Cœuvres-et-Valsery est une commune française située dans le département de l'Aisne en région Hauts-de-France, formée par ordonnance du par fusion de Cœuvres et Valsery. Géographie Cœuvres-et-Valsery se situe dans le département de l'Aisne à de la préfecture Laon, à de la sous-préfecture Soissons et à de Vic-sur-Aisne, siège du bureau centralisateur du canton. Compiègne est à , Saint-Quentin à et Paris à .

Communes limitrophes Le territoire de la commune est limitrophe de six communes.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ru de Retz, le ru de Saint-Pierre-Aigle et le fossé du Grand Marais.

Le Ru de Retz, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Puiseux-en-Retz et se jette dans l'Aisne à Fontenoy, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques du ru de Retz sont données par la station hydrologique située sur la commune d'Ambleny. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:06 TU à partir des 325 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/06/1997 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Cœuvres-et-ValseryLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : le plan d'eau de la commune de Coeuvres-et-Valsery ()..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Margny-lès-Compiègne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Cœuvres-et-Valsery est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (64,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (61,1 %), forêts (35,6 %), zones agricoles hétérogènes (3,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %)..

L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Cœuvres est attesté sous les formes Cova (1159) ; Queuves (1204) ; Keuve (1235) ; Kova (1280) ; Ville de Queuve (1288) ; Cueuves (1530) ; Keuves (1550) ; Coeuves (1556) ; Ceuvres (1590) ; Cœuvre (1710).. Du latin cova grotte, creute en picard, au pluriel, « La brèche osseuse de Cœuvres » : fouillée vers 1865. De nombreux lieux désignés grottes sont éloignés de toute cavité ; l'explication donnée par les spécialistes est qu'il existe des ruines en forme de voûte, d'où le nom donné par analogie avec les cryptes construites et généralement voûtées.

Valsery, ancien hameau de la commune, est attesté sous les formes Ecclesia Vallis-Serene (1153) ; ecclesia Beate-Marie-de-Vauseri (1189) ; ecclesia Valserene (1238) ; Wauserit, Vausseri (1265) ; Vausery (1270) ; Valseri (1270) ; Vaussery (1341) ; Notre-Dame-de-Vaulsery (1455) ; Vaulx-Sery (1504) ; Valceri, Valcery (1562) ; Valserie (1765)..

Histoire

Origine

Les premiers actes évoquant la possession de la terre de Cœuvres dateraient du , sous forme de portion de la forêt de Retz. La seigneurie de Cœuvres fut démembrée au et dépendait alors de la châtellenie de Pierrefonds..

En , les troupes russes qui assiègent Soissons se dirigent sur Paris. Un détachement passe à Cœuvres et se livre à des actes de brutalité envers les habitants.

Le , les Prussiens pénètrent dans le village qu'ils l'occupent jusqu'à fin . De nombreuses violences et pillages auront lieu pendant cette occupation. Le maire, le baron d'Estave de Valsery, est particulièrement touché et éprouvé; il mourra des suites de ces épreuves.

Le 18 octobre 1870, le ballon monté Victor-Hugo s'envole du jardin des Tuileries à Paris alors assiégé par les Prussiens et termine sa course à Cœuvres après avoir parcouru 117 kilomètresBallon N° 17 : « Le Victor-Hugo »..

Première Guerre mondiale

Le , les troupes allemandes entrent au château. Le comte Albert de Bertier de Sauvigny, maire de Cœuvres et propriétaire du château, devra y loger le duc Ernst-Günther de Sleswig-Holstein et le prince de Saxe-Meiningen. Le général von Kluck et son état-major logera à la villa Jeanne-d'Arc. Le , les Allemands sont repoussés par l'offensive de la de la Marne et c'est l'état-major de la armée française avec le général Maunoury et Franchet d'Espèrey qui les remplacent au château.

Quatre années durant, de nombreux régiments, division d'infirmiers, chirurgiens et ambulances se succédèrent aux châteaux de Cœuvres et de Valsery. Beaucoup de soldats cantonnèrent dans le village, pour prendre du repos avant de monter au front sur les tranchées de Nouvron, Vingré, Fontenoy, Vic-sur-Aisne Le bourg subira des bombardements d'artilleries et divers incendies de granges.

