vignette|alt=Un troupeau de moutons dans le Pays basque|Troupeau de moutons dans le Pays basque. vignette|alt=Cabane mobile d'un berger beauceron au début du |Cabane mobile d'un berger beauceron au début du . vignette|Un berger de Maremme et Abruzzes gardant un troupeau de moutons en Slovénie. vignette|Troupeau de pâturage dans le parc national des Écrins.

Le pastoralisme est l'élevage extensif. pratiqué sur des pâturages et des parcours., ainsi que la relation interdépendante entre les éleveurs, leurs troupeaux et les milieux exploités. Cette relation débute il y a environ ans avec la domestication de certains mammifères herbivores communautaires.

Économiquement et socialement très important dans les sociétés rurales ou primitives, le pastoralisme a décliné dans le monde occidental avec l'exode rural et l'agriculture industrielle. En France, l'activité pastorale a existé au dans les régions de grande culture. Aujourd'hui, elle se confine essentiellement aux zones d'accès difficile où les grandes cultures n'ont pas leur place.

Une des spécificités du pastoralisme est la transhumance, qui voit le déplacement ou le transport du bétail de la plaine à la montagne au printemps et de la montagne à la plaine en automne. Les zones d'altitude où le bétail pâture à la belle saison sont dites alpages dans le massif alpin francophone, montagnes et estives dans le Massif central, estives dans le massif pyrénéen francophone et chaumes dans les Vosges.

De manière générale, le pastoralisme en zone de montagne connaît un recul continuAinsi, en 2000, il restait dans les Pyrénées exploitations, soit une réduction de 20 % depuis 1998., la pression du tourisme conduit beaucoup d’éleveurs à se tourner vers des activités touristiques, plus lucratives. Paradoxalement, c’est le pastoralisme qui représente l’un des attraits touristiques majeurs de ces régions.

Histoire vignette|alt=Propagation du pastoralisme|Animation montrant la propagation du pastoralisme à travers le monde au cours des dernières années. vignette|gauche|alt=Peinture rupestre Saharienne de scènes pastorales|Art rupestre saharien de la période pastorale du Tassili n'Ajjer au Sahara central, montrant de nombreuses scènes pastorales avec du bétail et des bergers. Une théorie suggère que le pastoralisme s'est développé à partir de l'agropastoralisme. Bates et Lees ont proposé que l'incorporation de l'irrigation dans l'agriculture ait abouti à une spécialisation.. Les avantages de l’agropastoralisme comprennent la réduction du risque d’échec, la répartition du travail et la réutilisation des ressources. L'importance de ces avantages et inconvénients pour différents agriculteurs ou sociétés agricoles diffère selon les préférences socioculturelles des agriculteurs et les conditions biophysiques déterminées par les précipitations, les radiations, le type de sol et les maladies.. La productivité accrue de l’agriculture irriguée a entraîné une augmentation de la population et un impact supplémentaire sur les ressources. Les zones limitrophes sont restées utilisées pour l'élevage d'animaux. Cela signifiait que les troupeaux devaient parcourir de grandes distances pour récolter suffisamment de fourrage. La spécialisation est le résultat de l'importance croissante de l'agriculture intensive et du pastoralisme. L'agriculture et le pastoralisme se sont développés parallèlement, avec des interactions continues.

vignette|alt=Mappemonde en 200 du pastoralisme|Mappemonde en 200 : Une théorie différente suggère que le pastoralisme a évolué à partir du mode de vie des chasseurs-cueilleurs. Les chasseurs de chèvres sauvages et de moutons connaissaient la mobilité des troupeaux et les besoins des animaux. Ces chasseurs étaient mobiles et suivaient les troupeaux lors de leurs tournées saisonnières. Les troupeaux non domestiqués ont été choisis pour devenir plus contrôlables pour les groupes nomades de chasseurs et de cueilleurs proto-pasteurs en les apprivoisant et en les domestiquant. Dans le passé, les stratégies des chasseurs-cueilleurs étaient très diverses et dépendaient des conditions environnementales locales, comme celles des pasteurs-nomades. Les stratégies de recherche de nourriture comprennent la chasse ou le piégeage du gros gibier et des petits animaux, la pêche, la collecte de coquillages ou d'insectes et la cueillette d'aliments issus de plantes sauvages tels que des fruits, des graines et des noix.. Ces diverses stratégies de survie au milieu des troupeaux migrateurs pourraient également constituer une voie évolutive vers un pastoralisme nomade.

Définition et importance D'après l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), les systèmes d’élevage pastoraux sont ceux pour lesquels plus de 90 % de la matière sèche consommée par le bétail provient du pâturage. La limite avec les systèmes mixtes élevage-agriculture dans lesquels plus de 10 % de la matière sèche provient des sous-produits de l’agriculture est fluctuante. Le passage d’un système à l’autre est récent et conjoncturel ; il dépend du climat et du contexte économique. Les populations pastorales dans le monde sont estimées à 26 millions de personnes, dont la moitié en AfriqueImpact des systèmes d'élevage pastoraux sur l'environnement en Afrique et en Asie tropicale et subtropicale aride et subaride sur fao.org. Le pastoralisme occupe 25 % des terres émergées et fournit 10 % de la consommation humaine de viandeRoger Blench, You can't go back. Pastoralists in the new millennium, FAO, 2001..

Le pastoralisme est lié à des environnements caractérisés par la présence d'écosystèmes herbacés (prairie, steppe), souvent arides et impropres à la culture, et caractérisés par une forte densité de population d'herbivores domestiqués. Les systèmes pastoraux basés sur le renne, dans la toundra de Sibérie et de Scandinavie, constituent une exception. Les zones de prairie à basse densité de population sont restées jusqu'à une époque récente le domaine des chasseurs-cueilleurs (cas des grandes plaines d'Amérique du Nord, de l'Australie).

