Les Syngnathidae constituent une grande famille de poissons osseux, qui comprend les sous-familles des Hippocampinae (à laquelle appartiennent les célèbres hippocampes) et des syngnathes. Les espèces appartenant à cette famille partagent toutes une forme exceptionnelle de reproduction, la grossesse masculine.

Les chercheurs s'intéressent depuis longtemps aux relations évolutives entre les syngnathides, et les dernières décennies ont apporté de nouvelles idées sur l'évolution du groupe. L'application de méthodes moléculaires s'est révélée particulièrement efficace pour éclairer l'évolution de la famille des Syngnathidae. Il faut noter que les études sur cette famille ont surtout été motivées par l'intérêt considérable porté à la conservation des espèces d'hippocampes et elles ont parfois tendance à négliger la majorité des variations morphologiques et écologiques constatées dans le reste de la famille.

Caractéristiques thumb|Hippocampus bargibanti, une espèce inféodée au « corail chewing-gum » (genre Muricella).

thumb|Phycodurus eques imite les algues lancéolées du sud de l'Australie. Cette famille regroupe les espèces de poissons appelés « syngnathes » et « hippocampes ». La différence se fait dans la posture : les syngnathes sont allongés et tubulaires, alors que les hippocampes ont le corps dressé, avec une queue généralement enroulée et préhensile. Certaines espèces arborent néanmoins des formes plus ou moins intermédiaires.

Le radical du nom de cette famille (et de son genre-type) est formé à partir des mots grecs « syn », ensemble, et « gnathos », mâchoire, pour désigner des familles de poissons aux mâchoires soudées formant un museau tubulaire au bout duquel se situe une petite bouche. Ainsi, plutôt que de mâcher, ces poissons aspirent généralement leur nourriture (souvent composée de plancton) par cette sorte de trompe.

Cette famille comporte environ 300 espèces actuelles.

Morphologie et anatomie Toutes les espèces ont une mâchoire soudée, modifiée en sorte de trompe aspirante plus ou moins longue, et possédant une petite mandibule inférieure pouvant se refermer comme un clapet. La nageoire dorsale est unique et courte, soutenue par 15 à 60 rayons mous, et peut vibrer très rapidement (elle est absente chez certains genres à l'âge adulte). La nageoire anale est très réduite, portée par 2 à 6 rayons ; les pectorales en comptent entre 10 et 23. Il n'y a pas de nageoire pelvienne, et la caudale est absente chez les hippocampes et certains syngnathes, parfois transformée en queue préhensile. Les plus grosses espèces atteignent de long.

Presque tous arborent des formes et des couleurs mimétiques de leur environnement : leurs nageoires ne leur permettant pas de s'enfuir rapidement, ils se dissimulent aux yeux de leurs prédateurs en se faisant passer pour des algues ou d'autres êtres sessiles. Leur corps est également couvert de plaques osseuses, les rendant difficiles à manger pour les prédateurs. Certains arborent cependant des couleurs vives, soit pour se dissimuler dans un environnement coloré soit pour impressionner les éventuels prédateurs.

Écologie et comportement La plupart des espèces vivent à faible profondeur, rarement loin du fond ou des éléments fixes dans lesquels ils peuvent se protéger (principalement des algues).

Ce sont essentiellement des poissons marins, même si quelques espèces supportent les eaux saumâtres. On trouve la plupart des espèces dans les eaux tropicales des trois principaux bassins océaniques, mais certaines sont adaptées aux eaux tempérées (par exemple en Europe atlantique).

Sur le plan biologique, ces poissons sont notamment singularisés par le fait que ce sont les mâles qui effectuent la gestation des œufs pondus par les femelles dans leur poche ventrale.

Habitat et répartition La famille des syngnathidae est répartie tout autour du monde dans plus de 130 pays, on les retrouve principalement le long des côtes ou dans des écosystèmes spécifiques. On détermine leur habitat en fonction de trois critères : la présence de nourriture, de supports sur lesquels ils peuvent s’accrocher ainsi que la possibilité de se camoufler dans l’environnement.

Jusqu’à peu, on pensait que les espèces de ce taxon vivaient principalement près de côtes du continent, dans des herbiers« Dans les mers tempérées, juste en dessous du niveau inférieur des plages, se développe un type de végétation marine : les herbiers de zostères. Ce ne sont pas des algues, mais des plantes supérieures (genre Zostera) qui produisent de minuscules fleurs. Leurs racines sont des rhizomes qui s'ancrent dans les sédiments meubles et sur lesquels se fixent de nombreuses algues vertes, rouges et brunes. Les grandes feuilles vertes rubanées permettent l'installation de toute une faune fixée (bryozoaires, hydraires, ascidies, éponges, vers tubiformes, etc.) ou mobile (amphipodes, copépodes, crabes, mollusques, etc.). » Larousse encyclopédie. Hippocampe. Consulté le 14 avril 2020. (des zones protégées des forts courants marins qui abritent une multitude d’espèces en plus des syngnathes.) Ces niches écologiques leur procurent protection et nourriture, les nombreuses plantes de ses milieux leur permettent de s’y camoufler, c’est pourquoi un syngnathidé aura souvent une apparence qui ressemble à l’environnement dans lequel il vit. Leur population au sein de l’habitat fluctue au fil de l’année,

Cette famille se camoufle par homotypie ou homochromie, par exemple la présence d’excroissances ou de filaments cutanés, comme sur l’hippocampe moucheté, leur permettent de se fondre dans le milieu dans lequel ils vivent. Un autre exemple, l’hippocampe des sargasses, Phyllopterys eques, qui se rend pratiquement invisible grâce à ses très longues excroissances cutanées, qui le font ressembler à une algue.

