Certains médicaments injectables (vaccins, sérums, ...) ou buvables sont contenus dans des ampoules en verre dont on casse une extrémité (comme celles de la photo). Dans d'autres cas l'ampoule a une forme cylindrique avec deux extrémités effilées : on casse les deux extrémités, une par laquelle le liquide coulera et l'autre pour que l'air puisse entrer afin que le liquide s'écoule.

Les ampoules pharmaceutiques peuvent aussi contenir des produits cosmétiques (traitements capillaires ou lifting instantané, par exemple) ou même des alcools, mais il s'agit, dans ce dernier cas, d'une application humoristique, les de whisky ou autre liqueur étant présentés à la manière d'une préparation buvable.

Il existe d'autres produits verriers proches de l'ampoule au niveau de la fabrication, qui sont décrits à la fin de cet article.

thumb|Ampoule pharmaceutique

Fabrication de l'ampoule vide Initialement, les laboratoires possédaient leur propre verrerie qui fabriquait de façon artisanale les ampoules, par soufflage du verre.

Il s'agissait principalement de grosses ampoules (plus de pour certaines), dont l'utilisation a totalement disparu au profit des flacons puis, aujourd'hui, des poches souples à usage unique. Certaines de ces grosses ampoules, appelées ampoules à crochets avaient deux pointes dont une recourbée en forme de crochet et étaient destinées à être accrochées directement sur les supports de perfusions.

Les ampoules actuelles sont généralement d'une capacité comprise entre et (plus rarement ou ).

Les ampoules sont principalement de deux types : ampoules à deux pointes (produit typiquement français) ; ampoules « bouteilles »Alain Le Hir, Jean-Claude Chaumeil, Denis Brossard. Pharmacie galénique : bonnes pratiques de fabrication des médicaments. Masson, , 2009, ..

Dans les deux cas, les ampoules sont fabriquées dans une verrerie, et livrées vides au laboratoire qui les remplit et les scelle.

La fabrication d'une ampoule consiste à : former les extrémités (deux pointes ou bien col et fond) à partir d'une canne de verre ; réaliser certaines finitions.

Le formage, réalisé suivant la technique du verre travaillé mécaniquement au chalumeau diffère légèrement entre les ampoules à deux pointes et les ampoules bouteilles ; les finitions, quant à elles, sont réalisées de la même manière.

Verre L'ampoule est un emballage primaire, c’est-à-dire un emballage qui est directement en contact avec le principe actif du médicament. De ce fait, la composition du verre dont sont constituées les ampoules est réglementée par les différentes pharmacopées.

Différents types La Pharmacopée européenne prévoit, pour les récipients, les types de verres suivant : type : récipient réalisé en verre neutre dans la masse ; type : récipient dont la neutralité est obtenue par un traitement de surface ; type : récipient en verre ordinaire.

Un verre est dit lorsque, dans le temps, il libère très peu d'ions sodium (notamment) dans le liquide qui est à l'intérieur du récipient. Le verre ordinaire, sodocalcique, n'est pas neutre au sens de la pharmacopée.

Le verre type est un verre borosilicate, dont la composition est voisine de celle du Pyrex. Il dégage environ dix fois moins d'ions Na que le verre sodique.

Pour les ampoules pharmaceutiques, on parle aussi de verre jaune ; à ne pas confondre avec le verre type . Il s'agit d'un verre « semi neutre », dont le dégagement est nettement inférieur à celui du verre ordinaire, qui est généralement réservé aux ampoules buvables. Ce verre dit ne doit pas être confondu avec un verre type . En effet, le traitement de surface ne s'applique pratiquement pas, de nos jours, aux ampoules, mais uniquement aux flacons (à quelques rares exceptions près).

Cannes de verre La matière première est un produit semi-fini : la canne de verre.

Cette canne, réalisée par étirage-soufflage en sortie de four de fusion, est livrée à la verrerie de transformation (le producteur d'ampoules) sous forme de tronçons d'environ de long, qui sont déjà au diamètre et à l'épaisseur de l'ampoule à réaliser.

