La maison de LévisLa graphie stabilisée du nom est « de Lévis », mais elle a coexisté avec les graphies anciennes de Levis, de Levi, de Levy et de Lévy., plus connue sous le nom de Lévis-Mirepoix, est une famille subsistante de la noblesse française, originaire du village de Lévis (actuellement Lévis-Saint-Nom dans les Yvelines), connue depuis le comme vassale des seigneurs de Montfort-l'Amaury. Après l'attribution de la seigneurie de Mirepoix par Simon de Montfort à Guy de Lévis-Mirepoix à la suite de sa participation à la croisade des albigeois au début du (vers 1209 ; donation confirmée au Traité de Paris de 1229), elle est devenue une puissante famille de seigneurs languedociens. Cette famille a compté jusqu'à onze branches, dont six ont accédé à la dignité ducale sous l'Ancien Régime. Dix d'entre elles sont aujourd'hui éteintes, dont toutes les branches ducales. Seule subsiste la branche de Léran, qui a repris le nom de Lévis-Mirepoix.
Légendes Comme la plupart des grandes maisons d'Île-de-France, les Lévis ont fait remonter leurs origines mythiques jusqu'à un compagnon de Clovis. Ils rivalisaient avec les Montmorency pour l'honneur d'avoir eu leur ancêtre baptisé par Saint Remi juste après Clovis, d'où la devise : « Dieu aide au second chrétien Lévis » (avec la rime Clovis-Lévis).
Ils se prétendaient aussi apparentés à la Vierge Marie, et certains n'hésitaient pas à modifier la prière catholique bien connue : « Je vous salue Marie, ma cousine, pleine de grâces… »
Un proverbe du Languedoc disait, sans rapport avec la réalité historique, ceci :
Origine Le premier seigneur de Lévis attesté avec certitude est Philippe (v. 1150-1204), seigneur de Lévis (Saint-Nom), et père de Guy de Lévis, seigneur de Mirepoix. Ses ancêtres ne sont pas connus. On n'en trouve pas la trace avant l'année 1179..
La terre de Lévis est située dans le ressort de la ville et châtellenie de Chevreuse. La terre de Chevreuse étant elle-même un arrière-fief du comté de Montfort-l'Amaury, il y a peut-être parenté entre , vivant en 1028, et Milon de Chevreuse, vivant en 1029. On remarque dans ces trois maisons de Montfort-l'Amaury, de Chevreuse, et de Lévis, l'adoption contemporaine et suivie des prénoms Gui, Simon et PhilippeJean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, à Paris, 1826 : t. VII, p. 217-228 : lire en ligne..
Une autre hypothèse a été émise, mais elle est erronéeIl est écrit dans les Souvenirs de la Marquise de Créquy (tome 10) publiés en 1840 que la famille de Lévis pourrait descendre d'un certain Miles d'Auxerre, seigneur de Lévis en Auxerrois en l'an 1043, et fils de , comte de Nevers et d'Auxerre. Mais il n'existe aucun document attestant cette filiation, et de plus la seule terre de Lévis située dans le comté de Nevers et d'Auxerre est l'actuelle commune de Lurcy-Lévis, dans l'Allier. Or il est établi que les Lévis ne sont arrivés à Lurcy qu'en 1422, lorsque cette seigneurie fut apportée en dot par Agnès de Châteaumorand à son époux Brémont (ou Bermond) de Lévis qui était alors chambellan du duc de Bourbonnais. Brémont de Lévis, que l'on peut retrouver dans la généalogie figurant dans cet article, descendait des Lévis-Lautrec, branche cadette des Lévis-Mirepoix ; il est à l'origine de la lignée des Lévis-Ventadour, barons de Charlus..
Histoire Le second fils de , (1180-1233), fondateur en 1195 de l'abbaye Notre-Dame de La Roche à Lévis-Saint-Nom, s'est illustré lors de la croisade des albigeois (le fils aîné, Milon de Lévis, est actif en Normandie et en Auvergne : bailli et connétable du Cotentin). Guy a été le lieutenant de son suzerain, Simon de Montfort, dont il a reçu le fief de Mirepoix. La donation n'a été définitive qu'après la ratification du Traité de Paris de 1229.
