Jean Dries, pseudonyme de Jean Driesbach, né à Bar-le-Duc (Meuse) le et mort à Paris le Relevé des fichiers de l'Insee, est un peintre français.
Lorrain par ses origines, né l'année même où apparaissait le fauvisme au Salon d'automne, il devient peintre de l'Île-de-France par sa formation aux Beaux-Arts de Paris dans l'atelier de Lucien Simon, par ses escapades dans la Zone, par l'installation de plusieurs ateliers, jusqu'à son établissement définitif dans l’Île Saint-Louis au 15, quai d'Anjou.
Peintre provençal aussi, dès les années 1930, grâce à ses nombreux séjours sur les traces de Cézanne et Van Gogh, il installera à Aurel, dans le Vaucluse, le dernier de ses ateliers.
Enfin, peintre normand d'adoption, il se fixa très tôt à Honfleur, où l’avaient attiré ses amis Jean Jardin et Edmond Duchesne. Il y fit en 1936 l’acquisition d’une maison pour sa famille, et il y fit fonction de 1953 à 1973 de conservateur du musée Eugène-Boudin qui conserve aujourd'hui quelques-unes de ses œuvres.
Mais Jean Dries, qui considérait que l'art transcende les frontières nationales, ne cessa de voyager hors de France et même d’Europe : vers l’Espagne et l’Italie, où l’attirait son admiration pour les maîtres espagnols et italiens, en Algérie où il enseigna quelques mois le dessin au collège colonial de Sétif et en Argentine à Mendoza, où le gouvernement français l'avait envoyé au printemps 1940 pour organiser les études picturales à l'université de Cuyo et pour défendre la culture française. Dans son art, il a toujours revendiqué une totale indépendance esthétique. Exposant dès 1928 dans les Salons il récusait toute appartenance à une école, tout enfermement dans un style ou un genre particulier. Il pratiquait aussi bien le paysage, que le portrait et l'autoportrait, le nu que la nature morte, les marines que les courses de chevaux ou de taureaux.
Influencé par l'impressionnisme comme par le cubisme et surtout le fauvisme, il ne céda jamais à l’abstraction ainsi qu’il l’écrit dans son Cahier bleu : Jean Dries, Cahier bleu, . Ce cahier bleu, retrouvé après sa mort, et rédigé probablement vers 1956, contient des notes manuscrites de Dries, couvrant la période 1905-1950. Il a été édité en 1983 par le Musée barrois de Bar-le-Duc, sous le titre Jean Dries.. Grand coloriste, soucieux en même temps dans ses tableaux de l’équilibre de la composition, on a pu écrire à son propos qu’il était Janine Warnod, in Jean Dries catalogue des œuvres exposées au Musée Eugène Boudin, ..
Biographie Jean Dries naît le à Bar-le-Duc.
Aucun antécédent familial ne prédisposait Jean Dries (Driesbach pour l'état-civil) à devenir artiste peintre. Sa famille maternelle, d’origine lorraine et franc-comtoise n’était pas proche des milieux artistiques. Ses grands-parents paternels, vignerons à Soultzbach, près de Colmar (Haut-Rhin) avaient en 1871 choisi de quitter l'Alsace pour rester français et s’étaient fixés à Bar-le-Duc où son père exerçait les fonctions d'huissier. Jean Dries naquit rue du Bourg, dans la basse villeMais la famille, sans jamais quitter Bar, y occupa divers domiciles. et fit avec succès des études au lycée, interrompues à deux reprises par la Première Guerre mondiale : l'avance allemande en 1914-1915 et en 1917-1918 avait contraint la famille à se réfugier à Saint-Pair-sur-Mer, près de Granville. Ce fut pour le jeune Jean le premier contact avec le dessin, et surtout avec la mer : , écrit-il, Cahier bleu, .. L'année 1921 sera pour la carrière de Jean Driesbach un tournant décisif : la disparition de son père, des suites d’une longue maladie, le contraint, pour aider sa famille, à travailler chez le maitre-verrier GambutL'atelier Gambut de la rue des Ducs n'a eu qu'une existence éphémère, mais l’expérience laissera, dans l’œuvre de Dries, des marques durables.. D’autre part, un grave accident à la colonne vertébrale le tient huit mois durant immobilisé dans un plâtre : . Son talent est alors remarqué par son ami, le futur graveur Paul Lemagny, et encouragé par son professeur de philosophie Pierre Salzi, qui lui fait connaitre le peintre Jules-Émile Zingg.
