Le Bourbourien, également nommé Funes-Ambact, est un type de cheval de trait propre au canton de Bourbourg dans l'arrondissement de Dunkerque, et à l'arrondissement d'Hazebrouck, dans le département du Nord, en France. Il est proche du Boulonnais, et a reçu l'influence du cheval flamand. Très massif et de grande taille, ce cheval de traction lourde est notamment utilisé par les brasseurs parisiens. Il disparaît au cours du , avec la réduction des effectifs de la race du Boulonnais, finissant par être fusionné avec ce dernier.
Histoire L'existence d'une race de chevaux bourbourienne est citée dans le volume 2B du Grand Dictionnaire universel du XIX siècle, édité en 1867.. Les informations disponibles concernant cette ancienne race sont datées, le Bourbourien ne figurant ni dans l'étude des races de chevaux menée par l'université d'Uppsala, publiée en pour la FAO., ni dans la base de données DAD-IS., ni dans la seconde édition de l'ouvrage de l'université de l'Oklahoma recensant les races de chevaux (2007)., ni dans l'index des races de chevaux disparues dans l'ouvrage de Delachaux et Niestlé (2014)., ni dans l'édition de 2016 de l'encyclopédie de CAB International..
Le zootechnicien Paul Diffloth (1923) cite cette race de Bourbourg comme étant connue . Probablement issu de croisements entre les races Boulonnais et Flamand, ce cheval adapté aux zones marécageuses remplace les chevaux flamands au milieu du , en particulier en Flandre maritime, où il reste très présent jusqu'au début du . La modification de la nature du sol, notamment avec le drainage des zones marécageuses, s'est traduite par une évolution chez les chevaux flamands présents sur place.
Le zootechnicien André Sanson salue tout particulièrement l'élevage de Bourbourg dans son Applications de la zootechnie, en 1867 : .
En 1880, F. Musany estime, dans La France chevaline, que le Bourbourien et le Boulonnais sont deux variations d'une même race, qu'il propose d'appeler le Grand Boulonnais et le Petit Boulonnais.. Le Bourbourien disparaît ensuite progressivement par absorption et croisement dans la race du Boulonnais.. Dans son rapport de 1906, le vétérinaire Paul Dechambre explique que l'on ..
Description Le Bourbourien est considéré comme une variété de la race boulonnaise par une majorité d'auteurs : d'après un numéro de la revue Mélusine (1878) citant Eugène Gayot : .. Gilbert Moine le décrit comme intermédiaire entre le Boulonnais et le cheval flamand, plus développé que le Boulonnais.
D'après Paul Diffloth, le Bourbourien est un cheval de grande taille, toisant .
Historiquement plus légers que les Boulonnais, ils sont aussi plus hauts sur jambes, avec des membres plus fins, mais néanmoins solides. L'ossature est très dense, les tendons sont puissants. Le modèle est étoffé. L'encolure est courte, les épaules inclinées. Les côtes sont longues et arquées. Les flancs sont courts, les hanches sont larges et basses, la croupe est épaisse. Les membres sont épais, terminés par des pieds larges et écrasés. La peau est épaisse, les crins en sont abondants et grossiers.
La robe était autrefois toujours grise, mais le bai est devenu fréquent.
D'après Diffloth, le tempérament est réputé lymphatique et mou, en accord avec le territoire marécageux d'élevage, obligeant à ne travailler qu'au pas. Cependant, dans le guide pratique de l'agriculteur, Edmond Vianne explique au contraire que le Bourbourien .
Utilisations Le Bourbourien et un cheval de traction lourde, connu notamment pour son aptitude à tracter les camions des brasseurs de Paris où, d'après Sanson, . Typiquement, les éleveurs gardent les pouliches pour en faire de futures poulinières, des marchands récupèrent les mâles pour les vendre à des fermiers qui les font travailler à 3 et 4 ans, avant de les re-vendre à leur tour dans le commerce, notamment pour la traction des camions. Les fermiers Flamands sont réputés pour traiter leurs chevaux avec douceur, en travaillant à la voix plutôt qu'en faisant appel à des mauvais traitements.
La race a aussi été employée en croisement : d'après un numéro de La Clinique vétérinaire daté de 1868, .. L'auteur attribue le succès de cet appariement aux proximités de biotope, le Poitevin mulassier étant également un cheval de pays marécageux. Il ajoute que ces juments poulinières métisses font d'excellentes mulassières. Dans la troisième édition de Hygiène vétérinaire appliquée, Jean-Henri Magne cite un certain M. Ayrault, qui souligne lui aussi les des étalons bourbouriens dans l'industrie mulassière..
Diffusion de l'élevage vignette|Pâtures autour du canal de Bourbourg.|alt=Vaches pâturant au bord de l'eau D'après Pierre Aristide Adolph Lefour et Paul Dechambre, la race est propre au canton de Bourbourg dans l'arrondissement de Dunkerque, et à l'arrondissement d'Hazebrouck, dans l'ancien département du Nord, en France.. Selon Diffloth, les meilleurs sujets se trouvaient près de Bourbourg, dans les environs de Dunkerque. Cependant, la race existait aussi dans l'arrondissement d'Hazebrouck.
La population chevaline du département du Nord est, vers 1880, particulièrement disparate : sur plus de recensés, certains sont de type flamand (sur le littoral), d'autres sont des Boulonnais, et une population d'Ardennais grossis par des croisements belges (le futur Trait du Nord) se trouve dans l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe. À cette époque, les éleveurs s'orientent surtout vers le Bourbourien et le Boulonnais.
Notes et références
Annexes Articles connexes Liste de races chevalines Boulonnais Liste des races chevalines de France Cheval en France
Bibliographie
Catégorie:Race chevaline disparue originaire de France Catégorie:Nord (département français)