L’immeuble Telefónica () est un gratte-ciel de Madrid, capitale de l'Espagne.
Situation Il est situé au n° 28 de la Gran Vía, dans l'arrondissement du Centre.
Architecture L'inspiration stylistique nord-américaine est visibleGarcia Algarra, Javier (2010). "The American influence in Telefónica's public relations strategy during the 20's and 30's", IEEE HISTELCON 2010 mais elle est mâtinée d'une influence churrigueresque, comme un clin d'œil à l'architecture baroque du Madrid du . Ce rappel se manifeste dans son ornementation extérieure, particulièrement en ce qui concerne son entrée monumentale. Il culmine à et comporte quinze étages.
Histoire Construction L'immeuble Telefónica est conçu par l'architecte Ignacio de Cárdenas Pastor et ses collaborateurs, d'après une étude préliminaire de , architecte de Manhattan, pour le compte de la Compagnie nationale de téléphonie, existant depuis le début du et devenue par la suite Telefónica. thumb|La silhouette de l'immeuble dominant la ville.
Entre 1926 et 1929, plus de ouvriers travaillent au chantier. Les blocs de calcaire viennent d'Alicante, ceux de granit de Ségovie et les ateliers de taille se trouvent non loin du chantier.
Le coût total se monte à 32 millions de pesetas.
Un édifice moderne En , avant la fin des travaux, le roi Alphonse XIII inaugure l'ouverture de la ligne téléphonique Madrid-Washington en conversant avec le président Calvin Coolidge. Il fait de même un mois plus tard avec le général Gerardo Machado, président de Cuba.
Sur le plan technique, le bâtiment est conçu d'emblée comme un central téléphonique de conception ultra-moderne, avec une capacité de lignes García Algarra, Javier (2012). "De Gran Vía al Distrito C. El patrimonio arquitectónico de Telefónica". Tesis doctoral, Dpto. Historia del Arte, UNED, 2012, nouveau système de connexion automatique (sans opérateur) basé sur les appareils Rotary-7A fabriqués par Bell à Anvers. Par ailleurs, le luxe et le bon goût des parties communes ainsi que la solidité de l'ensemble, doivent susciter la confiance chez les utilisateurs et les futurs investisseurs. L'édifice symbolise l'ouverture de l'Espagne vers le progrès et le monde de la communication.
L'édifice le plus élevé d'Espagne Lors de son inauguration, l'immeuble Telefónica est le gratte-ciel le plus haut d'Europe «El primer rascacielos de Europa», abc.es, 14 février 2010. Il dépasse ainsi le palais de la Presse, terminé en 1928, qui se dresse sur la Gran Vía, en face de la place de Callao. Ce n'est qu'en 1953 que son record national de hauteur est battu par l'immeuble Espagne, qui culmine à .
Pendant la guerre civile thumb| Vu du parc de la Casa del Campo (d'au-delà la cité univeristaire), le panorama de Madrid tel qu'il s'offrait à un artilleur nationaliste de 1936 à 1939, abstraction faite des trois gratte-ciels de gauche. En plein centre se dressaient les deux bâtiments les plus hauts de Madrid dans les années 1930 que sont l'immeuble Telefónica et le palais de la Presse ; à droite s'élève le Palais royal.
Les forces républicaines assiégées dans Madrid utilisent l'édifice Telefónica comme tour de guet Redondo Ledo, Victoriano (2003). Vivir en Madrid. 1936-1939. Madrid : Entrelineas editores. . . Étant le siège de l'Office de la presse étrangère, il a valeur de symbole et permet la communication avec le monde extérieur. De nombreux correspondants de guerre étrangers s'y rendent pour expédier leurs « papiers » et il est souvent bombardé par l'artillerie franquiste Merino, Ignacio Biografía de la Gran Vía, Juan Soto Ivars, 2010, BSA editorial (Barcelona) , páginas 164-165.
Il reçoit jusqu'à 120 obus en sans qu'il y ait à déplorer ni blessés chez les employés, ni dégâts matériels majeurs Barea, Arturo (1977). «'La Llama'». La forja de un rebelde (première édition). Barcelone : Turner. .
Les étages situés au-dessus du , les seuls régulièrement atteints par les obus, sont abandonnés et les installations repliées dans les étages inférieurs ne cessent pas de fonctionner. L'architecte en chef, Ignacio de Cárdenas Pastor, vient évaluer les dégâts après chaque bombardement et dirige les réparations.
Ernest Hemingway et John Dos Passos, ainsi que de nombreux autres correspondants de guerre étrangers (qui sont logés tout près, à l'hôtel Florida), envoient leurs comptes-rendus de l'édifice Telefónica.
Le dernier visiteur étranger pendant la Guerre civile est O. D. Gallagher, du Daily Express de Londres. Ultime correspondant de guerre étranger resté à Madrid, il voit arriver les franquistes le et manque alors d'être fusillé.
Époque contemporaine Après la guerre, l'architecte Ignacio de Cárdenas se réfugie en France et ne peut participer ni aux réparations, ni à la refonte du central téléphonique qui a lieu dans les années 1950 et 1960.
Avec ses de haut et ses 15 étages, sa silhouette asymétrique et son horloge rouge bien visible la nuit, le bâtiment reste un repère dans la bouillonnante Gran Vía, surnommée le « Broadway madrilène ».
Le , les antennes et paraboles sont retirées du toit à l'aide de grues spéciales en raison de leur hauteur. L'édifice retrouve ainsi son allure d'origine..
Il abrite l'entreprise Telefónica, le magasin Telefonica Flagship Store, un musée des télécommunications et un auditorium.
En 2026, l'immeuble est mis en vente par Telefónica qui reçoit plusieurs offres, notamment de Bain Capital, pour un montant de 250 millions d'euros..
Télévision Le , le compte Twitter de la série télévisée La casa de papel diffuse une photo de l'immeuble Telefónica avec le masque de Salvador Dalí utilisé dans la série projeté sur la façade, alors que le tournage de la troisième saison s'apprête à débuter.
L'immeuble est également présent dans la série Les Demoiselles du téléphone (Las Chicas del Cable) comme lieu de travail des personnages principaux. Mais d'après le producteur de la série, les décors utilisés ne correspondent pas à l'édifice Telefonica même s'ils ressemblent au style des années 1920. Avant la sortie de la série, Netflix a diffusé sur le compte Instagram officiel de la série plusieurs images qui regroupées forment une illustration de l'immeuble.
Transports L'immeuble est accessible par les lignes 1 et 5 du métro de Madrid, à la station Gran Vía dont l'une des entrées est située au pied de la façade.
Références
Articles connexes Hôtel Florida
Sources
Liens externes
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