vignette|300px|Distribution géographique des différentes dispositions de clavier en Europe :

AZERTY est un arrangement des lettres de l’alphabet latin et de divers caractères typographiques sur les claviers des machines à écrire et ordinateurs. Il est nommé d’après les six premières lettres de sa première rangée alphabétique et dérive, tout comme le QWERTZ germanique, de la disposition QWERTY américaine. Utilisé principalement en France et en Belgique, il s’y décline en variantes nationales.

À l’instar du QWERTY, la disposition AZERTY est fréquemment critiquée pour ses lacunes et son manque d’ergonomie, ce qui mène au développement d’extensions et d’alternatives telles que le BÉPO et la disposition de la norme Afnor NF Z71-300.

Histoire Les premiers essais de dispositions de clavier ont été réalisés avec des secrétaires en 1865. En 1878 aux États-Unis est proposée la disposition QWERTY, qui se répand rapidement. Son auteur, Sholes, n’a pas expliqué ses choix de conception. Selon la thèse la plus répandue, la disposition QWERTY a été spécifiquement étudiée pour éviter les risques de blocage des premières machines à écrire mécaniques produites massivement par l’armurier Remington. Sur ces premières machines à écrire, les tiges des touches voisines se coinçaient fréquemment l’une avec l’autre. Pour limiter ce risque, la disposition QWERTY a donc été conçue afin que les paires de lettres les plus fréquemment contiguës dans la langue anglaise correspondent à des « barres à caractères » (les marteaux frappant le papier) les plus écartées possibles Darryl Rehr, « », 1998 .. Cet écartement permet une frappe plus rapide sur une machine à écrire comportant des barres qui risqueraient de se coincer, mais la ralentit sur un système affranchi de cette contrainte comme l'ont été les machines à écrire ultérieures et les claviers d’ordinateur.

Des chercheurs japonais émettent l’hypothèse que QWERTY résulterait plutôt d’ajustements effectués pour le , dans le but de faciliter la gestion de confusions qui étaient possibles dans ce code.

vignette|Disposition ZHJAY, proposée en 1907.

La disposition AZERTY apparaît en France au cours de la dernière décennie du comme déclinaison de certaines machines à écrire américaines QWERTY. Son auteur et les raisons de sa création sont inconnus. Après 1907, la disposition française ZHJAY d’Albert Navarre ne trouve pas son public : les secrétaires sont déjà habituées au QWERTY et à l’AZERTY Henri-Jean Martin, , , 1995, ... La disposition AZERTY a dès cette époque constitué un standard de fait en France.

En 1976 cependant, l’AFNOR proposait une version de QWERTY adaptée pour le français (norme expérimentale ). Cette norme prévoyait une période transitoire d’adaptation durant laquelle les lettres A, Q, Z, W pouvaient être situées comme dans la disposition AZERTY traditionnelle.

Un rapport de 1985 rédigé par Yves Neuville a au contraire cherché à conserver les particularités de placement des lettres , mais à améliorer le placement des autres symboles, en les regroupant par blocs logiques : alphabétique, diacritique, lettres accentuées, ponctuation, numérique, mathématique, informatiqueYves Neuville, Le clavier bureautique et informatique, rapport remis au ministère du Redéploiement industriel et du commerce extérieur et à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, Cedic, 1985.. Compte tenu du poids du passé, il s’agissait de ménager la transition depuis les claviers antérieurs vers un clavier finalement plus rationnel. Ce rapport est resté lettre morte.

Finalement, en 2019, l’AFNOR normalise une nouvelle disposition AZERTY (conjointement à une version de la disposition BÉPO). Ce nouvel AZERTY diffère substantiellement du standard de fait. Il offre une gamme élargie de symboles et cherche à en rationaliser la position et à en optimiser la saisie, selon les fréquences respectives des symboles. La diffusion de ce clavier reste pour l’heure confidentielle.

Description Il existe plusieurs variantes d’AZERTY, selon le pays (France ou Belgique), le système d'exploitation (Microsoft Windows, Linux ou macOS), le pilote de clavier ou le choix de l’utilisateur. On peut en distinguer au moins quatre principales : l’AZERTY « français » (imprimé sur la plupart des claviers vendus en France) et ses extensions ; l’AZERTY « belge » (imprimé sur la plupart des claviers vendus en Belgique) et ses extensions ; l’AZERTY pour Mac (fourni par les ordinateurs Mac dans les deux pays) ; et l’AZERTY AFNOR (normalisé en 2019 mais dont la diffusion reste marginale dans le commerce).

Agencement Le trait constitutif des dispositions AZERTY est l’arrangement suivant des latines de base :

Les différences essentielles entre l’AZERTY et le QWERTY dont il est dérivé sont les suivantes : les lettres et sont permutées (la raison de ce changement est inconnue) ; les lettres et sont permutées (raison inconnue) ; la lettre est placée à droite de la rangée centrale, après le , alors qu’en QWERTY il se trouve à droite de la rangée inférieure, après le (raison inconnue) ; les chiffres sont situés sur les mêmes touches de la rangée de chiffres (quand le clavier en possède une), mais en AZERTY ils s’obtiennent en pressant la touche , alors qu’en QWERTY ils sont en accès direct (ceci permet de placer en accès direct davantage de caractères nécessaires au français, notamment les lettres minuscules diacritées ) ; la touche de verrouillage des majuscules commute toutes les touches, et pas seulement les touches alphabétiques (la raison est peut-être de faciliter la saisie de nombres, étant donné que les chiffres nécessitent la touche ).

