L'État de la Cité du Vatican a suivi une politique de neutralité pendant la Seconde Guerre mondiale, sous la conduite de Pie XII. Bien que la ville de Rome soit occupée par l'Allemagne à partir de 1943 et les Alliés à partir de 1944, la Cité du Vatican, elle, reste libre.

Au début de la guerre, le Vatican renforce son dispositif de sécurité mais ses forces armées ne sont pas en mesure de rivaliser avec la division SS qui vient occuper Rome en . Le Vatican se prépare alors à une invasion : il cache et détruit les documents sensibles, organise une fuite des personnages-clés et interdit à la garde de lutter par les armes si les Allemands franchissent la . Aujourd'hui encore, il n'y a pas de consensus chez les historiens pour savoir si Hitler envisageait sérieusement d'investir le Vatican et de capturer le pape.

Si le pape s'abstient de toute déclaration contre les dictatures, plusieurs historiens, dont Saul Friedländer, décrivent Pie XII comme quelqu'un de relativement complaisant avec le régime fasciste de Mussolini, Hitler et l'Axe de manière générale. D'autres historiens comme Pierre Milza rapportent quelques tentatives du pape en faveur de la résistance allemande et des Alliés. D'autres encore, comme David Kertzer, s'appuient sur les archives secrètes du Vatican, ouvertes en 2020, pour démontrer que Pie XII s'était dès le début engagé auprès de Hitler à ne jamais s'exprimer publiquement sur les questions politiques ou .

Contexte Historique thumb|left|Le Vatican naît en 1929, dix ans avant la Seconde Guerre mondiale. La Cité du Vatican a été créée en 1929, une dizaine d'années seulement avant le début de la Seconde Guerre mondiale. Les accords du Latran de 1929 signés avec l'Italie reconnaissent la souveraineté de la Cité du Vatican. Ils déclarent la Cité du Vatican, pays neutre, dans les relations internationales et exigent que le pape s'abstienne de toute médiation à moins qu'elle ne soit demandée par les parties. En 1939, la ville-État est reconnue par trente-huit nations, avec un Corps diplomatique de treize ambassadeurs à part entière et vingt-cinq ministres.

L'opinion qui prévaut au Vatican, est que la clause du traité qui interdit au pape de se mêler de la vie politique italienne, interdit également la condamnation de l'agression militaire italienne, lors de l'invasion italienne de l'Albanie le Vendredi saint du 7 au ..

Toutefois, à plusieurs occasions, par ses encycliques, au cours des années qui précédent la Seconde Guerre mondiale, Pie XI dénonce la montée de l'autoritarisme en Europebiographie de Pie XI : en 1926, il condamne l’Action française, la persécution au Mexique (Iniquis Afflictisque) Iniquis Afflictisque Encyclique Iniquis Afflictisque, en 1931, le fascisme (Non abbiamo bisogno), mais aussi Quadragesimo Anno. À la suite de cette dernière encyclique, les chemises noires s'en prennent à l’« Action catholique italienne »Pie XI, le corporatisme et le fascisme. Le , lors d’un entretien avec Mussolini, le pape Pie XI a déclaré : En 1937, c'est le communisme (encyclique Divini Redemptoris) et immédiatement après le nazisme (Mit brennender Sorge) qui sont vigoureusement condamnés... Le pape dit à un groupe de pèlerins belges cette phrase célèbre : ..

Hubert Wolf écrit que Pie XI a eu, à plusieurs reprises, . Qu'il se . En échange de sa , l’Église acceptait au besoin .. Pie XI multiplie les accords avec les États pour préserver l'Église, y compris avec les régimes qu'il désapprouve ; il signe plus de quinze concordats ou modus vivendi, notamment avec le Portugal, avec la Tchécoslovaquie, l'Italie (accords du Latran, 1929)Hubert Wolf écrit :. (). et le Reich allemand (1933)..

