Peyruis est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom des habitants de Peyruis est Peyruisiens...
Géographie
vignette|gauche|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Peyruis et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes de Peyruis sont Montfort, Château-Arnoux-Saint-Auban, Les Mées, Ganagobie, Sigonce, Montlaux et Mallefougasse-Augès.
Géologie
vignette|Massif des Alpes et localisation des Préalpes de Digne. Le territoire se situe sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des AlpesMaurice Gidon, Les chaînons de Digne, Carte montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale). : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:., au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écaille) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe. la faille de la Durance au sud ouest, dans la vallée ; le Plateau de Valensole au sud-est : bassin molassique du Miocène et du Pliocène composé de roches sédimentaires détritiques (dépôts liés à l'érosion des montagnes apparues à l'Oligocène).
Topographie vignette|Ravin du Beuvon. Le territoire se situe dans la partie est de la vallée de la Durance.
Hydrographie Peyruis est située sur la rive droite de la Durance. ; c'est une rivière à la fois alpine et méditerranéenne, à la morphologie bien particulière. Elle est dite « capricieuse », et autrefois était redoutée pour ses crues (elle était appelée le de la ProvenceLa tradition provençale dit que les deux premiers étaient le mistral et le Parlement d'Aix) aussi bien que pour ses étiages. Elle est aménagée avec une digue de qui protège des crues de la rivière.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Occupation du sol
La commune compte de bois et forêts, soit 39 % de sa superficie.
Hameaux : Piousin, Gaud
Risques naturels et technologiques
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. L'ancien canton de Peyruis est en zone 2 (sismicité moyenne) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Peyruis est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Durance), mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort (ce risque n’est pas pris en compte par la base de données du ministère de l’Environnement).
vignette|Potelet signalant le danger de la canalisation Transéthylène. La commune de Peyruis est de plus exposée à plusieurs risques d’origine technologique : celui de transport de matières dangereuses, par rail, route et canalisations, principalement destinés à fournir en matières premières les usines Arkema de Saint-Auban et Sanofi de Sisteron : en ce qui concerne la voie ferrée, c’est la ligne de Lyon à Marseille (via Grenoble) qui traverse la commune (et le village) ; l’autoroute A51 et la départementale RD4096 (ancienne route nationale 96) peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses ; enfin, la canalisation Transéthylène qui transporte de l’éthylène vers l’usine de Saint-Auban traverse la commune et constitue donc un facteur de risque supplémentaire ; le risque de rupture de barrage : en cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, toute la vallée de la Durance serait menacée par l’onde de submersion ; le risque industriel : les accidents de l’usine Arkema de Saint-Auban, classée Seveso seuil haut, menacent la commune .
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2004 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme et le Dicrim existe depuis 2010. La commune est de plus incluse dans le plan particulier d'intervention de l’usine Arkema .
Le dernier tremblement de terre fortement ressenti à Peyruis est celui du , dont l’épicentre était situé à Bussana Vecchia, et qui a été ressenti avec une intensité macro-sismique ressentie de VII sur l’échelle MSK.
Transports Il existe une navette régulière en autocar entre Peyruis et Château-Arnoux-Saint-Auban.
Urbanisme Typologie Au , Peyruis est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Peyruis, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. La commune est en outre hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (64,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (64,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (52,6 %), terres arables (18,1 %), zones agricoles hétérogènes (7,2 %), zones urbanisées (6,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (6,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (5,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (3,8 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme Petrozium en 1068, Petrosium en 1086Cité dans des livres de comptes.. Le lundi , Jean Lefèvre, évêque de Chartres et chancelier des Comtes de Provence, gîte dans la forteresse, un simple château fortifié, qu'il appelle PierwezDans le Journal de Jean Lefèvre, évêque de Chartres et chancelier des Comtes de Provence Louis (1382-1384) et Louis (1384-1417).. Selon Jules Reymond, son nom viendrait de Petronius ruit, consul romain tombé dans une embuscade. L'origine du village remonterait au ou au ; Selon Ernest Nègre son nom fait allusion au territoire pierreux (latin petra + ucium), § 5347, p 326.
Peyruis se nomme Peiruís en provençal de norme classique et Peirui en provençal de norme mistralienne.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Dans l’Antiquité, le territoire de Peyruis fait partie de celui des Sogiontiques (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).
Moyen Âge vignette|En 1125, le territoire fait partie du comté de Forcalquier. Vers 500, saint Donnat se retire à proximité (lieu-dit combe de saint Donnat).
Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Gondemar III, la régente ostrogothe Amalasonthe lui rend ce territoire..
Un élément reste fixe depuis la fin de l'Antiquité : la limite occidentale de la commune reste fixée sur le sommet de la colline de Tourdeaux, important repère visuel dans le paysage, et qui fut le siège d'un oppidum à l'époque gauloise. La persistance d'une telle borne territoriale semble un processus courant, qui explique l'imbrication compliquée des communes de Peyruis et Montfort..
La localité est signalée pour la première fois dans les chartes en 963 ou 967. lorsque l’évêque de Sisteron donne les dîmes de la communauté à l’abbaye de Ganagobie, dont relève également l’église Saint-Pierre. Au , l’église appartenait à l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, qui en percevait les revenusGuy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon , Mane, 2001, 448 p. , , . Vers 1150, un château existait sur le sommet de Piouzin ().
Le , les accords de Meyrargues sont signés entre Guillaume de Sabran et Raymond Bérenger IV de Provence, au sujet du comté de Forcalquier qu'ils se disputaient. Le nord du comté, de Forcalquier incluse jusqu'au Buëch alla au comte de Provence, moins quelques enclaves comme Peyruis qui resta à Guillaume de Sabran.
Le village est propriété du comte de Provence, puis donné en 1319 à Pierre de Vie. Lors de la crise ouverte par la mort de la reine Jeanne , Georges et Raymond Bérenguier, co-seigneurs de Peyruis, soutiennent Charles de Duras contre Louis d'Anjou. Le ralliement de Sisteron à la cause angevine, en novembre, entraîne leur changement d’engagement, et ils prêtent hommage le .. Le premier passage de Bohémiens est signalé le .