La verrerie de transformation produit les ampoules par étirage de ces cannes, afin de former les deux pointes, ou bien le col et le fond.

Trois types de verre sont principalement utilisés : le verre neutre blanc, pour la production d'ampoules injectables (type ) ; le verre neutre brun est coloré et est utilisé pour la production d'ampoules destinées à contenir des produits sensibles à la lumière ; le verre jaune , destiné à la production d'ampoules buvables, il a une coloration moins intense que le verre neutre brun. On peut aussi, mais c'est assez rare, fabriquer certaines ampoules en verre ordinaire (type ).

Ampoule à deux pointes L'ampoule à deux pointes est certainement la plus connue des Français, mais son utilisation se limite à la France et à certains pays, comme les pays du Maghreb, dont les pharmaciens sont de « culture » française.

Il existe une norme française sur les ampoules à deux pointes (NF S 90-092), mais aucune norme internationale (ISO).

L'ampoule à deux pointes peut être utilisée pour les préparations buvables (généralement en ou ) comme pour les produits injectables (de à ). Elle peut être réalisée dans les trois types de verre cités ci-dessus, mais les ampoules à deux pointes en verre neutre brun sont relativement rares.

Cette ampoule est fabriquée sur des machines verticales. Elle est livrée au laboratoire avec une pointe fermée (la pointe perlée ou pointe verrier) et une pointe ouverte (la pointe coupée ou pointe labo), qui sera fermée par le laboratoire après remplissage.

Dans la suite de ce chapitre, on utilisera les termes « pointe perlée » et « pointe coupée » qui sont des termes de verrier, les autres étant plutôt des termes de laboratoire.

La machine verticale est un carrousel sur lequel on dispose de 24 à 36 cannes de verre (suivant le type de machine), verticalement, à la partie supérieure.

On fabrique en même temps la pointe coupée d'une ampoule (dont la pointe perlée a été réalisée au cours du tour précédent) et la pointe perlée de l'ampoule suivante sur chaque canne. De ce fait, on a une chute de début de canne qui comporte uniquement une pointe coupée, puis une chute de fin de canne qui n'a qu'une pointe perlée. Ces chutes sont ensuite recyclées chez le fabricant de cannes de verre.

Les cannes sont prises entre deux mandrins à axe vertical et entraînées en rotation sur elle-même, tout en suivant la rotation de la machine. L'ampoule est fabriquée en un tour de machine.

Dans la première moitié (approximativement) de cette course, la zone comprise entre les deux mandrins passe devant une série de chalumeaux qui la chauffent progressivement, puis le mandrin inférieur descend, entraînant un étirage de la zone chauffée. La forme de l'ampoule est donnée.

Une deuxième série de chalumeau, suivi d'une seconde descente du mandrin inférieur, permet de fermer la partie étirée, dans la zone définitive en ce qui concerne la pointe perlée et plus haut pour la pointe coupée.

Dans le dernier quart du tour de machine, alors que la pointe perlée va refroidir, on fait passer la future pointe coupée, qui, à ce moment, est encore longue et fine, devant un couteau (plaque fine en laiton revêtue de poudre de diamant) puis une barrière fait tomber laigrette (la chute au-dessus de la coupe).

La dernière opération consiste, avec un dernier chalumeau, à border la coupe, c’est-à-dire la refondre légèrement pour la renforcer et la rendre moins coupante.

Enfin, le mandrin inférieur s'ouvre, laissant descendre l'ampoule terminée qui sera récupérée sur un tapis convoyeur, et le mandrin supérieur s'ouvre au-dessus d'une plaque de mise à longueur, puis se referme avant que le mandrin inférieur ne remonte pour saisir l'ampoule qui sera fabriquée au tour suivant.

