Henri Decoin est un écrivain, scénariste et réalisateur français, né le à Paris 4 et mort le à Neuilly-sur-Seine.

Dans sa jeunesse, il a été un nageur sportif et joueur de water-polo réputé, de niveau national et international.

Biographie Origines et enfance Joseph Henri Decoin naît le au 7 rue du Pont-Louis-Philippe dans le , de Joseph Decoin et Zoé Vrin. Enfant, il vit dans une certaine misère et devient livreur de lait à huit ans pour aider sa familleEvelyne Pagès, Petits ils étaient Grands, Denoël, 1996, p.219, témoignage de son fils Didier Decoin : "Papa, dans ses débuts, dans son enfance, dans sa jeunesse, appartenait à ce qu'on appelle aujourd'hui le quart-monde, c'est-à-dire qu'il a connu la misère noire, qu'il a connu la faim ; quand il avait huit ans, pour essayer de faire vivre un peu sa famille, il livrait le lait. Un peu plus tard, il traversait de temps en temps la Seine à la nage, la nuit de Noël, pour obtenir des sous de la part des spectateurs goguenards qui, eux, sortaient des réveillons.".

Jeunesse sportive et Première Guerre mondiale vignette|gauche|redresse=0.5|Henri Decoin, nageur en 1913. vignette|gauche|redresse=0.5|Henri Decoin, lieutenant en 1919. Henri Decoin s'illustre d'abord dans la compétition sportive en natation et en water-polo. Il est notamment champion de France du nage libre en 1911 avec le Sporting Club universitaire de France (SCUF). Il abandonne à mi-parcours de sa série du nage libre des Jeux olympiques de 1908, 300.. Il participe au tournoi de water-polo aux Jeux olympiques de 1912 avec l'équipe de France. Il devient champion de France du 400 mètres nage libre le lors du championnat de France de l'USFSA à Juvisy-sur-Orge.. Il se classe deuxième de l'édition 1912 de la Coupe de Noël, course annuelle traversant la Seine au pont Alexandre-III de Paris..

Officier de cavalerie, de zouaves, puis d'aviation pendant la Première Guerre mondiale, il se conduit brillamment, obtenant six citations et la Légion d'honneur à titre militaire, et achève la guerre comme chef d'escadrille. Le , il est blessé par une balle à l'épaule gauche à Lizerne et, le , il est blessé par un éclat d'obus au pied droit à Esnes-en-Argonne.

Il termine deuxième du tournoi de water-polo avec l'équipe de France lors des Jeux interalliés de 1919.

Amorce d'une carrière de journaliste sportif et d'écrivain Ensuite, amorçant un virage vers l'écriture, Henri Decoin se reconvertit comme journaliste sportif pour L'Auto, L'Intransigeant et Paris-Soir. Il succède également à Léon Sée, en 1919, à la direction de la revue La Boxe et les Boxeurs et à Théodore Vienne à la tête de la salle de boxe, le Wonderland, en . Il prend également en charge le à cette date. En 1926, il publie Quinze Rounds, le récit d'un match de boxe vu par un boxeur, ce qui le fait remarquer comme une figure du dadaïsme français.

Carrière de cinéaste Henri Decoin enchaîne en écrivant pour le théâtre, puis pour le cinéma et devient assistant réalisateur en 1929, sans arrêter d'écrire des scénarios comme Un soir de rafle, de Carmine Gallone, en 1931. Enfin, en 1933, il réalise son premier long métrage, Toboggan. Très vite, il dirige Danielle Darrieux, qu'il épouse en 1935, et l'accompagne à Hollywood, en 1938, lorsqu'elle signe un contrat avec Universal Pictures. Il a l'occasion d'observer comment Hollywood travaille et revient en France en ayant assimilé ces techniques qu'il applique dans Retour à l'aube. Il alterne tous les genres, adaptations de Simenon : Les Inconnus dans la maison, La Vérité sur Bébé Donge ; films historiques : L'Affaire des poisons, Le Masque de fer ; d'espionnage : La Chatte ; policiers : Razzia sur la chnouf, Le Feu aux poudres ; drames psychologiques : Les amoureux sont seuls au monde.