Mutineries de juin 1917

Le , une mutinerie se déclara et les soldats « mutins » se regroupèrent dans des bois de la commune. Puis ils se dirigent à Missy-aux-Bois où ils feront reddition le . Le conseil de guerre se tiendra du 23 au au palais de justice de Soissons. 17 condamnations à mort seront prononcées. Le le Président de la République Raymond Poincaré commue 16 peines de mort en travaux forcés. Seul Joseph Ruffier sera exécuté le à Saint-Pierre-Aigle; il repose au cimetière militaire de Vauxbuin.

Combat de Cœuvres juin et juillet 1918

Pour relier les troupes allemandes d'Oskar von Hutier et celles de la armée du général Max von Boehn, Ludendorff lance celui-ci à l'attaque, en direction de Pierrefonds, entre les deux forêts de Villers-Cotterets et de Compiègne : après une violente préparation d'artillerie, von Boehn attaque dans la région de Saint-Pierre-Aigle et sur le plateau des Trois-Peupliers. De forts détachements réussirent à s'infiltrer dans les bois par Vertes Feuilles. Il y avait la une division d'élite : la division de cavalerie à pied du général Hennocque. Les , et cuirassiers résistèrent héroïquement, et ce ne fut qu'après un terrible corps à corps, et au prix des plus lourds sacrifices, que les Allemands réussirent à progresser jusqu'au ru de Retz.

Le , les forces allemandes ne purent avancer du côté d'Ambleny, mais parvinrent au ravin, à l'est de Laversine, pénétrèrent dans Cœuvres, Valsery et Saint-Pierre-Aigle et rejetèrent les troupes françaises vers Montgobert. Le 13, après de terribles combats, au cours desquels elles n'avancèrent que pied à pied, elles réussirent à emporter Laversine, mais ne purent déboucher de Cœuvres ni progresser à l'ouest de la ferme Vertes Feuilles. Violemment bombardées et attaquées par les chars d'assaut, elles subirent de grosses pertes ; la division bavaroise fut fort éprouvée par les obus toxiques dans la région de Cœuvres ; deux compagnies notamment, en soutien à Cutry, furent presque entièrement intoxiquées.

Le 14, les Allemands, essoufflés et décimés, étaient contenus partout. Dès le 15, les contre-attaques françaises les rejetaient de Cœuvres et de Valsery ; un bataillon du zouaves captura 130 prisonniers et 7 mitrailleuses dans Cœuvres ; le 17, la progression continua à l'est d'Ambleny, au sud de Valsery et de Montgobert ; le , une attaque sur sept kilomètres, du sud d'Ambleny à l'est de Montgobert permit de regagner près de deux kilomètres en profondeur : les villages fortifiés de Fosse-en-Haut, Laversine, les hauteurs nord-ouest de Cutry et les croupes sud de Saint-Pierre-Aigle furent enlevées et près de 1 100 prisonniers capturés ; le lendemain, à deux reprises, les Allemands tentèrent de reprendre les positions perdues, mais se firent durement repousser. Les troupes françaises les harcelèrent sans cesse, à la fin de juin, dans la région de Saint-Pierre-Aigle ; la division allemande, très éprouvée, dut être relevée par la division, venue du front de Lens. Le au matin, deux bataillons du régiment de tirailleurs marocains de la division d'infanterie et des chars d'assaut soutenus par l'artillerie de la division du Maroc, emportaient, le plateau de Cutry et s'emparaient de 7 officiers, 32 sous-officiers, de 164 hommes, de 25 mitrailleuses, de 5 et d'un canon de 77.

Puis la bataille s'éteignit à l'est comme au nord. L'offensive sur Compiègne était définitivement enrayée. Les pertes françaises et américaines s'élèvent à 35 000 hommes, on estime que les pertes allemandes sont beaucoup plus élevées. Ludendorff, qui souhaite de plus en plus marquer une victoire décisive, prévoit une cinquième offensive ailleurs sur le front occidental. Cette offensive de la de la Marne, provoqua par ces violents combats d'artilleries et de chars la destruction presque totale du village. Château, église, mairie, écoles, commerces, fermes et maisons d'habitations tout n'était plus que ruines.

Par arrêté du , la ville reçoit la croix de guerreAnnuaire du commerce Didot-Bottin, , 1922..

Politique et administration Découpage territorial

La commune de Cœuvres-et-Valsery est membre de la communauté de communes Retz-en-Valois, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Villers-Cotterêts. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..