Années de formation (1926-1930)
Fort de l'aide de de ses concitoyens de l'Association des anciens élèves du lycée de Bar-le-Duc, de de la ville, un prêt d'honneur du département de la Meuse), Jean Driesbach quitte la Lorraine pour Paris, où il va fréquenter à l'École des beaux-arts les ateliers d'Auguste Laguillermie et de Lucien Simon. Logé d'abord rue des Canettes, dans la très modeste pension Jamin : Cahier bleu, ., il obtiendra rapidement une chambre à la Fondation Deutsch de la Meurthe (Cité internationale universitaire de Paris). Il s'y fait de nombreux amis et découvre la musique : Cahier bleu, .. Parmi ses condisciples des Beaux-Arts, certaines amitiés dureront toute sa vie, par exemple avec Paul Arzens. Pour subsister, Jean Dries est obligé pour cela de se livrer à .
Travail
À Paris, Jean Driesbach (qui prend le pseudonyme de Jean Dries) fréquente les Beaux-Arts, mais aussi les académies de Montparnasse et les musées où il se dit Cahier bleu, .. Son talent de dessinateur est reconnu en 1926 par un pour Un franciscainReproduit planche XCI dans La Grande Masse de janvier 1927. et en 1927 par le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin.
Vacances
Les vacances voient Jean Dries en famille à Bar-le-Duc, peignant dans la campagne (Les Bords de l’Ornain, La Forêt de Massonges), s’essayant au portrait (ses deux sœurs) mais aussi à ses premières grandes compositions : Trois nus dans un paysage (1927), ou Le Déjeuner en forêt (1928). Cahier bleu, .. Il effectue ses premiers voyages : en 1928, il parcourt rapidement l’Auvergne et le Midi (Avignon et Nîmes), mais c’est son séjour d’hiver en à Cassis qui le marque le plus profondément : c’est Cahier bleu, .. En séjour d’étude à Londres, à l’Institut de France, en février-, il découvre avec celui qui sera son ami de toujours Jean Jardin, le British Museum, la National Gallery, mais aussi la peinture hollandaise (Rembrandt, Van Gogh)Pierre Assouline, Une éminence grise, .. Enfin en 1930, avec un autre de ses fidèles amis, Alexandre Marc-Lipianski, il visite l’Espagne dont il admire les paysages et visite les musées : Cahier bleu, ..
Installation dans la vie d’artiste
Reconnaissance précoce
Encore étudiant, en 1928, Dries expose au Salon d'automne et au Salon des indépendants ses premières grandes toiles, et en 1931, L'Atelier peint l'année précédente. Ces envois retiennent l’attention de la critiqueVoir par exemple les articles consacrés aux Salons de 1928 à 1931 par Néhac, dans l’Est Républicain ou par Thiébault-Sisson dans Le Temps. qui lui consacre de longs développements. En , Thiébault-Sisson écrit dans Le Temps : Thiebault-Sisson, Le Temps, , 12 novembre 1931, , col. 1,2.. Dès 1929, il réalise, dans l'escalier de la Comédie des Champs-Élysées, sa première exposition particulière (47 peintures et aquarelles) et en 1930, l'État lui achète une première toile : Sous-bois dans la Meuse. Reconnu par la critique, apprécié par les collectionneurs publics ou privés, Dries est enfin reconnu par ses pairs : rentrant en 1936 de Normandie avec un ami médecin, il rencontre à Rueil-la-Gadelière le peintre Maurice de Vlaminck. Ce dernier l'invite à montrer ce qu'il fait et conclut la visite par ces mots : Cette visite à Vlaminck est rapportée in extenso dans le Cahier bleu, ..