Europe En Europe, on retrouve la famille des syngnathidés dans les herbiers, principalement situés en Méditerranée. Cependant, il y a aussi des niches écologiques sur la côte Atlantique française, comme le bassin d’Archachon. On en retrouve en Mer du Nord, dans la Manche, ainsi que dans les milieux lagunaires ( Lagune de Venise, Lagune de Hiddensee, Lagune de Courtland,...),...

La mer Baltique abrite certains syngnathes comme le Siphonostome ( Syngnatus typhle) observé en Pologne . Si les syngnathes ont déjà été observés dans cette mer ce n’est pas le cas des hippocampes.

Des syngnathes ont été observés dans les rivières européennes, comme le Syngnathes des rivières Syngnathus abaster, observé en France.

En Grande-Bretagne, on rapporte la présence de deux espèces le long des côtes, le “Spiny Seahorse” ( Hippocampus guttulatus) et le “Short Snouted Seahorse” (Hippocampus hippocampus ).

Amérique du Nord Les syngnathes sont majoritairement observés le long de la côte Est des Etats-Unis, tout autour de la Floride et des îles de la mer des Caraïbes. On les retrouve aussi dans les coraux des Bahamas ou dans les mangroves de la mer des Caraïbes et du golfe du Mexique.

Une espèce de ces côtes est l’Hippocampe nain (Hippocampus zosterae).

Amérique du Sud On retrouve cette famille à des nombreux endroits autour du continent sud-américain, avec des populations fort dispersées. On les localise dans les eaux basses assez chaudes, dans les coraux, herbiers et mangroves. Ces dernières sont particulièrement présentes tout le long de la côte Est du Mexique jusqu’à la fin du Brésil.

Océanie Si on retrouve principalement les syngnathidés dans les champs de coraux australiens, ils sont aussi présents dans les eaux estuaires de Nouvelle-Zélande, d'Australie et de Tasmanie

s'il existe une énorme diversité de ce taxon dans cette région, cette famille n’a été que partiellement explorée. Citons la présence d' une espèce endémique, l’hippocampe à gros ventre, Hippocampus abdominalis qui a été observé autour des trois pays déjà cités.

On peut aussi en retrouver dans les rivières du plus grand continent, comme le Microphis brachyurus ( Short-tail River Syngnathe), il a été observé au Cap York, Queesland dans les ruisseaux et les rivières. Cette espèce a un stade larvaire marin, tandis que les adultes peuvent être retrouvés dans les estuairesForum.Auteur du poste : anemone-clown : le 11/10/2009. Consulté le 10 mars 2020.

Afrique Sur ce continent la famille des syngnathes est fort observée autour de Madagascar ainsi que les îles des seychelles, Comores et l’île Maurice. La présence d’un de leurs habitats, la Mangrove, tout le long de la rive gauche de Madagascar et de la côte Est du continent, de l’Afrique du Sud au début de la Somalie, procure des zones de protection et reproduction pour les espèces de cette famille. On retrouve aussi des mangroves dans le golfe de Guinée, des observations de syngnathes y ont déjà été faites selon le Global information facilities.

Les syngnathes d’eau douce sont aussi présents en Afrique. La dernière observation de syngnathes d’eau douce sur le continent africain a été faite en au Suriname dans le principal fleuve du pays. L’espèce observée était Microphis brachyurus lineatus.

Asie (à compléter)

Antarctique (à compléter)

Alimentation Le régime alimentaire des syngnathidés varie selon les saisons et la géographie en raison des différences d’abondances et de composition des proies. Il se compose principalement de copépodes pour les juvéniles, puis la gamme de proies s’élargit lorsqu’ils grandissent. À l’âge adulte, on retrouvera dans leur régime beaucoup de petits crustacés tels que des amphipodes, des décapodes, des mysidacés et des caridés, mais aussi du benthos, des organismes planctoniques, des œufs de poissons et des larves.

Le système digestif rudimentaire de ces animaux et la petite taille des proies qu’ils ingèrent les oblige à se nourrir fréquemment. La chasse occupe alors une grande partie de leur temps. Ils sont ainsi capables de manger quotidiennement jusqu’à 3000 crustacés microscopiques .

Les syngnathidés ont des mâchoires soudées en un tube allongé, fonctionnant comme une pipette aspirante. Bien que les mécanismes d’alimentation varient selon les espèces, elles partagent des caractéristiques communes.

En se déplaçant exclusivement avec leurs nageoires dorsale et pectorale, voire caudale pour certains syngnathes, ces animaux sont relativement lents. Mais les oscillations très rapides de leurs nageoires leur permettent de manœuvrer furtivement et précisément leur corps. Malgré leur lenteur, ils font partie des prédateurs les plus rapides de tous les poissons. En effet, les syngnathidés ont élaboré des techniques de chasse surprenantes : ils sont capables de capturer leurs proies entre 3 et 8 millisecondes après avoir lancé l’attaque. Leur technique de chasse se divise en trois étapes :

La phase de préparation La phase d'expansion La phase de récupération

Pendant la phase de préparation, le syngnathidé doit orienter sa bouche au plus près de sa proie. Pour éviter de la faire fuir, une approche lente sera nettement plus efficace qu’une approche rapide. La morphologie de sa tête est conçue pour limiter la perturbation des fluides lors d’une attaque, et réduit donc les chances d’être détecté. Cet attribut lui permet donc de réduire le plus possible sa distance d’attaque en rapprochant son museau à quelques millimètres de sa proie. Une fois assez proche, sa bouche est propulsée vers la proie en moins de 10 millisecondes, ce qui est beaucoup plus rapide que la latence de réaction de celle-ci.