Uvernet-Fours est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur, près de la vallée de l'Ubaye. Elle a été constituée en 1973 par fusion des anciennes communes d'Uvernet et de Fours.
Le nom de ses habitants est fournaisien..
Géographie Localisation vignette|gauche|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Uvernet-Fours et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
La commune d’Uvernet-Fours se trouve dans la vallée du Bachelard, à quelques kilomètres de Barcelonnette. Elle est sur la route du col de la Cayolle, à 1180 m d’altitude.
L'habitat est dispersé entre plusieurs villages et hameaux disséminés dans les gorges du Bachelard : Uvernet, Fours, Saint-Laurent, Saint-Louis, Bayasse, les Agneliers, Molanès, les Chapeliers. Le village d'Uvernet est construit sur le cône de déjection du Riou Chanal..
Communes limitrophes
Géologie Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, les vallées de la commune sont envahies par les glaciers de l’Ubaye et ses glaciers affluents. On trouve un glacier dans la vallée des Agneliers, affluent du glacier du Bachelard. Le glacier du Bachelard remontait non loin du col de la Cayolle. Les sommets des crêtes n’ont jamais été recouverts<ref name="jorda33">Maurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 p. . 33.</ref>.
Le vallon du Riou Chanal est constitué de marnes callovo-oxfordiennes caractérisées par un paysage de badlands qui se créent sur des Terres Noires instables, pouvant glisser de plusieurs mètres en un an.
Relief
Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 23 % de sa superficie.
Transports
La vallée du Bâchelard est empruntée par la route départementale , qui relie la vallée de l'Ubaye à celle du Verdon par le col d'Allos.
Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Barcelonnette auquel appartient Uvernet-Fours est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune d’Uvernet-Fours est également exposée à quatre autres risques naturels : avalanche ; feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain.
La commune d’Uvernet-Fours est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de rupture de barrage. Une retenue d’eau relativement importante se situe au-dessus de Pra-Loup et pourrait être destructrice en cas de rupture de la digue.
Le risque d'inondation et de mouvement de terrain est en partie causé par le riou Chanal, un torrent au bassin versant de qui se jette dans le Bâchelard près du village d'Uvernet.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2000 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et d’avalanche et le Dicrim n’existe pas.
Mouvements de terrain dans le bassin du Riou Chanal Les fortes pentes dénudées par le pastoralisme permettent la formation d’importantes crues torrentielles, qui forment des laves torrentielles destructrices. Pour les contrer, l’État met en place différentes mesures volontaristes dans le dernier tiers du , dont des barrages de correction sur le riou Chanal, la commune étant la première du département à recevoir un dispositif complet d'ouvrages de correction, construits de 1863 à 1914 . Après des reboisements et réengazonnements sur les deux tiers du bassin versant, commencés en 1863, le dispositif est complété par l'implantation de barrages, dont 1100 en fagots de saules (qui sont vivants et donc se renforcent de leurs racines) et 174 en pierres sèches. Constatant l'efficacité du barrage Sardi, construit en 1874, dans la limitation des apports d'une coulée boueuse aux laves torrentielles, Prosper Demontzey décide de la généralisation de ce dispositif : 37 barrages maçonnés et une quarantaine de barrages en pierre sèche sont construits jusqu'à la fin des années 1890. Sans entretien pendant la quasi-totalité du , ces ouvrages sont dans les années 1990 en piteux état et de nouveaux sont construits dans les années 2000 afin de garantir la sécurité du village d'Uvernet.
Grâce à ces travaux, la dernière crue torrentielle responsable de dommages importants remonte à 1860. Le torrent avait emporté la digue protégeant Uvernet, et avait ensuite envahi le cimetière et le village. Depuis, les crues, même accompagnées de laves torrentielles (au nombre de sept de 1860 à 1987), n'ont causé des dégâts matériels que sur les ouvrages de défense. Bien qu'alimenté par des alluvions et des blocs de tailles variées, le Riou Chanal coule dans un lit suffisamment encaissé (cinq mètres) pour contenir ses crues.
Séismes
Plusieurs tremblements de terre ont été fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l’échelle MSK (dormeurs réveillés, chutes d’objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l’intensité pouvant être plus forte à l’épicentre : le séisme du , d’une intensité ressentie à Uvernet-Fours de V et dont l’épicentre était situé à Saint-Clément-sur-Durance ; le séisme du , avec une intensité ressentie de V et dont l’épicentre était situé à Barcelonnette ; le séisme du , avec une intensité ressentie de VI et dont l’épicentre était situé à Saint-Paul-sur-Ubaye.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Faucon-de-Barcelonnette à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Uvernet-Fours est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Barcelonnette, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (96,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (96,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (37,4 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (29,7 %), forêts (29 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %), prairies (1,3 %), zones urbanisées (0,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Toponymie L'Uvarnét en valéian.
Uvernet est issu du latin hibernum donnant l’occitan local uvern, « hiver », et diminutif –et.
Le nom de Fours, tel qu’il apparaît la première fois en 1376 (de Furnis), est tiré de l’occitan forn, pour fours, § 25 079..
Le nom de ses habitants est, en valéian, lous Uvernouges.
Histoire Un couvent d’ordre mendiant était implanté à UvernetJean-François Boué, « Implantation des ordres réguliers au Moyen Âge », CG 06..
Avant la Révolution, les villages d'Uvernet et de Fours étaient administrativement sous la dépendance de Barcelonnette. La paroisse Saint-Jean-Baptiste des Agneliers est créée par détachement de celle de Saint-Pons en 1652, ainsi que celle d’Uvernet en 1698, 204..
Au , une petite industrie de filature de la soie se développe. Dans les années 1780, le gisement de plomb de la Malune (sur la route du col d'Allos) étant assez pauvre, son exploitation n’est pas prolongée, bien qu’il ait fourni un alquifoux de bonne qualitéJoseph Billioud, « Les mines de plomb des Basses-Alpes du XVIe au XIXe siècle », Provence historique, tome 8, 31, 1958, 49.: minerai de type galène servant à l'émaillage en poterie; il n'est plus utilisé aujourd'hui par sa toxicité; il était pratique par sa température de fusion basse.
En 1790, deux communes sont créées : Uvernet et Fours, lesquelles sont réunies en 1973 pour former la commune actuelle d'Uvernet-Fours. La commune de Fours rassemble alors quatre paroisses : Fours, Saint-Louis, Saint-Laurent, Villard-d'Abbas.
Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression s’abat sur ceux qui se sont levés pour défendre la République, dont un habitant d’Uvernet qui est traduit devant la commission mixteHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 72..