Le VIH / SIDA, ou virus de l'immunodéficience humaine, est qualifié par l'OMS d’« épidémie mondiale » et est considéré par certains comme une pandémie. D'après ONUSIDA, à travers le monde, 38 millions de personnes vivent avec le VIH et 1,7 million ont été nouvellement infectées en 2020.. Depuis le début de l’épidémie, il est estimé que 76 millions de personnes ont contracté ce virus et que peut-être 42 millions en sont morts. À ce jour, il n'existe aucun remède contre le VIH. Cependant, des traitements, des programmes d'éducation, des soins médicaux appropriés et un soutien ont été mis en place pour accompagner les porteurs du virus.

Sur les 32 millions de morts du sida entre 1990 et 2020, d'après l'OMS, 23 millions étaient des Africaines et des Africains hétérosexuels (72 %). Trois millions étaient des homosexuels. Et trois millions étaient des héroïnomanes.

L'origine du virus de l'immunodéficience humaine est en Afrique centrale, plus précisément à Kinshasa, la capitale de la république démocratique du Congo où le virus s’est disséminé à bas bruit dans les années 1920 à 1970 Jacques Pépin, Aux origines du SIDA, Seuil, 2019, . Le syndrome d'immunodéficience acquise (sida) a été décrit pour la première fois en 1981. En 1983, le virus du VIH est séquencé et identifié comme la cause du sida. L’épidémie change d’échelle dans les années 1990. L'incidence mondiale de l'infection à VIH a culminé en 1997 avec 3,3 millions de nouveaux cas. Et l'incidence mondiale a connu un plateau de 1997 à 2005, avec environ 2,6 millions par an.

En dehors de l’Afrique australe et du sud de l’Afrique de l’Est, le monde a globalement été épargné par l’épidémie de VIH. En Europe, en Amérique, en Asie, en Océanie, rares sont les pays où la prévalence du VIH chez les adultes est supérieure à 1 %. En Inde où il est dénombré 2,5 millions de personnes infectées au VIH, la prévalence en 2016 est de l’ordre de 0,2 %. Dans ces pays, les principales communautés infectées par le VIH sont les homosexuels et dans un autre registre les toxicomanes. En Occident, la prévalence du VIH dans la communauté gay est autour de 15 %.. À travers le monde, sur les 16 millions de personnes qui utilisent des drogues intraveineuses, il est estimé qu’au moins 3 millions sont actuellement infectés par le VIH.

L’Afrique australe est la région du monde la plus touchée par le VIH. En Afrique du Sud, la prévalence du VIH est en 2016 de 21 % chez les 15-49 ans. Entre 7 et 8 millions de Sud-Africains vivent avec le VIH. Dans le pays de Nelson Mandela, la prévalence du VIH est de 27 % pour les femmes contre 14 % chez les hommes« HIV Prevalence by Age and Sex », South Africa Demographic and Health Survey (DHS) 2016, National Department of Health (NDoH), Statistics South Africa (Stats SA), South African Medical Research Council (SAMRC), and ICF, 2019, .

Épidémiologie Données mondiales sur le VIH

+Décès liés à un sida dans le monde depuis 1990. 1990-1999 2000-2009 2010-2019 Total cumulé des décès Monde 7 710 000 15 300 000 8 810 000 31 820 000 Afrique subsaharienne 5 840 000 11 590 000 5 830 000 23 260 000 Afrique du Nord et Moyen-Orient 15 000 67 000 128 000 210 000 Amérique du Nord et du Sud 816 000 751 000 559 000 2 126 000 Europe et ex-URSS 200 000 294 000 374 000 868 000 Asie-Pacifique 127 000 576 000 514 000 1 217 000 Indo-Asie / Asie du Sud-Est 642 000 2 030 000 1 400 000 4 072 000

Depuis le premier cas de VIH / sida décrit en 1981, bien que rare, ce virus continue d’être un grave problème de santé dans plusieurs régions du monde. Sur les 38 millions de personnes atteintes du VIH / sida, 36,2 millions étaient des adultes et 1,8 million des enfants de moins de 15 ans. Parmi ces 38 millions de personnes vivant avec le VIH, environ 24,5 millions d'entre elles reçoivent une thérapie antirétrovirale (TAR). En 2019, environ 690 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. La mortalité liée au sida a diminué de 39 % depuis 2010.

Le nombre de personnes infectées par le VIH continue d'augmenter dans la plupart des régions du monde, malgré la mise en œuvre de stratégies de prévention. L'Afrique subsaharienne est de loin la région la plus touchée, avec environ 25 millions de personnes infectées en 2020, 65 % du total global. Avec 5,6 millions de personnes infectées par le VIH, l'Inde et l'Asie de l'Est et du Sud-Est représentent environ 15 % du total mondial. L'Amérique latine en compte 2,1 millions (5 %), tout comme l'Occident (5 %). Enfin en ex-URSS, il y aurait 1,7 million de personnes infectées au VIH (4 % du total mondial). La pandémie n’est pas homogène au sein des régions, certains pays sont plus touchés que d’autres. Même au niveau d'un même pays, il existe de grandes variations dans les niveaux d'infection entre les différentes zones.

