Labalakov est un dispositif d’assurage en escalade glaciaire consistant à forer un trou traversant en forme de V ou d'arc de cercle () au sein de la glace, afin d’y glisser une corde ou une sangle pour réaliser un point d'ancrage. Ce type d'amarrage peut servir à assurer la progression, ou à effectuer un rappel. De par sa fiabilité, sa facilité de réalisation et son économie en matériel, il est considéré comme une des plus importantes innovations en escalade glaciaire.

Le nom de la technique vient de son inventeur Vitali Abalakov, un alpiniste soviétique qui l'a mis au point dans les années 1930Ice Climbing — Waterfalls and Alpine Walls. Par effet d’antonomase, l’usage est de masculiniser abalakov : un abakalov, une lunule.

Utilisations La réalisation d’un abalakov est une méthode couramment utilisée pour se protéger contre la chute en cascade de glace, car elle est facile à réaliser, ne nécessite pas l'abandon de matériel coûteux sur le terrain et s'avère fiable si elle est exécutée correctement. Plusieurs abalakov sont ainsi souvent utilisés en cas de voie de plusieurs longueurs.

L'abalakov peut aussi être utilisé en ski de pente raide comme point d'assurage sur glace.

Réalisation Un abalakov peut être réalisé avec une broche à glace, minimum Cascade : Fiche technique 1 L’Abalakov sur le site du CAF Chambéry, de cordelette et un crochet à lunule.

Deux trous, séparés de Guide de la montagne aux Éditions Guérin (à adapter selon la longueur de la broche à glace utilisée), sont percés dans la glace à l'aide de la broche à glace, verticalement ou horizontalement. Le but est que ces deux trous se rejoignent au sein de la glace, pour former un V débouchant. La cordelette est passée dans un trou et récupérée avec le crochet à lunule. Un nœud sécurisant est réalisé (typiquement un nœud de pêcheur double), en laissant assez de marge par rapport à la paroi. La boucle ainsi réalisée est alors utilisée pour assurer la progression, ou faire un rappel ou un relais : la corde de rappel est passée dans la boucle de l’abalakov.

Les abalakovs ne doivent être réalisés que dans la glace solide et de préférence verticalement, car la résistance est alors plus importante... Un abalakov doit toujours être testé avant d'être utilisé. Idéalement, on sécurisera l’abalakov avec une broche (amarrage doublé, ancrage redondant, miséricorde), mise en sauvegarde à distance raisonnable de celui-ci et raccordée par une dégaine fixée directement sur la corde de progression, de rappel ou de relais. Si la glace n'est pas assez solide, il est possible de faire un deuxième abalakov pour équilibrer les forces de traction, ou de passer par un autre chemin Creating Abalakov thread (V-thread), sur climbingextreme.com.

En cas d’abalakov réalisé pour effectuer un rappel, c’est la personne la plus lourde de la cordée qui part en premier. Le dernier de cordée, le plus léger, avant son rappel, récupère la broche à glace d'assurance redondante (miséricorde) et descend sans assurance sur un seul point d'ancrage constitué par la cordelette de l’abalakov uniquement.

Faire des abalakovs avec de la cordelette requiert de laisser en place un brin de cordelette une fois le relais quitté. C'est inesthétique et disgracieux pour l'environnement. Il est recommandé, en cas de rappel sur abalakov, si, et seulement si, la glace le permet (c'est-à-dire qu'elle n'est pas humide, présentant de l'eau qui coule à une température ambiante négative, ce qui occasionnerait un regel rapide) de faire passer directement la corde de rappel dans le trou de l'abalakov. On parle alors de lunule « sèche ». Une fois le relais suivant atteint, on rappelle la corde en tirant simplement dessus, ce qui libère le « trou débouchant », ne laissant ainsi aucun équipement en place.

Références

Catégorie:Escalade Catégorie:Invention russe Catégorie:Invention du XXe siècle