Aujourd'hui, le pastoralisme est présent en Europe et en Afrique du Nord (chèvres, moutons), au Proche et Moyen-Orient (chèvres, moutons), en Asie centrale (chèvre, mouton, chameau, yack, cheval), dans les régions circumpolaires (renne), dans la moitié sud de l'Afrique (bovins, chameau, mouton, chèvre), en Amérique du Nord (bovins, moutons), dans les Andes (lama, alpaga, mouton) et dans les savanes d'Amérique du sud (bovins, moutons). Des cas particuliers sont constitués par des systèmes pastoraux basés sur la volaille (canard et oies) présents en Inde, et par des systèmes à base de porcs, aujourd'hui disparus, mais autrefois présents en Europe et au Moyen-Orient.

Les systèmes pastoraux sont en déclin dans toutes ces régions à l'exception de l'Asie centrale et du nord de la Russie (en raison de la décollectivisation) et localement en Amérique du sud (du fait de la déforestation).

Un système extensif

L'élevage pastoral hérite de traditions très anciennes de valorisation des terres et des pâturages qui tient compte des cycles saisonniers et des contraintes climatiques. Bien que ce mode d'élevage suppose une grande mobilité du bétail et de ceux qui s'en occupent, il est très lié à un espace géographique. Il suit généralement des parcours fixes ou prévisibles. Bien que le parcours ne soit jamais complètement figé, la transhumance décrit plus volontiers un pastoralisme où les pâturages sont fixes, tandis que le pastoralisme nomade décrit des motifs irréguliers de mouvement..

L'élevage pastoral est un système extensif, où les troupeaux pâturent sur de grandes étendues. Les troupeaux sont déplacés suivant les saisons pour laisser à la végétation le temps de repousser et pour aller chercher ailleurs l'herbe nécessaire à la nourriture des animaux. Il suppose de composer avec des paysans sédentaires qui partagent leurs terres avec les éleveurs pastoraux dans les périodes où elles ne sont pas en culture. Ce partage se fait selon des modalités très variées (location, échange, solidarité mécanique, division du travail, vente…) par le monde et les époques. Le passage du bétail permet au cultivateur de bénéficier d'une fertilisation partielle des terres par les déjections animales.

Le passage des troupeaux est la source de nombreux conflits territoriaux, qui à certaines époques et dans certains endroits du monde, peut prendre des allures guerrières. L'Afrique connaît encore, à l'heure actuelle, des conflits extrêmement brutaux entre éleveurs et agriculteurs qui se disputent la terre dans des régions en proie à la désertification ou à une forte pression foncière.

Le passage des troupeaux a aussi été le moment où s'échangeaient des informations de diverses natures, notamment politiques, où se nouaient des alliances, des accords commerciaux. Aujourd'hui, dans les pays européens, notamment en France, l'élevage pastoral représente un porte-drapeau de la tradition, un événement touristique et patrimonial en soi.

Typologie vignette|Blondes d'Aquitaine en estive dans les Pyrénées, vers le pic du Midi d'Ossau. Les systèmes pastoraux sont souvent classés sur la base de leur degré de mobilité. Néanmoins, ce sont des systèmes très flexibles, conçus pour s'adapter rapidement aux fluctuations de l'environnement. Les éleveurs peuvent donc passer d'un système à l'autre en fonction des conditions rencontrées : Le pastoralisme nomade est caractérisé par l'absence de cultures, les trajets parcourus sont irréguliers (bien qu'ils aient une préférence pour suivre des routes bien établies), l'ensemble du troupeau et de la famille se déplace conjointement, et les échanges commerciaux avec les populations sédentaires présentent une grande importance pour leur survie (obtention d'aliments végétaux, de produits manufacturés). La transhumance se caractérise par l'existence d'une exploitation agricole fixe, où se trouvent les champs cultivés, et souvent, dans les zones tempérées, des prés de fauche destinés à la production de foin. Une partie du groupe familial continue de résider sur l'exploitation agricole pendant la période de transhumance. Une partie du troupeau (femelles en lactation, animaux affaiblis, animaux de trait…) peut également rester sur l'exploitation. L'amélioration des moyens de transport des troupeaux à l'époque moderne (train, camion) tend à réduire la proportion du troupeau qui ne part pas en transhumance. L'agropastoralisme se caractérise par l'importance première donnée aux cultures. Les animaux sont élevés sur des terres marginales, situées à moins d'une journée de déplacement du lieu de vie de l'éleveur. Dans de nombreux cas, les éleveurs agropastoraux sont les interlocuteurs privilégiés des pasteurs nomades et peuvent servir d'intermédiaires dans les relations commerciales. Le ranching se caractérise par la propriété privée des pâturages, qui sont habituellement clôturés et de grande taille. Les pâturages collectivisés et clôturés de l'Union soviétique pouvaient également être considérés comme des ranchs.

Perspectives Le recul du pastoralisme induit une modification des pratiques. Dans les Pyrénées, le déplacement des troupeaux se fait de plus en plus directement de l’exploitation de la vallée à l’estive. Les troupeaux, moins nombreux, n’ont plus besoin de gérer les herbages aussi finement que par le passé. La zone intermédiaire, escarpée et plus pentue, est alors abandonnée au profit des zones plus dégagées de la vallée et de l’estive. C’est pourtant cette zone qui est la plus sensible car elle s’enfriche beaucoup plus vite que les prairies d’estive, endormies par la neigeIl faut 15 jours pour faucher manuellement un hectare en zone intermédiaire..

Situations locales En France Sud-est de la France vignette|Moutons à Prads-Haute-Bléone en Haute-Provence.