Un "bus à l’impériale" ou un "autocar à l’impériale" est un véhicule de transport en commun disposant de deux niveaux de plancher superposés. Ces autobus à l’étage sont répandus dans le monde entier, leur usage étant soit touristique (souvent en version décapotée), soit de transport urbain avec un toit carrossé. Ce type de bus urbain est très populaire dans certaines villes d'Europe et certaines parties de l'Asie (généralement dans d'anciennes colonies britanniques).
Parmi les plus célèbres, on peut noter ceux de Londres apparus en 1910, ceux de Berlin en 1906, et ceux de Hong Kong en 1977.
Terminologie La terminologie bus à l'impériale semble héritée des carrosses à impériale, l'impériale constituant alors la partie supérieure du carrosse.
Europe Le , la directive 97/27/CE définit l'autobus ou autocar à étage au niveau européen :
Le , la directive 2001/85/CE redéfinit la directive 97/27/CE et définit au niveau européen le véhicule à impériale.
Royaume-Uni
Les bus à impériale sont courantes dans les villes du Royaume-Uni. Même dans les plus grandes villes, les bus à l'impériale n’ont généralement qu’une seule porte et un seul escalier.
Historiquement, les bus à l'mpériale avaient besoins deux employés; un chauffeur d'autobus, et un receveur en uniforme chargés de délivrer et poinçonner les billets. Ils sont également équipés d'un cloche pour avertir le chauffeur de son départ, et pour indiquer que le bus était plein. Le receveur de voir la plateforme arrière permet aux passagers pressés de monter dans le bus ou de sauter sur le trottoir à leurs risques et périls.
À partir de 1965, ces anciennes configurations de bus ont commencé à être progressivement supprimées pour permettre aux bus d'être exploités uniquement par le contrôleur. Pour des raisons de sécurité, ces nouveaux bus ne disposent plus de plateforme arrière ouverte.
Londres Les bus à l'impériale londoniens de couleur rouge vif sont parmi les symboles les plus emblématiques de Londres et de l'Angleterre.
Les plus connus, conçus par le designer industriel Douglas Scott, étaient du type Routemaster. En circulation depuis 1956, ils ont été retirés du service le .
À partir des années 1970, les Routemaster ont été progressivement remplacés par des modèles de plus en plus modernes de bus à l'impériale sans rapport avec le Routemaster. Pour des raisons de sécurité, ces nouveaux bus ne possèdent plus la plate-forme arrière ouverte. Parmi ces différents modèles, on peut citer le Alexander ALX400 ou le Scania Omnidekka.
Dans les années 2000, les bus à l'impériale furent remplacés sur de nombreuses lignes par des autobus articulés de type Mercedes Citaro, sous l'impulsion de Ken Livingstone, maire de Londres de 2000 à 2008. Son successeur Boris Johnson a remplacé à leur tour ces bus articulés par un nouveau modèle de bus à l'impériale au style néo-rétro évoquant le Routemaster. Ils sont plus accessibles pour les poussettes et fauteuils roulants, sont dotés d'un moteur hybride et équipés de la plate-forme ouverte à l'arrière.
Le "New Bus for London", doté de trois portes et de deux escaliers et développé spécialement pour Londres a fait ses débuts en 2012. Boris Johnson avait initialement promis un receveur, mais cela n'a pas été tenu. Le bus n’a été adopté nulle part ailleurs et ces bus sont désormais progressivement à cause de l'âge.
Paris Selon le Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre, il est possible que le nombre d’autocars à étage en circulation en France soit supérieur à , c'est-à-dire à 3 % du parc..
Les omnibus à impériale
C'est à Paris, en 1853, qu'est inventé le premier bus à deux étages, l'omnibus à impériale, alors tiré par des chevaux. En 1906, toujours à Paris, est introduit le premier bus motorisé à deux étages.
