Mison est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom des habitants de Mison est Misonnais.

Géographie vignette|gauche|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Mison et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Le village est situé en hauteur, à , au pied de la colline où se trouvait le château médiéval. Le village des Armands est situé sur la route nationale 75, à d’altitude environ. Les communes limitrophes sont Laragne-Montéglin, Upaix, Le Poët, Sisteron et Val Buëch-Méouge.

vignette|Massif des Alpes et localisation des Baronnies

Géologie

Le territoire se situe en limite est des Baronnies, sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur (dénommées Terres noires.) et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin)..

L'emplacement entre deux vallées entraine la présence de conglomérats quaternaires (formation sédimentaire).

La nappe de Digne s'étend plus à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de Valavoire. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe.

Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, le glacier de la Durance connaît une grande extension. Le glacier rissien recouvre entièrement la commune, à l’exception de la colline où le village actuel est installé, et la ligne de collines allant du Vabre au Langueirard. Le glacier de Würm est moins étendu et s’arrête approximativement à la frontière entre Mison avec Le Poët.

Relief

Le territoire de la commune est vallonné. À l’ouest, la vallée du Buëch est marquée par un fort dénivelé (environ entre la vallée du Buëch et les collines au nord du village). Plus au sud, la terrasse située entre Durance et Buëch s’établit à environ.

Les principales collines sont les Romeyères à l’ouest de la commune, en bordure du Buëch (point culminant à ), et le Langueirard, au nord, dont les sommets dépassent les et qui atteint .

Hydrographie vignette|Le lac de Mison en hiver, avec la Barre des Écrins en fond. Le Buëch borde la commune en limite ouest. Les collines sont drainées par des cours d’eau intermittents..

Le lac collinaire de Mison s’est formé en limite nord, à d'altitude.

La commune est traversée par une importante voie d’eau artificielle, le canal de Sisteron, franchi par cinq ponts dans la commune. Sur une partie de son cours, il double le canal de Ventavon, canal d’irrigation plus ancien.

Communications et transports La commune est traversée du nord au sud par l'ex-route nationale 75, aujourd'hui . Le village est relié à la grand-route par la D 124 depuis les Armands.

L’échangeur Sisteron-nord de l’autoroute A51 est situé à au sud.

La ligne de chemin de fer Marseille - Briançon traverse la commune, mais la gare de Mison est fermée à tout trafic. Les gares ouvertes les plus proches sont celles de Laragne, à au nord, et de Sisteron, à au sud.

Principaux hameaux Les « quartiers » de la commune sontLe Misonnais, bulletin d'information de Mison, 2008/16, : le Village les Œufs les Armands la Maure les Girolles les Mazans les Menens le Niac la Silve les Grandes Blaches les Eyssaras les Hostes

Les Tardieux

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Laragne-Montéglin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Faune

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Sisteron auquel appartient Mison est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Mison est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée du Buëch et à proximité du canal EDF) ; mouvement de terrain.

La commune de Mison est de plus exposée à deux risques d’origine technologique : celui de transport de matières dangereuses, par rail, route et canalisations. Ces transports sont principalement à destination des usines Seveso de Sisteron et Saint-Auban : en ce qui concerne la voie ferrée, c’est la ligne de Lyon à Marseille (via Grenoble) qui traverse la commune ; l’autoroute A51 et les départementales (ancienne route nationale 75) et la (ancienne route nationale 85) peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses ; enfin, deux canalisations dangereuses traversent la commune et constituent donc un facteur de risque supplémentaire : le gazoduc servant à alimenter le département en gaz naturel, et Transalpes qui transporte de l’éthylène ; le deuxième risque technologique est celui de rupture de barrage : en cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, c’est toute la vallée de la Durance qui serait menacée par l’onde de submersion qui refluerait également dans la vallée du Buëch. En cas de rupture du barrage de Saint-Sauveur, c’est la vallée du Buëch qui serait menacée.

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune a été approuvé en 2006 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme et le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations, coulées de boue et glissements de terrain en 1994 et 1993.

Urbanisme Typologie Au , Mison est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (76,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (31,1 %), cultures permanentes (29 %), forêts (15,4 %), zones agricoles hétérogènes (14,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,3 %), zones urbanisées (0,9 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes (castri Misoni), est interprété de différentes manières : soit comme tiré de la racine *Mis- à valeur oronymique (désignant une montagne) selon Rostaing ; soit comme dérivé d’un nom propre germanique, Meyzo, selon Nègre.

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Des fondations de murs circulaires protohistoriques ont été découverts par prospection aérienne au début des années 1980.

Dans l’Antiquité, le territoire de Mison fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance, et recouvre une partie du massif des Monges. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, qui contrôlaient les communications entre les Alpes et la vallée du Rhône. Les Sogiontiques, eux, installés à Sisteron et ses environs, contrôlaient les débouchés des vallées du Buëch et de la Durance. Après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).. De la période de présence romaine datent quelques vestiges, aux Armands.

Moyen Âge La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 988.. La communauté relevait de la viguerie de Forcalquier.

Un château est construit au sur un site dominant le confluent de la Méouge et du Buëch. La baronnie de Mison passe des vicomtes de Gap aux comtes de Provence en 1263 qui reconstruisent le château fin -début . En 1300, une petite communauté juive était établie à Mison.

Époque moderne La baronnie est érigée en marquisat pour Charles d’Armand en 1694 ; à l’époque le château est abandonné. Une foire se tenait à Mison au Baratier et Hilsdesheimer, « carte 122 : Les foires (1713-1789) », in ..

Époque contemporaine

Au début de la Révolution, Mison est chef-lieu de canton pendant quelques années.

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : seize habitants de Mison sont traduits devant la commission mixte, la majorité étant condamnés à la déportation en Algérie.

La commune connait un important exode rural à partir des années 1850. La région est également touchée par les épisodes mortels régionaux ou nationaux : épidémies de choléra au puis guerres mondiales au . La commune perd ainsi plus de la moitié de sa population, passant de en 1836 à en 1968.