La position du régime nazi vis-à-vis du Vatican vignette|redresse=1.3|Signature du concordat à Rome. Eugenio Pacelli entouré de Ludwig Kaas, prélat et député allemand, chef du parti catholique (Zentrum), Franz von Papen, vice-chancelier allemand, assis, et, à sa gauche, debout, Alfredo Ottaviani. Concordat

Avant la signature du concordat, le , les évêques de Bavière donnent une instruction pastorale , ils soulignent . Au printemps de l'année suivante, les évêques des autres régions de l'Allemagne suivent le pas et condamnent fermement l'idéologie des nazis.. Ces faits par les évêques au catholiques allemands de ne pas prendre part au mouvement nazi seront levés le , quelques mois avant la signature du concordat..

Dès l'accession d'Hitler au pouvoir, celui-ci . Dans ses premiers discours, il promet , et promet d'entretenir des relations cordiales avec le Saint-Siège...Certains évêques allemands continuent longtemps de penser (même durant la guerre) qu'Hitler est respectueux du christianisme, et que les violences nazies ne sont pas de sa responsabilité, au grand désespoir de Pie XII qui lui était convaincu du contraire, avant même la nuit de Cristal. Voir .Aussi Hitler va-t-il, dès sa nomination à la tête de la chancellerie, le 20 janvier 1933, inciter son vice-chancelier van Papen à ouvrir le plus tôt possible des pourparlers avec le Vatican en vue de la signature d'un concordat avec le Reich. [..] L'initiative visant à l'ouverture d'une négociation concordataire avec le Vatican fut prise début avril par von Papen, acceptée avec enthousiasme par le Führer, puis discutée avec Ludwig Kaas. Voir ..

Avant l'arrivée au pouvoir d'Hitler, le cardinal Pacelli avait signé des concordats avec différents États allemands (la Bavière en 1925, l'État libre de Prusse en 1929). C'est le texte utilisé pour le concordat avec la Prusse, légèrement modifiéA noter tout de même que le concordat prévoit, ce qui est nouveau, la dissolution des partis politiques car proches de l’Église, comme le Zentrum et le parti populaire bavarois. Ainsi que la fermeture de toutes les organisations et associations caritatives et sociales catholiques. Voir . qui sera repris avec Hitler. Dès son arrivée au pouvoir, Hitler souhaite deux choses : la levée de la condamnation faite par les évêques allemands sur le parti national-socialiste, et la suppression du Zentrum, parti catholique et dernière grande force d'opposition structurée qui lui résiste. Le gouvernement allemand sollicite le Vatican pour ouvrir les négociations d'un concordat mais les évêques lèvent leur condamnation sans en informer le Vatican, ni demander de contrepartie, et le Zentrum se dissout, en pleines négociations concordataires, sans informer le Vatican, le privant d'un levier de négociation pour obtenir du gouvernement hitlérien un accord qui lui soit favorable..