La Compagnie générale des omnibus (CGO), ancêtre de la Régie autonome des transports parisiens (RATP), met en service ces véhicules sur son réseau en 1855. L'accès à l'impériale, particulièrement malaisé, se fait par des échelons. En 1878, de lourdes voitures de 40 places à plate-forme arrière et dotées d'un escalier hélicoïdal pour accéder à l'impériale ont été mises en circulation, mais leur poids nécessitait l'utilisation de trois chevaux. En 1889, la CGO met en service un type de voiture de trente places, moins lourd, également à impériale et tiré par deux chevaux.
Les derniers omnibus à chevaux de la CGO ont cessé de circuler en .
Les autobus à impériale de 1906 Au tournant du , les omnibus sont devenus démodés et le coût des chevaux nécessaire pour les tracter fit étudier à la CGO des solutions de remplacement moins onéreuses que la création de lignes de tramways et leurs coûteuses voies ferrées. L'autobus, sans impériale, utilisé dès 1895 à Berlin et 1900 à Londres, apparaissait donc comme une solution prometteuse.
La CGO définit donc un cahier des charges et lança un appel d'offres aux constructeurs automobiles pour la réalisation de prototypes de châssis-moteur de ce qu'on appelait alors les omnibus automobiles, afin que la CGO y installe une caisse d'omnibus à chevaux à impériale de type 1889.
Neuf véhicules sont expérimentés sur une ligne spéciale de desserte du Salon de l'automobile de 1905. : un véhicule à vapeur, de Serpollet deux véhicules pétroléoélectriques (moteur à essence alimentant une génératrice électrique) fournis par Krieger et De Dion-Bouton six véhicules à essence et transmission mécanique construits notamment par Latil, Brillé-Schneider, Panhard
La CGO retient le modèle P2 de Brillié-Schneider, et en commande 150 châssis. En effet, ce sont les ateliers de la CGO qui montèrent les caisses provenant d'anciens omnibus à impériale. Le P2 mesure de long, avec un empattement de , une garde au sol de , une hauteur de , et est équipé d'un moteur 4 cylindres de 35 chevaux accouplé à une boîte de vitesses à trois rapports avant et une marche arrière .
La première ligne régulière équipée en autobus, mise en service le , fut la ligne AM allant de Montmartre à Saint-Germain-des-Prés.
Peu après, six lignes furent exploitées, et 151 Brillié-Schneider P2 sillonnèrent Paris sur les lignes : C, qui allait de Porte de Neuilly à Palais-Royal, le J, qui allait de Montmartre à place Saint-Michel, le I, qui allait de place Pigalle à Halle-au-Vin, le AL, qui allait de porte d'Asnières à Gare Montparnasse, le H, qui allait d'avenue de Clichy à Odéon, et A qui allait de Gobelins à Notre-Dame de Lorette, le
Comme sur les tramways et les omnibus de l'époque, les autobus à impériale comportaient plusieurs classes : la première classe, à l’intérieur de la voiture, et la deuxième classe sur l’impériale à l'air libre en 1906, puis en impériale fermée dès 1907.
En 1910, un de ces véhicules se renversa sur la place de l'Étoile, ce qui amena la Compagnie générale des omnibus à remettre en cause l'exploitation d'autobus à impériale, les jugeant dangereux pour des questions d'équilibre et d'inconfort. La CGO décide alors de supprimer les impériales en 1911, et installe de nouvelles caisses à plate-forme arrière et entrée axiale sur une centaine de châssis Schneider PB2 (dotés de la même motorisation que le P2, mais avec une longueur portée à 7,53 m), ces autobus prenant l'appellation Brillé-Schneider P3.
Les autobus à impériale de 1968 Il fallut attendre 1966 pour que la RATP retente l'expérience du bus à impériale à Paris ; deux lignes sont alors choisies : ligne 94 qui allait de la gare Montparnasse à Levallois-Perret Ligne 53 qui allait de Opéra à porte d’Asnières. Un prototype construit par Berliet en 1966, modèle PCM-RE de de long, de large et de haut, est testé puis est suivi d'une commande de 25 autres véhicules. La mise en service du premier de ces autobus de série est effective le sur la ligne 94. Le , la ligne 53 est à son tour équipée de ce modèle. Mais diverses raisons font abandonner définitivement cette formule à la RATP en 1977. En particulier, ce type d'autobus est peu adapté aux rues parisiennes, bordées d'arbres. De plus, la présence de deux escaliers limitait d'autant l'espace gagné sur le modèle sans étage, le PCM-R, et enfin, les stations trop proches les unes des autres incitaient peu les gens à monter à l'étage.