Symboles Au-delà de cet alphabet latin de base, les variantes se distinguent par les symboles supplémentaires qu’elles arborent et leur placement. Beaucoup de ces symboles sont communs à tous les AZERTY modernes (figurés par exemple sur les claviers modernes dits « PC »), mais leur placement varie : cinq lettres minuscules diacritées : (toutes nécessaires à l’écriture du français) ; des symboles typographiques : et l'espace ; des chiffres ou opérateurs mathématiques : ; des unités monétaires : ; Le symbole de l'euro est ajouté sur les claviers AZERTY vers l'an 2000, lors de la création de cette monnaie européenne. Windows et Linux le rendent accessible avec la combinaison tandis que Mac le place sur . des touches mortes diacritiques, qui donnent accès à au moins les lettres accentuées ci-dessous : l’accent circonflexe qui produit (toutes nécessaires au français) ; le tréma qui produit (les lettres sont nécessaires au français (mais curieusement est absent), ne le sont pas mais servent pour des langues voisines comme l’allemand et le néerlandais) ; l’accent grave qui produit (sur les claviers AZERTY autres que l’AZERTY français de Linux ou que l’AZERTY AFNOR, c’est la seule façon de saisir les majuscules accentuées , nécessaires à l’écriture du français et dont les formes minuscules figurent pourtant en accès direct sur le clavier ; les lettres sont inutiles pour le français mais nécessaires pour l’italien) ; le tilde qui produit (lettres inutiles pour le français mais nécessaires pour le breton, le castillan et le portugais).

L’AZERTY belge arbore deux symboles supplémentaires : le chiffre trois en exposant et, surtout, une touche morte accent aigu qui donne accès aux voyelles accentuées (la majuscule accentuée est nécessaire au français ; par ailleurs, l’accent aigu sur des voyelles autres que est requis par le néerlandais, parlé en Belgique, et sert également pour l’italien, le castillan et l’espagnol).

L’AZERTY AFNOR arbore lui aussi cette touche morte, et bien d’autres symboles supplémentaires, par exemple la ligature , l'eszett allemand et les guillemets français , pour ne mentionner que des symboles qui figurent sur l'imprimé des claviers.

En effet, il faut distinguer les symboles figurés sur les touches physiques, de ceux permis par le système. Les dispositions de Windows sont limitées aux symboles usuellement montrés sur le clavier, mais la plupart des autres systèmes modernes donnent accès à des symboles supplémentaires via des combinaisons de touches comme la touche (ou son équivalent sur Mac, la touche ). Ainsi, les AZERTY de Windows sont les plus pauvres et ne permettent pas d’écrire tous les symboles de la langue française (la variante belge étant à peine plus complète que la française) ; l’AZERTY de Mac offre un support relativement complet de la langue française ; les AZERTY étendus de Linux et l’AZERTY AFNOR sont les plus exhaustifs et couvrent également de nombreuses autres langues.

Variantes

AZERTY français

La disposition la plus courante en France est une variante nationale d’AZERTY, imprimée sur la plupart des claviers physiques vendus dans ce pays. Windows la prend en charge sans y ajouter de symbole. Sa couverture de la langue française est lacunaire : il lui manque de nombreux symboles comme des ligatures (), des lettres capitales diacritées (, sans compter que ne sont accessibles que via une touche morte) et des symboles typographiques (par exemple les guillemets français , l’apostrophe courbe et les points de suspension ). Pourtant, l’évolution des systèmes d’information permet de gérer un nombre largement accru de symboles.

Une extension de cette disposition a vu le jour sous Linux et permet de saisir l’ensemble des caractères accentués de la langue française et de la plupart des langues européennes à alphabet latin. Elle facilite la saisie des capitales diacritées du français, qui se trouvent sur la même touche que leur version minuscule. Par rapport à la version de Windows, il y a un léger changement : les touches et de la rangée des chiffres produisent directement les symboles et au lieu d’être des touches mortes (puisque Linux fournit déjà ces touches mortes sur d’autres emplacements). Pour Windows, divers pilotes tiers offrent leur propre extension de la disposition AZERTY.

AZERTY belge

En Belgique, une variante nationale d’AZERTY est largement majoritaire, tant pour écrire en français qu'en néerlandais. Toutefois, du côté néerlandophone, son usage tend à diminuer au profit du QWERTY..

Le placement alphabétique est identique à celui de l’AZERTY français, y compris pour les lettres minuscules diacritées (placées sur la rangée des chiffres) et (placée sur la rangée centrale). Concernant le placement des caractères typographiques, l’AZERTY belge présente quelques différences d’avec l’AZERTY français : première rangée : au lieu de ; au lieu de ; au lieu de et au lieu de ; seconde rangée : au lieu de ; troisième rangée : au lieu de et au lieu de ; quatrième rangée : au lieu de et au lieu de .

L’AZERTY belge possède deux symboles de plus que l’AZERTY français basique : le chiffre trois en exposant accessible via et, surtout, une touche morte d’accent aigu accessible via . En effet, en néerlandais, l’accent aigu est très occasionnellement utilisé sur d'autres voyelles que (par exemple dans ). Ceci permet également de saisir la capitale accentuée , ce qui est impossible sur l’AZERTY français de Windows.

Comme en France, la version d’AZERTY imprimée sur les claviers et prise en charge par Windows est lacunaire, et d’autres systèmes d’exploitation comme Linux offrent une variante complétée avec de nombreux symboles supplémentaires.

Contrairement à la majorité des claviers vendus en France, ceux vendus en Belgique ont leurs touches de contrôle (, ) le plus souvent libellées en anglais ou avec des pictogrammes, du fait du contexte bilingue. Pour la même raison, le séparateur décimal sur le pavé numérique varie selon les modèles, soit une virgule, soit un point (d'où la présence de deux pilotes dans Windows).

AZERTY Mac