Éric Sikora, né le à Courrières, dans le département du Pas-de-Calais, est un footballeur professionnel français ayant évolué au poste de latéral droit au Racing Club de Lens et devenu ensuite membre de l'encadrement technique de ce club, y occupant différents postes. Il est depuis 2025 entraîneur-adjoint de l'équipe professionnelle.
Natif de la région lensoise, Éric Sikora intègre en 1980 le Racing Club de Lens via ses équipes de jeunes. Il en rejoint l'équipe professionnelle en 1985 et découvre à cette occasion la première division française. Après plus de dix ans au club et ayant connu avec lui aussi bien la Coupe UEFA que la deuxième division, Sikora remporte son premier titre en professionnel en 1998, le Championnat de France. Finaliste de la Coupe de France la même année, il gagne également la Coupe de la Ligue en 1999 et est demi-finaliste de la Coupe UEFA en 2000. Vice-champion de France en 2002, il arrête sa carrière de joueur en 2004 et entame une reconversion au sein du club artésien. Membre de l'encadrement technique, il est entraîneur de l'équipe première du à la fin de la saison lensoise 2012-2013. Il dirige ensuite l'équipe réserve du RC Lens.
Sikora, qui fait partie des footballeurs ayant effectué l'ensemble de leur carrière dans un seul et même club, est le joueur ayant disputé le plus de rencontres de première division avec le RC Lens. Il est considéré comme un acteur majeur de l'histoire de cette équipe.
Parcours Repères biographiques Éric Sikora est né le à Courrières, dans le département du Pas-de-Calais, d'une famille d'origine polonaise, arrivée dans la région au cours des années 1920.. Son grand-oncle (ou oncle) François Ludo.. a été footballeur professionnel au RC Lens et à l'AS Monaco. Marié avec Nathalie, le couple a deux enfants.
Débuts en équipes de jeunes Tout petit, Éric Sikora pratique le football avec ses amis dans les rues de Billy-Montigny. Il va également au stade le week-end sous l'impulsion de son grand-père pour soutenir l'équipe première de l'US Rouvroy. Cela l'incite à rejoindre ce club en 1976. Alors qu'il a l'âge d'évoluer en catégorie pupilles, il est aligné avec l'équipe minimes du club. Le président de Rouvroy refuse un premier départ de son joueur au RC Lens avant de l'accepter en 1980. Sikora, qui est sélectionné dans l'équipe d'Artois dirigée par Jean-Luc Lamarche en parallèle de cette dernière saison avec Rouvroy, intègre alors le club Sang et Or en tant que minime première année. À cette époque, il évolue au poste d'attaquant.
Sikora poursuit alors une scolarité en sport-études au collège de Billy-Montigny, où il pense devenir professeur d'éducation physique et sportive, et ensuite au lycée Condorcet de Lens en compagnie de Laurent Hochart et de Jean-Guy Wallemme. Au sein du RC Lens, il progresse dans les catégories de jeunes et au niveau cadet, où il recule au milieu de terrain, il dispute et perd la finale du Championnat de France cadet 1983 contre l'AJ Auxerre un but à zéro. Sikora joue alors avec Wallemme et parmi ses adversaires figurent Basile Boli, William Prunier et Daniel Dutuel. C'est pendant son passage dans cette catégorie de jeunes qu'il est appelé en équipe de France pour participer à un tournoi de la sélection en Hongrie. L'année suivante, il dispute ses premières rencontres avec la réserve lensoise de division d'honneur. Alors qu'il est en classe de première, Sikora décide d’arrêter sa scolarité pour se concentrer sur le football. Il rejoint alors le centre de formation du RC Lens, en continuant de résider chez ses parents, et intègre l'équipe réserve entraînée par Arnold Sowinski à partir de 1985. Sowinski choisit alors de le faire jouer en défense centrale.