Plus tard, plusieurs exemplaires de ce modèle furent revendus et aménagés pour servir à la collecte du sang. Il y a en bas un espace pour les prélèvements et à l'étage un coin restauration.
Les bus à impériale aujourd'hui Depuis 1977, il n'y a plus aucune ligne parisienne de transport en commun utilisant des autobus à impériale.
Cependant, depuis 2001, un service touristique exploité par RATP Dev à des fins touristiques existe : Tootbus Paris (nommé Paris L'OpenTour jusqu'en 2021).
Berlin
Les bus à deux niveaux sont très répandus sur les lignes régulières des transports en commun berlinois (en allemand BVG), principalement sur les lignes à haut niveau de service (celles commençant par un M) mais pas uniquement. Ces véhicules sont de marque MAN, plus précisément les modèles SD 202 (construction 1987–1992), DN 202 (construction 1995) et Man Lion's City DD (type A39) (construction 2005–2009)., ou Alexander Dennis (Enviro 500 MMC, depuis 2020).
Bruxelles À Bruxelles, depuis les années 1990, trois compagnies exploitent des bus à impériale à des fins touristiques.
Skopje thumb|Bus Yutong City Master de Skopje. À Skopje, en Macédoine, JSP Skopje, la compagnie de transports en commun de la ville, possède 202 bus à deux niveaux, mis en circulation à partir de 2011. Ils sont de la marque chinoise Yutong. Ces bus rappellent les bus à impériale rouges qui circulaient déjà sur les lignes urbaines de Skopje dans les années 1950 et 1960.
Lausanne En Suisse, à Lausanne, les lignes 60, 62 et 65 des Transports publics de la région lausannoise sont exploitées avec des bus suburbains à impériale Alexander Dennis Enviro500 MMC qui répondent mieux aux besoins de ces lignes régionales que les bus articulés.
Amériques
Asie
Inde Les grandes villes de l'Inde En Inde, des villes comme Hyderabad, Bangalore, Delhi, Chennai et Calcutta exploitaient autrefois des bus à deux étages, mais les ont abandonnés. Mumbai exploite toujours des bus à impériale dans le cadre de l'entreprise Brihanmumbai Electric Supply and Transport (BEST). Bangladesh
Des bus à impériale ont été trouvés à Dhaka et à Chittagong. Sri Lanka Myanmar Chine Hong Kong Japon Malaisie Singapour
Réglementation et sécurité vignette|Véhicule sans toit. Certains règlements visent à préciser les spécificités des véhicules de transport de voyageurs pour en assurer la sécurité :
Différents règlements ou directives prévoient un tilt angle de 28°; c'est notamment le cas des règlements de Hong-Kong, des règlements CEE-ONU et des directives européennes.
Le règlement 107 prévoit qu'au moins un escalier et un demi-escalier doivent être prévus sur les véhicules à étages transportant beaucoup de passagers
Le règlement 107 prévoit l’existence de garde corps et de dispositif de communication pour les véhicules sans toit
Incidents et accidents
Renversement Ce type d'accidents concerne majoritairement les autocars à impériale, davantage que les bus, du fait notamment de leurs axes de circulation et des vitesses atteintes.
Le , vers une heure, sur l’autoroute A9 entre l’aire de Tavel et l’échangeur de Roquemaure, un autocar à impériale espagnol en provenance de Barcelone et à destination d'Amsterdam se renverse sur le terre-plein central après avoir touché un poids lourd. Bilan : 22 morts et 32 blessés. Un conducteur survivant perd son permis de conduire et se voit infliger une amende et une année de prison..
Le au matin, un autocar à impériale en provenance d'Allemagne et à destination de la Costa Brava, glisse sur l’autoroute A6 à Dardilly près de Lyon. Bilan : 28 morts dont les deux conducteurs et 46 blessés. Note du rapport du BEATT :