On désigne sous le vocable bataille de Gembloux les combats qui se sont déroulés du 13 au le long de la ligne KW-Namur appelée position Dyle entre le corps de l'armée française commandée par le général Blanchard et le corps d'armée allemand du général Hoepner, lors de la campagne de France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Cette bataille est une éphémère victoire tactique alliée qui permet de retarder la progression allemande en Belgique. Elle se termine par une retraite française, car les Allemands ont réalisé au même moment un succès stratégique décisif plus au sud, la percée de Sedan.

Contexte historique

Le , le Troisième Reich envahit le Luxembourg, les Pays-Bas et la Belgique dans le cadre du plan Jaune (Fall Gelb), le fort d'Ében-Émael tombe ainsi que le canal Albert. Le corps expéditionnaire français doit alors accentuer sa vitesse de déplacement vers le front qui lui est imparti.Le , le haut commandement belge accepte de

Toutes les troupes alliées s'installent alors sur une seconde ligne de résistance pour tenter de stopper les Allemands en Belgique selon le Plan Dyle-Breda du général en chef Gamelin qui prévoyait la réunion des forces alliées au centre de la Belgique en vue d'une bataille décisiveL'Épopée N°207 : L'armée belge occupe une ligne défensive d'Anvers à Louvain. Le corps expéditionnaire britannique, sous le commandement du maréchal Gort se positionne de Louvain à Wavre. La 1re armée française du général Blanchard établit des positions défensives sur une ligne Wavre, Ernage, Gembloux et nord de Namur Namur est défendue par le corps d'armée belge Du sud de Namur jusque Charleville-Mézières le secteur est défendu par la 9e armée française du général Corap, qui est déjà entamée dès le , par les troupes allemandes qui réalisent une percée à travers les Ardennes et foncent vers la Manche; la percée de Sedan.

Pour défendre la ligne Wavre-Ernage-Gembloux-Namur, d'une longueur d'environ la Armée française du général Blanchard, dispose de 6 divisions d'infanterie dont 3 motorisées. De Wavre à Chastre se trouve positionné le 3e corps d'armée commandé par le général de La Laurencie qui comporte la 1re division d'infanterie motorisée du général Camas et la 2e division d'infanterie nord-africaine du général Dame. Au centre se trouve le 4e corps d'armée qui occupe la position de Ernage à Beuzet et a qui il incombe la mission la plus difficile : Le 4e corps d'armée est bordé en direction de Namur par le 5e corps d'armée commandé par le général Altmayer composé de la 12e division d'infanterie motorisée du général Janssen et la 5e division d'infanterie nord-africaine du général Vieillard. Le front imparti au 4e corps d'armée se présente sous la forme d'une plaine agricole avec quelques bosquets de bois touffus. Pour arrêter l'élan des panzers, la voie ferrée Bruxelles-Wavre-Gembloux-Namur constitue le seul obstacle naturel derrière lequel la défense peut s'organiser. Le remblai et les ponts de cette voie ferrée constitueront le théâtre de combats acharnés. La 15e division d'infanterie motorisée commandée par le général Juin, qui disposait de véhicules environ, occupait le secteur allant de Beuzet à Gembloux et avait pu installer ses positions défensives ainsi que des mines antichars. Par contre la 1re division marocaine qui occupait le secteur de Gembloux à Ernage avait connu des problèmes d'acheminement en raison de l'encombrement des routes par les réfugiés et des bombardements de la Luftwaffe. Le 7e RTM qui avait regagné la Belgique à pied se heurta, près de quatre heures après son arrivée aux troupes allemandes.

L'ordre de défendre l'axe Gembloux-Wavre est confiée aux blindés du général PriouxLe Corps de Cavalerie Prioux est composé du 329e régiment d'artillerie, de la 2e division légère mécanique (général Bougrain) et de la 3e division légère mécanique (général Langlois) qui sont envoyés en avant-garde dans le but de retarder la progression des Allemands qui menace les alliés dans le centre de la Belgique. La bataille de Hannut, à environ au nord-est de Gembloux, représente la seule grande action défensive des Français sur le front belge. Elle ne représente qu'une partie du plan Dyle, car celui-ci ne put être appliqué, la réunion de toutes les forces alliées étant rendue impossible par la capitulation néerlandaise et par la retraite précipitée du corps expéditionnaire britannique vers l'ouest, laissant l'armée belge dans la région d'Anvers à Wavre, au nord des Français du général Prioux.

Forces en présence France d'armée sous le commandement du général Aymes Henri Marie Joseph Aymes sur generals.dk marocaine ( DM) (général Mellier) : cette division était composée d’environ 61 % de militaires marocains engagés volontaires et 39 % de cadres français (officiers, sous-officiers et volontaires français)Commandant d’Ornano, La Division marocaine dans la bataille de Gembloux, Revue historique de l'Armée, juin 1952, . de tirailleurs marocains ( RTM) : colonel Bocat de tirailleurs marocains ( RTM) : colonel Cordier de tirailleurs marocains ( RTM) : colonel Vendeur d'artillerie d'Afrique ( RAA) : lieutenant-colonel Leclerc d'infanterie motorisée ( DIM) (général Alphonse Juin) 2e division légère mécanique général Bougrain régiment de dragons portés, commandé par le colonel Méric de Bellefon Général de brigade Méric de Bellefon. d'armée d'infanterie nord-africaine ( DINA) (général Pierre Dame) de tirailleurs algériens ( RTA) de tirailleurs algériens ( RTA) de zouaves ( RZ) d'infanterie motorisée ( DIM) (général Malivoire-Filhol de Camas) d'infanterie ( RI) régiment d'infanterie ( RI) d'infanterie ( RI) d'infanterie ( RI) d'artillerie divisionnaire ( RAD) (Capitaine de batteries de mortiers GRELAUD) d'artillerie divisionnaire ( RAD)

Le corps d'armée du général de la Laurencie ( d'infanterie motorisée ( DIM) (général Malivoire-Filhol de Camas) et d'infanterie nord-africaine ( DINA) (général Dame) occupe la position située entre Wavre et Chastre.

