La Chapelle-en-ValgaudémarOrthographe officielle du nom de la commune selon le code officiel géographique de l'INSEE est une commune française située dans le département des Hautes-Alpes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle a été créée le par fusion des anciennes communes de Clémence-d'Ambel et Guillaume-Peyrouse..

Géographie Localisation La commune de La Chapelle couvre toute la haute vallée du Valgaudemar, arrosée par la Séveraisse, affluent du Drac qui entaille profondément le massif des Écrins dans sa partie occidentale. Cette partie de la vallée se situe à plus de d'altitude, et est entourée de sommets qui dépassent les : l'Olan () et les Rouies () au nord, les Bans () au nord-est, le Sirac () au sud-est, et le Vieux Chaillol () au sud.

vignette|gauche|Le village de La Chapelle et la Séveraisse.

Le village de La Chapelle, centre de la commune, est situé au confluent de la Séveraisse et de son principal affluent, le ruisseau de Navette, qui descend du glacier de l'Aup, sur le flanc nord du pic de Mal-Cros. À la hauteur du village, et sur quelque deux kilomètres de part et d'autre, le fond de la vallée comporte d'assez belles étendues cultivables. Paradoxalement, la rive nord, bien qu'à l'adret, est essentiellement rocheuse et inculte ; la rive sud est naturellement boisée. Le haut vallon de Navette, autrefois riche en prairies, a perdu une grande partie de ses terres cultivables, emportées par l'érosion.

Hameaux et lieudits En plus du bourg principal de la Chapelle, les principaux hameaux sont : dans la vallée principale, d'aval en amont : les Andrieux (), le Casset (), le Bourg (), le Rif-du-Sap (), inaccessible en hiver sauf à skis, mais habité l'été ; vignette|Le chalet du Gioberney. le refuge Xavier-Blanc, à d'altitude, proche de l'ancien hameau du Clot, aujourd'hui disparu, et le chalet du Gioberney, à d'altitude dans le cirque du même nom, accueillent randonneurs et touristes à la belle saison. dans la vallée de Navette : les Portes (). L'ancien village de Navette (), ruiné, reprend vie depuis quelques années à la belle saison.

Les risques d'avalanche et les caprices du torrent ont imposé aux hameaux de se situer en des emplacements parfois mal exposés : les Andrieux, le Chaussedent, la Chapelle et le Bourg sont situés sur la rive gauche de la Séveraisse, et certaines de leurs habitations ne voient pas le soleil pendant plusieurs mois l'hiver.

Géologie

Hydrographie

La commune est traversée d'est en ouest par la Séveraisse, qui prend sa source à la limite est de la commune, dans le massif du Sirac.

Alimentée par les pluies et par la fonte des neiges, la Séveraisse est un cours d'eau au régime torrentiel, dont les crues sont redoutables au printemps et en automne. Elle a deux affluents notables sur le territoire de la commune : le torrent de Navette (r.g.), qui descend du Pic de Mal-Cros, et conflue avec la Séveraisse au village de la Chapelle, après avoir franchi les Oules du Diable, série de cuvettes creusées dans la roche ;

le torrent du Gioberney (r.d.), né du glacier du même nom au nord du massif des Bans, et qui draine un large cirque avant de confluer avec la Séveraisse au Clot, largement à l'est de la Chapelle.

Le profil encaissé de la vallée fait que plusieurs petits torrents dévalent en cascades assez remarquables : cascade de Combefroide (en face de la Chapelle), cascade du Buchardet (dans le vallon de Navette), cascade du Casset, cascade de la Ponche ou de la Muande, cascade du ruisseau de la Lavine (en face du Rif du Sap), et surtout le célèbre « voile de la mariée », au Gioberney.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communication et transports La Chapelle-en-Valgaudémar n'est accessible que par la (ex-Route nationale 85a), qui se détache de l'axe Gap - Grenoble (RN 85) au pied de Saint-Firmin (Hautes-Alpes), à 15 kilomètres à l'ouest de La Chapelle. Au-delà de la Chapelle, une route départementale () continue à remonter la vallée en direction du chalet du Gioberney, mais est fermée à la circulation au-delà du Casset et de l'embranchement du Bourg dès l'entrée de l'hiver ().

À La Chapelle, une route permet d'accéder au hameau des Portes, et se poursuit en chemin forestier jusqu'à l'ancien hameau en ruine de Navette.

Aucun service régulier de transport de voyageurs ne dessert La Chapelle-en-Valgaudémar. Seul un service de bus scolaire accessible au public relie La Chapelle à Saint-Firmin, où des cars régionaux Zou ! assurent la liaison vers Saint-Bonnet-en-Champsaur et Gap.