Le savoir-faire du régleur consiste à doser la chauffe de chaque chalumeau, à contrôler les courses et vitesses de descente, ainsi que les vitesses de rotation de la machine et des cannes, afin d'assurer la conformité dimensionnelle de l'ampoule et en particulier : que les formes des épaulements, qui permettront que l'ampoule remplie soit bien accrochée sur son chevalet (carton embouti sur lequel elles seront rangées dans la boîte), soient respectées ; que les diamètres de pointes coupées soient réguliers afin de permettre le remplissage correct par le laboratoire ; qu'elle puisse être convenablement scellée (sur ligne automatique, au laboratoire, après remplissage).

Avec un peu d'expérience dans le travail du verre, il est assez facile de fabriquer quelques ampoules à deux pointes à la main, avec uniquement une canne de verre aux bonnes dimensions et le chalumeau approprié.

Ampoule bouteille Il existe deux catégories d'ampoules bouteilles au sens de leur procédé de remplissage* : Les ampoules bouteilles pointe fine, qui se remplissent de la même manière que les ampoules à deux pointes, les ampoules à col large.* les procédés de remplissage seront traités ultérieurement dans cet article.Les ampoules à col large se subdivisent encore en plusieurs types, fonction du modèle de machine utilisé pour les remplir : les ampoules à col coupé ; les ampoules à col bombé ; les ampoules à col éclaté (ou forme tromblon) ; les ampoules spéciales, dénommées du nom de la machine utilisée pour les remplir, type Cioni ou Marzocchi (ampoules fermées) ou type Corning (ampoules ouvertes), par exemple. Seuls trois premiers types sont normalisés (ISO 9187-1).

Une fois les ampoules à col large remplies et fermées, on ne distingue plus ces différents types.

Les différentes parties de l'ampoule bouteille, de haut en bas lorsqu'on la pose debout, sont : Le col ; l'olive, appelée aussi le bulbe (partie renflé, n'existant pas obligatoirement sur tous les modèles) ; l'étranglement (qui est la zone de plus petit diamètre au niveau de laquelle on ouvrira l'ampoule pour l'utiliser) ; l'épaulement (qui est la partie qui relie le corps à l'étranglement) ; le corps (partie cylindrique) ; le fond.

Il existe aussi, pour usage cosmétique, des ampoules dites à double bulbe qui ont deux olives superposées et s'ouvrent entre les deux. L'olive inférieure reste solidaire du corps et est destinée à recevoir un applicateur, qui transforme ainsi l'ampoule en compte-gouttes.

Fabrication sur machine verticale La fabrication sur machine verticale est dérivée de celle des ampoules à deux pointes.

La machine tourne plus lentement et est équipée de brûleurs plus gros car il faut chauffer beaucoup plus pour former le fond de l'ampoule que pour simplement étirer des pointes.

La fabrication de l'olive et de l'étranglement nécessite des chauffes et des courses de mandrin inférieur différentes de celle de l'ampoule à deux pointes, mais le principe reste le même. L'étranglement peut être égalisé (mais ce n'est pas obligatoire) à l'aide d'une molette.

La fabrication d'ampoules à double bulbe nécessite une machine spécialement équipée, avec un rail de descente du mandrin inférieur modifié.

La séparation se fait plus haut que pour l'ampoule à deux pointes, pratiquement au niveau de la partie cylindrique, et la chauffe est disposée de façon à ramener au maximum le verre vers le fond de l'ampoule, le col ou la pointe n'en conservant qu'une fine pellicule.

Un dispositif de soufflage remonte légèrement le fond juste après la séparation, afin qu'il soit légèrement concave de manière que l'ampoule puisse tenir debout.

L'ampoule bouteille pointe fine est ensuite terminée (coupe de l'aigrette et rebrûlage pour border la coupe) de la même manière que l'ampoule à deux pointes.

En ce qui concerne les ampoules à gros col : le type col éclaté est terminé sur la machine en réchauffant le corps de l'ampoule que l'on vient de séparer afin de faire gonfler la fine pellicule de verre qui ferme le col, puis, avec un chalumeau puissant, à éclater la bulle ainsi formée, d'où la dénomination de ce type de col ;