Gigors est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom des habitants de Gigors est Gigordons.

Géographie Le village est situé à environ d’altitude, sur la pente d’une montagne. Le hameau du Forest, à environ d’altitude, est surnommé le « Petit Nice », probablement en raison de son exposition favorable.

vignette|centré|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|et les communes voisines.

Les communes limitrophes sont Rochebrune (Hautes-Alpes), Bellaffaire, Turriers, Faucon-du-Caire, Venterol et Piégut.

Géologie

vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe en limite nord des Préalpes de Digne et de la nappe de DigneCarte géologique de la France au 1/, au niveau du lobe nord-ouestMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe.

Lors de la glaciation de Riss, la vallée est entièrement recouverte par une diffluence du glacier de la Durance, qui franchit le col de Sarraut, les flancs sud de Montsérieux restant libres de glace. Lors de la glaciation de Würm, le glacier s’avance moins loinMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Michel d’Annoville, de Leeuw, 2008, 33..

Relief

La commune de Gigors occupe une vallée d’altitude en moyenne montagne, à cheval sur le col de Sarraut, la majeure partie de la commune se trouvant à l’est de ce col. Cette vallée, orientée est-ouest, est limitée au nord et au sud par deux lignes de montagnes dépassant les ( au sommet de Montsérieux sur la ligne de sommets au nord, à la Tête de Louberie sur la ligne de sommets au sud).

Le fond de vallée a des altitudes inférieurs à : le col de Sarraut est à , le village à environ , le hameau du Moulin à un des points les plus bas de la commune, à .

Outre le sommet de Montsérieux, qui est entièrement situé dans la commune, légèrement détaché de la ligne de crête à laquelle il appartient, les autres reliefs notables de la commune sont : la crête de la Colle, à laquelle appartient le sommet de Montsérieux. Orientée ouest-est, elle est limitrophe avec Venterol et Piégut, et évolue à des altitudes comprises entre à l’ouest et ; la crête de Maladrech, qui la prolonge vers l’est, décroît progressivement jusqu’à ; au sud, limitrophe de Turriers, une montagne dont se détachent le sommet des Plauts (), la Tête de Louberie () et la Tête de la Plane () ; entre la crête de Maladrech et la vallée, la Tête du Pape est une montagne isolée à .

Si le relief principal de Gigors est simple (une vallée orientée est-ouest, de moyenne altitude, entre deux lignes de crêtes), elle se prolonge vers une autre vallée à l'ouest, une fois passé le col de Sarraut. Au nord-est, la commune s'étend sur le haut du vallon des Donnes de Clément.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Turriers à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Hydrographie

La vallée de Gigors est parcourue par le Riou Clair, qui reçoit rive gauche le Ravin de Montsérieux et le Ravin de l’Eau Gelée, et rive droite le torrent de Boulon. Outre ce système principal qui draine la majeure partie de la commune, à l’ouest du col de Sarraut les eaux s’écoulent vers le Grand Vallon, et au nord-ouest vers le torrent de Clapouse.

Végétation

La commune compte de bois et forêts, soit 75 % de sa superficie.

Transports

La commune de Gigors est desservie par la route départementale , ancienne route nationale 551 (de Sisteron à la route nationale 100b). Près de la limite communale, la départementale (ancienne route nationale 551a) s’en détache en direction de Turriers via Bellaffaire.

L’ancien chemin muletier vers Piégut est actuellement emprunté par un sentier de petite randonnée, le Tour des Hautes-Terres.

Risques majeurs

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Turriers auquel appartient Gigors est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Gigors est également exposée à deux autres risques naturels : feu de forêt ; mouvement de terrain.

La commune de Gigors n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune n’a été l’objet d’aucun arrêté de catastrophe naturelle. Le tremblement de terre du (épicentre à La Motte-du-Caire) a été ressenti très fortement à Gigors, avec une intensité macro-sismique ressentie de VI et demi sur l’échelle MSK (intensité provoquant des fissures dans les murs). D’autre séismes sont ressentis régulièrement, mais plus faiblement.

Urbanisme Typologie Au , Gigors est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Gap, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (93,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (93,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (24,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (16,8 %), zones agricoles hétérogènes (5,3 %), prairies (1,5 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité tel qu’il apparaît pour la première fois en 1045 (in villa Jugurnis), désignant un village à flanc de colline, se rapproche du Gigors de la Drôme, selon Charles Rostaing, et serait construit sur la racine oronymique (désignant une montagne) *GuG-, explication reprise par le couple Fénié. Selon Ernest Nègre, il s’agit au contraire d’un nom dérivé d’un nom de personne, Gigord, terme occitan traduisant l’oïl gigorne, et signifiant personne maladroite.

Histoire

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1045 (Jugurnis), qui devient Gigornis en 1079. Un prieuré avait été fondé, dépendant de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Les moines sont chassés par les Sarrasins, et ce sont ceux de l’abbaye Saint-Pierre de Novalaise qui restaurent le lieu pour l'occuper.. Mais comme, formellement, Saint-Victor de Marseille avait conservé les droits sur le prieuré, ils en font réclamation. L’abbaye de Novalaise refuse de céder le bien auquel elle a consacré tant d’efforts. Pour trancher la contestation, un Jugement de Dieu par le feu est organisé, et donne raison aux victorins. S’estimant encore lésés, les moines savoyards demandent une deuxième épreuve par l’eau. Les deux épreuves attirent une grande affluence, et le victorin défait les nœuds qui le retiennent pour éviter la noyade, sous les moqueries du public. Néanmoins, le prieuré et son domaine sont restitués à Saint-Victor en 1045. L’église paroissiale relevait également de Saint-Victor, qui en percevait donc les revenus. Un prieur, dépendant de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, est établi depuis un certain temps en 1084. Les moines victorins utilisaient leurs domaines des Monges pour l’estivage de leurs moutonsDe Leeuw, « Les voies de communication », in Michel d’Annoville, de Leeuw, 2008, 54. mais l’abbaye possédait en outre plusieurs églises, terres, vignes, bois, jardins, moulins, et probablement toute la commune actuelle. Le prieur administrait un domaine qui s’étendait aussi sur les communes de Turriers, Bellaffaire et Faucon. Le prieur était curé primitif pour ces trois communautés, et y nommait curé et vicaires. Il était aussi décimateur et y prélevait la dîme sur les biens appartenant à ces églises, se contentant de reverser la portion congrue aux prêtres de ces paroisses. Le prieuré resta en possession de Saint-Victor jusqu’au . Le fief de Gigors était partagé entre le prieur et les seigneurs de Turriers. Administrativement, la communauté relevait de la baillie de Sisteron.

Au , le seigneur Guillaume de Turriers renonce à lever les impôts de cavalcade et de queste (taille), sur les hommes appartenant au prieuré, à condition qu’ils défendent leur village. Il renonce également à son droit de rendre la justice, sauf cas d’homicide, duel et adultère. Les cavalcades dues au comte de Provence restent prélevées.