Le , le Vatican et le gouvernement signent un concordat qui normalise les relations du Troisième Reich avec le Vatican et définit le statut légal de l’Église catholique en Allemagne. Pacelli doit précipiter la signature car la dissolution imprévue du Zentrum le le prive de moyen de pression pour négocier avec le gouvernement allemand et met en danger le Vatican face à un refus de signature allemand, Hitler ayant obtenu sans contrepartie un point important qu'il cherchait à négocier. Wolf écrit que . De leur côté, les évêques allemands avaient unanimement déclaré que . Pour la Curie, ce concordat devait servir à protéger les . Cet accord devait servir de pour protéger l’Église et les chrétiensUn des points qui posait le plus de problème au cardinal Pacelli, était la nomination des évêques allemands. Jusqu'au concordat, les différents gouvernements des régions allemandes avaient l'habitude d'imposer leurs candidats. Pacelli voulait mettre fin à de telle pratique et s'assurer que les futurs évêques seraient fidèles à Rome, plus qu'aux politiciens et gouvernants du Reich à qui ils devaient leur nomination. Grâce au concordat, il a réussi à mettre fin aux abus et imposer ses propres candidats. Mais durant la guerre, de nombreux évêques en place étaient encore des évêques élus sous la pression des politiques, contre la volonté de Rome. Voir .. Mais comme pour le concordat signé avec Mussolini quelques années plus tôt, Hitler ne respecte pas sa parole..C'est que le chancelier, dans sa hâte de conclure, n'a pas lésiné sur les engagements qu'il était sûr de ne pas tenir. [..] La cérémonie de signature du concordat eut lieu le dans la salle des congrégations de la secrétairerie d’État, deux semaines après que les représentants du Zentrum et du parti Bavarois eurent rendu publique la dissolution de leurs organisations et voté les pleins pouvoirs au chef du gouvernement national-socialiste, et ce dans un climat de violence et de chasse à l'homme, les catholiques ayant rejoint communistes et socialistes sur la liste des ennemis du régime. Voir .Barbara Koehn écrit : . (). Et plus loin . ().. Le cardinal Eugenio Pacelli (futur pape Pie XII) que de tels accords Pacelli se déclara satisfait des accords, dont un article publié dans l'Osservatore romano le énumérait les avantages consentis au Saint-Siège, notamment en matière d'enseignement. Voir .Et Pie XII d'écrire dans une missive : . ().. David Alvarez écrit : ..Milza écrit : . (). Le pape et les évêques allemands ne sont pas dupes et savent bien qu'Hitler ne respectera pas sa parole ni le texte signé. Mais ils estiment tous qu'il . Le pape reconnaît même La majorité des évêques réunis à Fulda partagent le sentiment de l'archevêque de Breslau. Il n'y a pas d'autre moyen de s'opposer au totalitarisme hitlérien que le concordat. Lui seul offre à la hiérarchie catholique allemande une tribune où seraient exposés les doléances des prélats en regard des persécutions nazies. Hitler en fera ce qu'il voudra. Voir . Hubert Wolf écrit qu'un diplomate, après avoir vu le cardinal Pacelli a rapporté : . Voir .. La signature du concordat n'amène pas une diminution des persécutions, mais voit plutôt une nette augmentation.. Face aux protestations des évêques, les dirigeants nazi nient toutes persécutions tout en . Malgré cela, la majorité des évêques allemands continuent d'exprimer leur loyalisme envers leur pays, même si ..

Après l'élection de Pacelli comme pape, Hitler envisage d'abroger le concordat avec Rome. Goebbels écrit que ..

Barbara Koehn écrit : .. Grâce au concordat l’Église se retrouvait (théoriquement) protégée de toute pression idéologique voir théologique, en échange elle s'engageait à ne pas intervenir sur la sphère politique et critiquer les décisions politiques du gouvernement. Mais dès la fin 1933, les nazi tentèrent d'imposer en Allemagne une réforme religieuse et une révision des écrits de l'Ancien Testament ce qui violait directement le concordat tout juste signé. Les évêques protestèrent, mais le soutien qu'ils obtinrent à l'étranger fut pour les nazi et le gouvernement .

B. Koehn écrit que de 1933 à 1939, l’Église et le pape ont envoyé 55 notes de protestations au gouvernement allemand concernant des violations du concordat. 45 de ces notes sont restées sans réponse. Pour H. Wolf, ce concordat a tout de même permis à l’Église catholique de , beaucoup mieux que pour l’Église évangélique allemande qui s'est trouvée infiltrée par les Chrétiens allemands (eux-mêmes noyautés par les chemises brunes), et qu'ainsi, les catholiques ont évité un . Voir ..

Immédiatement après la signature du concordat, la presse nationale-socialiste va l'événement en déclarant que cette signature est . Le cardinal Pacelli va immédiatement réagir et s'opposer à en niant que ce concordat puisse . Mais la presse nazie n'en tiendra pas compte..

Violences et intimidation