Urbanisme Typologie Au , La Chapelle-en-Valgaudémar est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (98,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (98,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (55,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (38,5 %), forêts (4,2 %), prairies (1,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,7 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous la forme latine Capella Vallis Gaudemarii en 1284 dans les archives de l'abbaye de Durbon.

Le Valgaudemar, dont la Chapelle est le cœur, tiendrait son nom du chef burgonde Godomar, ou Godemar, qui s'y serait réfugié en 534Pierre Barnola et Danièle Vuarchex, Noms de lieu, quelle histoire!, Édition Barnola Vuarchex - Amis du Musée Matheysin, 2008 .. Le nom de la vallée est orthographié de manières diverses : Valgaudemar (le plus classique), Valgodemard (communes de Saint-Jacques et de Saint-Maurice-en-V.), ou encore Valgaudémar (la Chapelle-en-V.), cette dernière orthographe, la plus récente, ayant été adoptée pour éviter l'élision du -e- intermédiaire par les locuteurs non-occitans.

La Chapella-en-Gaudemar en occitan haut-alpin.

Histoire

Antiquité Aucune trace d'occupation humaine antérieure à l'époque de la colonisation romaine n'est mentionné par l'archiviste et historiographe des Hautes-Alpes Joseph Roman. En revanche, il relève la présence, auprès du village de la Chapelle, de tombes d'époque romaine contenant des pièces de monnaie, des vases et quelques objets en bronze. D'autres objets, dont une marmite en bronze chargée d'étain, auraient été trouvés au Clot, plusieurs kilomètres en amont. Le site de la Chapelle pourrait avoir été la statio nommée Geminae sur la carte de Peutinger, sur une voie romaine venant de Bregantio (Briançon) par le « col de Bonvoisin » (probablement le col du Sellar), et se dirigeant vers Mansio (Mens)<ref>Joseph Roman, Département des Hautes-Alpes, Répertoire archéologique", Paris, 1888, rééd. par Res Universis, Paris, 1991, , , pages 144-145 et 147</ref>. Moyen-Âge vignette|Inondation de 1928. Au milieu du , Henri, seigneur d'Ambel, épouse Alix Gras, fille du seigneur majeur du Valgaudemar, qui apporte en dot la suzeraineté sur les terres de la partie haute de la vallée. Un siècle plus tard, à sa mort en 1445, Raymond III d'Ambel, dont le seul fils est décédé avant lui, lègue sa seigneurie à sa fille aînée Burguette, et ses terres en Valgaudemar à ses autres filles Clémence, Lantelme et Catherine, qui se les partagent. Les terres de Clémence resteront connues comme « Clémence d'Ambel ». Celles de Catherine passent à sa fille Marguerite, dont le mari Guillaume Pérouse (ou Peyrouse) achète les parts de Lantelme, constituant un vaste territoire dès lors dénommé « Guillaume Pérouse »On suit ici Jean Gueydan, Les Seigneurs du Beaumont, éd. du Cosmogone, 2003, , pp.208-209. Joseph Roman proposait en 1888 trois versions quelque peu différentes des faits, d'ailleurs contradictoires entre elles - voir J.Roman, Département des Hautes-Alpes, Répertoire archéologique, page 144, J.Roman, Tableau Historique du Département des Hautes-Alpes, page 85, et J.Roman, Dictionnaire topographique du département des Hautes-Alpes, page 41. Le site valgaudemar.free.fr donne lui aussi une version différente de l'histoire, mais sans indiquer de sources.. Fait exceptionnel, ces deux domaines conserveront leurs toponymes en forme de patronymes pendant cinq siècles, y compris lors de la création des communes après la Révolution : Clémence-d'Ambel et Guillaume-Peyrouse. Période contemporaine vignette|L'ancienne poste de Clémence-d'Ambel, à La Chapelle. Au début du , du fait de l'érosion et des inondations, notamment en 1914 et 1928, les terres cultivables s'étaient faites de plus en plus rares, et les habitants avaient commencé à vendre leurs terres à l'État, ce qui constitua plus tard le noyau du parc naturel. Progressivement, les hameaux les plus éloignés du centre se sont dépeuplés et ont finalement été abandonnésAlmanach du Vieux Dauphinois 1995, éd. M.J.Rosset, BP 235 Annecy-le-Vieux, sans ISBN, pp.50-52.. De plus, l'intrication des territoires autour d'une seule église (« la chapelle ») et d'une seule mairie rendaient la cohabitation conflictuelle. En 1962, les élus se décidèrent à demander la fusion de leurs deux communes. Celle-ci fut décrétée, et la nouvelle commune prit le nom de La Chapelle-en-Valgaudémar, réunifiant, six siècles plus tard, l'ancien legs d'Alix GrasAlmanach du Vieux Dauphinois 1995, p.48..