paraître plus beau au dehors qu'il ne l'est au dedans. Il est entouré d'un beau fossé qui ne manque jamais d'eau. On y entre par un pont-levis garni de chaînes. La cour est assez belle, il y a deux grosses tours couvertes de tuiles. Le corps du bâtiment est un pavillon fort élevé couvert d'ardoises. On y pénètre par un escalier de 14 degrés très large en pierres. L'entrée est assez obscure car elle est constituée d'une espèce de tour aussi couverte d'ardoises. Pour aller dans le jardin, on passe sur le pont-levis qui est très mauvais. Il y a sur la gauche, le long du chemin qui vient de Saint-Honoré, au-dessus du ruisseau de Seu, une belle allée de charmilles et, une autre, sur la droite, dont les arbres sont tous morts. Ces allées aboutissent à une grande chaume où se tient, deux fois par an, une grande foire et où il y a une grande hall qui était autrefois couverte d'esseaunes et qui ne l'est plus à présent que de paille »

Second château de la Montagne Construit de 1773 à 1776 par l'architecte Jean-Baptiste Caristie, il avait conservé ses fossés qui étaient encore remplis d'eau en 1786.

La demeure est constituée d'un grand corps de logis flanqué de deux ailes dont celle de gauche se termine par une chapelle

C'est l'architecte Duban, qui dans les années 1839 - 1840 réalisera les importantes modifications que nous pouvons toujours voir : escalier d'honneur, grand-salon, salle à manger, bibliothèque (décor Napoléon III), serre-jardin (disparue). Le vestibule a des voûtes du et comporte un énorme poêle alsacien. Parmi les artistes ayant participé à la décoration de l'édifice notons: le maître verrier Diderot Anglade, et Rouillard qui réalisa également le chemin de croix de l'église de Chiddes. Monsieur Bernard Collette, architecte en chef des Bâtiments Civils et Palais Nationaux, Inspecteur général honoraire des Monuments Historiques a remarqué que les décors au pochoir fait ici furent reproduits dans une pièce du rez-de-chaussée du château de Champlevrier.

La Chapelle Ici reposent les membres de la famille de Viel de Lunas d'Espeuilles. C'est l'architecte décorateur Félix Duban qui sera chargé de sa restauration, il avait auparavant restauré la Sainte Chapelle et réalisé des aménagements à la galerie d'Apollon au Louvre. Boiseries et vitraux. Elle est de plan carré.

Escalier d'honneur En haut de cet escalier la statue de Antoine Théodore tuant un sanglier qui faisait un horrible carnage parmi ses chiens par le sculpteur Pierre Louis Rouillard (1820-1881), posée sur un piédestal garni de reliefs, représentant le marquis tuant la bête au moment où elle allait passer sous son cheval. Messieurs Mac-Mahon et Pracomtal accourent avec le fameux piqueur Racot, illustré par le marquis de Foudras. Objet .

Salle à manger Cheminée sculptée et boiseries en chêne

Salons de réception Avec plafond surélevé à l'italienne, vitraux aux fenêtres et magnifique cheminée de marbre blanc d'Italie.

Salle de billard Cheminée Louis XV. Au mur des portraits peints de membres de la famille dont : le Duc de Bassano, ministre de Napoléon Ier

Jardin d'hiver Aujourd'hui disparu

Colombier Accueillant jusqu'à pigeons

Protections Le château, les communs, les bâtiments de la régie, le chenil, le colombier, les écuries, la ferme, la maison du cocher, les mousseaux, la maison du jardin, le fruitier et l'orangerie : inscription au titre des Monuments historiques par arrêté du . La Poterie de la Montagne : classement par arrêté de . Le parc et tous les éléments qu'il renferme : les terrasses, les murs, les, bassins, la maison de poupée, les parterres, les allées d'arbres, les façades et toitures de l'ancien bâtiment de la tuilerie : inscription par arrêté du .