La Planète sauvage est un film d'animation de science-fiction français réalisé par René Laloux, sorti en 1973. Le scénario s'inspire librement du roman Oms en série de l'écrivain français Stefan Wul (nom de plume de Pierre Pairault) publié en 1957.

Une restauration du film a été réalisée en 2016 avec le soutien du CNCOlivier Père, « La Planète sauvage de René Laloux », arte.tv, Laure Croiset, « Ne manquez pas la splendide fable pacifiste de René Laloux "La Planète sauvage" sur Arte », challenges.fr, .

Aujourd'hui considéré comme un chef-d'œuvre, le film est un classique du cinéma d'animation français.

Synopsis

Sur la planète Ygam vivent les Draags, une espèce d'humanoïdes mesurant entre 50 et 80 mètres de haut. Ils ont atteint les plus hauts sommets de la connaissance. Leur existence s’écoule lentement, tout entière tournée vers la méditation.

Les enfants des Draags raffolent de minuscules animaux familiers, les Oms, ramenés d'une lointaine planète dévastée, Terra. Peu de Draags envisagent les Oms comme des créatures intelligentes, même s’ils sont doués d'une faculté d’adaptation certaine. Certains Draags considèrent même cette espèce comme nuisible, car si les Oms de luxe font la joie des petits, les spécimens qui s’échappent et retournent à l’état sauvage tendent à proliférer dans les parcs et volent des biens appartenant aux Draags.

Un jour, des enfants draags en jouant avec une Om femelle sauvage comme on joue avec un insecte, la tue par inadvertance. Elle tentait de fuir avec dans ses bras son bébé. Tiwa, la fille de Sinh, est attendrie par ce bébé désormais orphelin et le recueille. Un collier est placé au cou de celui-ci. Le collier peut être activé par Tiwa, il ramène alors l'Om à la manière d'un aimant.

Terr, prénom qui lui a été donné par Tiwa, devient un adolescent, alors que Tiwa reste une enfant : le développement des Draags est plus lent que celui des Oms. Tiwa utilise un outil qui ressemble à un serre-tête, et qui permet d'acquérir toutes sortes de connaissances. Cet outil fonctionne aussi sur Terr, qui apprend ainsi l'écriture des Draags.

Terr décide un jour de s'échapper. Il part avec le serre-tête. Lorsque Tiwa s'aperçoit de la disparition, elle active le collier. Terr est irrémédiablement attiré, mais une Om sauvage le croise, et le sauve en tranchant le collier. Elle le mène dans sa tribu, qui est établie dans l'arbre d'un parc draag abandonné.

Il se fait accepter par la tribu, et le serre-tête est utilisé par différents membres de la tribu, ce qui permet aux Oms d'apprendre et de progresser. Un jour, le parc est « désomisé ». Une partie des oms arrive à s'enfuir, mais deux Draags les aperçoivent et se mettent à en écraser un certain nombre. Les Oms réagissent, ils tuent un Draag, l'autre s'enfuit. Les Oms mettent le cap sur un entrepôt de fusées abandonné.

Quinze ans passent, les Oms évolués construisent des fusées, pour essayer de vivre sur la en orbite autour de Ygam. Ils y arrivent et mettent en danger la civilisation draag, car cette planète est vitale à leur processus de méditation. Une paix est signée, et les deux civilisations vivent en harmonie.

Fiche technique Titre : La Planète sauvage Réalisation : René Laloux Scénario : René Laloux et Roland Topor, d'après le roman de Stefan Wul Musique : Alain Goraguer Photographie : Boris Baromykin et Lubomir Rejthar Production : Simon Damiani, Anatole Dauman et André Valio-Cavaglione Studios de production : Les films Armorial (Paris), Service de la recherche ORTF (Paris), Československý Filmexport (Prague) Sociétés de distribution : Argos Film (France), Ústřední půjčovna filmů/Slovenská požičovňa filmov (Tchécoslovaquie), Monopole-Pathé Films (Suisse romande) Pays de production : , Langue originale : français Technique d'animation : papier découpé Format : couleur - 1,66:1 - mono Genre : animation, aventures, science-fiction Durée : 72 minutes Date de sortie : France : Tchécoslovaquie : Québec : Suisse romande :

