Sans droit au courrier (, Bez prava perepiski), БПП en abrégé sur les documents officiels, était une aggravation d'une sentence prononcée contre un prisonnier politique en URSS sous le règne de Joseph Staline.
Pendant les Grandes Purges en particulier, la sentence prononcée par les tribunaux d'exception était : « 10 ans de camp de travail (goulag), sans droit au courrier ». Cette formule était utilisée pour aviser la famille du condamné, alors que les comptes-rendus du jugement portaient en note : « peine de catégorie », ou bien « la peine la plus grave : fusillé. » « Une croix d'aluminium », dans le magazine)Zvezda #7, 2003
Nombreux furent ceux qui ne comprirent pas l'euphémisme bureaucratique et le prirent au pied de la lettre (ou voulurent garder espoir à tout prix) et continuèrent à croire que leur disparu était encore vivant.
Comme Alexandre Soljenitsyne l'écrit dans L'Archipel du Goulag :
Selon l'article de WP ru'' Без права переписки, cette façon d'agir (destinée à masquer l'ampleur du massacre, et généralisée par ordre du NKVD en 1939) a créé dans la population un profond malaise, et a renforcé et généralisé l'incrédulité des masses vis-à-vis des formules ou communiqués utilisés par les classes dirigeantes.
Les cas connus Ce sont ceux de disparus célèbres, qui avaient une famille ayant gardé quelque influence : Matveï Petrovitch Bronstein, physicien, tué en 1937. Sa femme, l'écrivaine et militante Lydia Tchoukovskaïa, fut avisée : «Десять лет без права переписки». Son beau-père, le célèbre écrivain Korneï Tchoukovski réussit, après 2 ans de démarches, à obtenir une audience de Vassili Ulrich, le président de la section militaire de la Cour Suprême de l'URSS, qui lui dit simplement que son gendre était décédé. Lydia Tchoukovskaïa n'avait pas perdu tout espoir en 1940, mais elle rencontra Sergo Goglidzé, le chef du NKVD pour la région de Leningrad, qui lui confirma que son mari était mort Lydia Tchoukovskaïa : «Autobiographie». Noter que le physicien Matveï Bronstein portait le même nom de famille que l'homme politique Lev Bronstein-Trotsky. Mikhaïl Koltsov, célèbre écrivain et journaliste, tué probablement en . Son frère Boris Efimov, célèbre illustrateur, obtint à grand peine le droit de rencontrer Vassili Ulrich, le président de la section militaire de la Cour Suprême de l'URSS, et le juge suprême lui dit que Koltsov « avait été condamné à 10 ans de camp de travail, sans droit au courrier » Михаил Ефимович Кольцов — За что? Почему? (часть-1).
Sources
Notes
Liens externes , film russe de 1990.
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