Chermizy-Ailles est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France.
Géographie Localisation
Chermizy-Ailles se situe au centre-est du département de l'Aisne.
La commune se trouve à au sud-est de la ville préfecture, Laon., à au sud-est de la capitale régionale, Amiens., à au nord-ouest de Reims., et à au nord-est de la capitale, Paris..
Relief et géologie Le territoire de la commune se situe dans la vallée de l'Ailette. La partie sud du territoire se situe sur le flanc nord du plateau du Chemin des Dames.
L'altitude maximale du territoire est de , au sud-ouest de la commune sur le plateau du Chemin des Dames, et l'altitude minimale est de , à l'ouest de la commune au niveau de la rivière l'Ailette.
Voies de communications et transports vignette|gauche|upright|L'entrée Nord de Chermizy-Ailles. Les principales voies de desserte de Chermizy-Ailles sont les suivantes : la route départementale , traversant la commune d'ouest en est et reliant Chermizy-Ailles à Neuville-sur-Ailette (à l'ouest) et à Bouconville-Vauclair (à l'est) ; et par deux routes communales, l'une au nord en provenance de Bièvres et Ployart-et-Vaurseine, l'autre au sud en provenance de la route départementale (le Chemin des Dames).
Les voies de circulation douce comprennent : la voie verte de l'Ailette, une piste cyclable sécurisée de 17 km reliant le lac de Monampteuil à l'abbaye de Vauclair, en passant par Chermizy. le chemin de Grande Randonnée GR12 traversant Chermizy-Ailles avec différentes variantes (GR142 et GR 145)
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Ailette, le ruisseau Bievre, le canal 01 de la commune de Chermizy-Ailles, le cours d'eau 01 de la Rouillée, le cours d'eau 06 de la commune de Chevregny, le fossé 01 de la commune de Bouconville-Vauclair, le fossé 01 de la commune de Chevregny, le fossé 02 de la commune de Chevregny, le fossé 03 de la commune de Chevregny et le ruisseau de Moulin Midesse.
L'Ailette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sainte-Croix et se jette dans l'Oise (rive gauche) à Quierzy, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Chermizy-AillesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le lac de l'Ailette, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune est ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Martigny-Courpierre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Chermizy-Ailles est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Laon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (55,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (55,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (41,8 %), terres arables (40,1 %), prairies (15,2 %), zones urbanisées (2,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (0,6 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Habitat et logement En 2021, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 1999 et de en 1968..
Parmi ces logements, 83,5 % étaient des résidences principales, 14,1 % des résidences secondaires et 2,4 % des logements vacants. Ces logements sont essentiellement des maisons individuelles, plutôt de grande dimension avec 95% de plus de 4 pièces. Le cadre bâti a principalement été édifié avant la seconde guerre mondiale (50% des logements construits avant 1945).
Toponymie Chermizy Le nom du village apparaît pour la première fois en 1146 sous l'appellation latine de Charmesius. Ce nom évoluera ensuite de nombreuses fois en fonction des différents transcripteurs :Calmesius, Calmesi, Carmini (1153 dans un Cartulaire de l'Abbaye de Vauclair , Chermisi, Charmesei, Charmisiacum, Germisi, Charmisy, Chermisiz, Charmisy, puis Chermisy sur la Carte de Cassini au milieu du et enfin l'orthographe actuelle Chermizy au .. Du préfixe breton kêr du vieux-breton caer, d'origine gauloise et apparenté au gallois caer. Il signifie à l'origine « lieu fortifié, forteresse, château, citadelle », sens qu'il a conservé en gallois.
Ailles Le nom du village apparaît pour la première fois en 1224 sous l'appellation latine de Villa que dicitur Aquila. Ce nom évoluera ensuite en fonction des différents transcripteurs :Aille, Aylle, Parossiam de Saint-Martin d'Aisle (1669) et enfin l'orthographe actuelle Ailles sur la Carte de Cassini au milieu du .. Le village doit son nom à la rivière L'Ailette qui prend sa source à 6 km à l'est.
Histoire
Le chanoine Flodoard (894-966), rapporte dans son Historia remensis ecclesiae (Histoire de l'église de Reims) que saint Remi, évêque de Reims de 459 à 533, faisant la visite des paroisses de son diocèse, s'arrêta à Chermizy et y rendit la vue à une aveugle. L'église de Chermizy a pour saint patron Évence.