Installation à Paris et Honfleur
À partir de 1930, le peintre pose son chevalet à Paris, près de la porte d'Orléans : il occupe divers ateliers, avenue du Maine, rue Brancion et enfin avenue Ernest-Reyer, près de la Zone où il va peindre. Il fait alors venir de Bar-le-Duc sa mère et ses deux sœurs. Parallèlement, il acquiert pour elles à Honfleur, rue Bucaille, une maison qu’ils occuperont de 1936 à 1961. Il y avait été attiré par ses amis Jardin et Duchesne, mais pour cet amoureux du midi, Cahier bleu, .. S'installer n'exclut pas de voyager ; professionnellement d'abord : Dries doit prendre un poste d'enseignement au collège colonial de Sétif en Algérie (fin 1935). Cette expérience de quelques mois le laissera déçu et il n’en rapportera que quelques études. Cahier bleu, .. Plus fructueux seront ses voyages en Italie et en Suisse (1932), en Espagne, où il séjourne deux semaines à Cadaqués, Cahier bleu, . et surtout le long voyage qui en 1937 le mène de Cassis à Arles et Saint-Rémy-de-Provence, dans le souvenir de van Gogh. Il parcourt enfin la Toscane et Rome, où il retrouve son ami Paul Lemagny qui séjourne à la villa Médicis, et les paysages de Corot. Enfin, pour , il présente en 1938, à Paris à la galerie Charpentier une importante exposition rétrospective de 84 peintures et 21 aquarelles.
Maturité (1938-1964) En 1938, Jean Dries est un artiste reconnu : il expose régulièrement dans les salons et dans les galeries, les collectionneurs privés, mais aussi l'État et la Ville de Paris acquièrent ses œuvres. Il s’est fixé à Paris et à Honfleur, où il dispose de deux ateliers ; et pourtant sa vie va changer.
Guerre et immédiat après-guerre (1938-1950) Boursier en de l'abbaye de Royaumont, près de Paris, il y rencontre Cahier bleu, . Élève d'Alfred Cortot, Henriette Rosset-Dries renoncera à sa carrière de musicienne pour soutenir celle de son mari. dont il fera son épouse le , et qui désormais sera son modèle de prédilection. La déclaration de la Seconde Guerre mondiale les surprend à Lourmarin où Dries était pensionnaire de la Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert. Non mobilisable du fait de son état de santé, il est d'abord envoyé à Langrune-sur-Mer comme professeur de dessin au lycée Carnot replié de Paris. L'expérience à nouveau le déçoit : Cahier bleu, . Le gouvernement français l'envoie alors en Argentine à Mendoza, à l’université de Cuyo : il y organisera les études de peinture et son épouse y enseignera la musique. C'est à l'escale de Rio que le jeune couple apprendra le désastre du printemps 1940. Si Dries trouve en Argentine et au Chili de nouveaux paysages à peindre, s’il y rencontre des élèves intéressés et de nouveaux amis (le graveur Victor Delhez, la cantatrice Jane Bathori), la tristesse, l’inquiétude pour la famille restée en France sont les plus fortes. Malgré la proposition d'un contrat de cinq ans, malgré le succès de l’exposition de Buenos Aires, présentée par Margarita Abella Caprile, les Dries décident de s’embarquer pour la France le , juste avant la fermeture de la navigation (Pearl Harbor ). Sur le chemin du retour, à l'invitation du ministre portugais de la Propagande, ils s'arrêtent à Lisbonne, où Dries expose quelques toiles : Cahier bleu, . puis à Nazaré avant de regagner Paris au printemps 1942. Ils trouvent au 15, quai d'Anjou, dans l’île Saint-Louis, l’appartement dont Dries fera son « havre » principal et son atelier jusqu'à sa disparition. Partageant son temps entre Paris, Honfleur, Compiègne, Porquerolles, dans les Îles d'Hyères et Francheville dans l’Eure, Dries engage son art dans une expérience qui va durer quelques années : il entreprend deux tableaux qui occupent dans son œuvre une place importante : le Portrait de la mère de l'artiste et surtout Paris, 25 août 1944 : Cahier bleu, .. Le recours à des couleurs très contrastées, le cerne rouge qui enveloppe les formes marquent l’entrée dans ce que certains ont appelé . La paix revenue, Dries peut reprendre ses voyages vers l'Italie et la Suisse (1947), Lourmarin, où la Fondation de Lourmarin Laurent-Vibert lui offre un second séjour (la guerre avait écourté le premier), Londres (1948), l'Espagne enfin où il séjourne deux semaines à Majorque (1949). Enfin, en 1949, son fils Sébastien vient agrandir la famille et proposer de nouveaux thèmes au travail de l’artisteCatalogue de l'exposition « Enfants d'Artistes » réalisée en 2011-2012 par la ville de Condé-sur-Noireau (Calvados)..
Après le Cahier bleu (1950-1964)