Carrière professionnelle Première saison (1985-1986) Éric Sikora, qui dispose alors d'un contrat d'aspirant, dispute sa première rencontre en première division le , contre le FC Sochaux au stade Auguste-Bonal. Membre initialement de l'équipe de division d'honneur et de la réserve, l'entraîneur de l'équipe première Joachim Marx le convoque dans la semaine précédant le match dans le groupe professionnel puis le fait jouer en raison de l'absence de plusieurs défenseurs de l'équipe. Sikora joue alors au poste de latéral droit, qu'il conserve durant l'ensemble de sa carrière. Au cours du match, il est à l'origine d'un des trois buts inscrits par son club à la suite d'un centre qui est dévié dans son propre but par le Sochalien Jean-Luc Ruty. À la suite de ce match, Sikora alterne les rencontres avec l'équipe première et la réserve. Sous l'impulsion de Marx, Sikora, alors payé francs par mois, reçoit une prime des dirigeants lensois en fin d'année 1985. Il dispute au total quatorze matchs durant la saison dont onze en championnat. En fin de saison, le journaliste de La Voix du Nord Pierre Diéval dit de lui : . Durant l'été suivant, il signe un contrat de sept ans avec le RC Lens.
De la Coupe d'Europe à la deuxième division (1986-1991) vignette|redresse|alt=Photo d'un homme debout, vêtu d'un survêtement, présent sur un terrain d'entraînement de football et tenant un carnet dans sa main gauche.|Jean-Guy Wallemme, ici en 2007, est partenaire de Sikora au RC Lens dès les équipes de jeunes. En 1986-1987, Éric Sikora commence la saison en tant que stagiaire avant de devenir officiellement professionnel l'année suivante. Il devient membre uniquement de l'équipe première et découvre alors la coupe d'Europe en disputant la Coupe UEFA. Il dispute les deux matchs de trente-deuxième de finale joués contre Dundee United. Après avoir remporté un à zéro le match aller à Lens, le RC Lens est éliminé au retour à la suite d'une défaite deux à zéro contre les Écossais, battus par la suite en finale par l'IFK Göteborg. En championnat, Sikora devient titulaire et joue 32 rencontres avec le club qui se classe dixième. Sikora est toujours titulaire durant les deux saisons qui suivent, marquées par une chute du RC Lens dans le classement en championnat à la suite de problèmes financiers ayant entraîné le départ de nombreux joueurs et finalement une descente en deuxième division en 1988-1989, une saison marquée par seulement trois victoires pour les Sang et Or. Cette saison est néanmoins pour Sikora sur le plan sportif celle de son premier but en professionnel, inscrit le en championnat lors de la victoire de Lens au Stade Bollaert contre le SM Caen cinq buts à zéro, ainsi que son incorporation au bataillon de Joinville où il effectue son service militaire dans la promotion de décembre 1988 dirigée par Roger Lemerre.
Durant l'intersaison, Sikora, ainsi que Jean-Guy Wallemme, sont reçus par Gervais Martel, président du club depuis août 1988, qui les convainc de rester au club malgré la descente. Lors de la saison 1989-1990, Sikora est fréquemment remplaçant dans les choix de l'entraîneur Philippe Redon. Les résultats du club sont mauvais, le maintien du club en deuxième division n'étant pas acquis ; Redon est finalement remplacé par Marcel Husson et le RC Lens conclut la saison à la huitième place de son groupe. La saison suivante, le RC Lens, dirigé par Arnaud Dos Santos, entame mal la saison avant de remonter au classement du groupe B et de terminer deuxième de la saison régulière derrière Le Havre AC. Pour Sikora, la saison est marquée par le décès de son père, atteint d'un cancer. Qualifié pour les barrages d'accession en première division, le RC Lens domine tout d'abord l'US Valenciennes-Anzin, un but à zéro, puis le RC Strasbourg, quatre buts à deux sur les deux rencontres, avant d'être éliminé dans la confrontation décisive pour la montée par le Toulouse FC, quatre buts à un sur les deux matchs. Durant l'intersaison suivante, le club ambitionne la remontée en première division mais celle-ci survient plus tôt. En raison des relégations de l'OGC Nice, du Stade brestois et des Girondins de Bordeaux décidées par la Direction nationale du contrôle de gestion, le RC Lens est réintégré en première division, ce qui permet donc à Sikora d'évoluer à nouveau au plus haut niveau national après deux ans de deuxième division.