Vie privée Henri Decoin se marie en 1915 avec Hélène Raye.

De 1927 à 1934, il est l'époux en deuxièmes noces de la comédienne et impresario Blanche Montel dont il a un fils, Jacques Decoin (1928-1998).

De 1935 à 1941, il est l'époux de Danielle Darrieux.

Il se marie en quatrièmes noces avec Juliette Charpenay (1913-2004) dont il a un fils, l'écrivain et scénariste Didier Decoin (1945-2026, connu comme lauréat du prix Goncourt et président de l'académie Goncourt), puis une fille, Rose-Christine Decoin (née en 1947).

Mort Henri Decoin meurt le à Neuilly-sur-Seine dans la clinique Sainte-Isabelle, de complications consécutives à une opération.

Il est inhumé au cimetière de Chaufour-lès-Bonnières, dans les Yvelines.

Filmographie

Années 1930

1931 : À bas les hommes (court métrage) 1933 : Les Requins du pétrole 1933 : Toboggan 1933 : Les Bleus du ciel 1935 : J'aime toutes les femmes 1935 : Le Domino vert 1937 : Abus de confiance 1937 : Mademoiselle ma mère 1938 : Retour à l'aube

Années 1940

1940 : Battement de cœur 1941 : Premier Rendez-vous 1942 : Les Inconnus dans la maison 1942 : Mariage d'amour 1942 : Le Bienfaiteur 1943 : L'Homme de Londres 1943 : Je suis avec toi 1946 : Fille du diable 1947 : Le Café du Cadran (co-réalisé avec Jean Gehret) 1947 : Non coupable 1947 : Les Amants du pont Saint-Jean 1947 : Les amoureux sont seuls au monde 1948 : Entre onze heures et minuit (crédité au générique comme Henry Decoin) 1949 : Au grand balcon

Années 1950

1950 : Trois Télégrammes 1951 : Avalanche de Raymond Segard (uniquement les dialogues) 1951 : Clara de Montargis 1951 : Le Désir et l'Amour 1952 : La Vérité sur Bébé Donge 1953 : Secrets d'alcôve (segment) 1953 : Les Amants de Tolède (en collaboration avec Fernando Palacios) 1953 : Dortoir des grandes 1954 : Bonnes à tuer 1954 : Les Intrigantes 1955 : Razzia sur la chnouf 1955 : L'Affaire des poisons 1957 : Folies-Bergère 1957 : Le Feu aux poudres 1957 : Tous peuvent me tuer 1957 : Charmants Garçons 1958 : La Chatte 1959 : Nathalie, agent secret 1959 : Pourquoi viens-tu si tard ?

Années 1960

1960 : La Chatte sort ses griffes 1961 : Tendre et Violente Élisabeth 1961 : La Française et l'Amour (segment) 1961 : Le Pavé de Paris 1962 : Le Masque de fer 1962 : Maléfices 1963 : Casablanca, nid d'espions 1963 : Les Parias de la gloire 1964 : Nick Carter va tout casser

Auteur dramatique 1932 : Hector, à l'Apollo 1936 : Normandie, mise en scène Alfred Pasquali, théâtre des Bouffes-Parisiens 1937 : Jeux dangereux, mise en scène Alfred Pasquali, théâtre de la Madeleine 1952 : Oublions le passé

Distinctions

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Thomas Bauer, Henri Decoin, sportsmane, Limoges : Presses, universitaires de Limoges, 2018, 282 p. Raymond Chirat, Henry Decoin, 1890-1969, Avant-Scène du cinéma, collection Anthologie du cinéma, 1973 Yves Desrichard, Henri Decoin : un artisan du cinéma populaire, Bibliothèque du film - Durante éditeur, 2003 Didier Decoin, Henri ou Henry : le roman de mon père, Stock, 2006 Henri Decoin, Quinze Rounds, L'Arbre vengeur, 2021

Liens externes

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