En l'année 948, les troupes d'Hugues le Grand, duc des Francs, passant dans ce village, s'y portèrent à de grands excès et tuèrent plus de 40 habitants.
Le domaine d'Ailles était placé sous le patronage de St Martin, il appartenait au à Didon, évêque de Laon, lequel en mourant le donna, en l'année 893, au chapitre de la cathédrale de cette ville qui l'a conservé jusqu'à la Révolution. Ailles ne paraît pas avoir eu de seigneurs laïques, étant toujours resté dans les mains du chapitre de Laon. Cependant nous connaissons un Etienne d'Ailles, en 1156 ainsi qu'un Guy de Chermizy en 1128, également Guy d'Evercaigne en 1141 (ferme dépendant de Chermizy), suivi de Guy II de Chermizy (1160-1195) puis Jean de Chermizy en 1205.
Des lettres de Gauthier, évêque de Laon, de l'année 1172, nous apprennent que le moulin de Midesse, molendinum de Muidessa, et un autre, nommé le moulin d'Ailles, de Aila, avaient été en partie donnés aux Hospitaliers par un sieur Alexandre, chanoine de Saint-Jean-du-Bourg.
L'exploitation des carrières de Chermizy est très ancienne. En 1205, le chapitre de Laon exploita ces pierre calcaire, notamment pour édifier la cathédrale Notre-Dame de LaonSource : Le dictionnaire historique de l'Aisne. Ces blocs de pierre furent tirés par des bœufs jusqu'à Laon (13 km) et 16 statues réparties sur les tours principales de la cathédrale leur rendent hommage.
Chermizy fut encore le théâtre d'une action sanglante en 1656. Une partie des troupes de Henri-Jules de Bourbon-Condé, prince de Condé, s'étant présentée devant ce village, commença par y mettre le feu, puis attaqua l'église fortifiée, dans lequel les habitants s'étaient réfugiés ; s'en étant emparé, elles se saisirent de 37 d'entre eux pour les conduire à Rocroy. Le reste des habitants exaspérés de voir emmener leurs concitoyens, se ruèrent sur l'ennemi et le mirent en fuite ; mais ayant eu l'imprudence de le poursuivre dans la campagne, ils tombèrent dans une embuscade où ils furent tous tués ou faits prisonniers. Au milieu du , la terre de Chermizy entra dans la maison de Proisy, dont les membres étaient déjà seigneurs de La Bove.
La bataille de Craonne (1814) vignette|333x333px|Monument des Marie-Louise et des Bleuets La commune d'Ailles est placée au pied de la montagne où se livra, le 7 mars 1814, la bataille de Craonne, entre les Français et les troupes alliées, conduites par Napoléon contre les armées russes et prussiennes du maréchal Gebhard Leberecht von Blücher (armée de Silésie). Les Français enlevèrent ce village de vive force, et gravissant la montagne sous un feu terrible, parvinrent à couronner le plateau et à en chasser l'ennemi. Une statue de Napoléon se dresse actuellement sur le plateau de Californie en mémoire de cette victoire. De plus un monument comémore cet bataille devant le ferme de Hurtebise.
La commune d'Ailles comportait 147 habitants lors du recensement de 1901 pour 61 maisons ; comme toutes les communes du canton de Craonne, elle est touchée par l'exode rural et ne compte plus que 118 habitants à la veille de la Première Guerre mondiale lors du recensement de 1911 (369 habitants à Chermizy en 1856). La petite commune d'Ailles était alors renommée pour son orme, un arbre remarquable planté en souvenir de la bataille de Craonne du à proximité de l'église Saint-Martin, qui faisait la fierté des villageois. Ailles fut occupé par l'ennemi dès septembre 1914 jusqu'à la fin du mois d'octobre de l'année 1917, un cimetière provisoire est aménagé au nord du village ; les combats, qui en achevèrent la destruction, furent particulièrement violents en avril 1917. Les Français s´en rendent ensuite détenteurs jusqu'au . Ailles fut de nouveau investi par les Allemands jusqu'à la mi-. Les ruines d'Ailles redeviennent françaises lors du repli allemand sur l'Ailette, le 2 novembre.