Durant cette période, Éric Sikora évolue à la fois en club et en sélection nationale de jeunes. Sélectionné à une reprise en équipe de France cadet, il intègre l'équipe de France espoirs en 1986 et dispute à cette occasion une rencontre en tant que titulaire contre l'URSS, rencontre gagnée par la France deux buts à un. Il est également sur le banc contre la RDA. Il évolue alors en compagnie de Stéphane Paille, Éric Cantona ou Roger Boli, futur coéquipier en club. Non sélectionné durant deux ans, il revient en sélection espoirs à l'occasion d'un match nul contre la Tchécoslovaquie, le . Dans ce match, terminé sur un score nul et vierge, il joue la première mi-temps avant d'être remplacé par Jean-Luc Delpech. Il dispute ensuite un match qualificatif pour le Championnat d'Europe espoirs 1990 remporté deux buts à zéro contre la Norvège et sa dernière apparition sous le maillot bleu s'effectue contre le Maroc le et se solde par un match nul un but partout. Lors de ces deux derniers matchs, il alterne au poste d'arrière droit avec Benoît Cauet. Il côtoie alors les futurs champions du monde 1998 Didier Deschamps et Marcel Desailly. Son total de sélection en équipe espoirs s'arrête avec ces quatre sélectionsDavid Delporte dans son livre sur Sikora considère à la page 113 que celui-ci compte , comptant alors comme une sélection le match contre la RDA en 1986 où Sikora est présent dans le groupe français mais n'entre pas en jeu, ce qui ne permet pas de lui attribuer cette sélection.. En juillet 1989, alors qu'il effectue son service militaire au bataillon de Joinville, Sikora est retenu dans l'équipe de France militaire appelée à disputer les Jeux de la Francophonie 1989. La sélection française termine quatrième de cette compétition. Dans un match émaillé de plusieurs expulsions, Sikora reçoit un carton rouge lors de la demi-finale perdue contre le Maroc pour contestation auprès de l'arbitre. Au retour de l'équipe en France, l'encadrement décide de sanctionner de vingt jours d'arrêt au bataillon de Joinville un groupe de cinq joueurs comprenant Sikora ainsi que Patrick Valéry, Michel Pavon, David Ginola et Clément Garcia.
Stabilisation en première division (1991-1997) De retour en première division, le Racing Club de Lens termine huitième de cette saison après avoir réalisé une meilleure deuxième partie de championnat que la première. Sikora dispute 32 rencontres durant cette saison dont notamment, en février 1992, le match contre l'Olympique de Marseille gagné par les Lensois deux buts à un devant au stade Bollaert, ce qui est alors le record d'affluence pour un match de championnat de France. Lors du match, le but qui donne la victoire au RC Lens est inscrit par Francis Gillot de la tête à la suite d'un coup franc tiré par Sikora. Il est également l'auteur de trois buts en championnat inscrits sur penalty à l'AS Saint-Étienne, contre l'Olympique lyonnais et au Lille OSC, trois matchs remportés par le club sang et or. La saison suivante commence par une absence de victoires en championnat, la première du club n'intervenant qu'à la quatorzième journée contre l'US Valenciennes. Ce début de saison amène le président Gervais Martel à remplacer l'entraîneur Arnaud Dos Santos par Patrice Bergues, issu de la formation du club. Progressivement, Lens remonte au classement et finit ce championnat en neuvième position. Sikora, qui se marie au cours de la saison, participe à trente-cinq des trente-huit rencontres de championnat et marque le but de la victoire lensoise à l'extérieur contre Le Havre AC lors de la vingt-et-unième journée. Il marque également un but lors du trente-deuxième de finale de la Coupe de France contre le Club olympique de Savigny Foot. Le RC Lens est éliminé en huitièmes de finale par le Toulouse FC.