Catherine Delmas-Comolli (née le à Versailles, France) est une haute fonctionnaire et dirigeante d'entreprise française.

Après des études scientifiques et un passage par l'ENA, elle officie dans divers cabinets ministériels, avec comme domaine de prédilection les transports et l'outre-mer. Après un bref passage dans le privé, elle rentre dans le corps préfectoral en 1993. Elle est ensuite conseillère technique dans le cabinet du Premier ministre, repasse par le secteur privé pendant cinq ans, à un poste de direction générale, et revient dans la haute administration.

Biographie Elle est la fille de René Delmas, polytechnicien et ingénieur en chef du corps des Mines, et de Jacqueline Chaudet. Elle suit ses études au lycée Saint-James de Neuilly-sur-Seine, puis au lycée Janson-de-Sailly de Paris.

Elle intègre ensuite l'École normale supérieure de Sèvres. En , elle épouse Jean-Dominique Comolli. Puis, elle poursuit ses études à l’École nationale de la statistique et de l'administration économique (ENSAE ParisTech), et à l’Institut d’études politiques de Paris.

Début de carrière dans l’administration Titulaire de l’agrégation de mathématiques, elle enseigne cette discipline au lycée Corneille de La Celle-Saint-Cloud de 1974 à 1978. Elle intègre ensuite l’École nationale d’administration (ENA), promotion Droits de l’Homme (1979-1981).

À la sortie de l'ENA, elle devient chef de bureau à la Direction générale de l'Aviation civile, de 1981 à 1983, puis conseillère technique au cabinet du secrétaire d’État auprès du ministre de l’Urbanisme, du Logement et des Transports, chargé des Transports, Jean Auroux, de 1984 à 1986.

Durant la cohabitation entre le président François Mitterrand et le premier ministre Jacques Chirac, elle est nommée à la Direction des transports terrestres, au ministère de l’Équipement, du Logement, de l'Aménagement du territoire et des Transports, et à la Direction de la flotte de commerce, au ministère de la Mer. Puis, elle revient en 1988 à la Direction générale de l'Aviation civile comme chargée de mission aux Affaires internationales.

Premier passage dans le privé En 1990 et 1991, elle devient directrice des études et stratégies dans une filiale du Groupe Bolloré, la Société d'Affrètement et Combustibles (SCAC), mettant à profit sa connaissance des transports.

La SCAC est une société de services et de transports maritimes. Elle avait été acquise par Vincent Bolloré en 1986, peu avant que ce même entrepreneur décide d'acquérir la compagnie maritime Delmas, anciennement Delmas-Vieljeux, grâce à un combat de maîtrise de l'actionnariat contre Tristan Vieljeux. Ces deux acquisitions ont à l'époque constitué un virage stratégique dans l'histoire du Groupe Bolloré.

Retour dans les équipes ministérielles et la préfectorale De 1991 à 1993, elle est conseillère technique dans le cabinet du Premier ministre, Édith Cresson tout d'abord puis Pierre Bérégovoy.

En 1993, elle est nommée préfète, sans être directement responsable d'un territoire, puisqu'elle est chargée d'une mission de service public relevant du gouvernement. D' à 1996, elle est préfète du Loir-et-Cher. Une autre femme l'avait précédée à ce poste, en 1981, Yvette Chassagne, la première femme préfète en France.

Puis elle devient provisoirement préfète hors-cadre, pour rejoindre à nouveau les équipes ministérielles de 1997 à 1998 à la suite du retour de la gauche au pouvoir. Elle devient en effet directrice-adjointe du cabinet de Jean-Pierre Chevènement. Elle est également membre du Conseil Supérieur de l'Aviation Marchande. Puis de 1998 à 2000, elle est Directrice des Affaires économiques, sociales et culturelles de l'Outre-Mer.

Deuxième passage dans le privé En l'an 2000, elle devient directrice générale de la SNC Lucien Barrière (Groupe Lucien Barrière, hôtellerie et casinos), succédant à Philippe Lazare qui rejoint Eurotunnel.

De ce passage du public au privé, aux plus hautes responsabilités, elle dira plus tard avoir été « frappée par la distance entre les deux mondes, et surtout la méfiance (due à la méconnaissance) des cadres du privé envers l’administration »Journal l'Ardennais, 29 août 2006.

Retour dans le corps préfectoral Elle retrouve la fonction publique, comme chargée de mission auprès du directeur de la modernisation et de l'action territoriale sur les débouchés des membres du corps préfectoral. Sa mission est annoncée par le ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire, Nicolas Sarkozy, lors des vœux de ce dernier au corps préfectoral le Site du Ministère de l'Intérieur - Intervention du ministre Nicolas Sarkozy, présentant ses vœux au corps préfectoral le 23 janvier 2006 : la mission de Catherine Delmas-Comolli est exposée dans l'avant-dernier paragraphe.

Puis en 2006, elle redevient elle-même préfète, dans le département des Ardennes. Elle y succède à Adolphe Colrat. C'est la première femme préfète dans ce département.

En , quelques mois après sa prise de fonction, elle accueille Nicolas Sarkozy qui fait en Ardennes un déplacement en deux volets, d’une part en tant que ministre, d’autre part en tant que candidat à l'élection présidentielle de 2007, avec une phrase de Sarkozy sur repris dans les médias.

Catherine Delmas-Comolli se mobilise sur le développement de l'emploi, dans un département marqué par la délocalisation de certaines activités industrielles. Le , elle signe avec le président du conseil général le « contrat de développement économique des Ardennes 2007-2013 Site du conseil général des Ardennes, Signature du Contrat de Développement Économique des Ardennes 2007-2013, Document consultable en ligne ». Elle doit gérer la liquidation d'une entreprise ardennaise historique, les Ateliers Thomé-Génot, à Nouzonville, avec une forte tension sociale, et une occupation d'une usine qui contient des produits dangereux.

Catherine Delmas-Comolli est amenée ensuite à s’opposer à Claudine Ledoux, maire PS de Charleville-Mézières, à propos d’une expulsion que cette élue locale trouve particulièrement injusteEntre la maire de Charleville-Mézières et la préfète des Ardennes, opposition sur une expulsion, relatée sur un blog militant le 12 octobre 2007 ; selon des organisations telles qu’ATTACCommuniqué d'Attac du 12 septembre 2007 ou Réseau éducation sans frontières, elle se montre intraitable sur l'application de la politique d'expulsion des étrangers en situation irrégulière décidée par le pouvoir exécutif.

En , Catherine Delmas-Comolli devient préfète du département du CherDécret du 27 juin 2008 portant nomination de la préfète du Cher, Consultable en ligne sur le site gouvernemental Legifrance.

À sa demande, elle est nommée préfète hors cadre en Décret du 29 septembre 2011 portant nomination d'une préfète hors cadre, Consultable en ligne sur le site gouvernemental Legifrance.

Récompenses et distinctions Décorations

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Liste des préfets de Loir-et-Cher Liste des préfets du Cher Liste des préfets des Ardennes

Liens externes

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