Partout dans le monde, il existe une sérophobie, c'est-à-dire une stigmatisation et une discrimination liées au VIH / sida. Les patients infectés sont davantage sujets au jugement, au harcèlement et aux actes de violence.

À la fin de 2019, de dollars étaient disponibles pour la riposte au sida dans les pays à revenu faible et intermédiaire, soit près de 1,3 milliard de dollars de moins qu'en 2017. Environ 57 % des ressources totales consacrées au VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire en 2019 provenaient de sources nationales.

VIH par aire culturelle

Afrique sub-saharienne

L'Afrique subsaharienne abrite 12 % de la population mondiale et concentre les deux tiers de toutes les personnes infectées par le VIH . Chaque année en Afrique subsaharienne, environ 1 million d'individus contractent le VIH tandis que 440 000 en décèdent.

Les racines du VIH se trouvent en Afrique centrale, précisément dans le sud du Cameroun. Depuis des centaines d’années, certains chimpanzés d’Afrique centrale de l’Ouest (Pan troglodytes troglodytes) sont infectés par un virus de l'immunodéficience simienne (VIS). Ce virus a pu être transmis à des chasseurs lorsqu’ils dépeçaient les carcasses de chimpanzé. Dans les années 1920, moins d’une centaine d’Africains avaient contracté ainsi un VIH. Pour plus de détails, consulter l'article : Origine du virus de l'immunodéficience humaine.

D’après Jacques Pépin, la prostitution ne peut pas être l'unique facteur qui a propagé initialement le VIH. Selon toute vraisemblance, la réutilisation de seringues non stérilisées en Afrique pour traiter diverses maladies tropicales dans les années 1950, est à l’origine de la première diffusion du VIH. Des injections intraveineuses pouvaient facilement être réalisées pour lutter contre la syphilis, la maladie du sommeil, la tuberculose ou encore la malaria. Au Cameroun, de telles pratiques ont été à l’origine de l’épidémie d’hépatite C : la prévalence du VHC est ainsi de 40 à 50 % parmi les Camerounais nés avant 1945, de 15 % pour ceux nés avant 1960, et tout au plus de 3 % pour ceux nés entre 1970 et 1990. Le pourcentage de personnes atteintes était aussi significativement plus élevé chez les hommes circoncis grâce à une lame de rasoir passant de mains en mains. Toutefois, pour lui, l'ensemble des facteurs sociaux se doublerait de propriétés intrinsèques au virus lui-même sans élucider pourquoi le virus est resté de prévalence faible à Kinshasa.

À travers sa politique sanitaire, le Congo belge puis le Zaïre semble avoir disséminé à bas bruit le VIH chez les patients fréquentant les centres de santé. Dans le district de Lemba dans la capitale Kinshasa, la prévalence du VIH est passée de 0,25 % en 1970 à 3 % en 1980. L’Afrique centrale où est pourtant né le VIH n’est pas particulièrement touchée par l’épidémie de VIH. En 2014, la prévalence chez les adultes en république démocratique du Congo est de l’ordre de 2 %« Prévalence du VIH selon certaines caractéristiques socio-économiques », Deuxième enquête démographique et de santé (EDS-RDC II 2013-2014), National Department of Health (NDoH), Statistics South Africa (Stats SA), MPSMRM, MSP et ICF International, 2014, . L’Afrique de l’Ouest, a également été épargnée. A l’exception de quelques pays (Côte d'Ivoire et Guinée-Bissau), la prévalence du VIH n’est pas différente du reste du monde.

En revanche, l’Afrique australe est en 2021 la région la plus durement touchée par le VIH, avec des taux de prévalence dépassant 20 % en Afrique du Sud, au Lesotho, au Swaziland et au Botswana. A contrario, en Angola, le taux n’a jamais dépassé les 2 %« HIV/AIDS in the 2015-16 Angola IIMS » https://dhsprogram.com/pubs/pdf/HF60/HF60.pdf]. Dans la région sud-africaine du Kwazulu, durant les toutes dernières années du régime Apartheid, la prévalence du VIH chez les femmes est passée de moins de 1 % en 1990. à 30 % en 19971st Epidemiology Bulletin of the KwaZulu-Natal (2002). Aujourd’hui elle dépasse 40 %. Or le virus VIH ne se transmet pas comme le virus de la grippe. Et les rapports sexuels ne peuvent pas tout expliquer. En Afrique du Sud, alors que l’épidémie de VIH devient incontrôlable, à la fin des années 1990 des scientifiques essentiellement anglo-saxons (Peter Duesberg, le groupe de Perth) censés conseiller le gouvernement sud-africain, véhiculent de la désinformation : ils affirment (1) qu'il n'y pas de lien entre VIH et sida, (2) que les traitements antirétroviraux sont toxiques. Ces politiques de négation du sida ont entravé la création de programmes efficaces de distribution de médicaments antirétroviraux et ont conduit à plusieurs centaines de milliers de morts. Pour plus de détails, consulter l'article : Contestation de la responsabilité du VIH dans le sida. Des théories du complot ont aussi circulé.