Distribution Jennifer Drake : Tiwa Éric Baugin : Terr enfant William Coryn : Terr adolescent Jean Topart : maître Sinh Jean Valmont : Terr adulte / le narrateur Jeanine Forney : la fiancée de Terr Sylvie Lenoir : la voix Yves Barsacq : un Om Gérard Hernandez : un maître Draag Philippe Ogouz et Denis Boileau : des Draags Julien Thomast : un jeune Om Jacques Ruisseau, Michèle Chahan, Claude Joseph, Paul Villé, Mark Lesser, Yvette Robin, Hubert de Lapparent, Pascal Kominakis, Madeleine Clervanne, André Rouyer, André Lambert, Max Amyl, Poupy de Monneron, Christian de Tillière, Irina Tarassov-Villeret, Serge Netter, Gilbert Vilhon : voix additionnelles

Conception et production Coproduction France-Tchécoslovaquie, La Planète sauvage est le premier des trois longs-métrages du cinéaste d'animation René Laloux. Il s'agit également de la troisième et dernière collaboration entre Laloux et le dessinateur Roland Topor, après les courts-métrages Les Temps morts (1964) et Les Escargots (1965).

Laloux et Topor adaptent ensemble le roman de Stefan Wul. Les images du film sont créées à partir des dessins de Roland Topor dans les studios d'animation Jiří Trnka de Krátký Film à Prague. Le procédé utilisé est l'animation de papier découpé, ou cut-out. C'est cette même technique que Topor et Laloux avaient utilisée pour leurs courts-métrages. Elle permet à Topor de dessiner chaque plan du film au crayon, lui donnant ainsi des teintes pastel inhabituelles dans l'animation de l'époque. 25 personnes ont travaillé pendant trois ans et demi pour la création des 1073 plans du film..

Le second long-métrage de Laloux, Les Maîtres du temps, sorti en 1982, sera aussi adapté d'un roman de Stefan Wul.

Musique La musique du film est l'oeuvre du compositeur et arrangeur Alain Goraguer, auteur de nombreuses trames sonores et collaborateur fréquent de Serge Gainsbourg et de Jean Ferrat. Au fil des années, de nombreux artistes de la scène hip-hop échantillonnent des extraits musicaux de La Planète sauvage. C'est le cas notamment de Hocus Pocus (Légende de l'album Seconde Formule (1998)), Madlib (Come On Feet de l'album The Unseen (2000)), Rocé (10/10 de l'album Top Départ (2002)), et Mac Miller (Insomniak sur le mixtape Faces (2014)).

Présentation Le film participe à la compétition au Festival de Cannes 1973, un fait assez exceptionnel pour un film d'animation. La dernière présentation d'un dessin animé en compétition remontait à 1953 avec Peter Pan, une production des studios Disney. Il faut attendre Shrek en 2001 pour revoir un film d'animation en lice pour la Palme d'or.

Distinctions La Planète sauvage obtient le prix spécial du jury au festival de Cannes 1973 et un prix Saint-Michel à Bruxelles en 1974.

Il obtient le prix du jury international du festival de Trieste, le grand prix du film d’animation avec médaille d’or au festival d'Atlanta et est également couronné au festival de Téhéran.

Analyse La Planète Sauvage possède plusieurs degrés de lecture. Il porte un message politique de paix entre les peuples différents, mais également écologique. Selon Olivier Père, c'est .

Selon la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image, il s'agit du premier film d'animation adulte centré sur autre chose que le gag ou la caricature, sortant du champ traditionnellement assigné au cinéma d'animation.

Différences et similitudes avec le roman

La Planète Sauvage est une adaptation poétique du roman de Stefan Wul Oms en série. Représentant des humains ravalés au rang d'animaux domestiques des gigantesques Draags, Laloux met en scène une réflexion sur l'intelligence, la société, la politique et la nature humaine.

Le film prend cependant quelques libertés avec l'œuvre originale. Deux points sont à relever particulièrement : Dans le film les Oms décident de se rendre sur le satellite naturel de la planète à bord de fusées tandis que dans le livre ils rejoignent un continent inhabité à l'aide de bateaux. Surtout, la méditation des Draags, élément clé du film et de son dénouement, est absente du roman. Là où le film décrit des Oms capables de vaincre les Draags en détruisant les extraterrestres réceptacles de leurs esprits en méditation (création pure des scénaristes du film), le roman décrit simplement une défense acharnée des Oms face aux attaques militaires des Draags qui leur permet, par un coup de bluff final, de négocier un traité de paix.

Notes et références

Annexes Bibliographie Fabrice Blin, Les Mondes Fantastiques de René Laloux, Paris, éditions Le Pythagore, 2004. Xavier Kawa-Topor, « La Planète Sauvage », in Le Cinéma d'animation en 100 films, édition Capricci, 2016 . .

Liens externes

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