Les Lévis ont pris le titre de « maréchal d'Albigeois » ou « maréchal de Mirepoix », qui s'est transformé, à la fin du , en maréchal de la Foi, ce titre étant héréditaire« Les successeurs de Gui se donnèrent le titre de maréchaux de Mirepoix ou maréchaux d'Albigeois, jusqu'à la fin du , qu'ils se qualifièrent maréchaux de la foi, qualité qu'ils ont toujours prise depuis & qu'ils regardent comme héréditaire, sur le fondement que Gui I fut maréchal de l'armée de la foi ». Les auteurs se réfèrent à lHistoire généalogique de la maison d'Auvergne d'Étienne Baluze. .. La terre du maréchal, qui échut aux Lévis, est conservée par la famille pendant 563 ans.
La cité de Mirepoix (actuel département de l'Ariège) en était le centre, qu'ils ont fait ériger en évêché par le pape en 1317.
Cette terre est érigée en marquisat au . Les Lévis sont sénéchaux de Carcassonne de père en fils durant deux siècles ()Marquié C., Carcassonne : hôtels et maisons du Moyen Âge à la Révolution, Amicale Laïque de Carcassonne, Carcassonne, 1998..
La Maison de Lévis est admise quinze fois aux Honneurs de la Cour au . Le généalogiste des ordres du Roi Bernard Chérin a pu écrire à son sujet : ..
Trois de ses membres sont députés aux États-généraux de 1789.
Sous la Restauration, la Maison de Lévis occupe trois sièges à la Chambre des pairs..
L'Association d'entraide de la noblesse française a pour premier président de son histoire Antoine de Lévis-Mirepoix.
Branches De cette maison sont issues plusieurs branches : Les Lévis-Mirepoix, duc de Mirepoix en 1751, éteints en 1757 au décès du maréchal-duc de Mirepoix, prolongés par la branche des seigneurs de Gaudiès, éteinte en 1870. En 1757, le maréchal-duc de Mirepoix laisse ses biens non à la branche de Gaudiès, mais à la branche de Léran, qui relève ainsi le nom de Mirepoix ; les Lévis-Léran, issus de la branche de Mirepoix au . Cette branche hérite par testament en 1757 des biens du maréchal-duc de Mirepoix et relève alors le nom de Mirepoix. Au , elle hérite par mariage du titre espagnol de duc de San Fernando Luis ; dont descendance subsistante au ; Les Lévis-Ajac, issus de la branche de Léran au . Membre de cette branche, François Gaston de Lévis obtient par échange avec le roi, contre Vélizy, la terre d'Avesnes-le-Comte, érigée en duché en 1784 : il porte alors le titre de duc de Lévis ; branche éteinte au décès du duc de Lévis, en 1863 ; les seigneurs de Montbrun et de Pennes ; les vicomtes de Lautrec, aussi comtes de Villars en Dombes et seigneurs de La Roche en Velay, issus au de la branche de Mirepoix et éteints au ; les barons de La Voulte (par mariage avec Antoinette d'Anduze), marquis d'Annonay, comtes puis ducs de Ventadour (terre limousine de Ventadour venue par le mariage de Louis de Lévis en 1472 avec Blanche de Ventadour, puis érigée en duché par lettres patentes en 1578 ; les ducs de Ventadour sont faits pairs de France par lettres patentes en 1589Abbé Joseph Prajoux, Histoire de la Baronnie de Cornillon : notes et documents sur Saint-Paul-en-Cornillon, Firminy, Chazeau, L Chevalier, Saint-Étienne, et L Louis Brun, Lyon, 1900, 54. ; d'où le nom du château « de Ventadour » à Meyras, dont ils sont aussi maîtres), branche issue au de celle de Lautrec et éteinte en ligne masculine en 1717 par le décès de Louis-Charles de Lévis, duc de Ventadour ; les comtes de Charlus, issus au de la branche de Ventadour, devenus ducs de Lévis en 1723 et éteints en 1734 à la mort de Charles Eugène, duc de Lévis-Charlus ; la branche des marquis de Châteaumorand, issue au de celle des comtes de Charlus, et éteinte en 1751 ; la branche des seigneurs de Lévis et de Florensac, issue au de celle des vicomtes de Lautrec et éteinte en 1462 ; la branche des seigneurs de Couzan et de Lugny, par alliance avec les Damas, issue au de celle de Florensac et éteinte en 1808 ; les barons et comtes de Caylus/de Quélus (titre comtal en 1574) ; issue au de celle de Couzan, Jacques de Lévis de Caylus, ci-dessous, branche éteinte en 1643..
