Bevons est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Bevonnais..
Géographie Dans sa traversée du hameau de la mairie, la est à d’altitude, dans la vallée du Jabron. La plus grande partie de la commune se trouve sur la rive gauche du Jabron, sur des adrets, et bénéficie donc de bonnes expositions.
vignette|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|left|Bevons et les communes voisines (cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes de Bevons sont Ribiers, Sisteron, Valbelle et Noyers-sur-Jabron.
Géologie vignette|gauche|Formation de robines à Bevons. On trouve des grès sur la commune, mais l’adret sur lequel la commune est établie compte surtout des argiles et marnes brunes..
Relief Le point le plus bas de la commune se trouve dans la vallée du Jabron, à d’altitude, avec une étroite plaine autour de d’altitude. La plus grande partie du territoire se trouve en rive gauche, avec des collines culminant entre 600 et (dont le Puy, à ). Plus au nord, se trouve une ligne de relief orientée est-ouest, parallèle au cours du Jabron, aux sommets un peu plus hauts, entre 850 et d’altitude. D’ouest en est, on a : le Peydiou, qui est la pointe terminale d’un sommet situé à l’ouest, à Noyers-sur-Jabron ( à Bevons) ; la colline Saint-Pensier () ; la Colle () ; et une crête dominant le Rocher du Turc, à 900-.
Ce chaînon peu élevé est franchi par deux les cols de Saint-Pensier, à , et de la Mairie, à . Tous deux ne sont empruntés que par des chemins.
Enfin, parallèlement à ces petits sommets, se trouvent quelques collines moins élevées, entre 750 et , et dont seuls les passages portent des noms : le Pas de Saint-Pensier à l’ouest, et le Pas de Peynier à l’est, tous les deux à moins de .
Enfin, rive droite, seul un versant du Chapage est bevonnais : la partie de cette montagne qui appartient au territoire de Bevons ne dépasse pas les .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sisteron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Hydrographie
vignette|gauche|Érosion formant un ravin dans les robines.
Le territoire de la commune de Bevons est partagé entre deux bassins versants, ceux du Jabron et du Buëch, qui se jettent tous deux dans la Durance. Le Jabron est le principal cours d’eau de Bevons, dernière commune qu’il traverse avant de rejoindre le cours de la Durance à Sisteron (il se jette dans le canal EDF). De multiples torrents drainent les collines et se jettent dans le Jabron, excepté au nord de la principale ligne de sommets, les torrents se dirigent vers le nord et le Buëch.
Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 46 % de sa superficie.
Transports vignette|gauche|Pont ancien à voûte et pont en remblai sur tunnel en tôle ondulé de la .
La commune est desservie par la route départementale , ancienne route nationale 546, qui traverse la commune d’est en ouest, dans la vallée du Jabron. Sur cet axe principal s’embranchent deux routes secondaires, la qui conduit à l’ancien village de Bevons, et la qui franchit le Jabron en direction de Valbelle.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Noyers-sur-Jabron auquel appartient Bevons est en zone 1a (risque très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Bevons est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée du Jabron) ; mouvement de terrain : la commune est presque entièrement concernée par un aléa moyen à fort.
La commune de Bevons n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture.
Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1994 et en 2003 pour des inondations, des glissements de terrain et des coulées de boue.
Urbanisme Typologie Au , Bevons est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (79,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (54,3 %), forêts (15,5 %), zones agricoles hétérogènes (14,6 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,2 %), terres arables (5,4 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie vignette|Fontaine de la mairie. La localité apparaît pour la première fois dans les textes sous les formes latines Beontium ou Begontium du , sous le nom de Beontio en 1273, qui viendrait de saint Beuvon, retiré sur la commune. Faire dériver le toponyme de Bevons de Saint Bevons est un raccourci certes aisé mais faux.
Bevon en provençal.
Selon Ernest Nègre, le nom viendrait du gaulois viso, signifiant digne, apte. Enfin, selon Charles Rostaing, le nom de la localité est formé sur une racine oronymique (décrivant un relief), toponyme qui est probablement antérieur aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in ; voir Baratier Duby Hildesheimer 1969 carte 11 et commentaire|id=..
Histoire Protohistoire et Antiquité À l’époque protohistorique, les Sogiontiques (Sogiontii) peuplent la vallée du Jabron, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). De la période de présence romaine, on a découvert quelques vestiges. À Castel-Bevons, se trouvait un mausolée carré de de côté. Les cendres de quatre tombes à incinération étaient contenues dans quatre urnes en verre, protégées par des cylindres de plomb, et accompagnées de balsamaires et de bijoux d’or, et d’autres tombes à l’extérieur du mausolée. L’ensemble datait du de notre èreFrançois Salviat, « Provence-Côte-d'Azur-Corse (région nord) », Gallia, Tome 25, 2, 1967, 385-186.. Une grande villa rustique se trouvait aussi à proximité. Au Vieux Bevons, près de la Combe, une petite maison occupée aux a été fouillée en 1966, avec divers objets métalliques. Un four à tuiles a aussi été retrouvé.
Moyen Âge Alors que le Sud-Est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire.
Au Moyen Âge et jusqu’à la Révolution, la communauté relevait de la viguerie de Sisteron, et les églises de Bevons et de Pansier des chapitres cathédraux de Sisteron et Forcalquier. Le fief appartient aux familles des Oraison (), puis à celle des Valbelle (), 165..
Temps modernes Lors de la peste de 1628-1630, un cordon sanitaire est mis en place le long du Jabron..
Lors de l’épidémie de peste de 1720-1722, Bevons est située au nord de la ligne du Jabron, élément du cordon sanitaire allant de Bollène à Embrun et isolant la Provence du Dauphiné (et dont fait partie le mur de la peste). L’interdiction de franchir le Jabron, sous peine de mort, est décidée par le gouverneur d’Argenson début août, et le cordon est mis en place le pour n’être levé par ordonnance royale que le .