Allemagne Unités des 3 et Panzerdivision ( et 750 chars) du XVI Panzer Corps du Général Erich Hoepner, faisant partie lui-même du groupe d'armées B de Fedor von Bock de la armée sous le commandement de Walter von Reichenau.

Déroulement de la bataille vignette|Un canon anti-char Hotchkiss. L'artillerie française commença par dominer le champ de bataille. Le , le général Prioux qui avait installé les éléments de son corps de cavalerie, sur une quarantaine de kilomètres, entre Huy, Hannut et Tirlemont est assailli par les panzers et les stukas qui prennent en toute impunité les engins français pour cible, qui se replient progressivement vers Gembloux.

Le , la bataille pour le contrôle de Gembloux commence. La Panzerdivision perce dans le secteur de Corbais. Les derniers éléments du corps de cavalerie Prioux se replient derrière les positions de la 1re armée française. Pendant ce temps, à Ernage, les tirailleurs marocains se heurtent aux chars allemands. Embarrassés par la présence de réfugiés qui passent leurs lignes, les tirailleurs ont confondu les chars allemands avec les engins du corps de cavalerie, qui, dans leur repli, sont suivis de près par les premiers panzers. Revenu de leur méprise les Franco-Marocains détruisent 9 blindés sur 35 que comptait la colonne qui bat en retraite. Toute la journée les Français sous le commandement du général René Prioux parviennent à repousser les Allemands qui attaquent avec leurs chars et de l'infanterie, ceci notamment grâce à l'emploi de canons anti-char Hotchkiss de et de blindés Renault R35. L'infanterie de la Panzerdivision parvient cependant à progresser, ne rencontrant pas de véritable résistance dans le secteur de Walhain et Ernage. L'Armée de l'Air, qui ne dispose dans la région que de 26 chasseurs et d'un escadron d'avions de reconnaissance, ne peut contenir l'offensive aérienne allemande et ses avions sont abattus par les chasseurs ennemis en supériorité numérique écrasante et par la Flak qui accompagne systématiquement toute offensive allemande jusqu'en première ligne. Malgré cette insuffisance grave de protection aérienne française, la marocaine s'illustre cependant en stoppant pendant une journée la Panzerdivision allemande à Perbais et à Cortil-Noirmont (des batteries d'artillerie françaises stationnées non loin du Bois Quinaud tiraient sans discontinuer sur le bois de Buis, à Thorembais-Saint-Trond).En fin de journée, deux compagnies de tirailleurs appuyées par deux sections de chars, lancent une contre-attaque permettant la destruction de deux ponts surplombant la voie ferrée. Dans la nuit un repli vers Fleurus était prévu en raison de la percée allemande à Dinant, que la 9e armée n'avait pas réussi à contenir.

Le dès 5 heures du matin, les défenses françaises faiblissent en raison du pilonnage incessant des canons de et des Stukas allemands qui reprennent, sur Ernage en particulier. À 6h30, l'infanterie motorisée passe à l'attaque et déborde le village ou une compagnie française encerclée continue le combat jusque 18 heures. Les chars de la 3e Panzerdivision élargissent l'assaut jusqu'à Perbais-Chastre où ils pénètrent le dispositif défensif du 110e RI appartenant à la 1re DIM faisant sauter la liaison avec le 3e corps d'armée. En fin de matinée, les fusiliers et chars allemands se ruent à l'assaut de la division marocaine retranchée entre Ernage et Gembloux. Le 3e RTM appuyé par des chars du 35e BCC lancent une contre attaque obligeant les assaillants à se replier.

Toutefois, la percée de la 7e Panzerdivision commandée par Erwin Rommel, dans la région de Philippeville et l'effondrement de la 9e armée française obligèrent la armée française à se replier pour éviter l'encerclement. Ce repli, sous les attaques du VIII. Fliegerkorps de la Luftwaffe, était accompli de nuit sur des lignes âprement défendues qui conduira les troupes françaises à Lille et à Dunkerque.

Les pertes allemandes sont d'environ 300 tués et 413 blessés et 300 engins blindés sur 750 engagés sont mis hors de combat grâce à l'artillerie française qui joua un rôle crucial pendant la bataille, ainsi qu'une dizaine d'avions mis hors de combat.

Les pertes françaises s’élèvent à plusieurs centaines de blessés ou disparus et la perte de 200 engins blindés.

Conséquences vignette|Un vol de Stukas de la Luftwaffe. La supériorité aérienne allemande contribua à la retraite des forces françaises. vignette|Chars allemands en Belgique. La retraite générale des Alliés résulte de l'absence de défense cohérente entre les Alliés sur le secteur central du front belge, ce qui a permis à la Wehrmacht de contrôler le centre de la Belgique. La bataille de Gembloux est la plus grande action française de blindés de la campagne de 1940 ; mais ce n'est qu'une victoire tactique, sans l'effet escompté qui était de stopper l'ensemble de l'avance allemande et ce par manque de coordination des forces alliées sur le reste des fronts. Elle s'inscrit dans le cadre plus général des batailles de Hannut et de Flavion menées contre les blindés allemands.