Branche de Ventadour redresse=0.8|vignette|Louis Charles de Lévis,par Pierre Mignard, vers 1675. Principaux membres de la branche de Lévis-Ventadour (issue des Lévis-Florensac, vicomtes de Lautrec et sires de La Roche-en-Rénier, eux-mêmes branche cadette des Lévis-Mirepoix) : Louis de Lévis, baron de La Voulte, épouse Blanche de Ventadour en 1472, dont : le cadet François de Lévis de Ventadour (-1535), évêque de Tulle l'aîné, Gilbert de Lévis, comte de Lévis-Ventadour (+1529), épouse Jacqueline du Mas de L'Isle, dont : Gilbert II de Lévis (+1557), épouse Suzanne de Laire, dame de Grigny et Cornillon (arrière-petite-cousine de Guillaume), dont : Gilbert III de Lévis (-1591), premier duc de Ventadour, épouse Catherine de Montmorency, dont : Anne de Lévis (1569-1622), duc de Ventadour, épouse Marguerite de Montmorency, dont : Henri de Lévis (1596-1680), duc de Ventadour, épouse Marie Liesse (fille de Henri de Luxembourg, duc de Piney, 1583-1616, & Madeleine de Montmorency), sans postérité ; entre dans les ordres en 1631 et cède le duché à son frère cadet Charles ; Charles de Lévis (1600-1649), duc de Ventadour, épouse Suzanne de Lauzières, marquise de Thémines (petite-fille du maréchal Pons de Lauzières-Thémines de Cardaillac, marquis de Thémines), sans postérité, puis épouse Marie de La Guiche (fille du maréchal de Saint-Géran), dont : Louis-Charles de Lévis (1647-1717), duc de Ventadour, gouverneur du Limousin, qui épouse Charlotte de La Mothe-Houdancourt gouvernante de Louis XV et gouvernante des enfants royaux, dont : Anne-Geneviève de Lévis-Ventadour, qui marie en 1691 Louis-Charles de La Tour d'Auvergne, héritier des ducs de Bouillon (1665 - 1692), sans postérité, puis épouse Hercule-Mériadec de Rohan-Soubise, duc de Rohan-Rohan et prince de Soubise.
Personnalités Branche de Mirepoix (aînée) Gui de Lévis (v.1180-1233) (fils de Philippe ), seigneur de Mirepoix, Montségur, Lagarde, Lévis, maréchal de la Foi pendant la Guerre des albigeois. Gui II de Lévis (v. 1210-1261), seigneur de Mirepoix, Montségur, Lagarde, Lévis, aussi de Villeneuve et Florensac, épouse vers 1226 Jeanne de Bruyères, 9 enfants dont : Gui III de Lévis (1240-1299), seigneur de Mirepoix, Montségur, Lagarde, Lévis, Pommerols et Florensac, époux en 1269 d'Isabelle de Marly (une branche cadette des Montmorency), dame d'Amblainvilliers ; Pierre de Lévis-Mirepoix (?-1330), évêque de Maguelone, Cambrai et Bayeux ; Philippe de Lévis (vers 1435-1475), cardinal, archevêque d'Auch puis d'Arles ; Eustache de Lévis (?-1489), cardinal, archevêque d'Arles ; Philippe de Lévis (1466-1537), évêque de Mirepoix ; Gaston Pierre de Lévis-Mirepoix (1699-1757), marquis puis duc de Mirepoix, maréchal de France, aussi comte de Lomagne-Terride et vicomte de Gimois (terres venues de sa quadrisaïeule Catherine-Ursule de Lomagne, femme de Jean VI de Lévis de Mirepoix) ; Guy Henri Joseph de Lévis, marquis de Gaudiès, pair de France en 1827 (1757-1828) ; La branche de Gaudiès est issue d'Henri de Lévis ( moitié du siècle), fils d'Antoine-Guillaume et petit-fils de Jean VI de Lévis de Mirepoix. Léo-Guy-Antoine de Lévis, marquis de Gaudiès, pair de France en 1829 (1786-1870), fils du précédent.
Branche de Sérignan, Montbrun et Montégut Branche issue de Thibaut de Lévis, sire de Sérignan et de Penne (Lapenne), fils cadet de Guy III, marié en 1294 avec Anglésie de Montégut, dame de Montbrun et de Montégut.
Branche de Florensac Branche issue de Philippe de Lévis-Florensac , fils puîné de Guy III de Lévis, frère puîné de Jean de Lévis-Mirepoix et de Thibault de Lévis-Sérignan, mari en 1296 de Béatrice de Lautrec (dans l'héritage Lautrec, se trouvent Labastide et Castelnau) :